— Comment te sens-tu ?
— Eh bien…
C’était embarrassant à expliquer et en même temps, après la veille, il n’était plus exactement à ça près avec Séveric. Le sorcier l’avait désormais vu nu à deux reprises.
Un silence s’installa. Sans impatience, Séveric attendait la réponse de Xavy qui entortilla nerveusement une mèche blonde autour de deux doigts.
— La potion que j’ai bu… Je ne sais pas exactement ce que c’était… Est-ce possible qu’elle fasse encore effet dans une moindre mesure ?
— A priori, non. Même s’il est vrai que tu y as réagi fortement. Mais pourquoi cette question ?
Xavy enroula une nouvelle mèche de cheveux.
— Mon pénis a durci à plusieurs reprises aujourd’hui, comme après la potion.
Séveric passa une main dans sa barbe.
— A ma connaissance, à l’adolescence, cela n’a rien que de très naturel que de s’exciter pour un rien, je suppose toutefois que ce n’est pas le cas pour toi en temps habituel.
— Parfois le matin et c’est tout. Et ça n’a pas changé non plus après le fortif…
Xavy ne termina pas. Qu’est-ce qui lui avait pris de révéler ça ? La fatigue. Peut-être aussi parce qu’il savait que le sorcier ne le jugerait pas mal pour cela. Potions et concoctions faisaient partie de la sorcellerie.
— Un fortifiant ?
— Oui, un médicament humain. Avant que je ne le prenne, je ne pouvais pas sortir de chez moi sans être malade.
Séveric s’agenouilla devant lui.
— Xavy… Cela m’étonnerait que ce traitement que tu prends soit d’origine humaine, dit-il avec douceur.
Ce qui revenait à sous-entendre que ce devait être une potion de sorcière. Mais non, c’était impossible. Ses parents n’auraient jamais été jusque là, surtout pas son père. Ils s’étaient disputés sur le sujet ceci dit…
— Tu veux bien me laisser prélever un échantillon de ton fortifiant ? continua Séveric.
— Pour en faire quoi ?
— Pour l’analyser dans mon laboratoire. Je vais aussi étudier la potion que tu as bu la veille. Je voudrais déterminer l’impact de l’un sur l’autre. Ceci dit, il n’y a pas de raison que tu aies des effets secondaires.
En guise de réponse, Xavy fit l’effort d’appeler le flacon jusqu’à lui.
Séveric le remercia, se remit debout et versa une petite quantité du fortifiant dans un tube qu’il étiqueta avant de le ranger dans son bagage.
Xavy ne le quitta pas des yeux durant toute l’opération et son pénis palpita. Il se mordit la lèvre inférieure jusqu’au sang. Pas maintenant. Pourquoi maintenant ?
— Je te tiendrai au courant, déclara Séveric en lui rendant le flacon.
— Merci, je vais y aller, répondit Xavy.
Il préférait encore fuir que devoir parler à nouveau de son pénis durcissant. C’était un phénomène naturel, avait affirmé Séveric, mais Xavy n’y était pas habitué et il commençait à comprendre que ce qui le mettait dans cet état, c’était son interlocuteur.
lundi 31 août 2020
Le fée féminin - 56
dimanche 30 août 2020
Comme les doigts de la main - 4
— Tu as aussi fusionné avec Marin, cela s’annonce bien, dit Céleste. Il te reste à tester avec moi et Gaiüs.
Se tournant vers ses camarades, il leur demanda avec autorité de sortir, sous prétexte qu’il ne voulait pas se donner en spectacle.
— C’est vrai que la première fois, n’importe quel fluide corporel ne…
Marin ne put terminer sa phrase.
— Oui, tu as ta façon, j’ai la mienne, déclara le blond d’un ton qui ne laissait pas place à la réplique.
Il avait beau avoir une apparence douce et innocente, il ne l’était pas pour un sou.
Ses camarades lui obéirent et quittèrent la chambre de Blaise qui respira tout de suite mieux.
— Enfin seuls. Suce-moi, exigea Céleste, mains sur les hanches.
Blaise écarquilla les yeux. Et puis quoi encore ? Bon, en même temps, il était forcément en train de rêver. Le tournant érotique n’aurait pas dû le surprendre. Néanmoins, les blondinets dominateurs, ce n’était pas son genre. Alors, soit son inconscient était en train de lui transmettre un message, soit cela confirmait qu’il était prisonnier d’un cauchemar pour le moins bizarre.
Blaise refusa.
Céleste se déshabilla, ôtant son t-shirt à manches longues bleu pâle assorti à ses yeux, puis son jeans, dévoilant un slip blanc ridiculement petit qu’il abaissa, se débarrassant dans la foulée de ses chaussettes et se tint nu devant Blaise.
Il était magnifique. Il avait une peau blanche et crémeuse et son pénis était en train de s’ouvrir comme une fleur. Son gland était rouge et appétissant.
Un gémissement échappa à Blaise. Le plus simple était encore de céder.
Il se leva et s’agenouilla devant Céleste comme un supplié face à une divinité, empoigna le sexe dressé et le porta à sa bouche.
Le blond remua les hanches, s’enfonça jusqu’à la gorge de Blaise, l’étouffant. L’ange avait tout du démon. Mais non, déjà, il se retirait, cessant de bloquer les voies respiratoires de Blaise. Il était doué.
Blaise n’était pas non plus un novice en matière de fellation, même s’il avait plus tendance à en recevoir qu’en donner, aussi Blaise déploya tout son talent, salivant abondamment et laissant Céleste l’utiliser comme il l’entendait.
Le blond jouit dans un cri. Blaise avala, son propre pénis se pressant contre la braguette de son jeans.
Jamais deux sans trois, Céleste se volatilisa. A ce stade, Blaise n’aurait pas dû être surpris.
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Rdv samedi 5 septembre pour l'épisode 5 et dimanche 6 pour l'épisode 6
samedi 29 août 2020
Comme les doigts de la main - 3
— Cela reste à vérifier, objecta le brun.
Marin.
— Pour moi, c’est bon, la fusion fonctionne, ronronna Huo avec un air de chat repu.
Cela démangeait Blaise de les traiter de dingos et de les jeter hors de son appartement. Mais ils étaient quatre et lui était seul. La supériorité numérique était en leur faveur. Sans compter que même si Céleste et Huo étaient des poids plumes, Marin était plutôt musclé et Gaïus, mieux valait ne pas en parler…
— Chacun d’entre nous a des pouvoirs, commença Marin.
— Mélange tes fluides avec les siens, au lieu de blablater, coupa Huo.
Le brun lui adressa un regard glacial, soupira, puis se pencha vers Blaise qui nota que Marin avait les yeux vairons, un œil bleu, un autre vert, avant qu’un rideau liquide de mèches noires ne caresse son visage et qu’une bouche humide ne se presse contre la sienne. Une langue exigeante demanda ensuite le passage et Blaise entrouvrit les lèvres.
Il aurait dû résister, mais Marin avait un goût salé rafraîchissant. Blaise, non content de se laisser faire, se mit à participer au baiser, glissant une main sur la joue du brun qui brusquement s’évapora.
Blaise battit des paupières, interdit. Il avait cru se réveiller, mais était en fait toujours endormi. C’était des rêves emboîtés façon poupées russes.
Il eut comme l’impression qu’une pluie de gouttes d’eau s’abattait sur son crâne chauve et ses paumes devinrent moites. Une crinière bleue lui poussa et il s’enfonça dans le matelas, traversant le sommier, comme s’il était devenu un fantôme. Il perdit conscience.
Quand il rouvrit les yeux, Hui, Marin, Céleste et Gaïus étaient toujours là autour de son lit, à nouveau bien solide sous lui.
Il passa la main sur sa tête. Son crâne était redevenu tout lisse. Malgré tout, le cauchemar n’en finissait pas.