dimanche 19 février 2017

Pause jusqu'au 1er mars

Je fais un léger blocage côte écriture.
L'épisode suivant de Orcéant est écrit dans mon cahier, mais je trouve toujours autre chose à faire que le taper sur ordinateur et l'arranger.
Tout est planifié pour les chapitres d'Orcéant jusqu'à la fin avec mini résumés rédigés, mais j'ai peur de les coucher sur papier, peut-être parce que je n'ai pas envie de me rendre compte que ce qui fonctionne si bien dans ma tête, le sera moins une fois écrit.
Pour A travers les millénaires, c'est plus complexe, j'ai aussi les grandes lignes jusqu'à un certain point, mais c'est plus flou pour la dernière partie et je ne peux me défaire de cette impression que cette suite n'est pas à la hauteur de son début sans pourtant réussir à corriger le tir.
Darius et Oliver, les personnages d'une troisième histoire Double Genre me hantent, mais j'ai des scrupules à vouloir m'occuper d'eux avant Byll, Waldo & co, sans oublier que le sujet est délicat. Je pense aussi pas mal à Jonas et Ethan de Remplacement Standard
Bref, c'est le chaos dans ma tête.
La pause s'impose...

vendredi 17 février 2017

Orcéant - 93

— Envoyons un message, ce sera plus rapide que d'y aller et revenir ici.
— Mais comment l'écrire ? Et si quelqu'un l'intercepte ? s'enquit promptement Byll.
— Grâce à l'argent que nous avons gagné avec nos représentations, nous avons sûrement assez pour payer quelqu'un pour noter ce que nous lui dicterons, quelque chose d'assez vague, mais que l'intéressée comprendra.
Ils ne sommeillèrent qu'après avoir trouvé les bons mots et dès l'aube se mirent en quête d'un écrivain public. A leur demande, l'homme leur indiqua ensuite un service de messagers.
Cher maître Frédérick,
Sûrement vous rappelez-vous des voyageurs venus du Nord et de l'aide que vous avez eu la bonté de nous proposer. Nous aurions besoin que vous effectuiez l'opération réalisée pour Korel avec Byll. Tout serait alors mieux dans le meilleur des mondes. Nous vous prions de bien vouloir nous retrouver dans la ville la plus proche du château royal où nous donnons des spectacles.
Signé Rouge et Byll.
Le messager qui reçut la course se plaignit de la distance à parcourir.
— De quoi regretter l'époque où les dragons vous conduisaient partout en quelques coups d'ailes, glissa Rouge.
A ses côtés, Byll se raidit et Rouge regretta cette phrase prononcée par pure provocation. Cela avait été plus fort que lui. Il avait tellement envie de voler au milieu des oiseaux, dans les nuages avec l'orcéant sur son dos. Il commençait à être fatigué de cacher sa vraie nature.
Le messager ne releva pas et grommela qu'il allait seller son cheval.
Son patron qui était fort âgé, lui, opina, mais déclara :
— Vous feriez mieux de garder pour vous ce genre de propos autrement vous allez vous attirer des ennuis.
Ce n'était hélas que trop vrai. Rouge le remercia et ils partirent.

    Quelques nuits plus tard, alors qu'ils étaient en plein numéro, Rouge repéra dans la foule des spectateurs maître Frédérick et la vieille licornéenne. Il raccourcit le spectacle et se dépêcha d'aller vers eux, Byll sur ses talons.
— Merci d'être venu.
Maître Frédérick ne paraissait pas ravi d'être là, mais la vieille licornéenne qui portait un couvre-chef des plus imposants pour rendre sa corne invisible avait les yeux brillants.
— Nous sommes descendus au Chasseur d'Argent.
Le dragon aurait pu leur exposer toute l'affaire télépathiquement sur place, mais ils n'auraient pu leur répondre. Rouge et Byll les suivirent donc à l'auberge, tout en sachant que l'orcéant, une fois de plus, se retrouverait hélas obligé d'attendre dehors.

jeudi 16 février 2017

Orcéant - 92

CHAPITRE 21
Rouge était furieux. Byll avait été blessé. Leurs efforts n'avaient pas été récompensés. Le roi était peut-être sage de ne pas se fier à des inconnus, mais il aurait pu éviter de les traiter comme des idiots venus exprès lui faire perdre son temps. Il ne méritait pas sa jolie fiancée.
Byll, étonnamment, ne semblait pas affecté qu'ils aient été expulsés comme des malpropres sans rien obtenir. Il paraissait plein d'espoir même. Cela se voyait qu'il se retenait de lui dire quelque chose. Le dragon, lui, avait surtout envie de le soigner. Ils étaient hélas encore trop près du château et bien que la nuit soit avancée, il y avait pas mal de monde qui rôdait dans les parages, sans doute pour profiter de miettes de la fête.
Rouge avait hâte qu'ils soient loin de tout et tous.
Dès qu'ils furent à l'abri d'un bosquet d'arbres, il s'empara de la main de l'orcéant et lécha ses doigts avec délicatesse. C'était pour que Byll n'ait plus mal, mais cela l'excita malgré tout. L'orcéant, cependant, n'avait pas l'esprit à cela.
— Tu crois que la licornéenne que nous avons rencontré chez maître Frédérick serait d'accord pour effectuer un transfert d'âme entre le roi et moi ?
Il retira sa langue. L'heure n'était hélas pas à l'amour.
L'idée était aussi brillante que dangereuse et il était évident que rien ne dissuaderait l'orcéant de le faire, à moins que la licornéenne ne refuse.
— Le roi risque de très mal vivre l'expérience. Qui sait ce qu'il infligera à ton corps, une fois dedans.
— Mais si j'étais lui, je pourrais changer les lois !
— Rien ne l'empêcherait de revenir dessus après. Je doute qu'il porte les orcéants dans son cœur après cela.
— C'est possible, mais s'il découvre ce que c'est d'être traité comme un moins que rien, il devrait ouvrir les yeux, non ? Et, une fois l'esclavage aboli, le mouvement de la Liberté n'aura plus de raison de mettre son plan sanglant à exécution et les terribles évènements prédits par Korel n'auront pas lieu.
Rouge ne pouvait nier que cela ait une chance de fonctionner, même s'il doutait que cela put vraiment tout résoudre. Il regrettait par ailleurs profondément la perspective qu'une fois encore Byll devienne en quelque sorte intouchable. Il était dommage qu'il ne put proposer à Byll d'être celui qui accueillerait l'âme du roi, car il occupait une forme humaine qui empêcherait le roi de recevoir la leçon que souhaitait l'orcéant pour lui.
Leur objectif étant clair, ils n'avaient plus qu'à se débrouiller pour l'accomplir quoiqu'ils leur en coûtent.