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samedi 22 septembre 2018

Un Chevalier au XXIème siècle, Remplacement Standard, Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes sont disponibles en livres

Remplacement Standard 
au prix de 8,60€ pour 233 pages dont 3 bonus inédites
Un Chevalier au XXIème siècle
au prix de 8,53€ pour 196 pages dont 2 bonus inédites
Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes
au prix de 8,53€ pour 196 pages avec des suites inédites pour Blanc-Neige et Le Beau & La Bête
sont désormais disponibles à l'achat sur Thebookedition 

https://www.thebookedition.com/fr/remplacement-standard-p-358640.html#summaryhttps://www.thebookedition.com/fr/un-chevalier-au-xxieme-siecle-p-358703.htmlhttps://www.thebookedition.com/fr/si-cendrillon-etait-un-homme-p-358642.html

Résumé de Remplacement Standard :
Pères surbookés, mères débordées... Pas de panique ! On vous fournit un remplaçant pour vous donner le temps de souffler !   Jonas qui n'a pas été prévenu par son épouse n'accueille pas à bras ouverts Ethan qui a été envoyé pour prendre sa place et s'occuper de leurs trois enfants.

Résumé de Un Chevalier au XXIème siècle :
Tim a un physique de crevette. Il n'a pas caché qu'il était gay dans son lycée. Trois affreux font de sa vie en enfer. Tim est désespéré, mais une visite au musée va tout changer.

Résumé de Si Cendrillon était un homme et 7 autres contes
Voici une série de contes revisités avec des couples d'hommes. 
Redécouvrez Cendrillon, Le Beau et la Bête, Blanc-Neige, Le Beau au Bois Dormant, Le Petit Triton, Le Prince au Petit Pois, Le Petit Chaperon Rouge et Raiponce soit 8 contes avec en bonus des suites au Beau et La Bête, Blanc-Neige, au Petit Chaperon Rouge parce que dans les contes comme dans la vie, rien n'est jamais vraiment fini !

mercredi 11 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 9 (fin)

Pendant des semaines, des jeunes femmes défilèrent au château. Des bergères aux filles de duchesses, toutes venaient tenter leur chance, mais invariablement, leurs pieds flottaient dans le pantoufle de verre. Javotte et Jubilée qui auraient été prêtes à se couper le talon s'il avait fallu, se débrouillèrent pour que leurs pieds gonflent. Cependant le résultat dépassa leurs espérances et elles ne purent pas rentrer dans la chaussure !
 Finalement, six semaines après l'édit du roi, alors que le prince commençait à craindre de s'y être mal pris, une petite vieille toute ridée vint essayer la pantoufle. Tout le monde se moquait d'elle, mais elle faisait la sourde oreille. Le serviteur qui faisait essayer la chaussure voulut la refouler d'office, mais la vieille l'ignora, lui et le soulier, pour s'adresser au prince qui surveillait de loin les essayages.
– Je sais, moi, à qui appartient cette pantoufle de verre ! Si vous voulez bien vous approcher, je vous le dirais à l'oreille.
Laurent, se disant qu'il n'avait rien à perdre, rejoignit la vieille femme et l'attira à l'écart. Lili, car c'était elle, lui indiqua où se trouvait la maison des Léonias et lui dit de venir après le douzième coup de minuit avec la pantoufle de verre. Elle se chargerait de l'introduire à l'intérieur afin de reconstituer la paire de chaussures !
Bien que le prince trouva toute l'histoire louche, il accepta. Il avait envie de croire que la vieille femme disait la vérité.
 Cette nuit-là, alors que Cendrillon, assis sur un tabouret, raccommodait sa chemise à la lueur de la bougie, il vit entrer Lili dans la cuisine. Il ne fut pas surpris, car depuis la soirée où il était revenu en larmes du château, elle venait presque tous les jours lui rendre visite pour le réconforter. Cependant, quand derrière elle, la tête rousse du prince apparut, son aiguille lui tomba des mains. Il aurait voulu partir se cacher, mais c'était trop tard. Laurent l'avait vu.
– Qu'as-tu fait, Lili ?! s'exclama-t-il.
– Taratata ! J'en avais assez de te voir malheureux, et qui ne tente rien, n'a rien, expliqua la vieille femme.
– Je suis content de vous revoir, déclara le prince et, s'agenouillant devant le jeune homme, il lui ôta son sabot pour lui enfiler la pantoufle de verre.
– Mais, vous voyez bien que je suis un homme, balbutia Cendrillon en montrant son torse nu.
– Personne n'est parfait, répliqua Laurent et se relevant, il l'embrassa avec passion.
– Nous ne pouvons pas nous marier et avoir des enfants, objecta Cendrillon, quand le baiser s'acheva.
– Nous pouvons vivre très longtemps et très heureux sans cela, rétorqua le prince.

FIN

mardi 10 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 8

Le prince, chercha à le rattraper, mais avec un temps de retard, et Cendrillon qui courait vite, malgré ses jupons et ses talons, creusa rapidement la distance. Dans sa fuite éperdue, il perdit un des pantoufles de verres, mais il ne s'arrêta pas pour autant.
Laurent, le souffle court, finit par abandonner la course, en maudissant son manque d'endurance. A cause de cela, il ne pourrait peut-être plus jamais revoir la charmante personne qui avait dérobé son cœur. Il était désespéré, quand soudain, le clair de lune fit étinceler dans l'herbe le soulier de verre de Cendrillon. Intrigué, le prince se pencha et le ramassa.
– Elle a de grands pieds ! s'exclama-t-il.
Songeur, il tourna et retourna la chaussure de sa main. Pourquoi la jeune femme s'était-elle enfuie alors qu'elle avait avoué qu'elle l'aimait et qu'il l'avait demandé en mariage ?  Pourquoi avait-elle refusé de donner son nom et pourquoi partait-elle toujours peu avant minuit ? Il y avait un mystère là-dessous, mais pour le résoudre, il fallait d'abord la retrouver... et pour cela, il n'avait comme piste que la chaussure. Laurent, sachant que peu de femmes devaient avoir pareille pointure, prit une décision un peu folle : il épouserait celle à qui la pantoufle irait parfaitement !
Fort de cette résolution, le prince, le soulier de verre à la main, retourna dans la salle de bal et fit part de son projet à son père. Celui-ci ne le trouva pas très raisonnable, mais il était désireux de lui faire plaisir.
Ainsi, le lendemain du bal, il fit proclamer un édit disant que toutes les jeunes femmes du royaume étaient dans l'obligation de se présenter au château pour essayer la fameuse chaussure.
En apprenant cela, la belle-mère de Cendrillon se réjouit. L'une de ses filles épouserait le prince. Il suffisait de se débrouiller pour que le pied s'adapte au soulier. Elle paya grassement une jeune villageoise pour que celle-ci évalue la pointure et vienne lui rapporter l'information. Cendrillon assista  tristement à toutes ses manigances.
La veille, quand il était rentré, échevelé, sa robe déchirée et boueuse, avec une seule pantoufle de verre, il avait pleuré pour la première fois depuis des années. Lili avait cherché à savoir ce qui le rendait si malheureux et Cendrillon lui avait expliqué qu'il était tombé amoureux du prince, mais qu'il était impossible qu'il se passe quoique ce soit entre eux, car il était aussi un homme. Le prince l'aimait en retour, mais il croyait qu'il était une femme. S'il apprenait la vérité, il serait sûrement horrifié. La vieille servante avait tapoté l'épaule du jeune homme et murmuré « Taratata ! Ce n'est pas si grave que ça. Tu n'as commis aucun crime. »

lundi 9 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 7

 Le matin de l'ultime jour de fête au château, Javotte, Jubilée et leur mère étaient de fort méchantes humeurs. Elles malmenèrent Cendrillon avec ardeur. Sans aller jusqu'à soupçonner l'incroyable vérité, sa belle-mère qui lui trouvait un désagréable air de ressemblance avec la jeune femme qui captivait le prince, le gifla violemment, prétextant qu'il avait lorgné le décolleté de Javotte en l'aidant à s'habiller. La joue cuisante, le jeune homme ne réagit pas à cette injustice, sachant que se plaindre ne ferait qu'empirer la situation. Stoïque et muet, les yeux secs, il continua à s'occuper des trois femmes jusqu'à ce qu'elles partent pour le bal.
Après leur départ, il monta au grenier et se décida pour une robe en tulle rose. Il l'enfila, puis alla juger de l'effet dans une glace à l'étage. Là, avec horreur, il constata que sa joue avait gardé la  trace des doigts de la comtesse. Il se demandait s'il pourrait vraiment se rendre au château dans cet état quand Lili débarqua.
– Pourquoi cette mine défaite ?
Cendrillon lui montra sa joue rouge.
– Taratata, ne t'en fais pas ! Avec du maquillage, nous masquerons cela !
La vieille servante s'empressa de le poudrer, ensuite, elle le coiffa et enfin, elle le chassa de la maison en lui répétant de rentrer avant le douzième coup de minuit pour l'aider à ranger.
Comme la veille, à peine le jeune homme fut-il arrivé que le prince le rejoignit. Il le couvrit à nouveau de compliments et le fit valser sous les yeux envieux de toutes les femmes de l'assemblée. Alors qu'ils tournoyaient, ils passèrent tout près de la belle-mère de Cendrillon.
Sous son regard perçant, le jeune homme sentit sa joue lui brûler et il eut l'impression qu'elle pouvait voir la marque sur sa joue malgré le maquillage, qu'elle savait qu'il n'était qu'un homme travesti en femme. Il fit un faux pas et marcha sur le pied du prince, mais celui-ci ne lui en tint pas rigueur.
– Vous semblez mal. Que diriez-vous d'aller respirer un peu d'air frais dans les jardins ? proposa-t-il.
Avec empressement, Cendrillon accepta. L'assemblée s'agita en voyant le prince sortir avec la mystérieuse inconnue, mais n'osa pas suivre.
Sous le ciel étoilé, ils se promenèrent un moment sans parler, respirant le doux parfum des fleurs du jardin royal.
L'orchestre se faisait toujours entendre, et le prince invita à nouveau à danser Cendrillon. Dans les bras du prince, loin des regards curieux, loin des jalouses, le jeune homme se détendit si bien qu'il perdit toute notion du temps.
– Je vous aime, déclara soudain Laurent.
– Moi aussi, laissa échapper Cendrillon en retour.
– J'aimerais vous présenter à mon père et faire de vous ma femme.
Cette phrase rappela à la réalité le pauvre Cendrillon. Il était un homme et en tant que tel, il ne pouvait devenir la femme du prince, quand bien même il souhaitait de tout son cœur.
– Il doit être minuit passé, balbutia-t-il, et s'arrachant à l'étreinte du prince, il s'enfuit.

vendredi 6 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 6

Quand Cendrillon arriva dans la salle de bal, toute essoufflé par les exercices qu'il avait fait sur la route du château afin d'être plus à l'aise avec sa robe et ses talons hauts, le prince Laurent se précipita sur lui et lui fit un baise-main. Ses lèvres sur sa main remuèrent étrangement Cendrillon.
– Comme vous n'arriviez pas, j'ai craint ne jamais vous revoir. M'accorderez-vous une danse ? demanda le prince.
Cendrillon inclina la tête et fit une petite révérence pour accepter.
– Vous me comblez de joie, déclara Laurent en l'entraînant sur la piste.
Dans l'assemblée, des cris de dépit se firent entendre. C'était la première fois que le prince dansait de la soirée et c'était encore avec la mystérieuse inconnue aux robes démodées ! Le roi mit son monocle pour mieux voir la jeune femme qui semblait tant plaire à son fils et il fut, comme ce dernier, sensible à la simplicité de la mise de Cendrillon.
Le pauvre Cendrillon sentait que tous les regards étaient sur lui et en était gêné, mais il n'avait pas d'autre choix que de se laisser guider par le prince. Laurent, danseur émérite, se montra un cavalier modèle et malgré son inexpérience, Cendrillon parvint à suivre le rythme.
Le prince, durant le temps de la valse, essaya d'en apprendre plus sur la jeune femme, mais Cendrillon refusa de donner son identité. Il éprouvait déjà beaucoup de culpabilité à mentir sur son sexe. Jamais quelqu'un ne l'avait complimenté comme le prince. Avec lui, ses cheveux blonds devenaient ceux d'un ange, ses yeux violets étaient des améthystes, la rugosité de ses mains abîmées par les tâches ménagères était d'une douceur divine...
Après la valse, le prince resta à ses côtés pour bavarder. Le jeune homme avait bien envie que la soirée ne s'achève jamais, mais il gardait néanmoins l'œil sur l'horloge de la salle de bal, car il savait que la vieille Lili ne pourrait jamais venir à bout du désordre de la maison sans son aide.
– Vous vous ennuyez ? demanda le prince qui avait suivi le regard de Cendrillon.
– Non, pas du tout, mais je vais bientôt devoir rentrer.
– Déjà ? La fête battra son plein pendant encore au moins trois heures.
– Je suis désolé, murmura Cendrillon.
– Vous viendrez demain pour le dernier jour, n'est-ce pas ?
– Promis, répondit le jeune homme, en lissant un pli imaginaire de sa robe.
Il savait que c'était de la folie que de revenir encore une fois, mais il était aussi douloureusement conscient que ce serait sa dernière chance de passer un moment avec le prince. Encore une soirée, et Cendrillon redeviendrait l'homme à tout faire de sa belle-mère et ses demi-sœurs. Cependant, rien ne serait plus comme avant, il aurait désormais le souvenir de la gentillesse du prince à son égard.

jeudi 5 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 5

    Le lendemain, en fin de matinée, les sœurs de Cendrillon et leur mère ne parlèrent que de la mystérieuse jeune fille à la robe surannée. Javotte et Jubilée se moquaient d'elle autant qu'elles pouvaient, mais la jalousie suintait dans chacun de leurs propos. Elles auraient bien voulu que ce soit à elles que le prince adresse la parole. Cendrillon qui s'occupait d'elles ne put s'empêcher de sourire de leur dépit. Hélas son amusement ne passa pas inaperçu et les trois femmes, déjà énervées par leur échec se montrèrent particulièrement dures avec lui. La comtesse lui fit un croche pied, Jubilée renversa « par accident » le seau d'eau sale et Javotte  refusa par quatre fois la collation qu'il lui avait préparé, trouvant toujours quelque chose à redire.
    Quand le soir arriva enfin et qu'elles montèrent dans leur carrosse pour le bal, des fleurs en pierres précieuses dans leurs cheveux, Cendrillon était éreinté. Il s'étendit sur le plancher, désespéré par le désordre laissé par les trois femmes. Jamais il n'aurait le temps et l'énergie de s'entraîner à valser et dans ces conditions, il était inutile d'aller au bal. Le prince risquait de prendre fort mal un nouveau refus, mais en même temps, il serait très déçu s'il ne venait pas...
La mort dans l'âme, triste à l'idée de devoir renoncer à revoir le prince, Cendrillon se releva et commença à ranger.
Quand Lili arriva, elle le trouva en train de rassembler jupons et corset sur le lit de Javotte.
– Tu devrais déjà avoir tes souliers de verre aux pieds et être en train de t'entraîner ! s'exclama-t-elle.
– C'est impossible, il y a trop à faire ici.
– Taratata ! Je ne veux rien savoir. Au lieu de chevaucher jusqu'au château, tu n'as qu'à marcher et danser une partie du chemin. Ensuite, tu rentreras au douze coup de minuit pour m'aider. Maintenant dépêche-toi de t'habiller pour le bal !
Poussé par la vieille servante, Cendrillon retourna fouiller dans la malle contenant les habits de sa mère et choisit une robe violette assortie à la couleur de ses yeux. Comme la veille, Lili l'aida à parfaire son déguisement et le coiffa, piquant une fleur blanche dans les cheveux blonds de Cendrillon.

mercredi 4 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 4

En quelques enjambées, Laurent la rejoignit, puis s'inclina devant elle, il lui demanda :
– Voulez-vous m'accorder cette danse ?
Cendrillon eut un hoquet de surprise en constatant que le prince l'avait choisi comme partenaire de danse. Il n'était pas habitué à porter des talons et était peu à l'aise dans sa robe, aussi valser semblait tout bonnement impossible ! En même temps, comment refuser une invitation princière ?
– Je dois y aller, balbutia-t-il de la voix la plus douce et la plus féminine qu'il put.
– Mais vous venez à peine d'arriver, protesta le prince, très déçu d'être éconduit.
– Je suis désolé, vraiment.
– Viendrez-vous demain ? La fête se poursuit encore durant deux jours... Je ne vous laisserai pas partir, si vous dîtes non.
– Et bien...
Le prince attrapa la main gantée de blanc de Cendrillon et lui demanda d'un air suppliant :
– Promettez, je vous en prie.
– Je reviendrai demain sans faute, murmura finalement le jeune homme.
Le prince le relâcha alors et Cendrillon s'en fut sans attendre, le cœur battant. Il avait failli se ridiculiser en public et faire honte au prince. Ah ! Dieu qu'il était beau et élégant avec ses cheveux flamboyant comme un coucher de soleil, sa veste de velours vert et son haut de chausse en satin blanc.
Quand il rentra à la maison, Lili était loin d'avoir fini de remettre en place les toilettes des sœurs de Cendrillon. Tout en racontant à la vieille servante les splendeurs du château et la promesse que lui avait arraché le prince, il se mit à l'ouvrage.
– Comment ferais-je demain soir, quand il voudra danser ? demanda-t-il.
– Garde les souliers et avant de partir, entraîne-toi. Je t'aiderai.
Lâchant le châle qu'il était en train de plier, Cendrillon déposa un baiser reconnaissant sur la joue parcheminée de son amie. La bonne vieille bougonna pour cacher son embarras :
– Si tu continues comme ça, elles rentreront avant que nous ayons fini et il vaut mieux éviter que ces trois pestes ne me voient !
Cendrillon acquiesça et se concentra sur sa tâche. Il avait hâte d'être demain soir. Et s'il était honnête avec lui-même, ce n'était pas tant pour les splendeurs de la salle de bal que pour le sourire du prince.

mardi 3 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 3

– Peut-être... mais comment ferai-je pour les chaussures ?
– J'ai ce qu'il te faut. Comme tu sais, mon défunt mari était cordonnier et il aimait fabriquer des chaussures de toutes tailles et de toutes sortes.
– Tu les as sur toi ? Tu avais déjà dans l'idée de me déguiser en venant ici ?
Lili eut un sourire amusé.
– Je te connais depuis que tu es tout petit mon garçon. Je savais que la fête au château te tenterait, alors j'ai réfléchi au moyen de t'aider à t'y rendre.
Cendrillon serra la vieille dame contre lui, puis l'entraîna dans le grenier, le cœur battant. Ils déplièrent quelques robes avant de dénicher la perle de rare. Le jeune homme l'enfila avec précaution afin de ne pas l'abîmer. Il rentrait tout juste dedans. Lili bourra le corsage de coton, puis maquilla Cendrillon. Elle brossa  ensuite les cheveux mi-longs du jeune homme dans lesquels elle piqua une rose blanche. Enfin, elle sortit deux pantoufles de verre de son tablier. Elles étaient splendides et Cendrillon hésita un instant avant de les mettre. Il avait peur de les casser.
– C'est parfait ! s'exclama Lili. Nul ne se doutera de ton identité.
A moitié rassuré, mais à présent impatient de se rendre à la fête, Cendrillon réalisa soudain qu'il ne pourrait pas remettre en ordre la maison s'il était absent.
– Mais mes corvées...
– Je vais m'en occuper. Du moins en partie. Sois rentré avant le douzième coup de minuit afin de m'aider à finir, d'accord ?
Cendrillon acquiesça, puis un autre problème lui apparut :
– Par quel moyen vais-je me rendre au château ?
– Taratata ! Que tu es bête ! Prends le vieux cheval dans l'écurie de ton père et monte en amazone. Tu feras les derniers mètres à pieds.
– Ah ! Qu'est-ce que je ferai sans toi !
– File vite ! Et n'oublie pas, reviens avant le douzième coup de minuit !
Cendrillon fit ce que Lili lui disait. Arrivé tout près de l'entrée du château, il attacha sa brave monture à un arbre, puis à petits pas, il franchit la porte. Les gardes ne l'arrêtèrent pas. Certes, il était un peu curieux qu'une invitée arrive à pieds, mais c'était une belle jeune fille et c'était la fête ! Afin de ne pas trébucher, Cendrillon grimpa lentement les escaliers qui menait à salle de bal, puis entra si discrètement que nul ne l'annonça ou ne lui posa de questions. De nombreux couples dansaient, mais pas la prince qui s'ennuyait à mourir. Nulle jeune fille n'avait su piquer son intérêt. Elles se ressemblaient toutes avec leurs robes à froufrous, leurs bijoux extravagants et leurs battements de cils exagérés. Le prince Laurent voyait bien que son père était fâché de son attitude, mais peu lui importait. C'était lui qui avait voulu cette fête, et bien, il l'avait ! Laurent allait étouffer un bâillement quand il repéra Cendrillon. La robe bleue azurée sans dentelles, l'absence de bijou aussi bien autour du cou que dans les cheveux, tout cela distinguait la jeune personne qui regardait autour d'elle avec émerveillement.

lundi 2 mai 2011

Si Cendrillon était un homme... 2

Six longues années passèrent et Cendrillon  devint un beau jeune homme. Doux et brave, il n'éprouvait pas de rancœur ni ressentiment à l'égard des mauvais traitements qu'il subissait, mais parfois il ne pouvait s'empêcher d'être affreusement triste. Seules les visites de la vieille Lili le rendaient heureux. Avec elle, il pouvait parler de sa défunte mère. Hélas souvent, les cris perçants de Javotte ou de Jubilée interrompaient leurs échanges. Il semblait parfois que la vie allait continuer ainsi indéfiniment... 
Cependant, un jour, un avis royal vint bouleverser le train train quotidien de la maisonnée. Une grande fête était organisée au château et la rumeur voulait que le roi ait intimé au prince Laurent de prendre épouse afin qu'il cesse de traîner sans but au château. Les jeunes filles du royaume étaient d'ailleurs plus spécialement conviées. La comtesse, Javotte et Jubilée demandèrent au père de Cendrillon de leur ramener de la ville bijoux et robes de satin.
– Pourrai-je également me rendre à la fête ? demanda Cendrillon à sa belle-mère.
La comtesse sourit ironiquement.
– Et avec quel habit, je te prie ? Et puis, de toute façon, cette fête n'est là que pour que le prince puisse se trouver une épouse... Je ne vois pas ce que tu y ferais.
Cendrillon baissa la tête. Il songea un instant à demander la chose à son père, mais il renonça. L'indifférence de ce dernier était trop cruelle...

Le jour du bal fut infernal. Javotte et Jubilée ne cessaient de réclamer le pauvre Cendrillon qui dut leur monter plus de seaux d'eau chaude que jamais. Il dut les aider à serrer leurs corsets, faire briller leurs bijoux et préparer leur carrosse. Et quand enfin, son père, la comtesse et ses deux filles furent parties, Cendrillon dut s'atteler au rangement de la maison. Sans compter qu'il devait également trier les lentilles pour le repas du lendemain. La nuit serait à peine suffisante pour venir à bout de tout ce qu'il y avait faire. En soupirant, regrettant de ne pouvoir aller au bal, il se mit à ranger dans les armoires les jupons et les rubans de Javotte. La voix de la vieille Lili résonna alors dans l'entrée.
– Tu es là ?
– Je suis en haut  ! cria-t-il.
Bientôt la brave Lili débarqua dans la pièce.
– Misère ! Quel bazar ! s'exclama-t-elle en voyant les chaussures étalées sur le sol et les dentelles et soieries entassées sur le lit.
– Oui. J'aurais bien aimé me rendre au château, moi aussi, plutôt que de devoir m'occuper de ça...
– Qu'est-ce qui t'en empêche ?
Cendrillon regarda ses sabots, son pantalon déchiré et sa chemise crasseuse reprisée au coude.
– Ma tenue.
– Taratata ! Il y a tout ce qu'il faut ici !
– Comment ça ? Je ne pourrai rentrer dans un costume de père... Il est beaucoup plus petit que moi. Et plus large aussi.
– Je pensais plutôt à une robe !
– Mais je suis un garçon ! Et puis, Javotte et Jubilée reconnaîtraient leurs robes.
– Taratata ! Dans le grenier, il y a une malle avec les habits de ta mère. Je suis sûre que tu rentreras dans l'une d'elle. Tu es mince.
Cendrillon ne tenait pas à se travestir, mais il mourrait d'envie de voir l'intérieur du château et de mettre un peu de fantaisie dans sa morne vie.

vendredi 29 avril 2011

Si Cendrillon était un homme... 1

Gustave Léonias était un homme riche qui avait une femme belle et intelligente et un charmant petit garçon appelé Céleste.  Gustave Léonias avait tout pour être heureux, mais il ne l'était pas. Il avait bâti sa fortune en étant tout le temps sur les routes et la jalousie l'avait convaincue que sa femme l'avait trompé et que Céleste n'était pas son fils. Pour éviter sa présence, il se mit à être de plus en plus souvent absent, inconscient du chagrin qu'il causait à sa femme qui l'aimait tendrement et lui avait été toujours fidèle. Hiver comme été, elle allait sans cesse guetter son retour en haut du chemin qui conduisait à leur demeure. Un jour, cependant, elle ne put se lever de son lit. Elle était restée immobile sur le chemin trop longtemps par un temps glacial et avait attrapé mal. Elle en mourut.
Quand Gustave Léonias revint quelques jours avant Noël, il trouva à la place de sa femme, une petite tombe solitaire. Bien qu'il la crût infidèle, il en éprouva du chagrin. Cependant, il ne parvint pas à éprouver de la tendresse pour Céleste qui pleurait sa mère à chaudes larmes. Il n'avait, après tout, que onze ans. Après un Noël sinistre et un hiver lugubre, Gustave confia le petit à la vieille servante de la maison et repartit sur les routes. Avant son départ, il déclara au malheureux Céleste :
– Ne pleure plus, ne te plains pas et sois un homme.
Le petit garçon connaissait mal son père, mais était triste de le voir partir, car il était la seule famille qui lui restait, aussi avait-il les yeux remplis de larmes. En entendant ces mots, il essuya ses pleurs et releva bravement la tête. 

Gustave Léonias ne revint que l'année d'après, mais il n'était pas seul. Dans ses bagages, il ramenait une comtesse qu'il avait épousé et les deux filles de cette dernière, Javotte et Jubilé. Si Céleste se réjouit dans un premier temps d'avoir une nouvelle maman et deux petites sœurs, il déchanta bien vite. Après avoir mis à la porte la vieille servante qui ne faisait pas un travail satisfaisant à son goût, la comtesse chargea Céleste de toutes les corvées ménagères. Elle avait en effet compris que Gustave n'appréciait guère son fils et elle prenait un malin plaisir à malmener le garçon. Au début Céleste avait protesté, mais il avait vite compris que cela ne faisait qu'empirer sa situation. Quand il avait voulu empêcher le renvoi de la vieille Lili, la comtesse lui avait simplement déclaré qu'à présent il dormirait à la place de la brave femme sur une paillasse dans la cuisine. Quand il s'était plaint du nombre de tâches qu'on lui demandait de faire, ses vêtements avaient été remplacés par des guenilles. Et pour finir, il avait perdu son nom et était devenu Cendrillon. La première à lui donner ce surnom avait été Javotte qui avait trouvé drôle de le voir tout couvert de cendre après que la comtesse lui ait ordonnée ramoner la cheminée. A partir de là, le prénom de Céleste n'avait été plus jamais prononcé. Même son père, désormais plus souvent à la maison, l'appelait ainsi. Céleste, lui-même finit par oublier son nom pour adopter celui qu'on lui avait donné. « Cendrillon !  Cendrillon ! »,  le jeune homme entendait cet appel à longueur de journée.  Il fallait couper le bois, préparer le déjeuner, récurer le sol, laver les vitres. Il n'y avait pas de fin aux tâches à accomplir.