mardi 30 novembre 2021

Merci

Merci et pardon, car à moins d'un miracle, L'embarras du choix restera inachevé.

Je n'arrive pas à me sortir des fameux soucis qui m'ont amené à faire la pause.

Voilà 13 ans que je partage mes histoires, et je crois qu'il est temps d'admettre que j'ai beau avoir de l'imagination, je n'écris pas particulièrement bien.

Je laisse malgré tout pour le moment toutes mes histoires en ligne et disponibles à la vente (à l'exception des dernières qui n'ont pas été relues et corrigées)

Encore merci d'avoir lu mes histoires et plus particulièrement à ceux et celles qui ont en plus commenté, et même parfois acheté mes livres.

lundi 15 novembre 2021

Prolongation de la pause

Malheureusement, aucun des soucis m'ayant amené à faire la pause n'étant résolu, je n'ai pas été en état d'écrire.
Du coup, je ne sais pas trop quelle date de reprise donner.
Désolée.
Je vous redonnerai des nouvelles ou la suite de L'embarras du choix le 1er décembre.
J'espère en tout cas arriver à finir cette histoire avant que l'aventure de Love Boy's Love ne se termine.

mardi 2 novembre 2021

Pause

Souci matériel + souci de santé + souci autre = pause obligée

Désolée.

Prochain épisode : 16 novembre 2021.


lundi 1 novembre 2021

L'embarras du choix - 20

— Je… J’ai oublié mes clefs. Je n’arrive pas à joindre mes parents. Ils sont sortis. Au cinéma, bafouilla Adam.
C’était idiot de mentir de la sorte, excepté qu’Ivan, en bon voisin, lui proposa d’attendre chez lui leur retour, ce qu’Adam avait plus ou moins consciemment espéré.
Ivan le fit s’installer dans le salon qui était en tout point semblable à celui de l’autre réalité : mêmes fauteuils de cuir, même table basse, même tableaux de paysage au mur. Cela confirmait à Adam que ce lui avait montré Xavier n’avait pas été un rêve éveillé, mais belle et bien une réalité possible.
Bien qu’Adam ait affirmé n’avoir besoin de rien, Ivan lui servit un chocolat chaud. Il ne manquait plus qu’il l’appelle mon ange, le prenne dans ses bras et l’embrasse.
Hélas, cet Ivan ne semblait pas le considérer de la sorte. Il faisait simplement preuve d’amabilité envers son jeune voisin coincé hors de chez lui.
— Tu es au lycée maintenant, n’est-ce-pas ?
Adam faillit prétendre qu’il était déjà l’université, puis renonça. Il regrettait déjà suffisamment son premier mensonge. C’était mal de sa part de s’imposer de la sorte chez Ivan. Ce n’était pas comme s’il allait oser dire quoi que ce soit de ce qu’il représentait pour lui…
— Oui, en dernière année.
— Déjà des idées de ce que tu veux faire après ?
Ah, ça, c’était la question à un milliard de dollars. Adam hésitait entre différents domaines.
— Oui et non, murmura-t-il.
Ce n’était certes avec la brillance de sa conversation qu’il allait éblouir Ivan. Au moins avec monsieur Vahatu, il avait une vague idée de ce qu’il devait faire pour que leur histoire débute.
— Choisir sa voie, ce n’est jamais facile, mais il est heureusement toujours possible de changer d’avis en cours de route, déclara Ivan, passant une main pensive dans sa barbe rousse.
— Sans doute… Et pareil avec les gens, laissa échapper Adam en repensant à sa rupture avec Valentin.
Ce qui donnait quelque part raison à ce dernier de lui reprocher de réfléchir trop avant de prendre une quelconque décision.
Adam grimaça.
Ivan leva un sourcil.
— Je parie que tu as quelqu’un de précis en tête en disant cela.
Adam sentit le sang lui monter au visage. Qu’est-ce qu’il était en train de faire ? Il   n’était pas en état de converser avec Ivan. En même temps, sans tout ce qui s’était passé, il n’aurait probablement jamais eu le culot de se faire inviter chez le voisin.

vendredi 29 octobre 2021

L'embarras du choix - 19

Il le trouva dans l’entrée, en train de pianoter sur son téléphone.
— J’y vais…
Valentin leva les yeux vers lui.
— T’es sûr ?
— Oui.
— T’as pas hésité sur ce coup-là, c’est rare.
La remarque blessa Adam.
Se laisser convaincre de sortir avec lui avait été une erreur qui était d’autant plus flagrante maintenant qu’il avait pu goûter à ce que c’était d’être avec des personnes avec lesquelles ça collait. En même temps, c’était indirectement grâce à Valentin qu’il savait. Sans lui, il n’aurait en effet pas fait connaissance avec Xavier et son curieux pouvoir.
— Au revoir, déclara Adam.
— Reste.
— Pourquoi donc ?
— Discuter. Coucher ensemble. Ce que tu veux.
Adam aurait parié que Valentin préférait la seconde option. Qu’ils aient rompu semblait ne rien changer pour Valentin. Peut-être parce que son objectif initial avait toujours été le même ?
— Tu l’as dit toi-même, nous l’avons déjà fait.
Enfin, Valentin et une autre version d’Adam. C’était à devenir fou.
— C’est cette possibilité que tu as exploré grâce à Xavier ? Si c’est le cas, c’est bête, vu que je suis partant pour le faire en vrai !
Est-ce que les aperçus donnés par Xavier étaient faux ? Ils n’avaient été que trop réels pour Adam.
Jamais il ne pourrait oublier les moments qu’il avait partagés avec Ivan et Jaro et cela promettait d’ailleurs d’être bizarre quand il les reverrait et qu’il ne serait plus spécial à leurs yeux, juste un voisin et non un ange, seulement un élève parmi des centaines d’autres.
— Non, j’étais avec quelqu’un d’autre.
— Qui ? Le serveur du café, Tsuchiya ?
Cela n’avait même pas effleuré Adam qu’il soit une possibilité, mais peut-être bien était-ce le cas…
Adam chassa ses pensées de la tête. Les choses étaient assez compliquées comme ça. Il était de retour dans le monde réel.
Non sans difficultés, il finit par réussir à prendre congé de Valentin.

Une fois devant chez lui, alors qu’il était déjà tard, plutôt que d’entrer de suite, il demeura longuement devant la porte à contempler la maison du voisin.
Il était là, à revivre les caresses d’Ivan quand ce dernier apparut.
— Bonsoir, déclara Ivan.
Adam, la gorge nouée et le cœur battant à tout rompre, ne parvint même pas à lui répondre.
Il faut dire qu’Ivan portait exactement la même tenue élégante et décontractée que dans l’autre réalité.
Les sourcils roux d’Ivan se froncèrent.
— Cela ne va pas ? Tu as un problème pour rentrer chez toi ? demanda-t-il.
Adam chercha à dire que si, si, ça allait, qu’il lui suffisait de sortir les clefs de sa poche de veste, mais finalement, il hocha la tête.

jeudi 28 octobre 2021

L'embarras du choix - 18

De fil en aiguille, le repas fut prêt et se révéla sain et délicieux.
Jaro proposa qu’ils aillent ensuite s’installer sur le lit pour se regarder une série sur Netflix. Il le laissa choisir et ne s’énerva pas qu’Adam hésite longuement entre plusieurs. Qu’il ait probablement l’habitude rendait encore plus appréciable son absence d’agacement.
Finalement, la série fut lancée, mais Adam ne parvint pas se concentrer sur les images défilant à l’écran, trop conscient de la proximité de Jaro  et de la chaleur qui se dégageait de son corps. Ils étaient si proches que leurs épaules se touchaient. Le regard d’Adam ne cessait de dériver sur l’homme assis à ses côtés. Il pouvait voir la forme de son pénis sous son pantalon de jogging.
Jaro émit un rire amusé.
— Tu n’as pas l’air le moins du monde intéressé par ce que tu as choisi... Tu peux me toucher, tu sais.
Oui, c’était vrai, dans ce monde-là, Adam n’était pas obligé de se contenter de dévorer le professeur de sport des yeux de loin et de l’imaginer nu.
— C’est drôle, comme ce soir, tu te comportes comme au tout début de notre relation.
Adam se figea.
Jaro était perceptif.
Et, tout à coup, Adam se sentit comme un imposteur. Il n’était pas l’Adam de Jaro, pas vraiment. Il n’avait rien fait pour mériter d’être là, pas eu le courage de s’attarder dans les vestiaires pour adresser un déclaration enflammée.
Alors que cette pensée le traversait, le décor changea.
Adam était de retour dans la chambre de Xavier   dont Valentin avait à nouveau disparu.
— Ça va ? demanda Xavier depuis son fauteuil roulant.
— Oui, répondit machinalement Adam, quand bien même ce n’était pas vrai.
Il était tout tourneboulé. Il était passé entre les bras de Valentin pour de vrai, à ceux d’Ivan et Jaro pour de faux et ne savait plus où il en était.
— Merci… Je crois que je vais maintenant rentrer chez moi, reprit-il.
— Bien sûr. Et si jamais tu veux tester d’autres possibilités, je suis là.
L’offre était généreuse, mais Adam n’était pas prêt de recommencer.
Et, bien qu’il soit à moitié tenté de filer sans même dire au revoir à Valentin, il le chercha pour lui signaler son départ.

mercredi 27 octobre 2021

L'embarras du choix - 17

— C’est rare que tu hésites quand il s’agit de faire l’amour… reprit Jaro. Tu couves peut-être quelque chose, ajouta-t-il.
Adam opina.
Il se sentait bel et bien malade. Il n’avait certes pas prévu de sauter d’une réalité alternative à l’autre et d’avoir un troisième petit ami.
— Ne t’inquiète pas, nous allons passer une petite soirée tranquille, poursuivit Jaro.
Adam n’avait aucune idée de en quoi cela constituait pour le professeur de sport. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il n’assisterait qu’à une partie avant de se retrouver dans la chambre de Xavier, dans sa réalité où monsieur Vahatu était juste son professeur, Ivan, son voisin et Valentin, son ex petit ami.
— Tu es assez en forme pour me tenir compagnie dans la cuisine pendant que je prépare le dîner ou tu préfères t’allonger ?
Adam ne méritait certes pas autant de sollicitude et s’il était passé à côté de l’opportunité de coucher avec Jaro, il n’avait aucune envie de rater celle de bavarder avec lui.
— Je peux même aider, offrit-il.
— Une autre fois. Repose-toi donc.
Adam n’eut plus qu’à s’asseoir sur une chaise et regarder Jaro s’activer aux fourneaux. Il semblait s’y connaître autant en cuisine qu’en sport.
— Rien à raconter, Adam ?
Il avait surtout peur de dire des bêtises. Il n’avait jamais mis les pieds à l’université, pas encore en tout cas. Il n’avait jamais eu non plus de véritable conversation avec Monsieur Vahatu. Jaro.
— Rien de spécial, non… Et v...toi ?
— C’était une journée ordinaire. Aucun élève n’a traîné à la fin du cours dans les vestiaires pour me faire de déclaration enflammée.
Oh. Oh.
A priori, c’était ce qu’Adam avait osé. Il s’empourpra.
Jaro continua, racontant comment il avait failli devoir emmener un élève à l’infirmerie, mais qu’au final, cela n’avait pas été nécessaire.
C’était étrange, mais sympathique d’écouter le professeur livrer différentes anecdotes de ce qui s’était passé au lycée, pas juste des consignes ou conseils qu’il donnait en cours, c’était un peu comme voir l’envers du décor.
— Sinon, tu es toujours motivé pour aller au musée de la préhistoire ce week-end ?
— Oui, répondit Adam, presque déçu de se dire qu’il ne pourrait y aller pour de vrai.
C’était sa période historique préférée et le genre de sorties qu’il aimait et à priori, Jaro aussi, à moins que ce ne soit pour lui faire plaisir...

mardi 26 octobre 2021

L'embarras du choix - 16

Dans le cadre métallique, son professeur de sport était entouré de trois personnes lui ressemblant, à priori ses parents et son frère.
Adam déglutit. Il n’était tout de même pas chez monsieur Vahatu, si ? Il avait pourtant voulu retourner auprès d’Ivan. Après, peut-être qu’à cause de Valentin, il avait eu en tête le professeur de sport…
La clef tourna dans la serrure et monsieur Vahatu entra. Il portait, comme à son habitude, un survêtement ajusté qui mettait en valeur ses splendides muscles. Il lui adressa un grand sourire digne d’une publicité de dentifrice, ses dents blanches contrastant avec sa peau noire.
Adam resta paralysé près de l’étagère.
— Je n’ai pas le droit à mon baiser de bienvenue ? demanda monsieur Vahatu.
Il était apparemment bel et bien en couple avec lui dans cette réalité-là.
— Adam, ça ne va pas ? Tu es tout pâle ?
En trois enjambées, son professeur, monsieur Jaro Vahatu, le rejoignit et colla son front contre le sien.
— Tu n’as pas l’air fiévreux en tout cas.
Il ponctua sa remarque d’un doux baiser.
Le cœur d’Adam fit une embardée dans sa poitrine.
Il n’avait certes plus à se soucier de tromper Valentin, mais impossible non plus de ne pas ressentir de la culpabilité, notamment vis-à-vis d’Ivan, même si techniquement, il n’était pas vraiment avec lui.
Pourquoi avait-il repris les mains de Xavier ? Le pouvoir de ce dernier était totalement imprévisible.
— Ça a été ta journée à la fac ? demanda monsieur Vahatu.
— Oui et vous ? balbutia Adam.
— Vous, hein ? Les habitudes ont la vie dure… Tu n’es pourtant plus mon élève depuis plusieurs mois maintenant.
Monsieur Vahatu ou plutôt Jaro - parce que bon,   puisqu’ils étaient de tout évidence en couple, utiliser son prénom et le tutoyer plutôt que le vouvoyer étaient logiques ! - l’enlaça et l’embrassa encore, plongeant cette fois sa langue dans la bouche d’Adam dont les genoux fléchirent.
C’était tout aussi incroyable que le baiser que lui avait donné Ivan, à mille années lumières de ceux de Valentin.
— Et si nous allions au lit ? souffla Jaro.
Clairement, ce ne serait pas pour y dormir et Adam n’était pas prêt. Il peinait à croire qu’il sortait avec son prof, enfin, ancien prof, puisqu’il était supposé être désormais à l’université. Mais s’étaient-ils mis ensemble avant ? Il lui manquait à nouveau le début de l’histoire.

lundi 25 octobre 2021

L'embarras du choix - 15

— Où est...?
Valentin s’engouffra pile dans la chambre de Xavier à ce moment.
— Je suis de retour ! clama-t-il. Je me suis éclipsé parce que ce n’est pas très palpitant de regarder deux gars figés comme des statues de sel pendant des plombes… Alors, t’as couché avec le prof de sport ?
Adam vira à l’écarlate.
Non, mais il avait bel et bien eu des rapports sexuels avec quelqu’un, Ivan dont Valentin ne connaissait pas l’existence.
Il avait envie de répliquer que cela ne le regardait pas, et en même temps, comme ils étaient en couple, Valentin avait le droit de savoir, excepté qu’il semblait se moquer qu’Adam lui ait fait des infidélités, peut-être parce qu’il considérait que cela ne s’était pas vraiment produit ? Bref, Adam ne savait pas quoi répondre.
— Alors ? insista Valentin.
— Arrêtes, tu l’embarrasses, intervint Xavier.
Adam lui lança un regard reconnaissant.
— Justement ! Il est adorable quand il rougit. Et puis, j’ai bien le droit d’espérer que l’expérience l’ait décoincé !
Tout à coup, l’empressement de Valentin à lui présenter son frère et lui faire profiter du pouvoir de ce dernier, prenait sens.
C’était comment un argument supplémentaire pour qu’Adam couche avec lui et cela le suffoqua.
— Toi et moi, nous ferions mieux d’en rester là, déclara-t-il d’une voix étranglée.
Valentin haussa les épaules.
— Si tu veux. Je me contenterai de t’avoir baisé dans une autre vie.
Un frisson désagréable parcourut Adam. Avait-il vraiment choisi d’aller jusqu’au bout avec Valentin dans une réalité alternative ? Valentin était si direct et si cru...
Il préféra l’ignorer et se tourna vers Xavier.
— Y-a-t-il moyen d’avoir un second aperçu du monde que je viens de quitter ?
— Ce n’est pas impossible, mais cela peut se dérouler avant ou après ce que tu as déjà vu. Mon pouvoir n’a rien d’une science exacte.
— Il n’en est pas moins extraordinaire, glissa Valentin en se rapprochant d’Adam.
Rien que pour échapper à sa présence, reprendre les mains de Xavier semblait une bonne idée.
Adam les attrapa courageusement et, un clignement d’œil plus tard, il était ailleurs, assis  à un bureau devant des cahiers et des livres ouverts.
En regardant autour de lui, Adam réalisa qu’il ne pouvait être chez Ivan, car il était de tout évidence dans un studio. Il y avait un lit dans la pièce et à travers deux portes entrouvertes, une petite cuisine et salle de bains étaient visibles. Une photo sur l’étagère à droite du bureau le poussa à quitter la chaise sur laquelle il était installé.

vendredi 22 octobre 2021

L'embarras du choix - 11

— Tu ne m’as rien expliqué et j’ai été comme projeté dans ce monde où je suis apparemment désormais étudiant et en couple avec mon voisin.
— C’est vrai que prendre le train en marche n’a rien de simple et qu’en plus, on dirait que cette réalité pouvait exister sans même que tu aies besoin de me rencontrer.
Ce qui expliquait qu’il ne semble être qu’un ancien camarade de classe pour Valentin et un inconnu pour Xavier, mais cela ne l’avançait guère pour le reste.
— Comment je retourne dans mon univers ? demanda Adam, après avoir hésité entre les multiples interrogations qui tourbillonnaient dans son esprit.
— Il n’y a rien à faire de spécial. En général, l’aperçu ne dure pas plus d’une heure, grand maximum deux.
En d’autres termes, Adam aurait pu se passer d’embêter Xavier qui ne paraissait heureusement pas fâché de sa visite.
— Alors, elle ne te plaît pas, la vie avec ton voisin ? reprit Xavier.
— Si, si… Mais j’aurais voulu ne pas manquer le début.
— Désolé, mon pouvoir est bizarre comme ça.
— Comment ça fonctionne au juste ? Est-ce que tu peux l’utiliser pour toi-même ? Est-ce que tu assistes à ce que je vois ? s’enquit Adam, soudain horrifié à l’idée que l’autre Xavier avait été spectateur de ses moments intimes avec Ivan.
— Mon pouvoir n’est pas venu avec un manuel, mais oui, je peux moi aussi tester les différentes possibilités qui s’offrent à moi… Cela m’aide parfois à prendre des décisions. Et ne t’inquiète pas, tout se déroule dans ta tête. Autrement, laisser Valentin profiter de mon pouvoir serait plus qu’inconfortable. D’ailleurs, je regrette parfois de l’avoir mis dans la confidence,  car il a tendance à tenter pour de vrai le maximum de choses possibles, juste parce qu’il sait qu’il va retomber sur ses pieds au bout du compte.
La vision d’Adam se brouilla. Il se frotta les yeux.
— Ça va ? demanda Xavier en lâchant les mains d’Adam.
Quand les lui avait-il donc prises ?
— Pas trop, avoua Adam. Ses histoires de possibilités comme autant de réalités alternatives… Peut-être que je ferais mieux de retourner auprès d’Ivan avant qu’il ne s’inquiète...
— Ivan ?
Ne lui avait-il pas donné son nom ? Adam écarquilla les yeux, réalisant soudain que la tenue de Xavier était un peu différente et ses cheveux blonds plus courts qu’il y a un instant.
Il était revenu dans sa réalité, dans celle où il avait pour petit ami Valentin qui avait, pour l’heure, disparu.

jeudi 21 octobre 2021

L'embarras du choix - 10

Adam se rappelait de l’adresse de Valentin, aussi n’eut-il pas de mal à s’y rendre. Il tergiversa cependant longtemps devant le portail avant de presser le bouton de la sonnette.
Ce fut Valentin qui lui ouvrit, affichant une mine étonnée.
— Que fais-tu là ? Tu n’as pas changé depuis le lycée...
Adam ne pouvait en dire autant de Valentin qui avait légèrement forci et teint ses cheveux en rouge vif. C’était perturbant, mais c’était une autre réalité, une qui se situait quelques années plus tard par rapport à la sienne, une dans laquelle Valentin n’était plus son petit ami.
— Je voudrais voir ton frère.
— Comment le connais-tu ?
La question désarçonna Adam.
— C’est toi qui me l’as présenté…
— Certainement pas… Mais bon, c’est à lui de décider s’il veut recevoir ou non, répondit Valentin, en le faisant entrer.
Adam, bien qu’il ne comprenne pas comment Valentin avait pu oublier l’avoir introduit auprès de Xavier, fut content de ne pas avoir à insister.
Il se sentit toutefois bien bête quand Xavier, installé dans son fauteuil roulant à son bureau, parut ne pas le reconnaître.
— Qui est-ce ?
— Un ancien camarade de classe qui prétend être pote avec toi, ce qui est faux de toute évidence, mais je te laisse démêler ça ! J’ai un rendez-vous, répondit Valentin.
Cheveux rouge ou pas, ce Valentin était tout aussi nonchalant et abrupt que celui que fréquentait Adam.
Au fond, cela l’arrangeait plutôt qu’il s’en aille. La situation était déjà bien assez compliquée comme ça.
— Ton pouvoir, balbutia-t-il, dès que Valentin fut parti.
— De quoi parles-tu ?
Adam déglutit. Toute l’affaire était un vrai sac de nœuds et il ne savait pas comment naviguer dans cette réalité-là, pas sans savoir comment il avait réussi à convaincre Ivan de sortir avec lui…
— Tu m’as dit que tu me montrerais ce qui était possible.
Xavier passa la main dans ses cheveux blonds qui était plus longs que dans le souvenir d’Adam.
— Ah… Je crois comprendre maintenant.
Tant mieux, s’il saisissait un truc au schmilblick parce qu’Adam était au bord de la noyade.

mercredi 20 octobre 2021

L'embarras du choix - 9

Après avoir achevé de s’habiller, Adam s’égara dans le salon avant de finalement trouver la cuisine.
Ivan lui avait préparé un chocolat chaud et des tartines. Il était vraiment prévenant.
— Je peux faire quelque chose pour aider ? demanda Adam.
— Mais non, assieds-toi, tu sais bien que cela me fait plaisir de m’occuper de toi.
Non, Adam n’était pas au courant. Il avait raté le début de leur histoire. Il ne pouvait quand même pas demander à Ivan de lui raconter comment ils s’étaient mis ensemble, pas sans risquer que ce dernier ne s’inquiète de sa santé mentale ! En même temps, ce n’était peut-être pas très grave dans la mesure où rien de tout cela n’était en train de se produire pour de vrai et qu’en vérité Adam devait être en train de tenir les mains de Xavier ?
Bien qu’il soit légèrement mal à l’aise, il avait envie de profiter de la situation.
Il se mit à table.
Ivan ne tarda pas à s’installer en face de lui avec un thé et une couple de muesli.
— A moins que tu n’aies plein de devoirs ou une tonne de cours à réviser, que dirais-tu d’une ballade en forêt jusqu’à l’heure du déjeuner avec tes parents ?
Adam avait du mal à croire que son père et sa mère soient au courant de sa relation avec Ivan et l’approuvent.
— Tu fais une de ses têtes… Tes professeurs d’université ont chargé la barque ?
Université ?! Aux dernières nouvelles, il était encore au lycée ! Depuis quand était-il étudiant ? Adam se sentait de plus en perdu.
Ivan était magnifique, adorable et tout, mais c’était vraiment gênant d’avoir raté autant d’épisodes !
— Oui… Je… J’ai plein de choses à faire.
Ou pas. Adam ne savait même pas s’il habitait encore chez ses parents ou s’il avait emménagé avec Ivan.
— Mon pauvre ange… Tu vas devoir passer la matinée à ton bureau.
— J’ai un livre de cours à acheter, d’abord, dit précipitamment Adam.
C’était un pur mensonge, mais il avait besoin de réfléchir à quoi faire. Déjeuner avec ses parents et Ivan promettait d’être inconfortable au possible et il n’avait pas le niveau universitaire, pas encore, du moins.
— Tu veux que je t’accompagne ?
— Non, c’est bon, répondit aussitôt Adam.
— Devrais-je me vexer de la rapidité avec laquelle tu as refusé ma compagnie ?
C’était dit d’un ton léger, mais Adam se demanda s’il n’avait pas blessé Ivan pour de vrai.
Il faisait décidément un piètre petit ami.
— Je serai vite revenu, promit-il.
Quittant sa chaise, Adam prit l’initiative de presser ses lèvres contre celles d’Ivan. Il n’avait certes pas prévu de terminer sur ses genoux, la langue d’Ivan enroulée autour de la sienne, mais c’est ce qui se produisit.
Un baiser avec Ivan, c’était quelque chose...
— Maintenant, tu peux y aller, déclara Ivan en le faisant descendre.
Adam opina, le souffle court, à l’étroit dans son pantalon. Tout à coup, il n’était plus pressé de partir, mais en même temps, il avait besoin de mieux comprendre ce qu’il lui arrivait et à priori, seul Xavier serait en mesure de lui fournir des explications.

mardi 19 octobre 2021

L'embarras du choix - 8

Ivan traversa le couloir, le tenant comme une princesse et le déposa sur le tapis moelleux d’une petite salle de bain blanche qui se résumait à des toilettes, un lavabo surmonté d’un placard doté d’un miroir et une douche spacieuse.
— Tu dors debout, mon ange. Entre donc dans la cabine.
Apparemment, ils allaient se laver ensemble. Adam ne résista pas à la main tendue d’Ivan et un éclair de culpabilité le traversa en repensant à Valentin.
Avec ce dernier, il s’était montré bien plus réticent à tout et sur tous les plans. C’était peut-être parce Ivan était une figure familière qui avait toujours fait partie de son paysage, et aussi parce qu’il était le premier homme par lequel il avait été attiré, celui qui lui avait fait prendre conscience de son homosexualité...
Ivan referma la porte de la cabine derrière Adam et effectua les réglages de température, laissant l’eau tiède couler sur eux.
Entre la proximité et la nudité, l’excitation monta à nouveau chez Adam, à son grand embarras.
Ivan, cependant, lui sourit et se mit à le savonner. Adam s’abandonna aux mains caressantes d’Ivan qui passèrent sur son cou, ses épaules, son torse, s’attardant sur les tétons, son ventre puis s’occupa de l’érection d’Adam d’une main, tout en touchant ses fesses de l’autre.
Adam poussa un petit cri quand un doigt s’insinua en lui. Il avait lui-même un peu expérimenté et jouer avec son anus, mais c’était vraiment très différent quand c’était quelqu’un d’autre. Et Ivan savait clairement ce qu’il faisait. La brutalité de son orgasme surprit Adam.
— Mon bel ange.
Les jambes faibles, Adam s’adossa à Ivan qui termina de le laver et le rincer.
Avant qu’Adam ne recouvre son souffle et la capacité de lui proposer une quelconque réciprocité, Ivan acheva de se doucher lui-même.
Ils se séchèrent ensuite côte à côte.
— Allez, mon petit zombie, habits petit-déjeuner !
Adam suivit docilement Ivan dans la chambre. Dans l’armoire à glace, il reconnut, non sans étonnement, des habits à lui. Deux choses l’une : soit il habitait carrément avec Ivan, soit il était si souvent là, qu’il avait le droit à son espace.
Ivan n’enfila pas un costume, mais une tenue à la fois élégante et décontractée.
— Tu es bien silencieux ce matin… Je t’attends dans la cuisine, d’accord ?
— Oui, souffla Adam.
La situation était vraiment étrange et en même temps, c’était en quelque sorte la concrétisation de l’un de ses fantasmes avec plus de détails qu’il n’aurait été en mesure d’imaginer.

lundi 18 octobre 2021

L'embarras du choix - 7

Sûrement Adam allait se réveiller d’une minute à l’autre, son caleçon trempé dans son lit.
Le grand corps d’Ivan l’enveloppait, son souffle chaud dans son cou.
Sa large main se referma sur le pénis d’Adam. Un gémissement lui échappa.
Ivan se mit à effectuer des mouvements de va-et-vient à l’arrière qui, conjugués à ses caresses à l’avant étaient divins.
Adam ne se rappelait pas qu’aucune de ses rêves aient jamais été aussi intenses et il jouit.
Ivan continua à se frotter contre lui jusqu’à ce qu’il éjacule à son tour dans un râle, son sperme maculant le bas du dos d’Adam.
Ivan lui embrassa ensuite la nuque.
— Mon ange, je crois bien que nous allons devoir nous lever, tôt ou pas, avant que nous collions ensemble.
Ce n’était pas comme ses autres rêves. Le surnom, la tendresse… et ce côté réaliste.
Ivan tendit le bras et la lumière se répandit dans la pièce, éblouissant un instant Adam avant que ses yeux ne s’habitue.
Il était dans une pièce inconnue dans un lit imposant flanqué d’une table de chevet sur laquelle était posée une drôle de lampe en bois.
Ivan quitta le lit, passa devant lui dans tout sa glorieuse nudité et pressa un bouton sur le mur. Le volet électrique s’ouvrit et Adam aperçut à travers la vitre la silhouette de la maison familiale, comme s’il avait vraiment été dans la chambre de la maison du voisin, ce qui était impossible.
Il reporta son attention sur Ivan qui était musclé et vraiment roux de partout, les poils de son torse comme ses poils pubiens. Son pénis était massif.
— Pas la peine de me regarder comme ça, mon ange. Je ne suis un petit jeune et il me faut un temps de récupération plus long que toi.
Adam cligna des yeux. Dans un rêve érotique, on pouvait enchaîner sans problème. Excepté qu’il commençait à comprendre qu’il était peut-être bien dans une réalité alternative où il était véritablement en couple avec Ivan. Était-ce vraiment une possibilité que Xavier, le frère de Valentin était en train de lui montrer… ?
— Tu viens ? Ou dois-je te porter moi-même jusqu’à la douche ? demanda Ivan.
Ce n’était pas exactement une menace. Se retrouver dans ses bras avait même un goût de paradis. Mais tout de même, Adam n’était pas léger…
Ivan l’attrapa et le souleva avant qu’Adam ne se décide à se mettre debout.
— Je ne t’ai même pas pénétré ce matin. Tu devrais pouvoir marcher par toi-même.
C’était dit d’un ton taquin, comme si cela s’était déjà produit. Adam rougit.

vendredi 15 octobre 2021

L'embarras du choix - 6

Ils dévalèrent l’escalier en marbre, Valentin toqua à une porte et la poussa sans attendre.
Son frère était en caleçon en train d’enfiler une chemise. Son torse était musclé et puissant tandis que ses jambes étaient toutes maigres. Adam repéra alors le fauteuil roulant à côté du lit sur lequel était assis le frère de Valentin
— La prochaine fois, attends après avoir frappé, déclara calmement le jeune homme qui ne ressemblait aucunement à Valentin.
— Comment aurais-je pu me douter que tu ne serais pas présentable au beau milieu de l’après-midi ? répliqua Valentin au lieu de s’excuser.
— Xavier, je te présente Adam. Une démonstration de ton pouvoir lui ferait le plus grand bien.
Xavier fronça les sourcils.
— Je regrette parfois de t’avoir mis dans le secret.
— Cela aurait été dommage, ton pouvoir est par trop génial ! s’écria Valentin.
Adam était à deux doigts de s’en aller. Tout ça n’était qu’une vaste blague. Ou un problème de santé mentale. La curiosité le retint. Et peut-être bien aussi le fait que Xavier ne manquait pas de charme avec ses traits fins, ses yeux clairs et ses cheveux blonds.
Xavier acheva de s’habiller et s’installa dans son fauteuil roulant avec une aisance qui dénotait d’une longue pratique tandis que Valentin exposait les raisons pour lesquelles il jugeait qu’Adam avait besoin d’aide.
— Donne-moi tes mains, Adam. Je te montrerai ce qui pourrait être, déclara Xavier.
C’était ridicule. Cela ne donnerait rien. Adam aurait mieux fait de tourner les talons. Et en même temps, il n’avait rien à perdre. Quoiqu’il fasse, il lui semblait que Valentin se moquerait de lui.
Il s’approcha de Xavier et quand leurs paumes se touchèrent, il ressentit une vague de chaleur. Il cligna des yeux.
Il n’était plus debout, mais allongé dans une pièce plongée dans l’obscurité. Il n’était plus habillé, mais nu et quelqu’un était collé à lui.
Adam s’agita, tentant de se dégager. Que lui avait fait Valentin et son frère ? Avait-il été drogué ?
L’homme qui était contre lui ne semblait pas être Valentin. Ou même Xavier.
— Réveillé, mon ange ?
Cette voix. Ivan.
Adam se détendit d’un coup. Tout ça n’était qu’un rêve, un qu’il avait déjà fait à plusieurs reprises.
— Besoin de te lever ?
— Non…
La large main d’Ivan se fit caressante sur son ventre.
Le pénis d’Adam durcit en réponse à celui d’Ivan qui se pressait contre la raie de ses fesses, colonne de chair brûlante.

jeudi 14 octobre 2021

L'embarras du choix - 5

     Sept jours plus tard et deux baisers volés à la dérobée dans les couloirs du lycée, tout aussi décevants que le tout premier, voire même davantage, le caractère secret de leur couple stressant plus Adam qu’autre chose, Valentin l’invita à venir chez lui. Ses parents seraient absents, mais son frère aîné serait là.
Adam, après réflexion, accepta. Il ne se désespérait d’en apprendre plus sur Valentin, escomptant dans la foulée développer des sentiments pour lui.
En arrivant à l’adresse indiquée, Adam fut impressionné par la taille du pavillon. C’était bien différent de la maison familiale. Valentin l’introduisit à l’intérieur, et l’embrassa – Adam se dit qu’il s’y habituerait – puis il le conduisit à sa chambre, une pièce remplie de livres, de jeux et de bibelots et reprit possession de la bouche d’Adam, le serrant contre lui.
Adam sentit l’érection de Valentin et eut un mouvement de recul. Cela allait trop vite pour lui. En tout cas, il n’était pas le moins du monde excité, lui.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Valentin.
— Rien… Je… Et ton frère ?
— Il est au rez-de-chaussée. Il ne nous dérangera pas.
Déjà, Valentin s’apprêtait à l’embrasser de nouveau. Adam qui n’en avait pas envie, s’écarta.
— Je ne pensais pas… ça ne fait qu’une semaine qu’on sort ensemble.
— Je suis au courant, rétorqua Valentin.
L’embarras d’Adam l’amusait de toute évidence.
— C’est trop tôt pour…
Le mot sexe n’avait rien d’un gros mot, mais il ne réussit pas à le formuler.
— Puceau et fleur bleu, hein ? Fais-moi, confiance, tout va bien se passer, assura Valentin.
Il était si nonchalant. Adam avait l’impression que Valentin se moquait que ce soit lui ou un autre, ce qui ne lui plaisait pas.
— Les premières fois n’ont rien de si sacrées, ce qui compte, c’est toutes les autres.
Ce n’est pas qu’Adam voulait garder son pucelage à tout prix. Seulement, il fallait bien avouer que l’alchimie était absente, du moins de son côté. Il commençait donc à douter que cela puisse coller en eux, tout pratique et commode que cela soit.
Valentin soupira.
— Pas moyen de te convaincre, hein ? Je sais bien que tu as accepté de sortir avec moi, faute de mieux, parce que tu doutes pouvoir obtenir les gars qui te font craquer…
— C’est improbable qu’ils soient gays et de surcroît attiré par moi, répondit Adam.
Plus banal que lui, il n’y avait pas.
— Si tu n’oses pas demander, tu n’en sauras jamais rien, fit remarquer Valentin. Tsuchiya est gay comme nous, et le prof de sport bisexuel.
Il se moquait de lui.
— Je n’ai pas peur de tenter ma chance, moi ! ajouta Valentin.
Il avait d’ailleurs fait pareil avec lui, de quoi donner honte à Adam.
— Tout n’est pas possible, quand même, protesta-t-il.
— Certes… Et dans certains cas, c’est juste faute d’essayer ! Tu ne me crois pas ? Viens, je vais te présenter mon frère !
La proposition sortie de nulle part acheva de déstabiliser Adam. Il suivit néanmoins Valentin, soulagé de quitter la chambre.

mercredi 13 octobre 2021

L'embarras du choix - 4

Le jour du rendez-vous arriva trop vite au goût d’Adam. Il s’y rendit l’estomac noué et se força à afficher une mine enthousiaste, comme Valentin.
Il s’assit comme ce dernier le souhaitait dans la dernière rangée, au fond de salle, et ne protesta pas quand la main de Valentin recouvrit la sienne sur l’accoudoir alors même que le film n’avait pas débuté.
C’était un premier contact tout à fait normal. Dommage qu’il soit plus pesant qu’autre chose.
Adam s’efforça de se concentrer sur l’écran et de résister à l’envie grandissante de dégager sa main.
Au moment où entre deux voitures qui explosaient, le héros embrassa sa partenaire, Valentin se pencha et fit de même.
Adam demeura interdit, en particulier quand il sentit la langue de Valentin s’insinuer dans sa bouche. Pas exactement désagréable, non, mais loin de produire des étincelles, plutôt pétard mouillé. Sûrement, c’était parce que c’était nouveau pour Adam. Avec le temps, il y prendrait plaisir...
Valentin reprit le visionnage du film comme si de rien n’était. Adam, lui, eut plus de mal à reprendre le fil.
Ce fut la question de Valentin qui lui fit prendre conscience que le film était terminé.
— T’es du genre à rester jusqu’à la fin du générique ?
— Cela dépend, répondit-il.
Valentin se leva aussitôt.
Apparemment, lui, ne souhaitait pas voir défiler les noms à l’écran.
— Ça te dit qu’on se pose dans le café d’en face ? Je t’invite.
Cela semblait une suite logique au rendez-vous, l’occasion espérée d’apprendre à le connaître.
Refuser aurait été idiot, aussi, Adam acquiesça.
— Tu as aimé le film ?
Comment avouer qu’il l’avait regardé, l’esprit ailleurs ?
Il acquiesça.
— Et toi ?
— J’ai vu mieux, répliqua Valentin, se lançant dans l’évocation d’une histoire pleine de retournements et de rebondissements qui dura jusqu’à ce qu’ils atteignent le café.
La voix grave du serveur capta l’attention de Adam. C’était un jeune homme asiatique avec une mèche violette, un piercing à l’arcade sourcilière, habillé avec style. Il avait l’air sorti d’un magazine de mode, d’une beauté trop parfaite pour être réel.
— Je pensais que ton genre, c’était plutôt les grands baraqués, comme le professeur de sport, glissa Valentin à son oreille.
Adam sursauta, se rappelant où il était et avec qui.
C’était bien son intérêt prononcé pour le professeur qu’il s’était trahi. Adam espéra que Valentin avait été le seul à le remarquer.
— Pardon, bégaya-t-il en s’empourprant.
— T’inquiète pas, je te comprends, Tsuchiya est sexy.
— Mais on est ensemble…
— Personne ne te demande d’être aveugle, répliqua Valentin.
C’était rassurant. Malgré tout, cela n’aurait pas déplu à Adam que son petit ami se montre un minimum jaloux.
— Allons commander, suggéra Valentin.
Ils se rendirent au comptoir, Adam hésitant longuement avant d’opter pour un thé, puis s’installèrent à une petit table ronde où ils se retrouvèrent à parler du lycée et des cours.
Adam avait du mal à ne pas se laisser distraire par Tsuchiya qui faisait le service, surtout quand il déposa leurs tasses fumantes devant eux.
Au final, le rendez-vous se termina sans qu’Adam ait le sentiment de mieux cerner Valentin.

mardi 12 octobre 2021

L'embarras du choix - 3

Adam rentra chez lui à pas lents, se demandant s’il l’annoncerait ou non à ses parents. Quelque part, c’était un peu trop nouveau et fragile pour cela. En même temps, rien qu’en expliquant qu’il se rendait au cinéma, chose qui n’arrivait pour ainsi dire jamais, car il préférait regarder des films chez lui, ils se douteraient qu’il y avait anguille sous roche.
Il tourna le coin de la rue et rejoignit le portail de la maison familiale dans laquelle il avait toujours vécu.
Le bruit d’une portière de voiture claquant à sa droite, le fit sursauter.
C’était le voisin. Ivan Gourmier. Le cœur d’Adam s’emballa dans sa poitrine.
C’était inhabituel qu’il rentre aussi tôt. Il était toujours aussi beau. Roux, barbu, grand et vêtu d’un costume gris perle complété par une cravate verte qui rappelait la couleur de ses yeux. Il avait le corps d’un bûcheron enveloppé dans une tenue d’homme d’affaires impeccable et le contraste était saisissant.
— Bonsoir ! lança Ivan, jovial.
Adam le salua en retour dans un murmure.
Quand il était plus jeune, avant que ses hormones ne se réveillent, il lui avait parlé quelque fois, notamment en allant récupérer son ballon dans son jardin, mais cela faisait bien trois ans qu’il avait la langue nouée devant lui et ne parvenait plus qu’à échanger les plus banales des politesses. S’il avait osé, il aurait pu s’étonner à haute voix qu’Ivan ait terminé si tôt sa journée de travail. Mais il y avait le risque que ce dernier juge sa curiosité mal venue. Et de toute façon, à quoi bon ? Entre leur différence d’âge et une hétérosexualité probable, c’était peine perdue. Ivan qui lui avait inspiré ses premiers émois était inatteignable. Adam avait désormais Valentin.
Il tourna la clef dans la serrure, regardant du coin de l’œil le voisin faire de même. Adam avait bien le droit de l’admirer de loin, excepté qu’il avait maintenant un petit ami. Est-ce que cela constituait une forme de tromperie ? Probablement si Adam continuait à s’imaginer dans les bras d’Ivan plutôt que ceux de Valentin.
Il referma la porte, s’efforçant de chasser Ivan de ses pensées.

lundi 11 octobre 2021

L'embarras du choix - 2

— Un ciné, samedi, ça te va ? demanda Valentin.
Est-ce que cela constituait un bon premier rendez-vous ? Ils ne pourraient pas se parler durant la séance. Mais bon, Valentin semblait plus expérimenté que lui en relation amoureuse, chose qui était aussi rassurante qu’inquiétante.
Adam ne pensait pas que tâtonner à deux soit vraiment formidable, mais si Valentin était un Don Juan, du genre à accumuler les conquêtes, Adam n’était pas certain non plus de vouloir en faire partie.
— Alors ? insista Valentin. Tu mets toujours aussi longtemps à te décider pour tout ?
— N’est-ce pas normal de peser le pour et le contre ? riposta Adam, tout en rougissant d’embarras.
Impossible de nier qu’il était un indécis de première catégorie. Il aimait prendre en compte toutes les conséquences et possibilités qu’impliquaient ces choix, ce qui n’était pas sans parfois agacer son entourage, il fallait bien le dire.
— Quand il s’agit de vie ou de mort, je ne dis pas, autrement, il me semble inutile de trop se prendre la tête, répondit Valentin.
Ce n’était pas faux et pourtant, c’était plus fort qu’Adam.
— C’est d’accord, pour le cinéma, déclara-t-il.
Valentin s’empressa de régler les détails du rendez-vous : échange de numéro de mobiles, lieu et horaire.
— Pour cette fois, c’est moi qui choisi le film, conclut-il.
Ce qui sous-entendait que cette première sortie donnerait lieu à une seconde. Adam ne se rappelait pas avoir accepté cela. Il ne voulait pas non plus risquer que le film ne lui plaise pas.
— Je déteste les films d’horreur, précisa-t-il.
— Moi, j’adore avoir peur, dit Valentin.
Adam fut parcouru d’un frisson. Les rares qu’il s’était retrouvé à en voir le faisaient toujours cauchemarder.
— L’action, c’est cool aussi, continua Valentin.
Ce genre-là convenait aussi à Adam. Il opina avec ferveur.
La cloche marquant la fin de la pause de midi sonna et ils durent se rendre en cours.
Mis à part que Valentin s’installa à côté de lui, la suite de la journée fut routinière à l’extrême. Cependant, au moment de quitter, Valentin lui murmura :
— A demain, mon chéri.
Adam s’immobilisa sur le trottoir, regardant Valentin s’éloigner d’un pas tranquille.
Il avait encore peine à croire qu’il avait désormais un petit ami, un qui s’était en quelque sorte imposé à lui.

vendredi 8 octobre 2021

L'embarras du choix - 1

— Tu veux sortir avec moi ?
Adam cligna des yeux. C’était la première fois en dix-huit années d’existence que cette question lui était adressée et ce n’était pas comme s’il y avait eu des signes annonciateurs avant... Valentin était un camarade de classe avec lequel il n’avait guère échangé plus que quelques phrases anodines.
C’était un garçon assez peu remarquable, comme Adam lui-même d’ailleurs. Ils étaient tous deux de taille et de corpulence moyenne, avaient des cheveux bruns coupés courts, des yeux marrons et une garde-robe passe-partout. Ils auraient presque pu être frères et rien que pour cela, répondre par la négative semblait une évidence.
En même temps, c’était une opportunité unique. Adam n’avait pas crié sur les toits qu’il était gay au lycée, mais apparemment, Valentin qui l’était aussi, l’avait deviné tout seul. Le fameux gaydar ?
Adam s’était peut-être trahi en cours de sport où il peinait à ne pas dévorer des yeux le jeune et musclé professeur de sport.
Peut-être que d’autres camarades s’en étaient également rendu compte et qu’en fait la question de Valentin n’était qu’un piège pour l’amener à confirmer cela. A moins que le but ne soit de rire de lui.
Le plus prudent était par conséquent de refuser.
— Non, répondit-il.
— Vraiment pas ? Ne serait-ce qu’une fois, pour voir ? plaida Valentin.
Il avait l’air de vouloir sortir avec Adam pour de vrai. Ou alors, il était un excellent comédien.
— Pourquoi moi ? demanda Adam.
— Je suis gay, tu es gay, c’est un bon début, tu ne trouves pas ?
Valentin n’avait pas parlé fort et personne dans la bruyante cour de récréation ne faisait attention à eux. Malgré tout, Adam jeta un coup d’œil nerveux autour de lui.
— Tu veux que personne d’autre le sache ? Ne t’inquiète pas, ça ne me dérange pas que ce soit notre secret à nous deux !
Adam ne tenait pas à se cacher, mais il avait  peur des réactions des gens. L’homophobie existait, malheureusement. Si son coming-out auprès de ses parents s’était bien passé, son grand-père paternel, en l’apprenant, avait été violent dans ses propos et une dispute familiale de grande ampleur en avait résulté.
— Je ne sais pas, murmura-t-il finalement à l’intention de Valentin.
Bien qu’il ne soit pas attiré par son camarade de classe, il supposait qu’en apprenant à le connaître, cela pourrait changer.
— Encore un peu et j’arriverai à te faire dire oui !
Adam se décida à saisir la chance qui lui était offerte et qui ne se représenterait peut-être pas de sitôt d’avoir un petit ami.
— Tu as gagné. C’est oui.
Valentin lui adressa un grand sourire qui le rendit presque séduisant.
Ce n’était pas le plus romantique des démarrages, mais toutes les histoires d’amour ne pouvaient commencer par un coup de foudre ou une attirance magnétique.
Fantasmer sur le professeur de sport était vain, de même qu’admirer de loin le voisin d’à côté qui lui avait inspiré ses premiers émois et lui avait permis de prendre conscience qu’il était homosexuel. Sortir avec un garçon de son âge, ça, c’était dans le domaine du possible.

jeudi 7 octobre 2021

Amour Alien - 75 (fin)

L’enfant de Lilou et Chaan aurait du monde pour s’occuper de lui et sûrement d’ici peu d’autres camarades de jeu. Miranda, Carole, Emilie n’avaient pas l’intention de s’en aller. Sans compter qu’il y aurait sûrement bientôt de nouveaux couples grâces au clan d’Aaveen. Certains n’étaient là qu’en visite, mais d’autres comptaient s’installer.
Ils avaient paru sympathiques à Joël, plus même que certains individus de leur clan. C’était sans doute trop espéré que tous les pénibles et intolérants s’en aillent.
Déjà, Cuueil n’était plus là et bientôt Isabelle et  Zara seraient parties.
La fête achevée, tout le monde alla se coucher. Non pas qu’Aarp et lui ne dormirent beaucoup. Une fois dans leur logis, la première chose que fit en effet Aarp fut de soulever sa robe.
Joël retint son souffle, espérant que la culotte qu’il avait tressé en secret plairait à l’alien. Aarp ne dit rien et le fit se tourner, apparemment désireux de l’admirer sous toutes les coutures. L’arrière n’était guère plus qu’une mince tresse glissée entre la raie de ses fesses. Joël n’eut pas à lui demander si cela lui plaisait. Aarp lui montra à quel point.
S’il lui ôta la robe, il laissa à Joël sa culotte, l’écartant pour le pénétrer, de sa langue, puis avec ses pénis. L’un, puis l’autre. Et pour finir, après un premier orgasme ensemble, les deux à la fois, ce qui se révéla intense.

Le lendemain fut chaotique. Les filles avaient besoin d’une escorte jusqu’au vaisseau et les volontaires manquaient. C’était aussi l’heure des véritables adieux.
Il y eut un ultime revirement.  Clémence et son alien s’étaient réconciliés et la jeune femme ne voulait finalement plus s’en aller.
Emilie, bien qu’elle ait choisi de ne pas regagner la Terre, craignant trop de ne pas arriver à destination, était encore pleine de doutes.
Joël, lui, n’en avait aucun. Il avait trouvé sa place sur cette planète trop chaude et sans nuit aux côtés de Aarp, ce grand alien cornu à la peau turquoise écailleuse et à la langue fourchue.
Avec lui, il pouvait être lui-même.
Il échangea d’ultimes mots avec Sarah et Marianne et les regarda s’éloigner, une main de Aarp sur sa nuque, l’autre jointe à la sienne.
 
FIN

mercredi 6 octobre 2021

Amour Alien - 74

                                                        *
La fête battait son plein quand ils rejoignirent enfin tout le monde. Leur arrivée tardive ne passa pas pour autant inaperçue, pas plus que ses efforts vestimentaires d’ailleurs.
Isabelle et Zara persiflèrent sur sa tenue de travesti, mais Joël laissa couler. Elles s’en allaient de toute façon et, si l’opinion des personnes qui restaient comptaient, la plus importante demeurait celle de Aarp. Or, cela ne le gênait pas, contrairement à ce que Joël avait cru un instant. Cela n’avait été cependant qu’un malentendu. Aarp avait interprété son maquillage et la belle robe légère qu’il avait réussi à se dénicher comme un signe que Joël voulait rentrer. C’était plutôt l’inverse. Grâce à Emilie, à la masse de vêtements ramenés du second vaisseau des affreux pustuleux, ainsi qu’à sa nouvelle passion pour le tressage permettant de confectionner toute sorte d’objets mais aussi des habits, Joël avait réalisé qu’il pouvait toujours se travestir. Et il n’était pas obligé de le faire seulement en privé parce que tout le monde savait et qu’il constituait de toute façon déjà un cas à part.
Ils se rendirent auprès de Sarah et Marianne. Elles faisaient partie des audacieuses qui allaient tenter l’aventure du retour. Jo en était triste, tout en comprenant.
Bien que les deux jeunes femmes n’aient pas rejetées la possibilité d’une relation avec des aliens, elles n’étaient pas tombées amoureuses et elles adoraient la mécanique.
Elles avaient d’ailleurs envisagé de plutôt rejoindre le clan d’Aaven, plus porté sur la technologie, avant d’opter pour le retour.
— Alors, Jo, tu es sûr que tu n’embarques pas avec nous ? lança Sarah.
C’était une taquinerie, mais Aarp émit un sifflement énervé.
— Certain, répondit Jo en attrapant la main rugueuse de l’alien, nouant leurs doigts.
Aarp lui jeta un regard étonné. Ce ne devait pas être un geste qui lui était familier.
Leurs cultures étaient très différentes et ce n’était pas toujours simple, mais ils arrivaient à communiquer sur l’essentiel.
— Au fait, vous avez raté la grande annonce de Lilou, déclara Marianne.
— Elle attend un enfant, c’est ça ? s’enquit Joël.
— Oui, tu as bien deviné ! s’écria Sarah.
La nouvelle parut tellement réjouir Aarp que Joël regretta de ne pas lui avoir fait part de ses soupçons avant.
Il faut dire qu’avec le déséquilibre jusqu’alors entre mâles et femelles Turquoises, les naissances avaient tout d’un événement.

mardi 5 octobre 2021

Amour Alien - 73

— Ça ne te plaît pas ? demanda Jo en lissant le bas de son enveloppe bleue vaporeuse.
Nu ou couvert, Aarp aimait Jo. Ce qu’il portait n’avait aucune espèce d’importance. D’ailleurs, tout ce que voulait Aarp, c’est qu’il soit heureux. De préférence à ses côtés, ce qui semblait ne plus être à l’ordre du jour.
— Ce n’est pas... commença Aarp.
Jo le coupa dans sa langue, des gouttelettes d’eau perlant à ses cils.
— Je vais retirer tout ça, continua Jo en Pizzien.
Aarp ne comprit pas pourquoi Jo parlait de changer son apparence.
— Tu es magnifique, Jo ! s’exclama Emilie, intervenant de façon soudaine dans leur conversation.
L’extraplanétaire avait aussi une nouvelle enveloppe remarqua Aarp. Manifestait-elle aussi de la sorte son souhait de repartir ? Il regarda autour de lui et constata que toutes les extraplanétaires avaient mis à profit ce qui avait été ramené du second vaisseau, y compris Lilou qui avait affirmé haut et fort à plusieurs reprises vouloir rester.
Aarp se demanda tout à coup s’il n’avait pas tiré des conclusions trop hâtives. Hélas, le mal était fait.
Jo était en train de remonter dans leur nid. Il devenu bon pour grimper vite.
— Qu’est-ce que tu lui as dit ? demanda Emilie d’un ton furieux.
Une bêtise, à priori.
Plutôt que de s’expliquer avec elle, il préféra rejoindre Jo. Il avait de tout évidence à se faire pardonner.
Jo avait retiré la décoration dans son poil blond et s’apprêtait à effacer celle de son visage.
— Jo, arrête.
Il se figea.
— Pourquoi ? Personne ne veut me voir comme ça.
C’était faux puisque son amie Emilie l’avait complimenté. Excepté que c’était à Aarp que Joa avait voulu plaire et qu’il avait mal réagi. C’était un problème de culture. Ils étaient encore loin de tout savoir sur l’espèce de l’autre, mais ils étaient définitivement compatibles.
— Je t’aime, Jo, déclara-t-il.
Ce n’était hélas pas un verbe que l’extraplanétaire connaissait.
Aarp l’enlaça, embrassant les lèvres brillantes.
— Tu es très bien comme tu es, ajouta-t-il.
— Alors, pourquoi ? souffla Jo.
— J’ai cru que tu voulais rentrer chez toi, répondit Aarp en touchant la matière vaporeuse, se demandant soudain ce que Jo portait dessous. Son enveloppe rouge ? Une autre ? Il y avait un côté excitant à ne pas savoir. C’était quelque chose à explorer. Un des avantages à masquer son corps.
La voix de Chaan s’éleva, mélodieuse. En bas, la fête avait commencé sans eux.
— Je veux rester avec toi, assura Jo, en se blottissant contre lui.
Aarp glissa la main sous la matière vaporeuse. Il désirait Jo. Encore et toujours.
Le pénis de Jo, en dépit de la mince barrière l’empêchant de le toucher directement, palpita sous ses doigts.
— Et… la fête ? demanda Jo d’une voix haletante.
Aarp s’en moquait. Mais il est vrai qu’ensuite une partie des extraplanétaires s’en iraient et Jo voulait sûrement leur dire au revoir, même s’il n’était pas ami avec toutes. Ils auraient tout le temps après pour unir leurs corps et leurs cœurs.
— Allons-y.

lundi 4 octobre 2021

Amour Alien - 72

Aarp continuait malgré tout à craindre que Jo veuille repartir sur sa planète.
Son inconfort quand il se mettait à nu au point d’eau pour se laver était palpable et les autres n’aidaient en rien en le regardant. La nudité était pourtant quelque chose de naturel. C’était peut-être parce que Jo était le seul extraplanétaire pas comme les autres.
Aarp aurait bien volé dans les écailles de certains de ses camarades et siffler à l’oreille de quelques extraplanétaires s’il n’avait craint empirer la situation.
Il espérait que tout le monde finirait par s’habituer à Jo ainsi qu’à leur couple, tout en craignant que Jo ne reparte avant.
Aarp ne lui avait pas redemandé ce qu’il souhaitait parce qu’il lui semblait que Jo pouvait toujours changer d’avis au dernier moment, quand la possibilité de rentrer ne serait plus hypothétique, mais certaine.
Il profitait donc de chaque instant passé avec lui et l’encourageait dans ses expériences de tressage.
Chaque soir, il explorait la moindre parcelle de sa peau et savourait chaque caresse de Jo.
Et puis, Aaveen revint avec des membres de son clan et annonça que le premier vaisseau avait été dégagé du sable, les pièces nécessaires démontées et fixées au second. Elle ajouta que le système de pilotage avait été étudié et qu’un décollage partiel avait été réalisé. En d’autres termes, les extraplanétaires pourraient très bientôt embarquer.
Le départ aurait lieu juste après une tempête de sable, car c’était la seule façon d’éviter un crash immédiat.
Coom tint à organiser une fête autant pour souhaiter la bienvenue aux membres du clan d’Aaveen que pour dire au revoir aux extraplanétaires qui partaient malgré les risques dans leur désir de rentrer chez elles.
Aarp, lui, n’était pas d’humeur festive. Il ne participa aux préparatifs que contraint et forcé. Son cœur s’alourdit encore quand il vit Jo descendre de leur nid.
L’extraplanétaire avait une nouvelle enveloppe récupérée dans les boîtes du vaisseau et le visage décoré, comme lorsqu’Aarp l’avait vu pour la première fois.
Il avait l’air nerveux, un sourire hésitant sur les lèvres, sans doute parce qu’il ne savait pas comment lui annoncer qu’il avait décidé de repartir.
Aarp résista à l’envie de partir en courant vers le désert pour éviter d’avoir à l’entendre.

mardi 14 septembre 2021

Pause et nouvelles idées

Afin de prendre le temps d'écrire la fin de Amour Alien tranquillement sans précipitation, je vais faire la pause jusqu'au 4 octobre 2021. 

Cela me laissera aussi le temps de réfléchir dans quelle histoire vais-je me lancer après... Une des nombreuses idées que j'avais évoqué précédemment (ici en 2019 et même là en 2012 !), ou sait-on jamais une nouvelle idée entièrement.

Mes 2 dernières en date sont :

*Au choix (alias Possibilités - oui j'hésite entre 2 titres !) : tout commence comme notre fort ordinaire héros accepte de sortir avec un garçon dont le frère a un pouvoir bien particulier, celui de montrer d'autres vies possibles où le héros serait en couple avec des hommes qu'il juge inaccessibles... 

L'histoire a un petit côté jeu de rencontre/dating-sim où nous avons un héros/une héroïne et de multiples partenaires possibles, excepté que le héros se retrouve en quelque sorte projeté dans ses différentes voies sans l'avoir vraiment voulu !

*Une nouvelle histoire avec des orcs, encore sans titre
(pas dans le même univers que L'empreinte de l'orc)

lundi 13 septembre 2021

Amour Alien - 71

                                                   *
La jambe de Aarp lui faisant mal, il ne fit pas de difficultés pour remonter quand Jo lui suggéra.
Ils se rallongèrent, Jo préférant se mettre sur le côté plutôt que sur lui.
— Pourquoi n’as-tu pas voulu… commença-t-il, s’interrompant pour presser ses lèvres douces contre les siennes. A cause des gens ? termina-t-il d’une voix essoufflée après qu’Aarp ait prolongé le baiser.
Aarp inclina la tête en signe d’acquiescement.
— Mais ça, c’est bon ? demanda encore Jo, glissant la main à l’arrière de son cou.
C’était autant un geste d’affection que de protection et cela pouvait être également inconfortable pour les autres, mais ne pas toucher Jo du tout était impensable.
— Ce serait bien si cela ne posait pas de problème quand nous…
La bouche de Jo captura à nouveau la sienne.
Il était tentant de ne pas lui révéler comment dire « embrasser » en Pizzien.
Aarp le fit quand même.
Jo répéta le mot.
Leurs lèvres se joignirent d’un commun accord.
— Il y a une autre raison à ne pas multiplier les baisers devant les autres… Cela donne envie de plus, avoua Aarp.
Sûrement, Jo n’allait pas prétendre le contraire, son pénis ayant durci tout seul contre la hanche de Aarp.
— Ta jambe… protesta Jo.
Il avait une nature généreuse, se souciant du bien-être des autres. Il était délicieux.
Il existait cependant une méthode toute simple pour contourner le problème.
Aarp invita Jo à se tourner et ce dernier comprit sans peine où il voulait en venir.
Bientôt Aarp put sucer le pénis engorgé de son extraplanétaire tandis que Jo léchait et caressait ses deux membres.
Il possédait une langue talentueuse et des doigts agiles.
Aarp aimait tout chez Jo.
Y compris son goût.
Il avala tout et jouit à son tour.
Être limité dans ses déplacements des jours durant ne serait pas trop pénible avec Jo pour lui tenir compagnie.
    Aarp ne se trompait pas. Jo réussit à lui faire presque oublié qu’il était coincé, aussi bien grâce au sexe qu’à de nombreuses questions sur comment faire telle ou telle chose.
Aarp lui montra entre autres comment fabriquer des sacs avec des lianes tressées et fut enchanté que Jo se prenne de passion pour l’activité. Celui qui tresse aurait pu être sa désignation.

vendredi 10 septembre 2021

Amour Alien - 70

— Sacrée nouvelle, n’est-ce pas ? lança Joël à Emilie en guise d’entrée en matière.
— Oui… J’étais si sûre que nous étions coincées pour toujours. Je l’avais accepté ! Et maintenant ça…
La jeune femme était bouleversée, probablement parce qu’elle était partagée. A la différence de Lilou qui, collée à Chaan, avait choisi de rester, ou d’Isabelle et compagnie qui n’avaient jamais cessé de vouloir rentrer sur Terre.
— Aaveen semble en effet convaincue que son clan peut remettre le vaisseau en état de marche, ce qui ne signifie pas pour autant que regagner la Terre sera vraiment possible.
— Exactement ! Nous pourrions très bien nous retrouver à errer dans l’espace, atterrir sur une autre planète moins accueillante ou bien être capturées par d’autres aliens… Mais quand même, c’est une chance…
— Tu as le droit de vouloir rester ici.
— Comme toi, tu veux dire ?
— Oui, reconnut Joël, en regardant en direction de Aarp.
Son alien chéri était en pleine conversation avec Saag. Vu sa blessure à la cuisse, il aurait mieux fait de retourner s’allonger, ou au moins s’asseoir.
— Et tes parents ? Tes amis ? Ton travail ? Tout le confort moderne ? Cela ne te pose pas de problème de renoncer à tout ça, même par amour ?
— Je n’aurais rien eu contre emmener Aarp dans mes bagages, mais je ne le vois pas être heureux dans notre monde…
— Et tu l’es dans le sien ? coupa Emilie.
Joël s’y habituait en tout cas. Mais ce n’était pas le sujet. Il était venu pour aider la jeune femme, pas pour parler de lui.
— Et toi, Emilie ? répliqua-t-il.
— J’aime que nous soyons environnés de nature, que les choses soient simples, avoir un amoureux aux petits soins pour moi… Après, quand je mets en balance mes parents, ma sœur… Mon rêve d’avoir des enfants… Nous ne sommes pas certains que nos espèces soient compatibles à ce point...
Joël repensa à Lilou et toutes les fois où elle avait posé la main sur son ventre ces derniers jours, un sourire flottant sur ses lèvres.
— A mon avis, tu n’as pas t’inquiéter là-dessus. Discute-en avec Lilou d’abord, en tout cas.
— Tu crois qu’elle est enceinte ? Elle ne s’est pas plaint de ses règles alors que c’est la galère de les avoir sur cette planète… En même temps, plein de filles ont eu leur cycle chamboulé… Je croyais que c’était ton cas...
Joël esquissa une grimace. Il avait soigneusement évité ce sujet, de même que celui de la pousse des poils.
D’ailleurs, s’il n’avait pas été imberbe et blond, son travestissement n’aurait pas tenu longtemps, faute de pouvoir se raser.
— Ne fais pas cette tête ! Je ne suis plus fâchée. Tu avais bien le droit de t’habiller en femme ! Tu l’as encore !
Joël ne se plaignit pas que le matériel manquait,  touché qu’Emilie, non contente de l’avoir pardonné, l’encourage.
Le peignoir avait l’avantage d’être plus léger que sa robe que Miranda lui avait rendue.
— Même si je comprendrai que tu veuilles tenter le voyage de retour, je serais ravi que tu décides de demeurer ici, déclara Joël.
— Tu fais partie de la colonne des pour, déclara Emilie avec un sourire. Maintenant, tu m’excuseras, mais je vais toucher un mot à Lilou…

jeudi 9 septembre 2021

Amour Alien - 69

Coom, Aarp et Saag obtinrent, non sans peine, que tout le monde se taise une fois encore.
Saag réussit alors à convaincre aliens et humaines que ce n’était qu’une question de temps avant que chacun  et chacune soit exaucé.
Aaveen rentrerait chez elle et informerait les siens. Si ces derniers parvenaient à réparer le vaisseau, ils viendraient chercher les filles qui souhaiteraient tenter de retourner chez elles, avec tous les risques que cela comportait et l’absence de garantie de réussite. S’il y avait des célibataires intéressées qui ne souhaitaient pas se déplacer, il serait toujours temps de se rendre au clan d’Aaveen. Cuueil pouvait toutefois partir dès à présent avec Aaveen et plaider la cause de ses camarades. Il était libre de s’installer dans l’autre clan, son insatisfaction avec le leur étant évidente.
Si Joël n’avait pas été très content jusque là des avis du sage alien, il était sur ce coup admiratif.   
Quand, pour finir, Saag ajouta que ceux qui s’ennuyaient dans l’attente pourraient effectuer de multiples trajets jusqu’au second vaisseau pour récupérer des affaires, à l’exception de la nourriture qui servirait au possible voyage du retour, Miranda applaudit à deux mains.
Bien que tenté de faire de même, Joël se retint. Adopter un profil discret restait pour le moment indispensable.
Heureusement, entre le clan d’Aaveen et un éventuel retour sur Terre, les gens avaient d’autres choses à discuter.
Plusieurs célibataires couvaient Cuueil d’un œil mauvais, jaloux qu’il ait été choisi. Il faut dire que l’arrogant personnage s’en vantait. Joël avait hâte qu’il s’en aille afin d’être débarrassé de lui.
Isabelle, Zara et les autres filles qui considéraient que se mettre en couple avec des aliens tenaient du domaine de l’impossible, étaient plus qu’enthousiastes à l’idée de repartir. Ce n’était pas autant le cas des autres. Emilie avait l’air perdue.
Joël indiqua à Aarp qu’elle avait besoin d’une oreille amicale.
— Oui, vas-y, l’encouragea son alien chéri.
Joël esquissa un geste pour l’embrasser, mais Aarp déclina.
— Pas ici, dit-il à voix basse.
C’est vrai qu’ils avaient du public. Cela fit quand même un pincement au cœur à Joël. Tout le monde savaient qu’ils étaient ensemble. Aarp avait même gardé la main sur sa nuque.
Décidé à ce qu’ils en reparlent plus tard, Joël se dirigea vers Emilie.

mercredi 8 septembre 2021

Amour Alien - 68

Satisfaire les envies de tout le monde tenait du domaine de l’impossible, et face à l’impatience et l’énervement généralisé, Saag peinait à se faire entendre et Coom ne parvenait à ramener le calme, ce qui était inhabituel.
Aarp émit à son tour des sifflements stridents répétés, en écho à ceux du chef du village, sa main toujours posée dans le cou de Joël.
Dans le silence qui se fit enfin, il prit la parole :
— Le clan d’Aaveen ne peut tous nous accueillir. Où dormirions nous ? Que mangerions-nous ? L’accompagner peut être utile pour connaître leur emplacement, mais ce n’est même pas nécessaire. Aaveen parlera de nous aux siens et guidera jusqu’à nous ceux et celles qui voudraient nous rejoindre.
— Tu crois savoir mieux que le chef et le sage ? l’interpella Cuueil. Tu n’es qu’un arpenteur du désert.
Joël avait fini par comprendre que le nom des aliens avaient un sens profond qui reflétaient leur position ou du moins, leurs prédispositions.     Ceci dit, Cuueil semblait plus doué pour semer la discorde que pour la cueillette !
— C’est en tant que tel que je sais que voyager dans les sables n’est pas pour tout le monde, répliqua Aarp, sans se laisser démonter.
— Je cherchais à vous expliquer ses choses, mais personne ne voulait m’écouter, enchérit Saag.
— Il n’a fait qu’appuyer mon autorité, déclara Coom.
— Quand il a libéré Jo aussi ? rétorqua Cuueil.
C’était un coup bas que de ramener ainsi le problème à eux.
— Aarp a été puni. Le passé est derrière nous, répliqua Coom.
Cela aurait été bien si cela avait vraiment été le cas. Cuueil aurait arrêté de leur chercher des noises. Plus personne n’en aurait encore voulu à Joël d’avoir gardé le secret sur son véritable sexe.
— Dans ce cas, mon avenir est avec le clan  d’Aaveen. Rien ne me retient ici ! s’écria Cuueil.
Joël jeta un coup d’œil inquiet à Chloé que l’alien s’était efforcé de séduire jusque là, sans que cela l’empêche d’ailleurs de leur faire du chantage et de le solliciter.
La jeune femme ne paraissait heureusement pas contrariée. Elle n’avait  à priori jamais vraiment été intéressée.
— Moi aussi, dit un autre des Turquoises.
A cela, Clémence émit une vive protestation. Comme l’avait fait remarquer Sarah, la jeune fille n’avait pas été si hostile qu’elle avait bien voulu le dire à se lier à un alien.
Le ton monta à nouveau. Au moins, Joël et Aarp n’étaient plus sous les feux des projecteurs.

mardi 7 septembre 2021

Amour Alien - 67

Au final, ce n’est pas Joël qui perturba le repos de Aarp, mais des éclats de voix provenant du bas.
Il y avait de la dispute dans l’air de toute évidence.
Joël n’aurait rien eu contre ignorer le problème, laisser les Turquoises, les filles et la nouvelle venue se débrouiller entre eux, mais Aarp n’était pas du même avis.
— Descendons.
Joël ne bougea pas d’un pouce.
Aarp lui donna un baiser.
— Viens avec moi, murmura-t-il ensuite contre ses lèvres avant de le déloger gentiment.
Il n’en fallait pas plus pour convaincre Joël.
— Il se décide des choses importantes, ajouta l’alien en se levant.
Joël tendit l’oreille. Il avait pour sa part du mal à distinguer ce qui était dit. L’ouïe des Turquoises était sans doute meilleure.
Après un soupir résigné, il descendit à la suite de Aarp.
Tout le monde gesticulait et c’était à qui le crierait le plus fort, dans une langue ou une autre. Aaveen, au milieu du groupe d’humaines et d’aliens mélangés ne paraissait plus savoir où donner de la tête.
La main de Aarp se referma sur sa nuque, rassurante, possessive et troublante, donnant envie à Joël qu’ils remontent faire l’amour.
Excepté que cela devrait attendre...
Joël signala à Aarp, Lilou et Chaan qui se tenaient légèrement en retrait et ils les rejoignirent.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il, trouvant difficile de comprendre vu la cacophonie.
— Personne n’est d’accord. Entre qui part, qui reste, quoi faire et dans quel ordre, répondit Lilou.
Joël s’efforça de distinguer les différentes voix.  Coom se refusait à abandonner leur actuel village, ce que souhaitaient à priori une majorité de Turquoises. Les plus fervents partisans étaient bien sûr les célibataires qui ne se souciaient guère que la traversée du désert puissent être difficile pour les humaines qui ne constituaient plus des compagnes aussi intéressantes face à des femmes de leur espèce.
La plupart des filles ne voyait que la possible réparation du vaisseau qu’Aaveen avait apparemment assuré certaine. Leur objectif, c’était regagner la Terre et le plus tôt possible.
Et puis, il y avait d’autres opinions, comme celle de Miranda qui tenait à ce que d’autres expéditions au second vaisseau soient organisées de façon à ce que davantage d’affaires soient récupérées afin d’améliorer leurs conditions de vie actuelles. Elle semblait décidée à rester sur la planète. Ou du moins résignée, telle Carole qui argumentait :
— Ce n’est pas parce que le vaisseau est remis en état de marche que nous serons capable de le piloter jusqu’à bon port.

lundi 6 septembre 2021

Amour Alien - 66

Joël, les yeux grands ouverts, n’osa bouger pour ne pas troubler le repos de Aarp. Il n’avait pas sommeil, lui. Il faut dire qu’ils étaient en pleine journée. Enfin, façon de parler, puisqu’il faisait jour en permanence sur la planète des Turquoises. Toujours est-il que ce n’était pas l’heure de se coucher et Aarp lui avait donné matière à penser.
Son alien favori semblait convaincu que retourner sur Terre était une option et non plus une probabilité douteuse.
Évidemment, le premier mouvement de Joël avait été de dire qu’il souhaitait rentrer chez lui,  dans son univers familier, connu et confortable,  avant de réaliser que cela signifiait quitter Aarp, ce dont il n’avait aucune envie.
Il n’imaginait toutefois pas Aarp heureux sur Terre. D’abord, parce qu’il doutait que le gouvernement laisse un extraterrestre se promener en toute liberté, et puis aussi, tout simplement parce que rien que porter des habits serait compliqué pour Aarp, autant à cause de sa morphologie que pour des raisons culturelles.
Il avait été incapable d’expliquer son métier de vendeur de chaussures à l’alien qui se promenait pieds nus. Il ne le regrettait pas. Cela avait été un travail qu’il appréciait, pas une vocation. En revanche, se passer de se travestir lui serait douloureux. Il y avait peut-être de quoi faire dans les malles du vaisseau des affreux pustuleux, mais il était déjà regardé d’un mauvais œil dans son peignoir, sans maquillage et sans coiffure spéciale…
Ce qui rendait autrement triste Joël, c’était l’idée de ne plus revoir ses amis. Heureusement, il s’était lié avec plusieurs des filles, notamment Emilie et Miranda, mais aussi Sara, Marianne et Lilou.
Est-ce qu’elles repartiraient si cela devenait possible ? Il en doutait pour Lilou. Elle aimait son alien, comme lui. Il était moins sûr pour les autres.  Indépendamment d’un éventuel retour sur Terre, il y avait maintenant le clan d’Aaveen à prendre en compte. Si ce dernier était plus ouvert aux couples de même sexe, Aarp voudrait-il changer de clan ? Joël n’allait certes pas le réveiller pour lui demander. Le pauvre était dans un sale état et s’était donné malgré tout la peine de s’assurer que Joël était satisfait de son sort.
Et il l’était tant qu’il était dans les bras de Aarp, parce qu’alors, la réprobation de quelques Turquoises et de certaines filles n’avaient plus autant d’importance.

vendredi 3 septembre 2021

Amour Alien - 65

Aarp attira Jo sur lui. Ce dernier résista, manifestant qu’il craignait d’aggraver ses blessures.
Mais Aarp avait la peau plus dure que cela et il voulait le sentir contre lui avant qu’ils ne soient encore séparés pour une raison ou pour une autre : parce que Coom l’envoyait en mission, que le clan décidait que Jo et lui ne pouvaient être en couple, que Saag décidait que c’était une excellente punition, qu’il était donné à Jo le moyen de le quitter…
Pouvait-il vraiment exiger de Jo qu’il demeure ici juste pour être avec lui alors que le clan ne les acceptait pas pleinement ?
Qu’ils aient récupéré des choses utiles pour les extraplanétaires dans le vaisseau ne changeait rien au climat de la planète.
Et, même si les extraplanétaires n’avaient pas de désignation, cela ne voulait pas dire qu’ils n’avaient pas de spécialités...
Ils avaient été si occupés à leur apprendre à parler Pizzien et à les nourrir qu’ils n’avaient pas pris la peine de se renseigner. Du moins, Aarp ne l’avait pas fait. Il n’était heureusement pas trop tard.
— Quelle occupation avais-tu sur ta planète ?
— Comment expliquer... Rien de tout cela n’existe ici, murmura Jo.
Ce n’était pas bon du tout.
Aarp le serra plus fort contre lui.  
— Cela doit te manquer…
— Non, d’autres choses, mais pas ça.
— Quoi ?
— Je…
Jo n’acheva pas sa phrase et Aarp supposa qu’une fois de plus, c’était compliqué à dire, pas seulement par manque de vocabulaire, mais aussi en raison des différences culturelles entre leurs deux peuples.
Aarp n’avait aucun moyen de procurer à Jo ce qui lui faisait défaut. Tout ce qu’il avait à offrir, c’était son amour.
Il ferma les yeux.
Peut-être le clan d’Aaveen n’arriverait à rien avec les vaisseaux. Rien n’était décidé.
Il s’endormit, sa main caressant le poil doux sur la tête de Jo. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était profiter de sa présence... tant qu'il était là.

jeudi 2 septembre 2021

Amour Alien - 64

                                                      *
Aarp s’arracha à la bouche tentatrice de Jo et jeta un coup d’œil aux autres, mais c’était bon, personne ne prêtait attention à eux. Ils étaient tous trop fascinés par Aaveen.
Malgré tout, il était préférable qu’ils gagnent leur nid. Aarp manquait d’énergie pour faire plus qu’enlacer Jo, mais ils y seraient plus tranquilles.
Il commença à se remettre debout, Jo s’empressant de l’aider.
— Sale bête…
— Elle est morte. Aaveen l’a tué.
— Je la remercierai…
Aarp doutait qu’il en ait l’occasion. La pauvre était assaillie de questions. Il l’avait prévenue et  elle l’avait accompagné malgré tout. Ce n’était pour rien qu’elle avait la désignation d’aventurière.
Sa curiosité de rencontrer un autre clan et de faire connaissance avec des extraplanétaires l’avait emporté.
Elle était d’ailleurs convaincue que des membres de son clan pourraient réparer l’un des vaisseaux, voire les deux.
Bien que vivant également en harmonie avec la nature, ses Pizziens-là n’avaient pas le même désintérêt pour la technologie.
Aarp qui avait été ravi d’avoir trouvé d’autres Pizziens, des qui n’étaient pas au bord de l’extinction, avait déchanté alors même que c’était ce qu’il avait toujours espéré trouver en arpentant le désert.
C’était en partie grâce à Jo que cela s’était produit, et il risquait de le perdre à cause de ça. Il avait préféré oublier les vaisseaux dans les sables et la possibilité que Jo puisse repartir, sûr que si chacun trouvait sa chacune, alors Jo et lui pourraient être ensemble sans être dérangé.
Aarp grimpa à la force de ses seuls bras et s’allongea par terre, juste à côté de l’amas de feuilles surmonté par une étrange chose carrée.
Jo s’installa contre lui, nichant sa tête sur son épaule.
— Jo… Si c’était possible, voudrais-tu rentrer chez toi ?
— Oui ! s’écria aussitôt Jo.
Un sifflement de détresse échappa à Aarp. Il n’aurait pas dû poser la question en n’étant pas prêt à entendre la réponse.
— Ou peut-être que non, ajouta Jo. Pas sans toi.
Aarp n’avait jamais envisagé de quitter son monde, mais si c’était une option qui lui permettait de rester aux côtés de Jo…
— Et tu ne serais pas bien accueilli sur ma planète, termina Jo.
Ce qui signifiait qu’il n’y avait pas de solution idéale.

mercredi 1 septembre 2021

Amour Alien - 63

Quand Aarp réapparut enfin, il n’était pas seul. Son bras était passé par dessus l’épaule d’une Turquoise que Joël n’avait jamais vue auparavant.
Un instant, Joël craignit que les mauvaises langues aient eu raison, que c’était parce qu’il s’était trouvé quelqu’un d’autre qu’Aarp avait tant tardé et puis il réalisa que c’était impossible et que son alien s’appuyait sur l’inconnue parce qu’il était mal en point. Sa corne droite était ébréchée.
Il ne put cependant l’approcher, ne parvenant pas à se faufiler dans le cercle étroit formé par les Turquoises autour de Aarp et l’inconnue.
Coom avait beaucoup de questions auxquelles Aarp répondit, de même que l’étrangère qui avait un accent différent.
Joël réussit à comprendre de l’échange qu’Aarp avait prêté davantage attention aux traces de passage dans le désert au cas où les propriétaires du vaisseau avaient atterri sur la planète, qu’il avait fini par en repérer et les avait suivis, s’aventurant plus loin qu’il ne l’avait jamais été, qu’ne tempête les avait hélas balayées, qu’un crapahuteur des sables l’avait surpris et que, par chance, Aaveen n’avait pas été loin.
Finalement, Sooig intervint, désireux d’examiner les blessures de Aarp.
Joël fut soulagé que quelqu’un s’en soucie parce que les autres étaient trop fascinés par Aaven pour s’en préoccuper.
Ils voulaient tout savoir d’elle : où elle habitait, combien de gens vivaient avec elle, si elle était en couple…
Ils étaient transparents dans leur désir de se trouver des compagnes.
Des filles allaient possiblement perdre leur prétendant, ce qui en arrangerait certaines, mais poseraient peut-être problème à d’autres…
— Jo, viens, dit Aarp tandis que Sooig le faisait s’asseoir par terre.
Joël ne voulait pas déranger le soigneur, mais l’envie de rejoindre Aarp était trop forte.
Il approcha, s’agenouilla et la grande main rugueuse de son alien se referma sur son cou. Il était enfin de retour.
Joël attendit que Sooig se soit éloigné pour presser doucement ses lèvres contre celles de Aarp. Il n’avait pas escompté faire plus, mais c’était si bon qu’il approfondit le baiser, sa langue cherchant celle de Aarp.

mardi 31 août 2021

Amour Alien - 62

Cuueil éclata soudain d’un rire silencieux typique des Turquoises.
Chez lui, cela avait un côté effrayant, en particulier parce que Joël ne voyait vraiment pas ce qu’il y avait de drôle à la situation. L’alien lui avait fait une proposition déplacée et avait insisté avant de s’énerver et de donner l’impression qu’il allait prendre du plaisir avec lui, de gré ou de force. Ou du moins le rudoyer.
— Tu es vraiment ****
C’était à ne pas en douter une insulte. Comme quoi, cela avait parfois du bon de ne pas tout comprendre.
Cuueil tourna alors les talons et s’en fut, clairement content de lui avoir fait peur. Il n’y avait plus à espérer que ce sadique ne reviendrait pas à la charge.
    Si Joël fut exaucé de ce point de vue, cela ne rendit pas sa vie au village plus facile pour autant.
Beaucoup de Turquoises continuaient à le regarder d’un mauvais œil et pas mal de filles aussi.
Profiter du point d’eau restait un exercice inconfortable.
Joël se sentait comme une bête de foire, et Aarp lui manquait d’autant plus.
Il ne comprenait pas lui-même comment il avait pu tomber amoureux si vite alors qu’il le connaissait encore mal. Peut-être était-ce les circonstances extraordinaires, peut-être était-ce en raison de la force tranquille qu’Aarp dégageait…
Le jour où Aarp aurait pu rentrer au village selon les exigences de Coom arriva sans qu’il ne réapparaisse. Joël rationalisa son retard.
Seulement, un jour de plus se transforma en deux, puis en trois, si bien que Joël tenta de convaincre Coom d’envoyer quelqu’un à la recherche de Aarp.
Il obtint une fin de non recevoir. Aarp était le spécialiste du désert. Saag était également d’avis que c’était inutile : Aarp était capable de se débrouiller seul.
S’engager seul dans le désert étant de la folie, Joël ne l’envisagea même pas.
Tout au plus faillit-il demander à Cuueil son aide avant de se raviser. L’alien était un sale type qui risquait de vouloir être compensé d’une façon ou d’une autre.
En désespoir de cause, Joël aborda d’autres Turquoises, sans succès. L’un d’eux eut même la cruauté d’affirmer qu’Aarp avait préféré rester dans le désert pour lui échapper, parce qu’il avait réalisé que Joël ne faisait pas un bon partenaire.
D’autres filles avaient également cette théorie. Miranda, Emilie, Lilou, Sara et Marianne l’avaient balayé d’un revers de main. Joël n’y croyait pas non plus, mais cela ne l’avait pas empêché d’être blessé.

lundi 30 août 2021

Amour Alien - 61

— Tu es totalement en train de penser à ton alien, hein ?
Joël, alors qu’il cherchait à renouer avec Emilie, s’était en effet laissé aller à rêvasser.
— Oui. Pardon.
— Ne t’en fais pas, cela se voit que vous êtes très amoureux l’un de l’autre.
Et c’est sans doute pour cela que Joël aurait voulu qu’Aarp soit déjà de retour.
Hélas, quand les Turquoises revinrent au village, chargés d’affaires sélectionnées par Miranda, la seule à avoir obtenu le droit d’accompagner les aliens, Aarp manquait à l’appel.
Joël se tourna du coup vers elle pour obtenir le fin mot de l’histoire.
— Je suis désolée, Jo, mais Coom a jugé que ton chéri devait poursuivre son exploration pendant au moins quatre jours avant d’avoir le droit de revenir.
Même en sachant que ce n’était qu’une question de patience, Joël eut du mal à avaler la pilule.
Même les conserves, sodas et coussins ramenés ne pouvaient le consoler.
Il s’inquiétait pour Aarp, sans doute à tort, puisque son alien avait l’habitude d’arpenter le désert.
Joël ressentit encore avec plus d’acuité l’absence de Aarp quand Cuueil se pointa dans leur logis le soir de leur retour au village.
— Que veux-tu ?
— Si tu te sens seul, nous pourrions nous donner du plaisir, déclara Cuueil.
Joël resta un instant suffoqué.
— Non, dit-il enfin.
— Vraiment ? Mes pénis sont plus gros que ceux de Aarp.
Joël s’en moquait à peu près autant que de sa première chemise. Cela ne rendait pas Cuueil plus sympathique.
— Pars… lâcha Joël, à défaut d’être capable de formuler une réplique percutante, du genre que ce qui comptait c’était de savoir s’en servir.
— Ne me parle pas sur ce ton ! s’exclama Cuueil.
Il ajouta une série de phrases incompréhensibles qui ressemblaient à des imprécations et approcha, l’air mauvais.
Joël se rencogna contre le mur, conscient qu’il ne faisait pas le poids fasse au Turquoise. Il était grand et musclé comme tous ses congénères.
Il pouvait toujours crier, bien sûr, mais il n’avait guère envie d’attirer encore l’attention de tout le monde sur lui. Et ce serait la parole de Cuueil contre la sienne.