vendredi 30 janvier 2009

12 + 1 = 14 ! - Episode 17

Mika redescendit rapidement, libérant l'échelle, puis ce fut au tour de Terry. Un petit peu inquiet, il posa précautionneusement les pieds sur chaque barreau.
– La vue est agréable, déclara soudain Mika au pied de l'échelle.
– Comment ça ?
– Je vois bien ton charmant popotin.
– Profiteur !
Il n'était pas tout à fait au bas de l'échelle quand il sentit des mains sur ses fesses. Son pied manqua un barreau et il serait tombé, si Mika ne l'avait pas soutenu. Le corps de Mika fut secoué d'un grand rire et Terry songea que pour la discrétion, c'était plutôt fichu. Ses parents allaient sûrement découvrir qu'il avait désobéi et ils se montreraient plus sévères à l'avenir, ne lui faisant plus du tout confiance.
– N'enlève pas l'échelle, je remonte.
Le rire déserta Mika qui toisa Terry du haut de ses deux mètres.
– Je refuse.
– Comprends-moi, si mes parents apprennent cette escapade, je risque de ne plus être libre du tout de mes mouvements. Et ils vont se douter que je ne me suis pas envolé tout seul.
Mika grimaça et, soudain, malgré sa taille, il fit ses quinze ans.
– Patati, patata. Ok, ok.
– Tu ne m'embrasses pas ? demanda Terry tout en sachant qu'il abusait un peu.
Mika secoua ses mèches bicolores en guise de refus. Puis, se ravisant, il attrapa Terry par la taille, le souleva et lui donna un délicieux baiser.
– Je suppose que Roméo doit laisser Julien à son balcon.
Terry regrimpa dans sa chambre non sans regret. Néanmoins, s'il voulait avoir les mains libres par la suite, le plus simple était de prendre ses responsabilités et accepter sa punition. Il souffla un dernier baiser à Mika qui retirait l'échelle, puis referma la fenêtre. Machinalement, il regarda son mobile et vit que Roland lui avait téléphoné sans laisser de message. Il le rappela.
– Coucou, mon trésor ! Alors, tu es officiellement coincé chez toi ?
– Oui. Mika ne vous l'a pas dit ?
– Si, si. Après, il est partit comme un fou en disant qu'il allait te chercher.
– Il a bien failli me ramener, mais j'ai préféré ne pas désobéir à mes parents.
– Cela me semble raisonnable. Mika est un peu fou fou, et toi, tu es bien trop sérieux pour ton âge.
– Je suis quand même descendu au bas de l'échelle avant de changer d'avis, répliqua Terry en faisant la moue.
– Je ne t'ai pas vu depuis mardi, autant dire une éternité, mon trésor. J'ai envie de toi.
Cette aisance avec laquelle Roland disait ce genre de chose était troublante. L'adolescent déglutit.

jeudi 29 janvier 2009

12 + 1 = 14 ! - Episode 16

Un nouveau soupir s'échappa des lèvres de Terry. Il attrapa un cd d'Amaki et le mit dans sa chaîne. A peine la voix rauque avait-elle envahi la pièce que Terry regretta d'avoir mis le cd. Il n'avait pas envie de substitut, il voulait être avec eux. C'était, néanmoins, mieux que rien. Il laissa donc la chaîne allumée et prit sous son lit l'un des romans Boy's Love qu'avait écrit Ben.
« La solitude étreignait Yanhi. Il avait encore fait ce rêve étrange et si réel... Le soleil couchant, la plage, les bruits des vagues, et puis un homme. Un homme qui était lui sans être lui. Cet homme assis sur le sable lisait une lettre qu'il avait reçu, il y a plus de dix ans. Même après le réveil, les mots précis de cette lettre revenaient à la mémoire de Yanhi comme par enchantement. "Je t'aime doucement, tendrement même si tu es loin de moi. Je t'aime violemment passionnément les jours d'orage. Tu es comme les étoiles dans le ciel. Je sais qu'un jour, je t'atteindrai. Il est bien dur de poser des mots sur des sentiments, de mettre des lettres sur le papier, je préfèrerais faire courir mes mains sur ton corps, glisser ma langue entre tes lèvres encore et encore... J'aimerais que ces mots s'inscrivent dans ton coeur et que tu ne m'oublies jamais. Le temps n'est rien, n'est-ce pas ? Il passe, long ou court, mais je t'aime pareil qu'au premier jour..." »
Les mots de Ben avaient déjà transportés Terry dans autre monde quand un bruit étrange le rappela à la réalité. Il se redressa et regarda autour de lui. Cela ne venait pas de la chaîne. Derrière la vitre de sa fenêtre se trouvait Mika. L'adolescent n'en revenait pas. Sa chambre se trouvait pourtant au premier étage ! Il s'approcha et alla ouvrir à son invité surprise qui se tenait debout sur une échelle, l'air très fier de lui.
– Roméo est venue chercher son Julien.
Terry glissa sa langue entre les lèvres de Mika avec avidité.
– Hey ! Doucement, je suis sur une échelle !
L'adolescent s'écarta à contrecœur et invita Mika à entrer. Celui-ci secoua la tête.
– Je pensais plutôt te faire sortir. Tes parents pourraient remarquer l'échelle.
L'or des yeux de Terry se ternit. Il ne tenait pas enfreindre l'ordre de ses parents. En même temps, il était difficile de résister à la tentation de se sauver.
– C'est gentil d'être venu me chercher...
– Ne m'dis pas que tu veux pas que je t'enlève ! l'interrompit Mika.

mercredi 28 janvier 2009

12 + 1 = 14 ! - Episode 15

Chapitre 2 : De la difficulté des relations amoureuses

Terry maudit ses parents. On était vendredi soir et ils refusaient qu'il aille dormir chez les Tsukoji. Rater le premier jour de classe après quinze jours de vacances avait été une très mauvaise idée. Bon, d'accord, c'était sa faute s'il n'avait pas dormi de la nuit, mais, il était regrettable qu'aucun des frères Tsukoji n'ait osé le réveiller ! Dormir en cours lui aurait sans doute fait moins de tort. Terry avait prétendu avoir fait de l'insomnie, mais ses parents n'avaient rien voulu entendre. Le pire, c'est qu'ils lui avaient interdit de retourner dormir chez les Tsukoji. Avec douze amoureux, l'adolescent ne pouvait pas se permettre de ne pas découcher. Déjà qu'il n'y avait que vingt-quatre heures dans chaque journée ! Terry avait assez de difficultés comme ça à les voir tous chaque jour. Pour croiser les yeux noirs de Matsuka, il suffisait de prendre le car, et pour sentir la main d'Hanami ébouriffer ses cheveux, il n'avait qu'à se rendre au lycée, mais pour les autres, ce n'était pas toujours simple, y compris pour ceux qu'il pouvait voir dans le cadre du lycée : Terry n'avait pas un cours de littérature chaque jour de la semaine, Tsumi n'était pas toujours disponible à l'infirmerie et le cours de piscine n'avait lieu que le mardi. Les autres Tsukoji étaient encore plus difficilement accessibles. Terry ne pouvait pas manger sur une base régulière au restaurant où travaillait Charlie, ses parents ne l'aurait pas accepté. Et, si Terry était en mesure d'effectuer régulièrement les courses alimentaires, il ne pouvait pas faire durer son passage en caisse très longtemps, car il était obligé de porter à bout de bras ce qu'il achetait. Certes, se rendre régulièrement à la librairie de William était faisable, mais encore fallait-il apprécier la marche à pieds. Et, bien évidemment, il était impossible de se faire couper les cheveux par Yuriko tous les jours. Pour Mika et Amaki, c'était plus une question d'emploi du temps que d'autre chose. Mika n'avait pas que peu de temps à consacrer à Terry entre ses études par correspondance et son travail de jardinier. Quant à Amaki, il vivait au trois quart la nuit. Le cas de Ben était à part. Le voir nécessitait d'aller chez les Tsukoji et par conséquent, se faire éventuellement « capturer » par un des frères présents avant même d'avoir réussi à se rendre à l'étage. Et de toute façon, ses parents, trouvaient mal venu qu'il soit fourré tous les jours chez les Tsukoji.
L'adolescent soupira, le week-end allait être mortel. Pour le punir, ses parents lui avaient même carrément interdit de sortir de la maison ! Bon d'accord, sept des frères Tsukoji travaillaient souvent le samedi, mais il aurait pu regarder Hanami courir, faire un tour en voiture avec Matsuka, parler avec Tsumi, s'assoir sur les genoux de Ben et rire avec Mel. Au lieu de cela, il n'avait plus qu'à essayer de prendre de l'avance sur ses devoirs et espérer que ses parents finiraient par changer d'avis. Le téléphone portable de l'adolescent sonna. C'était Mika.
– Alors ? demanda-t-il sans même dire bonsoir.
– C'est officiel, je suis privé de sorties comme un gosse. Je compte sur toi pour mettre au courant les autres, je n'ai pas le courage de leur parler...
– Flûte ! Heureusement qu'ils n'ont pas confisqué ton mobile.
– Ne parle pas de malheur !
– On peut bavarder comme ça.
– C'est vrai, mais j'ai envie de vous voir.
– Bouge pas d'ici, j'ai une idée !
– Je suis en quelque sorte prisonnier, tu sais...
Mika avait déjà raccroché. Quelle mouche l'avait donc piqué ?