mardi 31 janvier 2017

Orcéant - 82

L'habit à moitié remis fut à nouveau complètement ôté. Le pénis de Pierrick s'allongea. Le membre de Korel durcit à nouveau. Ils demeurèrent longuement ainsi dans les bras l'un de le l'autre, leurs bouches collées, leurs langues suçant et aspirant, leurs sexes brûlants se touchant.
Quand ils s'étendirent, Pierrick demanda à Korel la permission de défaire sa tresse et, le licornéen ayant donné son accord, il joua avec les mèches de ses cheveux dorés, les humant avec délice. Pierrick, pour sa part, ne donna pas à l'autorisation à Korel de caresser son pénis. Pour éviter tout malentendu, en repoussant sa main, il lui expliqua avec embarras qu'il craignait d'exploser trop tôt une fois encore. Il plongea deux doigts humides de salive à l'intérieur de Korel afin de le préparer à l'accueillir. Finalement, putôt que de lui intimer de s'asseoir sur lui, il le lui suggéra. Korel se positionna alors au-dessus de lui et descendit sur son pénis, le prenant en lui en gémissant. Pierrick s'enfonça les ongles dans les paumes, il ne voulait pas jouir, pas de suite. Korel bougeait, heureusement, avec précaution, montant et redescendant avec lenteur.
Il était magnifique ainsi, sans chapeau, ses cheveux dénoués ruisselant sur son torse nu, sa corne étincelant dans le corne de lune.
Pierrick se mordit la lèvre jusqu'au sang. Cette fois, il donnerait un orgasme à Korel avant d'avoir le sien. Le licornéen qui gagnait en assurance se mit à accélérer le rythme. Le rouquin, au bord de la jouissance tint bon jusqu'à ce Korel éjacule. Alors, à son tour, dans un frisson, il lâcha tout.
La corne de Korel brillait toujours à son front et il avait l'air heureux et détendu.
— C'était bien. Tu peux me donner l'ordre que nous recommencions quand tu veux.
Pierrick éclata d'un rire joyeux. C'était merveilleux que Korel plaisante avec lui. Jamais il ne l'avait fait auparavant. C'était bien aussi qu'il lui pose des questions. Sans cela, les choses ne se seraient pas résolues aussi vite. Maintenant il n'y aurait plus de gros problèmes entre eux. Korel était sien et de la même façon, Pierrick lui appartenait.
Débordant d'amour, il leva la main pour caresser une des longues mèches de cheveux dorés du licornéen. L'oiseau bleu tatoué à son poignet entra dans son champ de vision et soudain il descendit du petit nuage sur lequel il flottait. Korel et lui formaient enfin un couple dans tous les sens du terme, mais lui avait perdu sa liberté en cherchant à ce que tout le monde la recouvre. Il était à présent obligé d'aller porter ce fichu message à ce Jenkins à Kossalos avec cette sinistre prédiction qui lui pendait au nez.
Korel qui avait dû percevoir son changement d'humeur vint nicher sa tête contre son épaule.
— Tout vas s'arranger, assura-t-il.
A son front, sa corne brilla brièvement. Il essayait magiquement de l'en persuader. Pierrick ne s'en offusqua pas. Il savait que ce n'était pas volontaire et dans une bonne intention. De toute façon, il avait envie d'y croire. Oui, ils allaient trouver une solution pour se tirer d'affaire avec le mouvement de la Liberté et mettre fin à l'esclavage sur Erret.

lundi 30 janvier 2017

Orcéant - 81

Le licornéen toucha du bout des doigts le sperme qui lui maculait le ventre. Pierrick bafouilla, tentant de justifier son éjaculation précoce.
— Je ne veux pas que ce soit qui me pénètre, ajouta-t-il, toujours bredouillant.
— Je n'y songeais même pas. Mais c'est vrai que rien ne l'en empêche, excepté que tu n'en as pas envie bien sûr. Je comptais attendre que tu sois à nouveau en érection, expliqua Korel.
Pierrick eut honte de lui-même. Le licornéen n'était pas impatient comme lui et prêt à se donner, alors que lui s'y refusait, comme si en tant que maître, il ne pouvait endosser le rôle de dominé. S'il le considérait vraiment comme son égal et non comme un serviteur, n'aurait-il pas dû accepter qu'ils alternent les positions ?
— « Comptais » ? demanda Pierrick, relevant soudain l'emploi du passé.
— Et c'est toujours mon intention.. Je ne peux pas rester comme cela, dit Korel en désignant son sexe érigé.
Pierrick attrapa la blanche main du licornéen, celle qui était mouillée de sperme et la glissa dans la raie de ses fesses. D'une voix hachée, il expliqua que cela servirait de lubrifiant.
— Je sais. Je ne suis pas si ignorant et innocent que cela. Vous autres humains, agissez parfois comme si vos serviteurs licornéens n'existaient pas, si bien que j'ai déjà eu l'occasion d'assister à quelques rapports sexuels. Tu as changé d'avis et tu veux que je te prenne, tu es sûr?
— Oui, c'est ma punition, répondit Pierrick.
Korel récupéra aussitôt sa main comme s'il s'était brûlé et le rouquin réalisa à quel point il avait été maladroit dans sa formulation. Il n'en ratait pas une. Il allait vraiment devoir apprendre à tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Korel n'était plus le moins du monde excité. Il commença à se rhabiller, sans un mot. Pierrick ouvrit la bouche pour clarifier ses propos, puis craignant de s'enfoncer davantage dans la précipitation, la referma. Il voulut poser une main apaisante sur l'épaule du licornéen, mais s'interrompit dans son geste, n'osant pas.
Peut-être parce que tant d'hésitations et de tergiversations n'étaient pas son genre, Korel lui lança :
— Je ne tiens pas à avoir le rôle actif. Je préfère que ce soit toi.
Pierrick déglutit et se racla la gorge. C'était le moment de se rattraper, il n'avait plus droit à l'erreur.
— Oui, mais par souci d'égalité, nous devrions inverser les positions une fois sur deux. C'était arrogant et présomptueux de ma part de vouloir être le seul à te posséder.
Korel garda un instant le silence, puis demanda :
— Si tu me pénètres, me considéreras-tu vraiment comme si j'étais ta chose ?
— Non ! Bien sûr que non ! J'ai juste envie d'explorer les moindres parcelles de ton corps.
— Alors, nous n'avons pas à nous obliger à alterner les rôles, si aucun de nous ne le veut.
Pierrick, le cœur empli d'amour, l'enlaça et Korel l'embrassa.

vendredi 27 janvier 2017

A travers les millénaires - 20

— Parfois, je me demande à quoi je ressemblerai maintenant, si nul scalpel n'avait entaillé ma peau.
Hohi s'était dévêtu, mais ce n'était qu'à présent, qu'il se mettait vraiment à nu, en lui confiant ce qu'il avait sur le cœur.
Dans l'esprit de Waldo défilèrent les visages de tous les alter ego de Hoshi. Il les avait tous aimés passionnément.
— Ce qui compte, c'est la personne que tu es à l'intérieur, pas ton enveloppe.
— Et pourtant, depuis le début, tu cherches à te rapprocher physiquement de moi.
Waldo sourit. Il se rappelait son indignation dans une autre vie : ne pouvaient-ils pas s'embrasser plus d'une fois sans en venir tout de suite à coucher ensemble !?
A chaque vie, il changeait et pourtant, il restait le même.
— C'est une façon de caresser ton âme, autrement inatteignable, de ne faire plus qu'un avec toi, de sorte que nous ne savons plus où je commence et où tu finis, comme si nous n'étions plus qu'un seul être.
Hoshi se pencha sur lui et ses lèvres  effleurèrent les siennes, une fois, puis deux, puis il l'embrassa enfin pour de bon, sa longue langue venant s'enrouler autour de la sienne, l'aspirant avec force.
Waldo cessa de faire preuve de retenue et caressa la peau saturnienne qui se mit à scintiller, l'éblouissant. Des scènes de sexe décrites de façon métaphorique dans des livres qu'il avait lu lui revinrent à l'esprit : quand les deux personnages s'unissaient, il était question de voie lactée et d'étoiles. Pour le coup, cela allait être littéralement le cas.
Hoshi se laissait toucher avec abandon et plaisir, s'efforçant de rendre les caresses reçues avec une application délicieuse. Son sexe se dressait désormais, rigide et droit.
Waldo fit cependant durer les choses, déposant des dizaines et des dizaines de baisers sur lui,   murmurant des mots tendres. Hoshi incarnait tous ceux qu'ils avaient aimés et perdus dans les siècles précédents, et il était infiniment heureux de l'avoir dans ses bras.
Salivant abondamment, il se prépara lui-même, glissant des doigts dans son orifice pour l'élargir. Hoshi, sans qu'il le lui ait suggéré, se mit à lécher son pénis comme si c'était une glace. Waldo gémit, puis d'une main ferme poussa le saturnien humain à s'allonger pour qu'il puisse le chevaucher. Il s'enfonça sur le membre de Hoshi en se mordant la lèvre. Avec juste de la salive comme lubrifiant, cela lui faisait un peu mal, mais il ne voulait pas perturber Hoshi qui brillait à présent de mille feux. Il se mit à monter et descendre lentement sur lui et il lui sembla qu'à l'intérieur de lui, Hoshi grossissait encore, l'emplissant davantage. Waldo accéléra le rythme, haletant. A l'instant où Hoshi explosa en lui, il jouit avec une violence qui le laissa pantelant.
— Je t'aime, mon cœur, déclara-t-il d'une voix hachée.
— Moi aussi, répondit Hoshi.
Waldo éprouva une joie profonde en l'entendant dire ses mots. Sans la perspective de leur séparation imminente, son bonheur aurait été parfait.