jeudi 14 janvier 2021

L'Androïde Amoureux - 3

Jason, même s’il aurait préféré s’asseoir à côté de Valérian afin de continuer à en apprendre plus sur son nouveau lycée, s’installa à la même table qu’Alex. Il avait promis à son père qu’il veillerait sur lui.
Monsieur Sauzz était un homme grand et maigre avec une petite moustache sévère. Il se présenta, écrivant son nom en lettres capitales à l’aide d’une craie crissante.
Le lycée ne brillait pas par sa modernité sur ce coup avec son tableau noir. Sans aller jusqu’au table numérique, un tableau velleda n’aurait pas été du luxe.
Quand vint son tour d’être appelé, cet idiot d’Alex ne réagit pas.
Monsieur Sauzz répéta son nom :  « Monsieur Alex Corentin ? »
Jason donna un coup de coude à son frère de métal, se fit mal au passage, parce que couche de fausse peau ou pas, dessous, c’était 100 % métallique.
Alex ne réagit toujours pas. Il n’était quand même pas déjà tombé en panne ?
— Réponds donc, le supplia Jason.
— Oui ! s’écria soudain Alex.
Monsieur Sauzz fronça les sourcils.
— Vous nous avez tous fait perdre notre temps, monsieur Corentin. Pour vous apprendre à rêvasser dès le jour de la rentrée, vous aurez des exercices en plus, déclara-t-il d’un ton sec.
Jason retint son souffle, craignant une répartie à la noix de coco d’Alex, mais contre tout attente, ce dernier se contenta d’un sage d’accord d’une platitude totale.
Il faut dire que son père l’avait conçu pour être obéissant aux figures d’autorité, même si c’est en premier à ses ordres et puis ceux de Jason qu’Alex devait répondre.
Jason réalisa alors qu’il avait été lui-même la cause du pseudo-dysfonctionnement de son faux jumeau. Il lui avait demandé de se taire un peu plus tôt et cet idiot, au lieu de comprendre que c’était sur l’instant, avait cru qu’il devait demeurer silencieux sur la durée.
C’était irritant et épuisant à la fois. Et dire que la journée ne faisait que commencer ! Elle s’annonçait longue de chez longue.
Son père lui avait bien dit qu’Alex serait un peu difficile à gérer au début, le temps que son programme d’apprentissage évolutif le fasse progresser dans sa compréhension des comportements, mais c’était un euphémisme.

mercredi 13 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 77 (fin)

Blaise finit par se retrouver au centre des attentions de ses compagnons, sans bien savoir quand ou comment.
Marin lécha le pénis engorgé de Blaise de façon méthodique tandis que Céleste le pénétrait d’un doigt tout en lui expliquant au creux de l’oreille qu’il le préparerait pour Gaïus et qu’ensuite, il s’occuperait de sa bouche.
Il tint parole et quelques instants plus tard, le blond se plaçait au niveau de sa tête, lui coupant le souffle de la meilleure des façons avec sa verge. Gaïus qui s’était installé sous Blaise, s’enfonça en lui.
Huo n’était pas en reste, se frottant contre le torse de Blaise tout en jouant avec ses tétons.
Face à ce quadruple assaut, Blaise ne résista pas longtemps et jouit dans la bouche de Marin. Céleste explosa dans la sienne. Marin éjacula à son tour, son sperme giclant sur les cuisses de Blaise pendant que Huo décorait ses abdominaux.
Encore quelques coups de boutoir et Gaïus le remplit de sa semence.
— Le nombre positions au lit… commença Marin.
— Ne te fatigue pas à calculer, coupa Céleste, mais avec douceur.
— Je vote pour que nous restions là pendant un mois au minimum, annonça Huo.
— Sans vouloir être top terre à terre, il faudra bien manger et se laver avant cela, répliqua Gaïus.
Blaise se contenta de sourire. Il était comblé, la tête sur les cuisses de Céleste, Gaïus sous lui, Marin entre ses jambes et la main de Huo sur son torse, au niveau de son cœur empli d’amour pour les quatre hommes qui l’entouraient.

    Marin étant trop sérieux pour les laisser paresser longtemps et Gaïus trop pragmatique, ils se mirent à organiser leur futur dès le lendemain.
Marin embaucha l’entreprise pour laquelle Blaise travaillait pour reconstruire la maison et commanda un lit sur mesure capable de les accueillir confortablement tous les cinq.
Ils discutèrent de leur relation, Gaïus trouvant judicieux de fixer par écrit quelques règles pour éviter d’inutiles jalousie. Ils décidèrent mutuellement qu’ils n’avaient pas besoin d’être nécessairement tous les cinq pour s’aimer, jugeant qu’ils étaient importants aussi qu’ils aient chacun des moments en tête-à-tête, ainsi que du temps pour être seul.
Ainsi, sur le plan de la future maison, ils choisirent d’avoir une seule et unique chambre, mais chacun une pièce rien qu’à eux.
Au bout du compte, Blaise quitta son travail au chantier et se chargea de la maintenance des nombreux logis que Marin louait. Il continua par ailleurs à seconder ce dernier dans la préparation des repas. Il se laissa autrement convaincre par Huo de participer à sa nouvelle chaîne. Sans flammes, ses vidéos de danse avaient moins de succès, mais Huo s’était lancé dans le créneau des sketchs humoristiques dans lesquels il avait parfois besoin que quelqu’un lui donne la réplique. Blaise devint aussi le bêta lecteur de Gaïus qui s’était spécialisé dans l’écriture des ménage à trois et même plus. Il avait notamment écrit une relecture des plus érotiques du conte de Blanche Neige (ou plutôt Blanc-Neige) et des sept nains. Blaise se retrouva en couverture d’un roman de Gaïus après que Céleste l’ait introduit auprès de photographes de sa connaissance.
Ils passaient la majeure partie de leur temps libre ensemble tous les cinq, leurs nuits dans le même lit, dans un amas de membres entremêlés et de murmures d’amour échangés, inséparables comme les doigts de la main.

FIN

mardi 12 janvier 2021

Comme les doigts de la main - 76

Il fallut encore deux longs jours avant qu’ils ne soient autorisés à quitter l’hôpital.
De la maison, il ne restait qu’une pile de gravas. Ils avaient eu de la chance d’être tirés des décombres.
Ils se rendirent donc dans la maisonnette où ils s’étaient déjà réfugiés après avoir été attaqués par pas moins de trois Pêchés et quatre lanceurs de malédiction.
Sans se concerter, ils s’installèrent dans la chambre qui possédait le lit King Size. C’était juste de tenir dedans à cinq, mais en se collant les uns aux autres, cela marchait.
Blaise se retrouva au milieu, entouré de Huo et Marin à sa droite, et Céleste et Gaïus à sa gauche.
Aucun d’entre eux n’avait la grande forme et ils avaient tous encore un peu de mal à réaliser que leur combat était terminé pour de bon.
Pourtant, c’était bien le cas. Huo avait  confirmé qu’il n’y avait plus aucune moisissures visibles dans les rues.
A l’hôpital, ils n’avaient pu parler librement, d’abord parce qu’ils avaient été séparés en deux groupes et aussi en raison des allées et venues incessantes du personnel médical entre prises de températures et plateaux-repas.
Maintenant, ils étaient enfin tranquilles, mais ils semblaient tous préférés jouir en silence du plaisir d’être réunis.
Ce fut Blaise qui finit par le rompre, désireux d’évoquer l’avenir qu’il espérait pour eux.
Céleste le fit taire en l’embrassant à perdre haleine.
Blaise s’attendait à ce qu’il se volatilise comme d’habitude, mais le baiser se prolongea jusqu’à ce que Céleste ne s’écarte, laissant Blaise pantelant.
— La fusion n’opère plus, déclara Marin.
Céleste leva les yeux au plafond.
— Bonjour l’évidence ! Je m’en doutais, car je ne peux plus manipuler l’air et mon ouïe, bien qu’excellente, a perdu en puissance
— J’avais aussi remarqué, mais je pensais que c’était peut-être temporaire vu comme nous étions mal en point, rétorqua Marin.
— A mon avis, c’est définitif, dit Gaïus.
— Cela tombe bien, car nous n’en avons plus besoin, ajouta Huo. Même si, du coup, que je n’ai pas vu de moisissures en ville ne signifie pas grand-chose…
— Si nos pouvoirs ne sont plus, alors, c’est que c’est fini, trancha Céleste.
Ils s’embrassèrent tour à tour, Huo, acceptant même un baiser de chacun d’eux, exceptionnellement. Il avait beau ne pas aimer ça, il semblait prêt à faire un effort pour leur faire plaisir, du moment que personne n’insistait pour lui en donner ou exiger des explications sur son manque de goût pour la chose.
Voir Gaïus, Céleste et Marin embrasser le jeune homme roux était un spectacle réjouissant.
Ils se caressèrent ensuite, tous très excités, dans un joyeux mélanges de mains croisées.