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samedi 22 septembre 2018

Un Chevalier au XXIème siècle, Remplacement Standard, Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes sont disponibles en livres

Remplacement Standard 
au prix de 8,60€ pour 233 pages dont 3 bonus inédites
Un Chevalier au XXIème siècle
au prix de 8,53€ pour 196 pages dont 2 bonus inédites
Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes
au prix de 8,53€ pour 196 pages avec des suites inédites pour Blanc-Neige et Le Beau & La Bête
sont désormais disponibles à l'achat sur Thebookedition 

https://www.thebookedition.com/fr/remplacement-standard-p-358640.html#summaryhttps://www.thebookedition.com/fr/un-chevalier-au-xxieme-siecle-p-358703.htmlhttps://www.thebookedition.com/fr/si-cendrillon-etait-un-homme-p-358642.html

Résumé de Remplacement Standard :
Pères surbookés, mères débordées... Pas de panique ! On vous fournit un remplaçant pour vous donner le temps de souffler !   Jonas qui n'a pas été prévenu par son épouse n'accueille pas à bras ouverts Ethan qui a été envoyé pour prendre sa place et s'occuper de leurs trois enfants.

Résumé de Un Chevalier au XXIème siècle :
Tim a un physique de crevette. Il n'a pas caché qu'il était gay dans son lycée. Trois affreux font de sa vie en enfer. Tim est désespéré, mais une visite au musée va tout changer.

Résumé de Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes
Voici une série de contes revisités avec des couples d'hommes. 
Redécouvrez Cendrillon, Le Beau et la Bête, Blanc-Neige, Le Beau au Bois Dormant, Le Petit Triton, Le Prince au Petit Pois, Le Petit Chaperon Rouge et Raiponce soit 8 contes avec en bonus des suites au Beau et La Bête, Blanc-Neige, au Petit Chaperon Rouge parce que dans les contes comme dans la vie, rien n'est jamais vraiment fini !

dimanche 20 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 83 (fin)

Comprendre comment y participer s'avéra plus délicat, mais Tim reçut une aide inattendue du patron de Percival qui connaissaient des organisateurs d'un des festivals.
Ce n'est donc qu'une fois que tout eût été organisé que Tim annonça à Percival qu'il allait avoir l'occasion d'exercer à nouveau ses talents de chevalier.
Percival ne cacha pas sa joie et le soulevant dans ses bras, il le fit tournoyer au-dessus de lui avant le faire glisser contre son torse pour un baiser enflammé.
C'était essentiellement pendant le week-end que ce déroulait l’événement,  si bien que quand le festival eut lieu, Tim put aller assister à la prestation de Percival. Ce n'était évidemment pas tout à fait comme les vrais d'autrefois, mais Percival s'amusa malgré tout énormément. En conséquence de quoi, ce ne fut pas le dernier auquel il participa. Il les écuma tous...

    L'été suivant, Tim majeur et avec le permis en poche – Percival se refusait pour sa part à conduire un cheval de métal – ils contribuèrent à la reconstruction d'un château. Bâtir n'avait rien à voir avec manier une épée, mais Percival jugea l'expérience enrichissante, de même que Tim. Sans compter que niveau musculation, c'était parfait.
Ils prirent assez rapidement la décision de s'installer ensemble dans la région, encouragé par la mère de Tim qui avait été obligée d'admettre qu'entre Percival et son fils existait un amour capable de résister aux épreuves du quotidien.
Le travail ne manquant pas au château et Tim comme Percival obtinrent chacun un poste qui leur convenait, le jeune homme à l'accueil au restaurant, le chevalier en tant qu'animateur.
Tout au long de l'année, il enseignait aux visiteurs tout ce qu'il y avait à savoir sur la chevalerie, les régalant d'authentiques anecdotes et à la belle saison, il avait l'occasion de participer à des tournois pour son plaisir et celui des spectateurs y assistant.
Là-bas, au mépris des lois du temps, Moyen-âge et modernité étaient réunis comme eux deux, l'homme du XIVème et celui du XXIème.

vendredi 18 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 82

Tim avait beau être heureux, il était inquiet que Percival, soit nostalgique de son époque. Il s'était bien adapté au XXIème, mais certains remarques laissaient penser que le Moyen âge lui manquait et cela faisait culpabiliser Tim. Même si Percival ne se plaignait pas de son travail de vendeur et appréciait l'ambiance médiévale de la boutique, ce n'était pas pour faire cela qu'il avait sué sang et eau des heures en armure et à cheval. Tim culpabilisait donc que Percival ait dû renoncer à cet univers pour lui.
— Cela te manque ? demanda-t-il un soir à la fin d'un film sur les chevaliers de la table ronde.
— Je mentirai si je prétendais le contraire.
— C'est dommage qu'on ne puisse pas effectuer des allers et des retours dans le temps…
— Il me semble que cela soit normal que ce soit chose d'exceptionnel.
— Tu n'aurais pas préféré que ce soit moi qui vive au Moyen-âge ?
— Je crois qu'il est plus aisé d'avancer que de reculer, donc les choses sont bien comme elles sont.
Tim s'était fait la même réflexion, mais cela ne l'empêchait de s'en vouloir d'avoir arraché Percival à son temps et ses occupations de chevalier.
— Je suis désolé.
Percival lui ressortit tous les arguments que l'adolescent lui avait servi sur les avantages de la modernité et l'embrassa à pleine bouche.
— Je suis bien avec toi, assura-t-il ensuite, ses mains caressant les bras fins, mais musclés de Tim.
Et il le  lui prouva, goûtant ses lèvres et sa peau dans ses moindres recoins avant de le posséder et de l'envoyer au septième ciel.
Cependant, même une fois rassasié de baisers et de caresses, Tim se promit de trouver un moyen pour que Percival puisse renouer avec la chevalerie et pas seulement au musée, à travers des livres, des films ou des objets d'inspiration médiévale comme ceux qu'il vendait à la boutique..
Ses recherches sur internet le menèrent dedans différentes directions. Il dénicha un projet de reconstruction de château, quelques  spectacles, mais surtout des festivals médiévaux dont certains comportaient des reconstructions de tournois entre autres activités.

jeudi 17 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 81

— C'est sans doute stupide de ma part, parce que ce n'est pas la première fois que nous faisons l'amour, sauf que désormais, je le sais, je ne me contente pas d'espérer que ce soit le cas, alors je me sens incroyablement heureux et comblé.
— Je le comprends. Pour moi aussi, c'est spécial… Avant je pensais toujours que cela pouvait être la dernière fois, surtout après ta rencontre avec Félicien.
Tim soupira.
— Il n'aurait tenu qu'à toi qu'il en soit autrement.
— C'est vrai. Je regrette, mais j'étais persuadé que je devais pas rester une fois ma mission accomplie, que cela contrevenait avec le cours naturel du temps.
— En attendant, quel acteur ! Tu avais vraiment réussi à me convaincre que cela t'indifférait.
— Si j'avais vraiment su jouer la comédie, j'aurais manifesté quelque déplaisir à la fin d'un relation sexuelle si commode.
Tim se rappela qu'en effet Percival avait été fort contrarié quand Tim avait involontairement effrayé son partenaire et écuyer, Lubin. Seulement l'adolescent avait été trop déçu par l'absence de réaction de Percival pour réaliser ce qu'elle avait de bizarre.
Il l'embrassa et se blottit contre lui avec délectation, chose qu'il n'avait que rarement osé faire.

    Les jours s'écoulèrent, tranquilles. Même s'ils ne pouvaient passer beaucoup de temps ensemble, ils se retrouvaient dès que possible.
A l'extérieur, Tim respectait la volonté de Percival de ne pas montrer le lien qui les unissait. Percival avait beau savoir qu'ils pouvait se montrer ouvertement sans risque de représailles, ce n'était pas inscrit dans sa mentalité de s'afficher. Cela ne dérangeait pas Tim qui se rattrapait dans l'intimité. Hormis quelques promenades dans les rues de la ville, ils ne sortaient de toute façon pas beaucoup. Ils s'entraînaient ensemble entre quatre murs ou bien Percival lisait comblant ses lacunes sur ce qui s'était passé depuis le XIVème siècle et la manière dont les choses avaient évolué tandis que l'adolescent faisait ses devoirs. Tim mettait un point d'honneur à avoir d'excellents résultats pour éviter que sa mère ne l'accuse de négliger ses études et ne l'empêche de voir le chevalier.
Une fois, ils étaient sortis boire un pot avec Zack, mais le courant n'était pas très bien passé entre eux. Percival avait fini par admettre être jaloux que Zack puisse être tout le temps avec Tim au lycée, ce que l'adolescent avait trouvé plus adorable qu'autre chose. Il l'avait rassuré en mentionnant qu'un autre garçon intéressait Zack, mais n'avait pas renouvelé les sorties à trois.

mercredi 16 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 80

Tim aurait bien embrassé Percival, même si d'autres personnes étaient entrées dans la boutique, mais il ne voulait surtout pas causer de problèmes sur son lieu de travail, surtout en sachant que le chevalier tenait à ce que ce genre de comportement ne sorte pas de la sphère intime.
— Au revoir et à bientôt, dit-il simplement.
Percival le retint par le poignet.
— Attends, j'ai quelque chose pour toi...
Un instant plus tard, il déposait une clef dans la paume de l'adolescent.
— Tu es le bienvenu quand tu veux.
Tim, enchanté, se fit violence pour ne pas se jeter à son cou.
— Merci.
Le mardi soir, ce fut au tour de Tim d'être surpris : Percival l'attendait à la grille du lycée, vêtu une fois de plus d'un survêtement. Le chevalier avait avoué que c'était le plus confortable pour lui. Heureusement, cela lui allait bien.
Le chevalier était venu, car c'était son jour de congé alors que le mercredi après-midi quand l'adolescent serait disponible, Percival, lui, ne le serait pas.
Tim l'introduisit auprès de Zack à qui il avait déjà raconté qu'ils s'étaient mis ensemble pour de vrai, pour de bon.
Zack eut le bon goût de ne pas s'attarder et Percival se rendit chez l'adolescent.
A peine la porte refermée, non sans s'être assurés que la mère de Tim était bien absente, il s'embrassèrent à perdre haleine, leurs mains se promenant sur le corps de l'autre. Ils semèrent leurs vêtements entre la porte d'entrée et la chambre de Tim où ils s'allongèrent sur le lit. En dépit de leur impatience mutuelle, Percival prit le temps de préparer Tim à le recevoir. L'adolescent gémit et se tortilla sous les doigts caressant qui le lubrifiaient généreusement. Percival finit par céder à ses suppliques, en lui demandant de l'aide pour enfiler un préservatif, puis le pénétra lentement.
Le plaisir de le sentir enfoui en lui décupla quand le chevalier se mit à effectuer de puissants va-et-vient en lui, mais aussi avec sa main enroulée autour du pénis de Tim.
Le nom du chevalier s'échappa de ses lèvres de l'adolescent dans un cri. Il était au bord de la jouissance, mais résista vaillamment, parce qu'ils voulaient qu'ils l'atteignent ensemble.
Percival accéléra le mouvement et Tim éjacula, se contractant autour du membre du chevalier, entraînant son orgasme.

mardi 15 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 79

Le lendemain, profitant que ses cours terminaient tôt, Tim ne résista pas à l'envie de surprendre Percival en se rendant à la boutique où il travaillait "Blasons et dragons."
La devanture promettait beaucoup avec profusion de sculptures de loups et de fées. A l'intérieur, une atmosphère moyenâgeuse régnait indéniablement, même si certains objets modernes dénotaient.
Il trouva Percival vêtu de son habit du XIVème en train de vanter à un homme les mérites d'une lampe dragon dont l'abat-jour était composé des ailes de la créature.
L'adolescent dut attendre que le chevalier en ait fini avec le client pour pouvoir l'aborder, mais reçut un sourire dans l'intervalle pour le récompenser de sa patience.
— Que puis-je pour vous, monseigneur ?
Tim pouffa.
— Tu accueilles tout le monde ainsi ?
— Oui, exigence du patron. De l'importance de traiter le client avec égard. Il faut avouer que les appeler manants ne seraient pas du meilleur goût.
— Et ta tenue ?
— Elle m'a aidé à être embauché.
— Tu aurais une figurine de chevalier ?
Percival l'amena à une étagère où l'on pouvait en voir tout une série à cheval, à pied, épée rangée ou brandie.
Tim n'avait pas d'argent à perdre, mais il faillit craquer pour l'une elle.
— Je me contenterai d'un en chair et en os, finit-il néanmoins par déclarer.
— Je ne termine hélas pas avant deux bonnes heures.
Tim ravala sa déception. Apparemment, il faudrait attendre le week-end pour qu'ils se voient vraiment, au mieux le vendredi soir si sa mère acceptait qu'il découche et rien n'était moins sûr, puisqu'elle craignait que Percival ne fasse encore défaut à l'adolescent.
La veille, Tim avait dû défendre le choix de Percival de rentrer chez lui pour régler les choses et remettre sa vie sur rail, mais sa mère n'avait pas décolérer – Percival aurait très bien pu ne pas rompre avec lui. Dans ses conditions, il n'était évidemment pas question que Percival revienne vivre avec eux à l'appartement, ce qui leur aurait permis d'être davantage ensemble. Si Percival avait compris plus tôt qu'il n'était pas censé repartir, ils auraient pu en profiter davantage.
Tim n'avait juste pas su à quel point ils étaient heureux et Percival non plus, persuadé qu'il était que demeurer au XXIème siècle pouvait entraîner quelque catastrophe temporelle.
A présent, ils formaient enfin un véritable couple, mais il leur faudrait patienter avant de retrouver le plaisir d'habiter ensemble.

lundi 14 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 78

C'était étrange de repenser à toute la souffrance que Tim avait ressenti en croyant être le seul à l'aimer alors qu'il n'en était rien.
Le moment exact où Percival s'était rendu compte de son amour n'avait sans doute pas d'importance, si ce n'est de déterminer depuis quand il le dissimulait, mais Tim ne put résister à l'envie de savoir.
— Et ce matin, c'était avant que je me fasse battre comme plâtre, après que j'ai rencontré Félicien… ?
— Entre les deux, mais après que tu te sois offert à moi.
Tim en fut un peu soulagé. Cela aurait été trop affreux si Percival lui avait menti sciemment cette fois-là.
— Est-ce que cela a été dur de te taire ?
— Oui, car je savais que tu voulais plus que mon amitié et que cela te rendait triste, mais persuadé de mon inévitable départ, je gardai le silence pour te protéger. Le pire a toutefois été de t'encourager à fréquenter Félicien. Il ne m'inspirait pas confiance, mais je soupçonnais ma jalousie de fausser mon jugement.
Comme Tim digérait la réponse du chevalier, Percival l'embrassa avant de murmurer toute contre  au creux de son oreilles :
— Je te promets de m'appliquer à te rendre heureux à partir de maintenant jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Tim se serra contre lui.
— J'espère bien, car tu as beaucoup à te faire pardonner.
Ils passèrent encore un moment ensemble, Percival lui révélant être vendeur dans une boutique proposant des objets médiévaux et appartenant au domaine du merveilleux, mais il était déjà tard et Tim fut obligé de partir, même s'il n'en avait pas la moindre envie, seulement il avait le cours le lendemain et Percival travaillait. Il lui avait révélé
Peinant à se séparer, le chevalier le raccompagna jusqu'à sa porte et tint à présenter ses respects à la mère de Tim qui le battit de froid.
Tim la comprenait. Percival s'était mal comporté et l'avait blessé. Il avait toutefois des excuses et Tim était heureux au final. Il était convaincu que sa mère s'adoucirait quand elle s'en rendrait compte.

vendredi 11 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 77

— Tu m'as manqué. Ce n'est pas glorieux à avouer, mais je crois que j'avais peur de ne pouvoir te reconquérir et que c'est pour cela que j'ai tant tardé, même après m'être assuré que ma destinée était de demeurer  au XXIème siècle.
Ce devait être dur pour Percival de reconnaître qu'il avait en quelque sorte pris la fuite, mais Tim ne put s'empêcher d'exprimer un reste de mécontentement.
— Et si tu avais découvert au bout du compte que tu devais repartir, qu'aurais-tu… ?
Tim ne put finir sa question, un gémissement de plaisir lui échappant sous une caresse de Percival.
— J'aurais tenté de traverser les siècles par mes propres moyens et en cas d'insuccès, je serais venu te voir.
Tim ne put répondre, sa capacité à raisonner ayant disparu comme le chevalier avait baissé le bas de son survêtement sur ses cuisses et dévoilé une impressionnante érection.
L'adolescent déboutonna son propre pantalon pour libérer son sexe et, adossés à la porte, leur doigts mêlés autour de leurs pénis collés, ils se caressèrent de façon enfiévrée jusqu'à la jouissance.
Encore tout pantelant, une pensée affreuse traversa soudain Tim : est-ce que Percival, tout amoureux qu'il soit de lui avait couché avec quelqu'un durant leur trop longue séparation ?
— Pourquoi ce visage sombre tout à coup ? demanda le chevalier en lui tendant un mouchoir en tissu.
Tim s'essuya et réajusta ses vêtements et ses idées avant de dévoiler son inquiétude. Il ne voulait plus de zones d'ombres entre eux.
— Même si je ne t'avais ni juré fidélité ni confessé mon amour de vive-voix, j'ai prêté serment en mon âme et conscience. Je n'aspire à aucun autre que toi et ne désire d'autre fourreau pour mon épée. Et toi ?
Tim grimaça au souvenir de Félicien et raconta succinctement comment son soit disant ami avait cherché à coucher avec lui et jusqu'où il l'avait laissé aller avant de le repousser.
— Le félon ! Il mériterait une bonne correction, s'emporta aussitôt Percival. 
Tim posa une main apaisante sur son avant-bras.
— J'ai ma part de responsabilité là-dedans.
— Tu es un ange de miséricorde, déclara Percival en l'enlaçant.
— Pas vraiment non, et puis, n'est-ce pas grâce à lui que tu as pris conscience de tes sentiments pour moi ?
Percival secoua la tête.
— Il a juste provoqué ma jalousie.
Tim fut interloqué.
— Mais depuis combien de temps m'aimes-tu ?
— Avant  toi, j'étais toujours tombé amoureux au premier regard et je crains ne pouvoir te fournir de moment précis.
— Je veux dire… Quand as-tu réalisé… ?
— C'était un matin tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Avant que tu ne partes pour le lycée, tu m'as embrassé en vitesse avant de filer, affirmant que tu avais besoin d'énergie pour la journée et j'ai su que tu t'étais logé dans mon cœur et que plus rien ne pourrait t'en chasser.

jeudi 10 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 76

— Et alors ? le pressa Tim, captivé malgré lui par le récit.
— Après avoir campé aux abords de la bibliothèque deux jours durant et être retourné consulté plusieurs fois mes messages, j'ai enfin reçu une réponse sérieuse d'un grec de l'antiquité qui m'a apporté son aide pour obtenir ce fameux papier d'identité.
Percival sortit de la poche de son pantalon de survêtement un portefeuille dont il tira une carte.
Tim s'en empara, halluciné. Elle avait l'air tout ce qu'il y a de plus authentique, même si l'année de naissance était fausse.
— Comment est-ce possible ?
— Je ne suis pas dans le secret de sa fabrication, mais mon bienfaiteur connaît la fille d'un autre voyageur du temps.
— Il y en a beaucoup, tu crois ?
— Cela serait étonnant, mais je ne suis pas un cas unique et c'est pour cela que j'ai pu obtenir de l'aide, être hébergé, obtenir cette carte et au final un travail et de quoi me payer un logis, même si mon bienfaiteur a dû se porter caution pour moi afin que j'y ai droit. Je crains ne pas toujours bien saisir les subtilités de l'époque moderne en dépit de mes efforts.
— Mais pourquoi as-tu mis autant de mois avant de me recontacter ?
— Je voulais avoir une situation dans ce siècle de façon à pouvoir rivaliser avec ton Félicien avant de mettre mon cœur à tes pieds et m'efforcer de regagner ton amour.
C'était idiot, mais avant que Tim ne puisse le lui faire remarquer, Percival s'agenouilla devant  l'adolescent, tendant une main vers lui dans une posture qui pouvait s'interpréter aussi bien comme une proposition de mariage qu'une demande de pardon.
Tim ne résista pas, mit sa main dans la sienne, et le tira vers lui pour l'obliger à se relever.
Percival n'aurait pas dû lui mentir et disparaître comme il l'avait fait, mais l'adolescent non plus n'était pas blanc comme neige vu qu'il avait prétendu sortir avec Félicien.
Non, ce qui comptait, c'était que Percival l'aimait, était bien vivant, et qu'ils s'étaient retrouvés pour ne plus se quitter.
Tim effleura les lèvres de Percival d'un baiser pour signifier qu'il lui pardonnait.
Le chevalier l'embrassa en retour d'abord à pleine bouche, puis dans son cou, ses mains s'aventurant sous le haut de Tim.

mercredi 9 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 75

— Ta ruse et ton ami à toi a atteint le but recherché. Je t'aime, Tim.
Après ses mots, Percival s'empara à nouveau de ses lèvres, enserrant son visage dans ses grandes mains.
Une joie profonde inonda Tim sans parvenir à effacer tout à fait son malaise face à la manière dont le chevalier avait prétendu regagner son siècle.
— Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi n'as-tu rien dit ? demanda-t-il, le souffle court.
— Je croyais dur comme fer que j'étais supposé retourner à ma place, dans mon siècle, que c'était dans l'ordre des choses. Je pensais donc qu'il valait mieux pour toi que tu trouves quelqu'un de ton époque. Néanmoins, quand nous nous sommes rendus au musée et que j'ai vu la tapisserie devant laquelle j'étais apparu avec toi - je n'avais pas eu le loisir de m'intéresser à ce qu'elle représentait trop esbaudi par le changement de lieu -  je me suis demandé si la raison de mon voyage dans le temps n'était pas de t'offrir mon cœur, ce qui signifiait que ma place était ici. Il fallait que je m'en assure, même si c'était trop tard et que tu étais avec un autre.
— Mais tu n'avais pas besoin de prétendre être rentré au XIVème siècle, protesta Tim avec virulence, lui envoyant son poing dans le torse dans son emportement.
Percival bloqua son coup.
— Je devais voir si j'étais capable de me débrouiller et tu te donnais tant de mal pour me renvoyer…
— A contrecœur ! s'écria Tim.
— Oui, et d'ailleurs cela me faisait plaisir que tu n'y tienne pas.
— J'avais raison de t'attribuer un goût pour le théâtre ! Non,  parce que si je suis doué pour inventer des histoires, toi tu es un acteur né !
Percival avait bien caché ses sentiments. Il est vrai que ce qu'il laissait transparaître le plus facilement, c'était sa colère.
— Avec le recul, ma décision de partir comme ça semble cruelle, mais sur le moment, cela m'a paru la meilleure.
— Qu'as-tu fait, sans argent ni rien ?
— J'ai été utilisé un ordinateur dans une bibliothèque. Je n'aime pas trop ces machines, mais pouvoir contacter le reste du monde avec est bien pratique. J'ai mis un message à différents endroits pour tenter d'entrer en contact avec d'autres  voyageurs du temps, ma théorie étant que si j'étais présumé rester, je ne devais pas être le seul dans ce cas.

mardi 8 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 74

L'adolescent acquiesça, des émotions contradictoires bouillonnant en lui. Lieu public ou pas, il aurait été capable de faire une scène, ce que Percival devait vouloir éviter.
Le chevalier le relâcha et prit la direction de la sortie. Tim le suivit à l'extérieur, jusqu'à une bouche de métro où ils s'engouffrèrent.
Percival avait son ticket. Il avait tout de l'habitué. Cependant, même alors qu'il venait de débarquer, il s'était comporté avec assurance, ne trahissant sa nervosité et son étonnement que par quelques commentaires inquiets.
— Où va-t-on ? demanda Tim, ne pouvant contenir davantage sa curiosité.
— A mon appartement.
De nouvelles questions se bousculèrent dans l'esprit de Tim, mais il se força les taire. Il était au bord de l'explosion.
Deux changements et quelques stations plus tard, ils ressortirent à l'air libre et ce fut Percival qui prit la parole, comme s'il ne pouvait plus supporter le silence et la tension entre eux.
— Comment vont les choses pour toi depuis mon départ ?
Tim se retint de répliquer que si le chevalier était resté, il l'aurait su. Il se contenta de soupirer avant de répondre :
— Je me suis entraîné, j'ai étudié. Je suis passé en classe supérieure où j'ai retrouvé un ancien ami du collège.
Et il avait souffert de son absence, ajouta-t-il mentalement.
— Et avec Félicien ?
Tim au aurait pu prétendre que tout allait à merveille, mais il préféra rétablir la vérité surtout après ce qui s'était passé avec ce dernier.
— Rien. Il n'y a jamais rien eu entre nous. C'était juste pour tenter de te rendre jaloux.
— Je suis enchanté de l'apprendre.
Tim marqua un temps d'arrêt, n'en croyant pas ses oreilles. Cependant, avant qu'il puisse lui faire répéter, Percival déclara qu'ils étaient arrivés. Il le fit entrer dans un vieil immeuble et ils grimpèrent huit étages. Il n'y avait pas d'ascenseur, mais Tim était à peu près sûr que même s'il y en avait eu un, Percival ne l'aurait pas emprunté.
Percival l'introduisit chez lui. C'était une petite pièce qui comprenait un lit des plus basiques avec à son pied une grosse malle métallique. Au fond, à moitié masquée par un rideau se trouvait une cuisine tout en long dépourvue de fenêtre avec dans son prolongement une douche et un placard à balai qui devait cacher des toilettes.
Percival lui empoigna le menton et l'embrassa, fouaillant de la langue sa bouche avec ardeur. L'adolescent fondit sous ce baiser, une petite voix en lui murmurant tout de même que le chevalier était supposé s'expliquer.

lundi 7 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 73

Zack ayant pris congé, Tim prit le chemin du musée, emportant dans son sac la cape de Percival. Bien qu'elle ait désormais perdu son odeur, elle ne le quittait jamais. C'était la sienne, la preuve que le chevalier avait été à ses côtés.
Dans la salle où était exposée la tapisserie du Don d'Amour, Tim sursauta en apercevant une silhouette familière. Ce n'était pas la première fois qu'il croyait voir Percival pour découvrir que ce n'était pas lui. Il s'approcha de façon circonspecte. L'homme portait un survêtement bleu roi. Sa carrure était vraiment identique à celle du chevalier et ses cheveux de la même teinte… et son profil était identique. Tim retint son souffle. Ce ne pouvait être Percival pourtant, pas dans cette tenue. Peut-être était-ce un des ses descendants, s'il avait fini par se marier et avoir des enfants... Tim avait vu ce genre de cas dans plusieurs des bouquins avec des voyages dans le temps qu'il avait lu durant les derniers mois, une part de lui espérant qu'une solution émergerait de ses lectures qui s'étaient révélées divertissantes à défaut d'autre chose.
Il avança encore et l'homme qui ressemblait trait pour trait à Percival se tourna vers lui.
— Bonjour Tim. Après que j'ai insisté, ta mère m'a informé au téléphone que tu serais ici, mais apparemment, je t'ai devancé. Je crois que rentrer dans ses bonnes grâces ne sera pas aisé.
C'était le chevalier en personne. Tim demeura sans voix, sans bouger ne serait-ce que d'un cil.
Percival lui sourit.
— Comment… ? croassa Tim, la gorge serrée par l'émotion.
— C'est une longue histoire et je ne sais pas trop par où la débuter.
Tim avait envie de se jeter dans ses bras et de l'embrasser, mais le mystère de sa présence  le retenait plus sûrement que les autres visiteurs.
A sa façon de parler plus moderne et ses habits, Percival semblait n'être jamais reparti au XIVème siècle.
— Tu n'es jamais retourné à ton époque, n'est-ce pas ? demanda-t-il accusateur, espérant que Percival nierait, mais le chevalier confirma d'un signe de tête.
Il avait tant souffert de son départ synonyme de sa mort que d'apprendre que Percival avait en fait vécu non loin de lui le rendit malade.
La colère et la tristesse se débattait en lui.
— Tu n'avais pas besoin de prétendre que j'avais réussi à te renvoyer dans ton siècle pour me fausser compagnie.
 Percival attrapa ses poings fermés aux jointures blanchies et Tim frémit au contact de ses mains rugueuses.
— Ce n'est pas ça. Mieux vaut que nous allions discuter de tout ça au calme.

vendredi 4 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 72

Tim fêta ses dix-sept ans et effectua une nouvelle rentrée scolaire. Il fut content de constater que Harvey, Côme et Lisle n'étaient plus dans la même classe que lui. Les trois garçons étaient associés à bien trop de souvenirs pénibles. Il eut aussi l'excellente surprise de retrouver Zack, un ancien camarade de son collège qui avait changé d'établissement pour des raisons d'options.
Ce dernier lui confia qu'il se posait des questions sur son orientation sexuelle. Il était attiré par les filles, mais aussi par les garçons et ne savait plus trop où il en était.
Face à se confidences, Tim se demanda, si le sachant gay, il comptait sur lui pour expérimenter ou s'il avait juste besoin d'une oreille compréhensive et compatissante. Jugeant qu'il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même panier que Félicien, il se contenta d'écouter.
Zack ne lui fit aucune proposition déplacée et Tim, sans détailler toute son aventure avec Percival, finit par lui parler de Percival, évacuant bien sûr le côté fantastique de sa relation avec le chevalier. Cela impliquait de broder un minimum, mais c'était ça ou passer pour fou et cela lui faisait du bien de se confier.
Zack le plaignit.
Ils se rapprochèrent l'un de l'autre et la rumeur ne tarda pas à courir qu'ils étaient davantage que des amis. La plupart des gens du lycée connaissant les préférences de Tim, il y eut même des garçons et des filles qui crurent bon de mettre Zack en garde, mais ce dernier démentit être plus que pote avec Tim, tout en rétorquant qu'il se moquait que les gens croient le contraire parce qu'il n'y avait pas de honte à s'aimer.
Zack était cool. De ce point de vue, il n'avait pas changé depuis le collège et tomber amoureux de lui aurait été positif. Cependant, ils avaient beau passer du temps ensemble, rire et se taquiner, il n'y avait pas d'étincelle. Pourtant, Zack n'était pas mal physiquement : grand, costaud, avec des traits bien proportionnés et de beaux yeux bleu ciel…
Quand Zack, un après-midi, lui dévoila qu'il éprouvait de l'attirance pour un de ses amis, Tim crut d'abord que c'était lui et s'inquiéta de la manière dont il allait le décourager tout en conservant son amitié, puis Zack poursuivit et les craintes de Tim se révélèrent infondées, l'élu étant un certain Baptiste.
— Si je me déclare à Baptiste, je risque de tout gâcher. Je veux dire, à moins d'être du même bord que toi, pas moyen qu'il le prenne bien…
— Tu lui as parlé de moi ?
— Hein, pourquoi ?
Zack fronça les sourcils, ne voyant pas où Tim voulait en venir.
— Parce que ce serait un bon moyen de tâter le terrain, de voir s'il est ouvert ou non…
Zack lui flanqua un grand coup sur l'épaule qui lui aurait sûrement laissé un bleu si Tim n'avait gagné du muscles.
— Hé, c'est pas idiot, ça !
— Évidemment, ça reste délicat et il n'y a pas moyen de savoir avec certitude comment il réagira au bout du compte.
— Oui, mais en même temps, je n'en peux plus de me prendre le chou. C'est vraiment du bol qu'on se soit retrouvé parce que c'était con qu'on se soit perdus de vue à la fin du collège.
Tim opina, espérant très fort que l'histoire d'amour de son ami se terminerait mieux que la sienne.

jeudi 3 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 71

— C'est ça, casse-toi ! De toute façon, t'es chiant comme la pluie ! lança Félicien comme Tim passait la porte d'entrée, ses lacets encore dénoués.
Le portail s'ouvrait heureusement sans nécessité d'une clef ou l'adolescent aurait dû négocier avec Félicien pour partir.
La découverte du vrai visage de celui qu'il croyait être son ami associée à la disparition de Percival renforça le profond chagrin de Tim, le poussant à se replier sur lui-même.
Après une semaine à se traîner au lycée, les vacances lui permirent de se cloîtrer dans sa chambre. Cependant, après plusieurs jours à broyer du noir, remarquant l'inquiétude de sa mère et ses tentatives pour lui remonter le moral, il se força à sortir de sa coquille et à se bouger.
Il reprit les exercices physiques que lui avait appris Percival, du moins ceux qui pouvaient se faire seul afin que tous les efforts fournis jusqu'ici n'aient pas été inutiles.
De retour en classe, Tim se montra à nouveau attentif en cours, rattrapant peu à ce qu'il avait raté occupé à ruminer la perte de Percival ainsi que la trahison de Félicien. Le premier événement le touchait beaucoup plus que le second. Et s'il avait trouvé le courage de pardonner à ses camarades de classe qui l'avait ignoré tant qu'il était dans le collimateur de l'infernal trio, il ne parvenait à faire de même avec Félicien.  Il ne voulait plus entendre parler de lui. Il déjoua donc toutes ses tentatives pour renouer. Félicien ne s'acharna heureusement pas trop, finissant par comprendre que la partie était perdue. Il fallut quand même pour cela que Tim lui mette les points sur les i : non, il ne coucherait pas avec lui, même si c'était commode parce qu'ils étaient célibataires tous les deux. Ce que Tim voulait, c'était aimer et de préférence être payé en retour. Il n'était cependant pas pressé de rencontrer quelqu'un, la disparition de Percival étant  trop douloureuse. Il lui manquait chaque jour. Le temps supposé atténuer toutes les peines s'écoulait bien lentement et sa tristesse ne semblait pas prêt de diminuer.
Pour se récompenser de tous ses efforts pour vivre normalement en dépit du chagrin qui le rongeait, Tim s'offrit un abonnement au musée et prit l'habitude de s'y rendre chaque semaine sans exception. Là-bas, il passait un long moment devant la tapisserie du Don d'Amour, car devant elle, il se sentait plus proche du chevalier. A plusieurs reprises, il ne put s'empêcher de souhaiter être transporté au Moyen-âge aux côtés de Percival, mais jamais rien ne se produisit.

mercredi 2 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 70

Félicien approfondit son baiser sans que l'adolescent n'en tire aucun plaisir. Il le laissa l'étendre sur le matelas, puis le déshabiller, le dégoût montant en lui.
— J'adore comme tu es fin et tout en muscles, dit Félicien.
Ce qu'il faisait, c'était comme tromper Percival, même si ce dernier ne lui avait rien demandé ou promit.
Quand la main de Félicien effleura son pénis, Tim lui bloqua le poignet.
— Je suis désolé, je ne peux pas….
— A cause de Percival ? Il t'a quitté, je te rappelle. Il n'en a rien à branlé de ce que tu fais et avec qui.
C'était vrai et douloureux à entendre. Mais de toute façon, le problème, c'était Tim. C'était beaucoup trop tôt pour lui, encore bien trop frais. Percival était tout juste parti et… mort.
— Tu as raison, mais je préfère qu'on s'en tienne là. Pardon, mais je ne peux répondre à tes sentiments pour le moment, dit Tim, libérant Félicien.
Ce dernier émit un drôle de reniflement.
— Je me contenterai du sexe, rétorqua-t-il. On ne va pas s'arrêter en si bon chemin quand même ? ajouta-t-il.
Il se pencha sur Tim et lui taquina un téton de la langue.
Tim frémit. Il n'aurait pas dû autoriser Féllicien à aller aussi loin, mais il avait eu un moment de faiblesse, choqué par le départ de Percival.
Il avait cependant le droit de changer d'avis. Il se redressa, s'excusant encore.
Félicien s'énerva :
— Tu es pénible à la fin ! J'ai été d'une patience d'ange parce que je trouvais ça excitant de coucher avec une crevette devenue appétissante…
Les derniers scrupules de Tim volèrent en éclats à ses mots. Ce qu'il avait gêné au tout début quand Félicien l'avait abordé refit surface : si le terminale avait entendu la rumeur de l'avorton qui parvient à se débarrasser de ses tourmenteurs, pourquoi pas celle du gay brutalisé ? Bien sûr, peut-être qu'il avait eu peur de Harvey, Côme et Lisle, mais ils auraient très bien pu se voir en dehors de l'enceinte du lycée comme maintenant. Il était aussi tout à fait possible qu'il ait jugé que le Tim de l'époque n'en valait pas la peine. Dans tous les cas, le côté superficiel de Félicien transparaissait.
Il le repoussa à deux mains, ramassa ses vêtements et se rhabilla vite fait bien fait, sans se soucier des propos désagréables que Félicien lui balançait à la figure.
Si ce dernier avait été un véritable ami, il n'aurait pas profité de sa détresse pour le mettre dans son lit. Cependant, cela avait dû être son intention depuis le début. Tim ne s'était pas montré intéressé, mais Félicien n'avait pas renoncé pour autant, ce qui en un sens était admirable. Avec davantage de patience, il serait sûrement parvenu à ses fins, mais croyant touché au but, il avait torpillé tous ses efforts en précipitant les choses.

mardi 1 mai 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 69

Il rentra ensuite chez lui dans un état second, à peine conscient de ce qui l'entourait.
Sa mère se rendit compte de suite qu'il y avait un problème.
— Eh bien, que s'est-il passé mon chéri ?
— Il est retourné chez lui.
— C'est plutôt une bonne chose, non, si ça s'est arrangé avec sa famille ?
Tim acquiesça.
Sa mère le prit dans ses bras.
— Et c'est fini entre vous, c'est ça ? demanda-t-elle.
L'adolescent opina en se blottissant contre sa mère comme s'il avait encore été un petit garçon.
Elle lui caressa doucement les cheveux, cherchant à la réconforter, mais ses mots consolateurs ne parvinrent pas aux oreilles de Tim. Il pensait à son cher chevalier, son premier amour, mort et enterré.
Il regrettait de ne pouvoir consulter quelque archive pour savoir ce qu'il était advenu de lui. Il n'avait hélas aucune information pour retrouver une éventuelle trace de lui. Percival avait pourtant dû mentionner le nom de son seigneur et du château, mais il ne les avait pas retenus.
Tim aurait bien annulé son rendez-vous avec Félicien, mais ce dernier ne voulut rien entendre.
Selon lui, si Percival était parti pour de bon, que tout était terminé, ce dont Tim avait besoin, c'était de se changer les idées.
Il vint le chercher, le tirant de sa chambre où il s'était réfugié pour le conduire chez lui.
Tim ne lui opposa pas vraiment de résistance. Qu'il fasse ça ou rien, Percival ne lui serait pas rendu. Il aurait pu tenter de retourner au Moyen-âge, mais il savait qu'il ne ferait qu'embarrasser le chevalier s'il y parvenait, sans oublier le chagrin qu'il causerait à sa mère.
Félicien le fit s'asseoir sur son lit et lui servit un verre auquel Tim ne toucha pas.
Son apathie ne découragea toutefois pas Félicien qui voulut connaître tous les détails du brusque départ de Percival.
Tim n'avait ni l'envie ni la force d'inventer une histoire.
— Tout ce qu'il y a à savoir, c'est que c'est fini, déclara Tim comme Félicien  revenait à la charge.
— L'idéal pour oublier un amour déçu, c'est d'en trouver un autre.
Tim protesta dans son for intérieur. Percival resterait à tout jamais gravé dans ses souvenirs. Pas seulement parce qu'avoir un chevalier du XIVème à ses côtés avait été une aventure trop fantastique pour être relégué aux oubliettes, mais aussi parce que Percival avait eu toutes ses premières fois.
Félicien colla sa bouche à la sienne. Tim faillit avoir un mouvement de recul, mais finalement s'abandonna au baiser. Cela ne lui faisait pas grand chose en comparaison avec Percival.

lundi 30 avril 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 68

L'adolescent prit les mains du chevalier entre les siennes, ferma les yeux, se souvenant de la chambre de Percival avec la grande cheminée et le lit à baldaquin dans lequel il l'avait surpris avec Lubin...
C'était au-dessus de ses forces. Il rouvrit les paupières. Percival ne le regardait même pas, son attention centrée sur la tapisserie !
— Cela ne marche pas, murmura Tim, regrettant de ne pouvoir réclamer un ultime baiser sans se soucier des visiteurs qui s'en offusqueraient.
Percival lui pressa doucement le bout des doigts.
— Je suis certain que tu es capable de me renvoyer d'où je viens. Rappelle-toi des fois précédentes.
Tim avait seulement souhaité et espéré de toutes les fibres de son être. Cela n'avait fonctionné que deux fois.  Or, il avait l'impression de l'avoir fait avec autant d'intensité à chaque fois. D'ailleurs, la première fois, cela s'était déroulé à son insu et non de façon consciente, comme pour son retour. Ce qu'il désirait profondément, c'était que Percival reste. Seulement, c'était égoïste de sa part. Il n'avait plus qu'à prier que le chevalier soit exaucé et heureux.
Il inspira à fond.
— D'accord, réessayons.
Percival hocha la tête, puis arracha ses mains à celle de l'adolescent.
— Tiens-moi plutôt par ma cape. Si nous ne sommes pas en contact direct, cela devrait éviter que nous repartions ensemble.
Ce n'était pas idiot et ne partait pas d'un mauvais sentiment, mais l'adolescent fut blessé que Percival ne veuille pas risquer qu'il soit transporté avec lui dans le passé. Avait-il donc si hâte d'être débarrasser de lui à tout jamais ?
Il obtempéra, le tissu lui brûlant les doigts et ferma les yeux, priant de toutes forces pour le bonheur de Percival.
Quand il les rouvrit, croyant avoir échoué car il sentait toujours l'étoffe entre ses doigts, Percival avait disparu, ne laissant de lui que sa cape.Tim la serra contre lui. Il était dévasté.
Avec un temps de décalage il réalisait que le retour de Percivakl à son époque signifiait qu'il était et enterré depuis quelque chose comme sept siècles.
Il huma la cape. L'odeur de Percival y était toujours attaché. Refoulant les larmes qui menaçaient de couler, il garda un long moment le visage enfoui dedans,  puis la roula en boule dans ses bras.

vendredi 27 avril 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 67

— Je crois que tu es sur la bonne voie et que tu n'as plus besoin de mes services.
Ce fut comme un coup de massue.
— Il est temps pour moi de regagner mon siècle.
Tim faillit lui déballer sur le champ que toute l'histoire avec Félicien était fausse, mais se tut finalement, réalisant que cela ne changerait rien. Percival ne voulait pas regagner son époque parce qu'il était jaloux du temps qu'il consacrait à Félicien ou parce qu'il était irrité que leur relation physique se soit achevée. Il n'avait pas parut souffrir le moins du monde qu'elle s'arrête. Le chevalier avait toujours eu l'intention de regagner son siècle une fois qu'il aurait aidé Tim à devenir fort.
— Tu m'as laissé une ouverture exprès, lança Tim en désespoir de cause.
— Point du tout. Je ne sais si c'est ton nouvel amour qui te donne des ailes ou si tu voulais me prouver et te démontrer à toi-même que Félicien ne constituait pas une distraction qui te détournerait de ton but, mais tu as redoublé d'efforts ces derniers jours.
Il avait seulement éprouvé le besoin de se défouler, oui, et maintenant, il le regrettait.
—Je suis loin d'avoir ton niveau, argua-t-il encore, cherchant à retenir Percival, mais le chevalier ne mordit pas à l'hameçon.
— Veux-tu bien que nous allions au musée ce  matin, avant ton rendez-vous ?
L'air manqua à Tim. C'était trop soudain.
— Tu ne peux pas disparaître comme ça. Que va dire ma mère ?
— Tu la salueras pour moi. Et je suis sûr que tu trouveras quelque chose à raconter. Une réconciliation subite avec ma parentèle ou quelque autre fable…
Tim était coincé. Il ne pouvait plus tergiverser, alors il accepta.
Le cœur en miettes, trop triste pour éprouver ne serait-ce qu'un soupçon d'excitation, il regarda Percival se déshabiller pour enfiler ses habits médiévaux.
Le trajet jusqu'au musée se fit en silence ou presque.
Sur place, une fois les tickets achetés, ils retrouvèrent le chemin de la salle où était exposée la tapisserie du Don d'amour.
Tim traînait des pieds, obligeant Percival à marcher lentement.
Il lui rappela qu'il n'avait aucune garantie qu'il réussisse à le renvoyer dans le passé, taisant le fait qu'il souhaitait très fort échouer.
Percival le mit à l'aise. Tout ce qu'il voulait, c'était que Tim essaye.

jeudi 26 avril 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 66

En dépit des réticences de Tim, Félicien ne lâcha pas l'idée de faire semblant de former un couple et c'est pourquoi deux semaines plus tard, après avoir passé encore deux agréables samedis  après-midis avec lui, Tim rentra pour annoncer la fausse grande nouvelle au chevalier.
— Félicien et moi, nous sommes désormais plus que des amis.
Percival qui faisait des exercices du poignet avec son épée s'interrompit et la rangea dans son fourreau.
Tim trouva que c'était bonne augure puisque cela signifiait que la conversation méritait son attention entière.
— Voilà qui ne me surprend guère. Je suis enchanté pour toi.
Les espoirs de Tim s'effondrèrent. En fait, le chevalier avait simplement fini de s'exercer.
Il tâcha de ne pas montrer à quel point l'approbation de Percival lui causait de la peine et poursuivit, comme ils en avaient discuté avec Félicien.
— Merci. Et c'est pourquoi je voudrais que nous arrêtions de faire des trucs sexuels ensemble.
— Pour ne pas lui être infidèle. C'est tout à ton honneur. Je pensais même que tu me demanderais d'arrêter plus tôt compte tenu des sentiments que tu semblais développer à son égard.
Félicien s'était trompé sur toute la ligne et Percival était également  dans l'erreur.
Certes Tim appréciait Félicien, mais cela n'allait pas plus loin.

Les jours qui suivirent son mensonge, Tim regretta beaucoup d'avoir suivi le plan de Félicien supposé aider Percival à réaliser qu'il ne pouvait se passer de lui.
C'était lui qui souffrait. Les baisers du chevaliers lui manquaient atrocement, de même que ses caresses.
Percival avait décidé de retourner camper sur la moquette et ne pas dormir dans ses bras était une torture. Tim brûlait de le toucher, mais il avait beau être tout près, il était hors de portée.
Frustré de ne pouvoir ni l'embrasser ni réclamer des baisers, Tim se donna à fond dans l'entraînement physique si bien qu'il finit par réussi à le frapper pour la toute première fois.
Il resta tout étonné et s'excusa avec profusion, mais Percival le coupa : pour lui, c'était le signe des progrès remarquables de Tim.

mercredi 25 avril 2018

Un Chevalier au XXIème siècle - 65

Félicien ne fut pas surpris quand il lui exposa son sentiment.
— Oui, j'ai cru comprendre ça. Tu aurais tu va tête tout à l'heure… Évidement, si j'avais su, je n'aurais pas gaffé.
Tim se sentit morveux. C'est vrai qu'il ne lui avait rien dit. C'était toutefois son droit d'avoir des secrets.
Félicien continua :
—  Ne te bile pas. Maintenant que je sais, je me tiendrais à carreau avec lui. Je ne suis pas trop fan de Percival. Il ne semble pas commode et puis bon, ses dents de travers…
Tim les adorait lui, mais il le laissa dire. Mieux valait pour lui que Félicien ne voit pas la beauté du chevalier.
Son nouvel ami poursuivit encore :
— Après, c'est sûr qu'il a l'air bien monté.
Tim déglutit. La formulation manquait de classe, mais Percival n'avait assurément pas à rougir de la taille de son membre viril. Rien que d'y penser le troublait.
— Bref, tu es davantage mon genre, sur tous les plans, conclut Félicien.
Tim sursauta, étonné. C'était bien la première fois qu'il plaisait à quelqu'un physiquement.
— Merci, murmura-t-il.
— Si tu veux, je peux t'aider à rendre Percival jaloux. Nous pourrions prétendre que nous sortons ensemble.
— Cela ne lui fera ni chaud ni froid vu qu'il ne m'aime pas… protesta Tim.
— Pas sûr, surtout si tu refuses de continues à baiser avec lui.
Tim n'était pas convaincu. Il avait surtout peur que cela ne pousse Percival à aller voir ailleurs.

A son retour à l'appartement, Percival lui chercha querelle.
 — J'aurais préféré que tu ne te vantes point du fait que nous partageons la même couche. Cela ne regarde que nous.
Tim se défendit : ce n'était pas vraiment sa faute si Félicien avait tiré tout seul les conclusions qui s'imposaient.
Percival voulut bien l'admettre et Tim en profita pour lui demander ses impressions sur son nouvel ami.
Il s'avéra que Percival n'avait pas encore une opinion arrêtée, du moins, pas une qu'il veuille partager avec Tim. L'adolescent avait apparemment eu tort de craindre un coup de foudre entre eux !
Il le questionna ensuite sur sa famille et apprit ainsi que Percival avait eu un frère et une sœur, tout deux décédés, de même que ses parents. Il n'avait plus qu'un oncle en vie qu'il n'avait pas vu depuis des années. Tim s'enquit dans la foulée de d'autres attaches, désireux que Percival manifeste que si jamais il ne repartait pas, il ne ferait défaut à personne et réciproquement, mais le chevalier ne lui donna pas ce plaisir, mentionnant plusieurs compagnons d'armes.