– En plein jour et en plein air, vraiment ? murmura Méroé, le souffle court, la voix voilée par le désir.
– Il n'y a personne pour regarder, ici. Et la nuit ne viendra jamais assez vite à mon goût.
– On voit que c'est le printemps... dit Méroé, qui en souriant, s'allongea sur le sable.
Lykandré vint le recouvrir de son corps. Faire l'amour dans un lit était plaisant, mais le faire en pleine nature, c'était un rêve devenu réalité. Le vent et le soleil caressait leurs peaux en même temps que leurs mains enfiévrées. Lykandré se mit à sucer tour à tour les tétons rose pâle de Méroé. L'andromorphe aux cheveux de neige se mordit les lèvres en gémissant, les doigts enfouis dans les cheveux de l'homme loup. Lykandré couvrit de baisers le torse laiteux, descendit jusqu'au pénis qu'il caressa avec force avant de poursuivre son chemin, embrassant chaque parcelle avec ardeur. Il posa les lèvres sur la cicatrice de Méroé, remonta et lécha le creux des hanches, l'intérieur des cuisses...
– Viens, supplia l'andromorphe aux cheveux de neige.
Lykandré le pénétra d'une poussée, plongeant, ressortant presque et s'enfonçant à nouveau. Méroé, ses grands yeux noirs brillants de plaisir, accompagnait ses mouvements. Ils atteignirent ensemble la jouissance et restèrent unis encore un moment, écoutant les oiseaux et les vagues qui s'écrasaient les unes sur les autres.
Ils s'asseyèrent ensuite dans le sable, épaule contre épaule, face à la mer. Ni l'un ni l'autre n'étaient pressés de rejoindre les autres.
– Je sais que c'est impossible, mais un moment parfait comme celui-là, j'aimerai qu'il dure toujours. L'avenir est tellement incertain et effrayant. Peut-être les loup-garous nous pourchasseront jusqu'ici ou les épurateurs ou un ennemi dont nous ignorons encore l'existence... A la ferme, après la mort de mes parents adoptifs, ma vie a basculé d'un coup, alors je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter de ce qui va arriver plus tard, mais c'est idiot, n'est-ce pas ?
– C'est très humain surtout. Le vieil Atsuhiro m'a toujours répété que même quand on voulait demeurer tranquille dans son coin, il y avait toujours des gens pour venir vous y chercher et vous causer des ennuis. Mais il est inutile de s'en soucier parce que nous ne pouvons pas avoir d'influence dessus.
Oui, tout ce qui comptait, c'était l'instant présent, le ciel bleu au-dessus de leurs têtes, le bruissement des feuilles agitées par le vent, la terre sableuse sous leurs pieds, les embruns de la mer qui s'étendait devant eux, et le goût des lèvres de Méroé contre les siennes.
FIN