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lundi 22 février 2021

Le fée féminin et Comme les doigts de la main, les livres sont disponibles

Je les ai lus, relus et corrigés et les voilà :
Le fée féminin et Comme les doigts de la main comprennent 190-200 pages et coûtent 7.99€  en papier et 5.99 € en PDF numérique.
 
Ils sont disponibles à la vente sur The Book Edition :
 
Comme les doigts de la main a un petit bonus de 5 pages inédites.

mercredi 13 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 77 (fin)

Blaise finit par se retrouver au centre des attentions de ses compagnons, sans bien savoir quand ou comment.
Marin lécha le pénis engorgé de Blaise de façon méthodique tandis que Céleste le pénétrait d’un doigt tout en lui expliquant au creux de l’oreille qu’il le préparerait pour Gaïus et qu’ensuite, il s’occuperait de sa bouche.
Il tint parole et quelques instants plus tard, le blond se plaçait au niveau de sa tête, lui coupant le souffle de la meilleure des façons avec sa verge. Gaïus qui s’était installé sous Blaise, s’enfonça en lui.
Huo n’était pas en reste, se frottant contre le torse de Blaise tout en jouant avec ses tétons.
Face à ce quadruple assaut, Blaise ne résista pas longtemps et jouit dans la bouche de Marin. Céleste explosa dans la sienne. Marin éjacula à son tour, son sperme giclant sur les cuisses de Blaise pendant que Huo décorait ses abdominaux.
Encore quelques coups de boutoir et Gaïus le remplit de sa semence.
— Le nombre positions au lit… commença Marin.
— Ne te fatigue pas à calculer, coupa Céleste, mais avec douceur.
— Je vote pour que nous restions là pendant un mois au minimum, annonça Huo.
— Sans vouloir être top terre à terre, il faudra bien manger et se laver avant cela, répliqua Gaïus.
Blaise se contenta de sourire. Il était comblé, la tête sur les cuisses de Céleste, Gaïus sous lui, Marin entre ses jambes et la main de Huo sur son torse, au niveau de son cœur empli d’amour pour les quatre hommes qui l’entouraient.

    Marin étant trop sérieux pour les laisser paresser longtemps et Gaïus trop pragmatique, ils se mirent à organiser leur futur dès le lendemain.
Marin embaucha l’entreprise pour laquelle Blaise travaillait pour reconstruire la maison et commanda un lit sur mesure capable de les accueillir confortablement tous les cinq.
Ils discutèrent de leur relation, Gaïus trouvant judicieux de fixer par écrit quelques règles pour éviter d’inutiles jalousie. Ils décidèrent mutuellement qu’ils n’avaient pas besoin d’être nécessairement tous les cinq pour s’aimer, jugeant qu’ils étaient importants aussi qu’ils aient chacun des moments en tête-à-tête, ainsi que du temps pour être seul.
Ainsi, sur le plan de la future maison, ils choisirent d’avoir une seule et unique chambre, mais chacun une pièce rien qu’à eux.
Au bout du compte, Blaise quitta son travail au chantier et se chargea de la maintenance des nombreux logis que Marin louait. Il continua par ailleurs à seconder ce dernier dans la préparation des repas. Il se laissa autrement convaincre par Huo de participer à sa nouvelle chaîne. Sans flammes, ses vidéos de danse avaient moins de succès, mais Huo s’était lancé dans le créneau des sketchs humoristiques dans lesquels il avait parfois besoin que quelqu’un lui donne la réplique. Blaise devint aussi le bêta lecteur de Gaïus qui s’était spécialisé dans l’écriture des ménage à trois et même plus. Il avait notamment écrit une relecture des plus érotiques du conte de Blanche Neige (ou plutôt Blanc-Neige) et des sept nains. Blaise se retrouva en couverture d’un roman de Gaïus après que Céleste l’ait introduit auprès de photographes de sa connaissance.
Ils passaient la majeure partie de leur temps libre ensemble tous les cinq, leurs nuits dans le même lit, dans un amas de membres entremêlés et de murmures d’amour échangés, inséparables comme les doigts de la main.

FIN

mardi 12 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 76

Il fallut encore deux longs jours avant qu’ils ne soient autorisés à quitter l’hôpital.
De la maison, il ne restait qu’une pile de gravas. Ils avaient eu de la chance d’être tirés des décombres.
Ils se rendirent donc dans la maisonnette où ils s’étaient déjà réfugiés après avoir été attaqués par pas moins de trois Pêchés et quatre lanceurs de malédiction.
Sans se concerter, ils s’installèrent dans la chambre qui possédait le lit King Size. C’était juste de tenir dedans à cinq, mais en se collant les uns aux autres, cela marchait.
Blaise se retrouva au milieu, entouré de Huo et Marin à sa droite, et Céleste et Gaïus à sa gauche.
Aucun d’entre eux n’avait la grande forme et ils avaient tous encore un peu de mal à réaliser que leur combat était terminé pour de bon.
Pourtant, c’était bien le cas. Huo avait  confirmé qu’il n’y avait plus aucune moisissures visibles dans les rues.
A l’hôpital, ils n’avaient pu parler librement, d’abord parce qu’ils avaient été séparés en deux groupes et aussi en raison des allées et venues incessantes du personnel médical entre prises de températures et plateaux-repas.
Maintenant, ils étaient enfin tranquilles, mais ils semblaient tous préférés jouir en silence du plaisir d’être réunis.
Ce fut Blaise qui finit par le rompre, désireux d’évoquer l’avenir qu’il espérait pour eux.
Céleste le fit taire en l’embrassant à perdre haleine.
Blaise s’attendait à ce qu’il se volatilise comme d’habitude, mais le baiser se prolongea jusqu’à ce que Céleste ne s’écarte, laissant Blaise pantelant.
— La fusion n’opère plus, déclara Marin.
Céleste leva les yeux au plafond.
— Bonjour l’évidence ! Je m’en doutais, car je ne peux plus manipuler l’air et mon ouïe, bien qu’excellente, a perdu en puissance
— J’avais aussi remarqué, mais je pensais que c’était peut-être temporaire vu comme nous étions mal en point, rétorqua Marin.
— A mon avis, c’est définitif, dit Gaïus.
— Cela tombe bien, car nous n’en avons plus besoin, ajouta Huo. Même si, du coup, que je n’ai pas vu de moisissures en ville ne signifie pas grand-chose…
— Si nos pouvoirs ne sont plus, alors, c’est que c’est fini, trancha Céleste.
Ils s’embrassèrent tour à tour, Huo, acceptant même un baiser de chacun d’eux, exceptionnellement. Il avait beau ne pas aimer ça, il semblait prêt à faire un effort pour leur faire plaisir, du moment que personne n’insistait pour lui en donner ou exiger des explications sur son manque de goût pour la chose.
Voir Gaïus, Céleste et Marin embrasser le jeune homme roux était un spectacle réjouissant.
Ils se caressèrent ensuite, tous très excités, dans un joyeux mélanges de mains croisées.

lundi 11 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 75

Blaise avait la bouche pâteuse. Il cligna des yeux. Autour de lui, des murs blancs, une odeur de désinfectant, le goutte à goutte d’une pochette de liquide à laquelle sa main était reliée… Il était à l’hôpital. Il était vivant… Mais les autres ?
Le cœur serré, il tourna la tête. Soudain, respira mieux. Gaïus était allongé dans un lit à sa gauche, et à sa droite, était étendu Marin. Céleste et Huo étaient en revanche absents.
Avant que Blaise n’utilise le bouton pour appeler une infirmière et se renseigner à leur sujet, la porte s’ouvrit à la volée sur le blond et le roux, une infirmière protestant sur leurs talons.
— Vous ne pouvez pas… Ne devriez pas être debout… Pas être ici à déranger les autres patients.
— Laissez-nous tranquille, râla Céleste.
Huo se précipita sur Blaise, puis bondit au chevet de Marin qui émergeait tout juste tandis que Céleste se rendait au chevet de Gaïus avant de venir à celui de Blaise. Huo, lui, rejoignit alors Gaïus qui se redressait avec difficulté.
L’infirmière dut comprendre qu’elle ne parviendrait pas à obtenir gain de cause et elle quitta la pièce, sans doute dans l’intention d’aller chercher du renfort ou peut-être un médecin… Blaise n’en avait cure. Tout ce qui lui importait, c’est qu’ils étaient, par miracle, en vie tous les cinq.
A moins qu’il ne soit en train de rêver et qu’ils soient en fait en train d’étouffer dans le corps boueux du Vide.
— J’ai du mal à y croire… lâcha-t-il.
— Ah non, ne nous refais pas le coup, comme quand tu as été confronté à nos pouvoirs et aux tiens, la toute première fois, soupira Céleste.
— Le Vide nous avait capturés, j’étouffais…
— Mais tu l’as battu  ! s’écria Huo en jetant un regard empli d’amour à Blaise.
— Je ne me l’explique pas…
Marin offrit aussitôt une hypothèse :
— A l’intérieur du Vide, nous étions privés de nos sens, il n’y avait plus ni Air, ni Terre, ni Feu, ni vraiment Eau, si ce n’est cette minuscule larme… Tes émotions, les nôtres, le Vide n’a pu les tuer.
— Ton amour pour nous quatre a été le plus fort ! s’exclama Huo.
— Oui… A ce propos, je n’oublie pas que, comme Gaïus, tu as encore cru bon de jouer les preux chevaliers en nous demandant de quitter ton corps, marmonna Céleste.
— C’est notre façon d’aimer, répliqua Gaïus de sa voix grave et profonde que Blaise ne se lasserait sûrement jamais d’entendre.
Elle était encore plus belle qu’à l’intérieur de sa tête.
Deux infirmières et un médecin débarquèrent, interrompant leur réunion. Céleste et Huo furent obligés de regagner leur chambre.

vendredi 8 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 74

Malgré la fatigue de la bataille précédente contre les ailes, tous les sens de Blaise étaient aiguisés et la puissance des éléments bouillon-naient en lui, mais c’était surtout l’amour qui le rendait fort, l’amour qui avait permis l’union de leurs différents pouvoirs.
Il déversa un torrent de flammes sur la masse noirâtre qui avala le tout sans broncher et grossit encore davantage, s’étalant sur le carrelage. Blaise déchaîna une tempête, fit trembler la terre.
Le Vide ne fit que gagner en taille, emplissant de plus en plus l’espace.
Pour éviter d’entrer en contact avec lui, Blaise prit la voie des airs.
Huo l’enjoignit à utiliser de sa vue, Céleste sa voix, Marin à se servir de ses cheveux et Gaïus de sa force et de son poison nouvellement découvert.
Le Vide avait grimpé sur les murs et atteignait désormais le plafond.
Blaise lui intima de rétrécir, en vain. La masse en face d’eux n’avait à priori pas d’oreilles et elle était totalement opaque, sans point faible apparent d’aucune sorte.
Blaise lança ses cheveux bleus à l’assaut du Vide qui les dévora, l’attirant auprès de lui.
Blaise, avec difficulté, s’arracha à l’emprise du Vide.
Tout était recouvert par le liquide noir, tout s’écroulait autour d’eux.
Blaise lança toutes les attaques qu’il avait à sa disposition les unes après les autres. Rien ne semblait avoir d’effet sur le Vide.
Le plafond creva, donnant un court moment de répit à Blaise.
Aucun d’entre eux se décourageait, mais impossible de ne pas sentir qu’ils épuisaient peu à peu leurs forces, surtout qu’ils n’avaient pas eu le temps de récupérer de la bataille contre les Ailes.
Le Vide n’en finissait pas de s’étaler partout. Une tentacule boueuse s’enroula autour d’une des jambes de Blaise. Il la coupa à l’aide de sa queue, mais d’autres l’attrapèrent. Bras, jambes, bientôt Blaise fut englué. Il battit des ailes avec l’énergie du désespoir, donna des coups de cornes dans la masse infâme du vide, se rendit fantômatique. En vain.
Le Vide les absorba, les avalant complètement.
Blaise ne voyait plus rien qu’une obscurité infinie, n’entendait plus rien d’autre qu’un silence assourdissant, comme s’il avait été seul alors qu’ils étaient pourtant tous les cinq fusionnés, ne sentait pas la plus petite odeur, ne goûtait plus rien, ne touchait plus rien, suspendu dans le néant.
Il ne parvenait plus à respirer, l’air étant absent. Une unique larme roula sur sa joue. Leurs flamme de vie s’éteignaient, enterrés qu’ils étaient dans la masse boueuse du Vide.
Blaise était furieux qu’ils soient en train de perdre, sa mort comme celles de ses bien-aimés semblait inévitable et cela lui faisait peur. Il était malgré tout content de les avoir rencontrés, d’avoir essayé avec leurs pouvoirs combinés de sauver la planète de cette chose immonde. Il était aussi triste parce qu’il aurait voulu qu’ils aient le temps de vivre leur amour tous les cinq.
Avant que tout ne cesse d’exister, Blaise les revit chacun. Huo, le roux aux étranges yeux jaunes-orangés à la grâce féline, tout feu tout flamme, et aussi brillant qu’un soleil. Le blond Céleste à l’apparence et à la voix angélique, mais au tempérament colérique et autoritaire. Gaïus, le calme et protecteur colosse barbu aux doigts tâchés d’encre au parfum boisé, et au sourire aussi rare que précieux.
Et puis, Marin, le prince aux yeux vairons, si prompt à fondre en larmes sous ses dehors sérieux et glacés.
Dans une ultime pensée désespérée, Blaise exigea qu’ils sortent de son corps. Peut-être, juste peut-être, ils se matérialiseraient hors du Vide et lui survivraient.

jeudi 7 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 73

— Allons, ne sois pas trop dur avec toi-même, protesta Huo. Il est normal que tu aies eu un côté Raiponce dans ta tour avec la malédiction des cheveux longs, ajouta-t-il d’un ton léger.
— Cela n’excuse pas mon attitude avant cela, répliqua Marin avec le sérieux habituel qui le caractérisait.
— Peut-être, mais nous te pardonnons quand même, alors, inutile de te flageller plus longtemps ! rétorqua Céleste.
— Moi aussi j’ai eu du mal à admettre qu’il était possible d’être impliqué avec  plusieurs personnes à la fois, d’avoir plus qu’une âme-sœur, enchérit Gaïus.
C’était un bonheur d’entendre enfin sa voix pour de vrai, à l’air libre.
— Nous devrions aller nous soigner, ajouta le colosse.
— Il y a une trousse de secoues dans ma salle de bains, répondit Marin, en séchant ses larmes.

    Ils venaient à peine de panser leurs blessures et de se remettre de leurs émotions qu’un liquide noir et gluant s’infiltra sous la porte de la salle de bains.
— Qu’est-ce que c’est encore ? marmonna Céleste. On n’a même pas eu le temps de souffler…
Cela pue comme les moisissures, dit Gaïus.
Le liquide noir s’accumulait formant une masse informe.
— Je pense que c’est le Vide. Il n’a pas dû apprécier que nous détruisions tous ses alliés, annonça Marin en s’humectant les lèvres.
— Je ne le voyais pas comme ça, murmura Huo.
— Bon, il s’agit de se bouger, décréta Céleste, en faisant signe à Blaise de se pencher.
Blaise obtempéra et les lèvres de l’ange autoritaire recouvrirent les siennes.
Avant qu’il ne puisse regretter la fin du baiser, Céleste s’étant volatilisé à l’intérieur, Gaïus l’embrassa en profondeur.
Sa langue pénétrante et son parfum boisé fut ensuite remplacé par la fraîcheur mentholé de la bouche de Marin.
Blaise, muni d’ailes blanches, de cornes et de queue, ses cheveux bleus tentaculaires cascadant sur ses épaules, tendit la main vers Huo. Néanmoins, ce dernier ne cracha pas dedans et sauta plutôt dans ses bras.
— Embrasse-moi, déclara Huo. Je sais que tu en as envie.
— Tu es sûr ?
Céleste râla, car ils n’avaient pas de temps à perdre avec la masse gluante et grandissante du Vide à deux pas d’eux.
Ils échangèrent un regard.
Blaise comprit que Huo qu’il voulait bien pour lui, pour ne pas avoir de regrets.
Blaise le gratifia d’un baiser brûlant et à ses ailes duveteuses vinrent s’ajouter une paire d’enflammées.
La fusion était totale et complète.

mercredi 6 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 72

Des gouttelettes d’eau sur son visage le firent émerger. Marin pleurait, agenouillé au niveau de sa tête.
Huo, Céleste et Gaïus étaient allongés à côté de Blaise au milieu des meubles et objets cassés, des murs effondrés et des morceaux de leurs ennemis ailés.
Blaise craignit un instant que l’un d’entre eux n’ait été touché fatalement, mais non, tous respiraient, même s’ils étaient tous blessés, de profondes griffures barrant leurs torses. Gaïus avait recouvert son apparence humaine.
— Oh, Blaise…
Marin, ses yeux vairons emplis de larmes, se pencha et pressa son front frais contre le sien.
— Tout va bien, on a réussi.
— In extremis. Tout ça parce que j’ai été obstiné, que je ne voulais pas reconnaître mes sentiments. Je t’aime Blaise, tu es si gentil, et j’aime aussi Huo qui est toujours si positif et si plein d’énergie, et qui n’hésite jamais à dire ce qu’il pense et ressent.
— Oh, bonne nouvelle ! dit Huo, paupières clignotantes
Il reprenait doucement conscience et n’était d’ailleurs pas le seul. Céleste et Gaïus émergeaient également.
— Par ma bêtise, j’ai failli vous perdre tous les quatre, continua Marin.
— Il y a eu plus de peur que de mal, assura Gaïus, en se redressant sur ses coudes, non sans parvenir à masquer une grimace de douleur.
— J’ai toujours été fan de tes œuvres et quand j’ai appris à te connaître…. Tu es si réservé, mais tu as une si belle imagination. Je t’aime. Et toi aussi, Céleste, même si c’est parfois frustrant que tu ne cesses de me couper la parole. Mais j’apprécie aussi que tu m’arrêtes… Je réfléchis souvent trop pour mon propre bien.
— Pourquoi crois-tu que je le fais ? répliqua Céleste.
Oui, l’ange était doué pour donner aux gens non pas ce qu’ils demandaient, mais ce dont ils avaient besoin.
— Nous t’aimons tous, assura Blaise en son nom et en celui des autres.
— Je le réalise à présent, mais je ne voulais pas admettre que je m’étais trompé, et puis je m’étais stupidement mis en tête qu’avec nos pouvoirs, une histoire d’amour était impossible, avec quiconque, y compris mes propres compagnons de bataille avec ses histoires de mélanges de fluides et les fusions que cela engendre.

mardi 5 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 71

Dans l’intervalle, le pauvre Marin avait été transformé en grosse bête monstrueuse aux multiples yeux globuleux et du sang vert coulait en abondance sur ses flancs sur lesquels Ailes Velues s’acharnaient en ricanant.
Blaise fort de sa première victoire, grâce à sa double paire d’ailes qui le rendait plus rapide, faussa compagnie à ses deux adversaires pour venir à sa rescousse.
A l’aide de sa queue en as de pique, il arracha Ailes Velues au monstre qu’était devenu Marin et le projeta contre leurs deux autres ennemis.
Profitant qu’ils étaient déstabilisés, il déchaîna une violente tempête de feu sur eux, tout en faisant trembler la terre.
Ailes Arc-en-Ciel roussit et explosa. Pas les deux autres. Ils étaient plus forts.
— Merci pour cette douce brise, déclara Ailes Velus en souriant de toutes ses dents pointues, insensible au fait qu’un de ses compagnons venait de périr.
Sa voix avait réussi à franchir le blocage de Céleste.
Pendant qu’il le narguait, Bleuet en profita pour attaquer Blaise par derrière, l’empoignant par ses cornes.
Blaise étant immobilisé, Ailes Velues se mit à griffer son torse en poussant des grognements satisfaits et moqueurs.
Blaise s’efforça de se dégager sa tête et de repousser les assauts d’Ailes Velues.
« Tu peux y arriver. » l’encouragea Huo.
« Souffle ! » lui intima Céleste.
Gaïus l’incita à planter sa queue en as de pique dans la cuisse d’Ailes Velues.
Blaise écouta leurs recommandations tout en battant en prime puissamment des ailes et il parvint enfin à se libérer de l’emprise de Bleuet, mettant ainsi fin à l’assaut d’Ailes Velues.
Il était en revanche mal en point. Ses oreilles bourdonnaient, sa vision s’obscurcissait et son torse le brûlait. Il avait peine à respirer et un goût de sang à la bouche.
Comme le suggérait Gaïus, il fit encore trembler la terre, fissurant les murs, tout en projetant des petits tourbillons sous l’impulsion de Céleste.
Un pan entier de mur s’écroula par chance sur Ailes Velues, l’écrasant de son poids. L’affreux se débattit malgré tout, cherchant à s’extirper, mais le monstrueux Marin vint l’achever et se retransforma en lui-même. Il n’y avait que Bleuet qui semblait nettement moins confiant quant à l’issue de l’affrontement maintenant qu’il avait perdu son dernier acolyte et l’un des plus puissants.
Blaise n’était hélas pas loin de s’écrouler.
« Non. Tiens bon ! »
« C’est presque fini. Un dernier effort. »
« A nous tous, rien n’est impossible. »
Blaise n’était pas en état de savoir qui disait quoi, mais il perçut leur soutien et leur amour.
— Meurs ! lança-t-il à Ailes Bleues avec toute l’autorité de Céleste et en crachant un jet de flammes de Huo doublé d’une senteur empoisonnée, capacité que Gaïus lui-même n’avait pas soupçonné avoir jusque là.
Ailes Bleues s’effondra. Ils avaient gagné. Blaise perdit connaissance.

lundi 4 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 70

Finalement, faute d’une meilleur plan, après quelques jours de repos entrecoupés d’entraînements sur la fusion, ils s’accordèrent pour retourner à la maison. Puisqu’ils ne savaient pas où débusquer leurs ennemis, le plus simple était encore de les laisser venir à eux, surtout que les malédictions devenaient de plus en plus insupportables. Marin avait craqué et coupé sa tresse, ne faisant hélas qu’en accélérer la pousse.
Au moins, cette fois, ils seraient prêts. Ils demeureraient sur leurs gardes en permanence, faisant tour à tour le guet de jour comme de nuit.
Ils n’eurent heureusement pas longtemps à attendre.
Au cours de leur seconde nuit sur place, durant le tour de veille de Marin, les Ailes débarquèrent.
Blaise fusionna avec Gaïus, Huo et pour finir avec le pauvre Céleste plongé dans le coma sauf quand il était en chouette ou fusionné avec eux.
Blaise aurait vraiment aimé que Marin se joigne à eux pour la fusion ultime, mais il  n’avait même pas voulu essayé une seule fois et ce n’était plus le moment de tenter, pas alors qu’ils faisaient face à quatre lanceurs de malédictions.  Non, l’heure n’était plus aux essais, mais à la bataille avec leur toute nouvelle fusion à quatre.
Hélas, Marin, avec ses seuls pouvoirs, empêtré qui plus est dans sa tresse, constituait une proie de choix pour l’ennemi.
Ailes Velues se jeta sur lui, toutes griffes dehors et Blaise ne put rien y faire, encerclé qu’il était par Ailes Arc-en-ciel, Ailes Translucides et Bleuet.
Céleste l’aida à se concentrer en l’empêchant d’entendre les paroles cruelles de leurs ennemis.
Ailes Translucides était le plus dangereux du lot avec son venin capable de transformer les gens en Beau au Bois Dormant en un clin d’oeil. Blaise concentra donc ses efforts sur lui, laissant Ailes Arc-en-Ciel et Bleut le toucher. Normalement, tant qu’ils étaient fusionnés, les malédictions ne les affectaient pas. Il s’agissait juste de ne pas penser à ce que cela donnerait s’ils échouaient à éliminer ces oiseaux de malheurs.
Grâce à la vue spéciale de Huo, Blaise parvint à repérer le point faible d’Ailes Translucides, sut qu’il devait le frapper entre les deux yeux, et y planta sans hésiter l’une de ses cornes avec un rugissement de bête féroce qui provenait de Gaïus.
Ailes Translucides se désintégra, la bouche ouverte dans un cri.

mercredi 16 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 68

Il le trouva en train d’achever de ranger la cuisine, ses longs cheveux noirs tressés le ralentissant.
Marin demeura bouche bée devant lui. Blaise n’avait pas pu se regarder dans un miroir, mais il savait qu’il avait deux paires d’ailes, des cornes et une queue, avec en prime des oreilles de loup.
Blaise lui expliqua comment ils avaient obtenu ce résultat et Marin se braqua aussitôt.
— Le polyamour, c’est ça votre solution magique ?
Sa réaction doucha en grande partie le plaisir que ressentait Blaise à leur réussite et à l’amour qu’il impliquait entre lui, Huo, Céleste et Gaïus.
Une cacophonie de voix retentit en lui. Mais Blaise était comme sous l’eau, incapable de les entendre. Il ne savait pas comment convaincre Marin, surtout que ce dernier ne semblait pas vouloir l’écouter.
— Je… Nous...
— Non. Ne gaspille pas ta salive. Ce n’est pas le moment de penser à l’amour. Nous devons réfléchir à une stratégie pour nous débarrasser de nos ennemis restants, surtout qu’ils peuvent débarquer à tout moment.
Marin refusait de comprendre que l’amour était essentiel à leur combat. Blaise n’était par ailleurs pas aussi certain que lui que les Ailes puissent retrouver leur trace aussi facilement que cela. Sans ça, pourquoi l’ennemi ne les avait pas attaqués plus tôt ? Non, parce que même en admettant que les Pêchés et les Ailes aient attendu que l’équipe adversaire soit au complet, ce qui aurait été déjà bizarre, car pas avantageux pour eux, cela ne faisait pas sens. Il est vrai que les Pêchés avaient débarqué dans l’appartement de Blaise juste quand ils venaient y récupérer des affaires et que ce mystère-là n’avait pas été résolu avec certitude, mais pour l’attaque de leur demeure principale, Blaise avait une explication plus simple et évidente – Ailes Arc-en-ciel avait prétendu fuir, mais s’était caché non loin et s’était débrouillé pour les suivre jusqu’à chez eux avant d’ensuite se dépêcher de communiquer l’information à ses petits camarades.
— Vous êtes toujours avec moi ? demanda Marin en s’humectant les lèvres.
Un chœur de « oui » retentit en Blaise. La fusion à quatre était spéciale, et loin d’être de tout repos.

mardi 15 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 67

Huo qui devait juger qu’il avait assez attendu, ôta soudain son short et dans la foulée, ouvrit la braguette du pantalon de Blaise qui cessa de réfléchir. Il avait mieux à faire, comme profiter de la caresse des doigts agiles de Huo.
Son pénis durcit encore davantage quand la verge de Huo se colla à la sienne, brûlante.
Blaise referma la main sur leurs deux membres réunis pour accentuer la friction. Des grognements de plaisir lui échappèrent. C’était d’ailleurs peut-être autant les siens que ceux de Gaïus.
Huo sentait si bon.
« Et il est si éblouissant. »
Oui, une vraie vision de rêve...
Ils accélérèrent la cadence, jouirent et Huo disparut en Blaise, rejoignant Gaïus.
Le jeune homme roux se mit aussitôt à bavarder avec le colosse, exprimant son bonheur d’être enfin avec lui.
Gaïus lui répondit volontiers.
Blaise les laissa faire, même si ce n’était pas très confortable que la conversation ait lieu dans sa tête.
Au bout d’un moment, Gaïus suggéra qu’ils incluent Céleste.
L’embrasser sous sa forme de chouette ne semblant ni faisable ni tentant, Blaise lui expliqua leur intention.
Céleste alla se poser sur le matelas, signe qu’il était d’accord. Il lui aurait sûrement filé un coup de bec s’il ne l’avait pas été.  
Blaise trouva de quoi s’essuya la main et caressa le plumage de la chouette blanche.
Après la transformation, il pressa ses lèvres contre celles de l’ange, puis plongea sa langue à l’intérieur.
Ses ailes de feu se doublèrent d’ailes blanches. Ils avaient réussi la fusion à quatre ! Céleste aimait donc Huo lui aussi.
« Oui. Juste que physiquement, il n’est pas mon  genre, mais il est craquant dans le genre gamin surexcité qui a besoin d’être discipliné. »
La voix de Céleste ! Il était à nouveau conscient, conséquence bienheureuse de leur augmentation de puissance avec la fusion à quatre.
Huo poussa un cri de joie qui résonna dans le crâne de Blaise.
« C’est quand tu veux, je suis à ton entière disposition. »
« Voilà qui est plaisant à entendre » répondit Céleste.
« Ce que je ne pouvais t’offrir, lui, le peut. » déclara Gaïus.
« Ils nous le donneront tous les deux à toi comme à moi… Je peux bien te l’avouer maintenant, j’étais horriblement jaloux de ton petit copain. Quel était son nom déjà ? »
« Comme si tu l’avais vraiment oublié... » rétorqua Gaïus.
Blaise décida de sortir de la pièce afin de montrer à Marin qu’ils avaient réussi la fusion à quatre.

lundi 14 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 66

 « Il suffit de tester. »
Mais Gaïus n’avait pas de sentiments pour Huo ou Marin, si ?
« J’avais surtout peur de mettre un nom sur ce que je ressentais. Ils sont depuis le début mes précieux compagnons de bataille.»
— Nous devrions dire à Marin de nous rejoindre, l’informer… déclara Blaise.
Huo bondit sur ses pieds. Céleste lissa ses plumes.
« Essayons d’abord avec Huo. »
C’est vrai que ce n’était pas la peine de donner de faux-espoirs à Marin. Cela risquait de l’attrister plus qu’autre chose.
— Attends… Tu veux bien me donner un peu de ta salive ? demanda Blaise.
Huo battit des cils et leur lança un regard brûlant.
— Ne pourrions-nous pas plutôt nous frotter l’un contre l’autre ? Enfin, si Gaïus est partant, bien sûr…
« Oh, ce rusé renard... »
Dans la voix du colosse, il y avait un sourire. C’était un oui, devina Blaise.
— Tu as gagné. Gaïus aussi te trouve irrésistible.
— Il y est pourtant très bien parvenu jusqu’à ce que tu rejoignes notre groupe, répliqua Huo d’un ton amusé plutôt qu’incendiaire.
— Il avait besoin de temps après sa rupture, tout ce sexe avec des inconnus… Et tu as tout du petit chaton fragile, expliqua Blaise, espérant qu’il transmettait correctement ce que lui avait confié Gaïus.
Il aurait pu entrer davantage dans les détails, excepté qu’il était convaincu qu’Huo était surtout intéressé par le résultat : entamer une relation amoureuse avec Gaïus et coucher avec lui. Le jeune homme était sensuel et charnel.
— Quoi ? C’est Céleste qui a tout de la poupée de porcelaine, moi, je suis d’une résistance à toute épreuve !
Céleste ne dut pas apprécier la réplique de Huo, car il vint lui donner un coup de bec dans la fesse avant de reprendre le montant du lit comme perchoir.
— Hé !
Que pensait autrement Céleste du tournant que prenait les choses ? Ils devraient attendre pour le savoir, car caresser son plumage ne ferait que le faire sombrer dans l’inconscience.
« Je crains ne jamais pouvoir lui montrer comment je peux être au lit, autrement qu’à travers toi vu ma forme monstrueuse et mes jambes paralysées. »
Blaise refusait de se laisser aller au défaitisme. Ils finiraient par vaincre tous leurs ennemis et annuler toutes les malédictions, surtout s’ils gagnaient en puissance en fusionnant à quatre et, même, dans l’idéal, à cinq. Le problème, c’est que si l’amour était la réponse, tant que Marin continuerait à considérer qu’il était impossible d’aimer plusieurs personnes à la fois, alors cela échouerait.

mercredi 9 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 63

 « Je me croyais immunisé contre les deux lanceurs de malédiction qui m’avaient déjà touché, si bien que je n’ai pas pris de précaution en me battant contre eux et voilà où nous en sommes. Moi qui suis en permanence dévoré par la peur ces derniers temps, j’ai été bien mal inspiré sur ce coup. J’ai échoué à vous protéger. »
Gaïus n’avait aucune raison de se sentir coupable comme ça. Ils se croyaient en sécurité dans la maison et avaient été pris en traître et alors qu’ils étaient à priori déjà sous l’emprise des Pêchés. Que les choses aient mal tourné n’avait rien d’étonnant. Et puis, au bout du compte, grâce à la fusion à trois, ils avaient réussi à en finir avec les Pêchés et étaient même parvenu à se débarrasser d’un des lanceurs de malédiction, leur permettant de découvrir que la mort de ses oiseaux de malheur mettait fin à leurs malédictions. C’était en quelque sorte l’inverse des Pêchés qui, à moins d’une purification, continuaient à les affecter, même après avoir été anéantis. Et oui, ils avaient également appris aux dépens de Gaïus que les Ailes étaient capables de donner des malédictions supplémentaires...
Mais de quelle peur dévorante parlait au juste Gaïus ? Durant leurs affrontements avec l’ennemi, il ne s’était jamais montré lâche. Au contraire, il s’était toujours interposé entre eux et leurs ennemis.
« Ce qui m’effraie le plus c’est que vous soyez blessés. En comparaison, ce qui peut m’arriver à moi... »
Blaise comprenait bien. Il avait à peu près le même problème. Ce n’est pas pour rien qu’il avait chaque fois expulsé ses compagnons quand un ennemi était sur le point de le toucher.
« C’est surtout en amour que je prends trop de précaution par peur de souffrir encore. »
La façon dont son petit ami l’avait quitté après  qu’ils aient fusionné par mégarde n’avait pas dû aider.
« Ce qui s’est passé avec Céleste non plus. »
Il devait faire référence au couple qu’ils avaient tenté de former quand ils étaient adolescents et qui avait échoué faute de compatibilité dans leurs désirs sexuels.
« Il t’a raconté ? »
Blaise repensa à la manière dont il avait insisté pour fusionner avec Gaïus afin d’annuler les effets de la malédiction nocturne, ce qui n’avait pas complètement marché, mais lui avait permis de passer un long moment avec Céleste. Cela s’était produit il y a deux nuits à peine, mais Blaise avait l’impression qu’il s’était écoulé un monde depuis. La bataille avait créée un avant et un après, comme sa rencontre avec Céleste, Huo, Marin et Gaïus.

mardi 8 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 62

— Huo, tu peux venir m’aider à convaincre Gaïus de se nourrir ? appela Blaise d’une voix forte.
Le jeune homme roux arriva aussitôt de son pas souple et léger.
Céleste vint voleter près de lui, comme pour le saluer.
— Peut-être qu’il craint de faire ça salement sous cette forme ? Je vote pour lui donner la becquée !
Gaïus fit signe que non de la tête.
Sans se laisser découragé, Huo s’empara d’une des cuillères sur le plateau-repas, la remplit et se baissa pour la donner à Gaïus qui se détourna.
Impossible de savoir pourquoi il faisait la grève de la faim, car il n’y avait pas de raison que le plat lui déplaise. Hélas, ce n’était pas comme s’ils pouvaient avoir une conversation que ce soit sous cette forme ou l’autre, où il n’était même pas sûr que Gaïus puisse écrire vu qu’avec la malédiction, il avait de grosses mains poilues et griffues. Il n’y avait qu’une méthode pour communiquer de façon efficace, que le colosse en ait envie ou non.
Quasi-sûr qu’il refuserait, Blaise choisit en toute conscience de ne pas demander et Gaïus, pris par surprise, distrait par Huo et sa cuillère, le laissa l’embrasser.
Il avait une langue râpeuse, mais toujours le même enivrant parfum boisé. Museau ou pas, poils ou pas, il était toujours Gaïus.
La fusion opéra.
— Oh, tu as des oreilles de loup ! s’exclama Huo.
Dans le chaos de la bataille, Blaise n’avait pas remarqué cet ajout, qu’il avait ça en plus de ses cornes et sa queue. Les malédictions d’Ailes Velues étaient décidément très fortes, plus que celles des autres. Ceci dit, la pire était celle d’Ailes Translucides. Il ne lui avait fallu qu’un instant pour plonger Céleste dans le coma. Heureusement qu’une fois qu’il avait usé de son venin, il avait apparemment besoin de temps avant de pouvoir s’en resservir, sinon, ils auraient perdu...
« Pourquoi as-tu fait cela ? »
Parce qu’autrement, ils ne pouvaient pas se parler et c’était essentiel.
« Les gestes comptent tout autant que les mots. »
Ce n’était pas faux, mais la parole était quand même bien pratique. Parfois, il était nécessaire de dire les choses.
« Oui… Mais je ne mérite pas de manger. Ours ou créature lupine, je ne suis qu’une grosse bête doublé d’un idiot. »
Blaise avait eu raison de forcer le dialogue. Gaïus déprimait.

lundi 7 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 61

Quand il émergea, c’était déjà le soir. Huo n’était plus blotti contre lui dans le lit. Il avait dû se lever. Plus en forme, mais pas encore totalement remis, Blaise se mit debout.
Il trouva Huo, perché sur un tabouret dans la cuisine qui communiquait avec le salon, qui observait Marin qui, malgré ses longs cheveux, terminait de cuisiner avec les provisions qu’il avait eu l’intelligence d’emmener avec eux. Pas d’ours ou de chouette en vue par contre.
Blaise pressa l’épaule de Huo, résista à son envie de faire de même avec Marin et proposa d’amener un plateau-repas aux deux absents. Marin lui indiqua le placard où trouver ce dont il avait besoin, expliquant que c’était une maison qu’il louait meublée.
Après avoir pris le nécessaire, Blaise poussa en douceur la porte de la chambre où étaient installés Gaïus et Céleste.
Sous son impressionnante forme d’ours, le colosse était assis par terre. A l’entrée de Blaise, il poussa un faiblement grognement tandis que Céleste la chouette perchée sur le montant métallique du lit hululait.
Les bols de riz au poulet qu’il apportait n’étaient pas adaptés, réalisa Blaise. Et il n’allait pas pouvoir s’enquérir de comment ils se sentaient.
Blaise déposa sa charge sur le bas du lit. Gaïus en ours lui inspirait toujours de la peur, même si c’était absurde. Il savait bien que le colosse ne lui ferait pas mal.
— De quoi manger, dit-il.
Céleste s’envola et attrapa un morceau de poulet avant de retourner sur son perchoir. Gaïus ne réagit pas.
Bon, d’accord, ce n’était pas pratique avec ses grosses pattes d’ours de se servir dans un bol, mais tout de même…
— Tu n’as pas faim, Gaïus ?
L’ours ferma les yeux et se roula en boule. Blaise doutait qu’il ait vraiment sommeil. Il s’approcha, cœur battant, et caressa la fourrure brune.
Gaïus se métamorphosa dans sa nouvelle forme d’homme-loup. Le pauvre n’était pas gâté entre son mutisme, ses jambes inertes, et son apparence bestiale qui n’avait cependant rien d’affreux. Blaise le préférait d’ailleurs comme ça qu’en gros ours brun.
Il mit un bol sous la truffe de Gaïus qui secoua la tête.
Céleste prit son envol pour se déposer sur l’épaule de Blaise qui résista à l’envie de passer la main dans ses plumes afin d’éviter de le replonger dans son état comateux. Leur actuelle situation était bien compliquée.

vendredi 4 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 60

Le corps de Céleste se recouvrit de plumes et changea de forme. La chouette blanche cligna des yeux et hulula.
Oui, sa forme animale, Céleste était conscient. Huo battit des mains.
— J’avais raison, déclara Marin avec arrogance.
Il était plus que temps qu’ils se purifient les uns les autres.
Au moins, contaminé par l’Orgueil, Blaise ne doutait pas de réussir. Il exigea d’être le dernier à être purifié.
Ni Céleste en chouette ni Gaïus en loup-garou n’étaient vraiment en mesure de protester, Huo avait envie d’être le premier et pour changer, Marin ne fit pas d’histoires.
Gaïus tendit ses grosses mains griffues vers Blaise qui crut qu’il voulait être porté dans le jardin afin de pouvoir utiliser son élément.
Comme il tentait de le faire, Huo le détrompa :
— Je pense qu’il souhaite que tu le transformes aussi.
Oui, bien sûr, au moins, sous sa forme d’ours, Gaïus serait capable de se déplacer seul.
Blaise s’exécuta en râlant. Son adrénaline était totalement retombée et la fatigue le gagnait.
Ils se rendirent dans le minuscule jardin heureusement entouré d’une palissade qui les protégerait des regards...
Blaise effectua les quatre purifications à la suite, sans qu’il parvienne à comprendre exactement, quel était ce mystérieux et invisible cinquième élément qu’il projetait sur ses compagnons.
Il fut ensuite à son tour purifié par les flammes de Huo, l’eau de Marin, la terre de Gaïus et le vent engendré par Céleste la chouette. Ils redevinrent enfin raisonnables.
Marin leur suggéra d’aller tous se reposer. Personne n’émit d’objections.
Ils avaient besoin de se remettre de la bataille avant même de discuter de ses conséquences : Gaïus avait semblait-il gagné des malédictions supplémentaires tandis que Blaise avait été libéré de la sienne après avoir tué Ailes Noires...
Ils gagnèrent chacun leur chambre, Marin à pas lents, ralenti par le poids de ses cheveux qui n’en finissaient pas de grandir, Gaïus, dressé sur ses pattes arrière d’ours, Céleste perché sur son épaule.
Qu’ils se séparent ne plut pas à Blaise, mais il n’osa dire quoi que que ce soit. Au moins, Huo restait avec lui.
Blaise pensait ne pas pouvoir s’endormir : tellement de choses s’étaient produites en l’espace de trop peu de temps, mais une fois allongé, le sommeil l’emporta.

jeudi 3 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 59

 « Nous ne devrions pas rester ici, dès fois qu’ils ne changent d’avis et reviennent à la charge. »
Blaise rapporta aux deux autres les propos de Gaïus.
Marin se vanta de posséder de nombreuses propriétés dont une maisonnette à quelques kilomètres d’ici qui était actuellement vide parce qu’il avait voulu y effectuer quelques travaux avant de retrouver des locataires.
Le trajet en voiture se déroula dans une ambiance détestable. Huo était comme éteint.
Marin attribua les chambres, une pour lui, une pour Gaïus et Céleste et une pour Blaise et Huo.
Ils avaient la plus petite, ce qui fit râler Blaise. Huo, lui, convoitait la même que Gaïus et Céleste afin de la partager avec eux, mais le colosse s’y opposa.
Blaise, fâché, défusionna.
Céleste se matérialisa à côté de lui, glissant au sol comme une poupée de chiffon. Gaïus version loup-garou s’écroula également, puis il se remit en position assisse avec peine. Ses jambes ne fonctionnaient à priori plus.
Blaise s’en voulut de les avoir expulsés de la sorte. S’il avait prévenu Huo et Marin, ils auraient pu les empêcher de tomber  de toute leur hauteur. Au moins, leurs chutes avait été en partie amorties par le matelas de cheveux de Marin.
Gaïus se traîna jusqu’à Céleste tandis que Blaise s’agenouilla près de lui. Le blond avait l’air si fragile et vulnérable plongé dans ce sommeil artificiel.
— Je ne vois pas comment nous allons pouvoir nous purifier alors qu’il est comme ça, dit Huo.
Et s’ils demeuraient tous sous l’influence des Pêchés, ils allaient continuer à s’énerver les uns contre les autres. Colère, Orgueil et Envie n’étaient pas exactement de bons conseillers.
— Peut-être via la fusion, murmura Blaise sans conviction.
Marin rejeta la possibilité avec froideur.
Blaise contint avec peine son agacement et, le cœur lourd, attrapa les mains de Céleste dans les siennes.
Il était immobile et froid, seul son souffle permettait de savoir qu’il était toujours en vie.
— J’ai une idée, commença Marin avec suffisance.
Gaïus fit claquer ses mâchoires impatiemment.
— Éclaire nos lanternes ! s’écria Huo.
— Blaise pourrait user son toucher pour le transformer en ani...
Avant même que Marin ne termine sa phrase, Blaise pressa ses paumes contre celles de Céleste.

mercredi 2 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 58

— Autodétruisez-vous, ordonna Blaise d’une voix tonitruante à leurs ennemis, Gaïus grognant son approbation.
Les Ailés n’obéirent pas, mais les Pêchés, oui. Le gars aux cheveux rouges et les deux élégants types se mirent à se massacrer.
Et trois de moins, songea Blaise avec une sombre satisfaction, en fonçant tel un taureau enragé sur Ailes Noires qui s’était laissé distraire par le combat acharné entre les Pêchés.
Blaise planta ses cornes dans la chair tendre du ventre d’Ailes Noires, lui déchirant les entrailles, un cri inhumain aux lèvres.
Huo reprit sa taille normale, se dressant nu sur le champ de bataille.
Leurs ennemis restants demeurèrent interdits. Ils s’étaient cru les plus forts à tort, perdant du temps à railler et persifler.
Ailes Translucides voulut l’attaquer par derrière, mais Blaise planta en profondeur la pointe de sa queue dans son entrejambe, puis la retira.  
L’homme aux cheveux blancs se tordit de douleur, grommelant :
— Tu ne perds rien pour attendre, dès que ma poche à nouveau venin sera pleine…
Blaise était enragé, il se sentait invincible.
Les jets d’eaux de Marin s’étaient taris, mais Huo avait pris le relais, lançant des boules de feus sur leurs ennemis.
Blaise repartit à l’assaut. Il se débrouilla pour enrouler sa queue autour de la cheville de Bleuet et le projeta sur Ailes Velues avant que ce dernier ne plante ses griffes en lui.
— Maudits Pêchés, grommela ce dernier, en se dépêtrant de son camarade. En fait de nous rendre service en les contaminant au préalable et nous donner l’accès à la maison, ils nous ont compliqué le travail…
Il prit son envol, suivi par Bleuet. Ailes Translucide accompagna leur décision de se replier avec difficulté, les mains toujours plaquées entre ses jambes, assurant qu’il leur ferait payé sa blessure.
Blaise décolla à leur suite.
— Non, reviens ! s’écria Huo, nu et vulnérable au milieu de la cuisine détrempée et noircie, aux meubles renversés et brisés.
« Il a raison. C’est le Pêché d’Orgueil qui te donne l’impression que tu es en mesure de l’emporter... Je suis inquiet pour Céleste. » grogna Gaïus dans sa tête.
— Nous pouvons les battre, c’est maintenant ou jamais, lança Marin.
« Lui aussi a été affecté par le Pêché d’Orgueil. Je le suis aussi d’ailleurs indirectement via la fusion, mais moins fort. Et même si je suis enragé que je voudrais tous les tuer, ce n’est pas possible. Tu es à bout de souffle. »
— S’il te plaît, dit Huo.
Blaise redescendit doucement vers lui et l’enlaça. Huo était plus important que la colère qui l’animait, plus que son envie et sa certitude qu’il pouvait massacrer leurs ennemis ailés. L’opinion de Gaïus comptait et lui aussi, cela le tourmentait que Céleste soit silencieux en lui.

mardi 1 décembre 2020

Comme les doigts de la main - 57

Blaise rejoignit Céleste duquel Ailes Translucides s’était désintéressé, préférant contempler, un rictus aux lèvres, le spectacle que formaient les autres attaquants et leurs victimes.
Blaise fut soulagé de constater que l’ange respirait toujours. Il était comme endormi. Ce devait être la conséquence de la malédiction qu’Ailes Translucides lui avait infligée. Il fallait espérer que Beau au Bois Dormant ou pas, la fusion fonctionne malgré tout...
De toute façon, à situation désespérée, mesure semblable, car pour le coup, leurs ennemis avaient tous les avantages, ce que  Blaise leur enviait avec une férocité qui n’avait rien de naturel – il commençait à soupçonner que  certains Pêchés les avaient touché dans la nuit pendant qu’ils dormaient.
Blaise écarta les lèvres de Céleste et tenta de mêler leurs salives avec sa petite langue. Cela ne semblait pas marcher, mais Blaise persista parce qu’il n’avait que ça comme solution, que ses compagnons criaient pendant que leurs ennemis riaient…
Soudain, il se mit à grandir, ses ailes blanches poussant dans son dos.
Deux Pêchés délaissèrent Marin et se précipitèrent sur lui. Blaise ne put les esquiver, déstabilisé par le fait que Céleste demeurait muet dans sa tête.
Dans l’intervalle qui lui avait fallu pour fusionner, Gaïus s’était transformé en espèce d’homme loup – une aggravation de sa malédiction ? Il était au sol, claquant des mâchoires avec férocité. Ailes Velues et son comparse tout bleu s’acharnaient sur lui, en se moquant de ses efforts, insensibles aux trombes d’eau que Marin déversait sur eux, un Pêché accroché à sa tresse. Huo, devenu tout petit, se battait encore, crachant des mini-flammes sur Ailes Noires qui s’amusait ouvertement de ses efforts, de même qu’Ailes Translucides.
C’était évident qu’ils croyaient avoir emporté la partie et ne faisaient durer les choses que par plaisir. Mais Blaise avait plus envie qu’eux de la victoire. Il poussa un cri terrible et obtint l’attention de tous leurs ennemis.
Il était empli de fureur, d’orgueil et de jalousie, déterminé à vaincre.
Il déchaîna un vent violent qu’il dirigea tout spécialement contre les deux affreux qui malmenaient Gaïus. Il avait juste besoin qu’ils s’écartent le temps d’embrasser Gaïus, museau ou pas !
La diversion fonctionna. Une langue râpeuse se noua à la sienne, un croc coupant lui entaillant la lèvre et la triple fusion eut lieu.

lundi 30 novembre 2020

Comme les doigts de la main - 56

Le lendemain matin, Blaise s’éveilla fatigué, conséquence de sa nuit blanche de la veille. Il se surprit à envier la facilité avec laquelle Huo bondissait hors du lit, débordant d’énergie.
Quand le jeune homme roux le prit pour l’installer sur son épaule, il eut du mal à ne pas pester envers la malédiction d’Ailes Noires qui le privait de sa taille normale.
Dans la cuisine, ils trouvèrent Marin aux fourneaux, sa longue tresse traînant derrière lui, en apparence, c’était comme si elle était défaite sur le bout, mais en réalité c’est que les cheveux poussaient sans discontinuer. D’ici quelques jours, leur poids empêcherait sûrement Marin de se déplacer, hormis s’il acceptait de fusionner...
Gaïus et Céleste étaient attablés collés l’un à l’autre, l’ange murmurant à l’oreille du colosse qui esquissa un sourire.
Face à leur complice intimité, Blaise éprouva une jalousie aiguë qu’il ne put s’empêcher de laisser éclater, lui qui avait pourtant recommandé la patience à Huo pas plus tard que la veille…
Il sauta sur la table.
— Quand est-ce que tu vas lui parler de nous au juste ? Tu avais promis !
— Oui ! Il y en a assez que vous soyez toujours  dans votre petit monde, les yeux dans les yeux ! Vous êtes aveugles ! Vous m’ignorez alors que depuis le premier regard, je brûle d’amour pour vous ! s’emporta Huo.
Céleste réagit au quart de tour :
— Non, mais c’est quoi ce ton !
Gaïus, les narines frémissantes d’une colère qui ne lui ressemblait pas, tapa du poing sur la table.
Marin s’efforça de calmer le jeu, mais avec une prétention qui ne fit que jeter de l’huile sur le feu.
Ils étaient si bien occupés à se disputer les uns avec les autres qu’ils ne les remarquèrent pas avant qu’il ne soit trop tard.
Trois ennemis s’étaient glissés en douce dans la pièce, trois Pêchés sans doute, qui avaient ouvert la fenêtre dans laquelle quatre hommes ailés s’engouffrèrent l’un après l’autre – un aux cheveux blancs et aux ailes translucides, un tout bleu, peau comme plumage, un qui était tout poilu de partout et pour finir Ailes Noires. Tous leurs ennemis étaient là, sauf Ailes Arc-en-ciel et le Vide lui-même.
En quelques instants, ce fut le chaos le plus total.
Le premier type ailé à s’être posé à l’intérieur,  se jeta sur Céleste, léchant sa joue d’une longue langue fourchue. L’ange glissa de sa chaise et s’effondra sur le sol.
Gaïus n’eut le temps de faire quoi que ce soit, obligé qu’il était de parer à l’attaque combiné d’un gars aux ailes bleues et d’un autre aux ailes poilues.
Marin, lui, était encerclé par ce qui devait être les trois Pêchés restants : une armoire à glace aux cheveux rouges et à l’air furibond qui avait toutes les chances d’être la Colère, et deux hommes habillés avec élégance qui devaient être l’Orgueil et l’Envie.
Ailes Noires, lui, s’en était pris à Huo qui tentait tant bien que mal de se protéger avec ses flammes.
Seul Blaise n’avait pas été attaqué. Il avait dû être jugé trop petit pour être dangereux. A moins qu’ils ne l’aient même pas vu… Il en profita, et glissa le long du pied de la table.