L'été passa, l'automne revint. Un an jour pour jour
s'était écoulé depuis que Zack avait rencontré Nino et Kazuya. Ils
n'avaient rien prévu de spécial pour l'occasion. Zack s'était contenté
de ramener de bons petits plats d'un restaurant indien et avait
convaincu Nino et Kazuya de visionner avec lui une de ses comédies
romantiques préférés.
Nino et lui étaient collés l'un à l'autre dans
le canapé, les mains jointes, Kazuya flottant derrière eux, quand
soudain Zack sentit quelque chose sur sa tête.
Surpris, un cri lui échappa. Nino se joignit à lui comme s'ils avaient été en train de regarder un film d'horreur.
— Quelle réaction pour un premier contact ! s'amusa Kazuya.
— C'était toi ?! s'exclamèrent Zack et Nino en chœur, incrédules, en se tournant vers lui.
— Oui.
— Mais comment ?
— Je voulais vous faire la surprise. Voilà plusieurs années que je m'exerce...
Dans
un même mouvement, Zack et Nino se précipitèrent pour le prendre dans
leurs bras. Ils passèrent au travers du fantôme et se retrouvèrent
enlacés.
Kazuya éclata de rire.
— Désolé, ma tangibilité n'est pas encore au point.
Ils leur tendit les mains et ils purent chacun en attraper une. Elle était large et fraîche. Le toucher, enfin.
Des larmes perlèrent au cil de Nino.
— Jamais, je n'aurais cru qu'un jour, je pourrais...
Zack était ému également. Lui aussi en avait rêvé, en sachant... non, en croyant que c'était impossible.
— Tu aurais pu nous informer de tes tentatives quand même, râla-t-il.
— Plutôt
que de vous causer une belle frayeur ? Non, cela n'aurait pas été
drôle, déclara Kazuya. En vérité, c'était pour vous épargner une
déception, car je n'étais pas certain d'y parvenir, précisa-t-il.
— C'est merveilleux, intervint Nino avec un sourire ravi, ses doigts agrippés à ceux de Kazuya.
Zack non plus n'avait pas lâché le fantôme. C'était un miracle.
Après
la découverte que Kazuya était attaché au sabre, il n'avait pas pensé
que leur vie à trois pouvait être encore plus heureuse. Il se trompait.
Quelque
mois auparavant, la tangibilité, même partielle de Kazuya l'aurait
catastrophé et il serait déjà imaginé être jeté comme une vieille
chaussette, mais il en avait fini avec les doutes et il était tout
simplement heureux. Nino, Kazuya et lui étaient inséparables.
— Y-a-t-il une autre partie de ton anatomie que tu peux rendre solide ? demanda Zack avec une idée bien précise en tête.
Nino
s'empourpra comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps, montrant
qu'il savait très bien où Zack voulait en venir, qu'il désirait la même
chose.
— Techniquement, toutes, mais dans la pratique, pas en même temps.
— Tu devrais t'entraîner avec nous à partir de maintenant, déclara Zack.
— J'y compte bien, répliqua Kazuya avant de leur donner à chacun un baiser.
FIN