mercredi 4 mars 2020

L'empreinte de l'orc - 74

Cyan mit son pantalon et récupéra ses chaussures spéciales et les enfila.
— Allons-y, déclara Gulrik en passant un bras protecteur sur ses épaules.
Dans les couloirs, de nombreux orcs se retournèrent sur leur passage.
Contrairement au moment de son audience avec Rurk, c’était Roknok qui gardait cette fois la salle du trône. Il ne dit rien, mais les laissa entrer sans exiger que Cyan soit attaché, et cette marque de confiance toucha Cyan.
— Ah, te voilà enfin. Tu pues l’humain.
Cela commençait fort. Le roi des orcs faisait comme si Cyan n’était pas là, tout en l’insultant.
Gulrik lui pressa l’épaule, le réconfortant.
— Il sent bon, rétorqua-t-il.
— Tu ne veux pas sérieusement le prendre comme partenaire et renoncer à te marier avec une orc digne de toi, à même de te donner des héritiers ?
— Ai-je seulement le choix ?
Cya, se raidit. C’était comme il avait craint. Gulrik avait l’impression d’être coincé avec lui. L’expression « mon cœur t’appartient » n’avait pas été l’équivalent d’une déclaration amoureuse.
— L’empreinte n’est jamais qu’une marque sur la peau. On peut tatouer par dessus, ou la brûler au fer pour la faire disparaître.
— Père, la légende des empreintes ne marche pas comme cela. Nous sommes désormais liés jusqu’à notre mort.
— Tout ça ne sont que des racontars de grand-mères…
— Et pourtant, c’est bien mon empreinte sur son torse, répliqua Gulrik en recouvrant la marque de sa main.
Cyan se mordit la lèvre. C’était étrangement troublant, mais non, il n’allait tout de même pas avoir une érection devant le roi des orcs.
— C’est peut-être un tatouage, incomplet qui plus est !
— Comment expliques-tu la mienne, alors ? D’ailleurs, ne soupçonnais-tu pas déjà quelque chose quand tu as exigé que je cache mon soit-disant hématome ?
Le roi ne répondit pas tout de suite. Il bouillonnait d’une fureur mal contenue.
— Tu n’as pas besoin de garder cet humain à tes côtés.
— Si.
Mais en avait-il envie ? ne put s'empêcher de se demander Cyan.
Le roi se redressa de toute sa hauteur et hurla :
— Puisque tu insistes pour me faire honte avec cet humain qui ne ressemble à rien, autant que tu te rendes comme ambassadeur à la cour du souverain d’Humania avec cette créature que tu oses considérer comme ton partenaire ! Pars le plus tôt possible avec une escorte de trois gardes !
Cyan n’en croyait pas ses oreilles. Lui un orphelin, un moins que rien, se rendre à la cour d’Adam le sixième ? Le roi des orcs ne pouvait être sérieux. Sûrement, Gulrik allait protester.
— Très bien, mais je me contenterai de Roknok. Il vaut bien trois orcs réunis.
Non, Gulrik acceptait. Cyan pâlit. Quand Rurk lui avait parlé de la légende des empreintes et lui avait fait miroiter la possibilité d’une vie auprès de Gulrik, il n’avait pas réalisé tout ce que cela impliquait, juste qu’il allait retrouver Gulrik et sa gentillesse, ses attentions et ses caresses… Il avait en quelque sorte oublié que l’orc dont il était tombé amoureux était un prince.

— Toujours à défier mon autorité. J’ai dit trois ! C’est une affaire de prestige !
— Encore un peu et tu vas exiger que nous arrivions dans un carrosse tiré par des chevaux.
— Tu seras la risée des humains si tu arrives à pieds et sans escorte. Même avec un message portant mon sceau, tu risques d’être refoulé aux portes du château.
— Nous sommes des orcs.
Cette déclaration ferme et calme n’apaisa en rien le roi.
— Tu es impossible, tonna-t-il. Hors de ma vue !
Ils étaient surtout deux fortes têtes, le père autant que le fils. Gulrik était toutefois plus accommodant. Il semblait juste ne pas vouloir que son père lui dicte le moindre de ses faits et gestes, ce qui était normal.
Ne pas avoir de parents n’avait peut-être pas que des inconvénients.

mardi 3 mars 2020

L'empreinte de l'orc - 73

Cyan était vidé aussi bien sur le plan physique que mental. Les jours précédents avaient été longs, fatigants et stressants.
Il avait dû marcher longtemps pour atteindre un endroit de la frontière facile à franchir. Ensuite, Rurk l’avait transporté sur son épaule dans un sac percé de petits trous pour qu’il puisse respirer, puis dans un tonneau que Rurk avait acheté à un orc, de même qu’une petite charrette qu’il avait ensuite tiré jusqu’à la forteresse.
Être enfermé et secoué de la sorte avait été angoissant. Surtout qu’une fois sur place, il avait fallu attendre que Rurk obtienne une audience royale et Cyan avait été contraint de rester plié dans le tonneau. Il avait dû uriner dans des bouteilles.
Et quand il avait enfin pu sortir, on l’avait attaché et il avait dû faire face au roi.
Au final, ses liens aux poignets avaient été défaits, mais seulement pour qu’il enlève sa tunique afin de montrer l’empreinte en cours de formation. Se retrouver à moitié nu devant le roi avait été éprouvant. Ses cris et sa rage avaient fait craindre le pire à Cyan.
Rurk avait pour sa part gardé son calme et argumenté avec son souverain jusqu’à finalement obtenir que Cyan puisse voir le prince.
Bien que le roi ait donné son accord, il était clair qu’il n’était pas aussi convaincu que Rurk que son fils et Cyan étaient désormais inséparables.
Cyan se redressa. Gulrik était déjà debout et attrapait son pagne sur le sol. Il n’était apparemment pas question de faire attendre le roi des orcs. Cyan se serait bien passé de le revoir.
Maintenant, il n’avait même plus de tunique à enfiler. Elle était en lambeaux. Il s’en servit pour s’essuyer histoire de se rendre vaguement présentable.
Sentant le regard de Gulrik sur lui, il leva les yeux et rougit. Le prince des orcs l’aimait-il vraiment ? Il avait déclaré que son cœur était à Cyan, mais n’était-ce pas juste à cause de l’empreinte ? Comme une obligation plutôt que des sentiments nés naturellement…
Cyan s’ébroua. Il était inutile de se torturer avec ce genre de pensées, surtout alors qu’il allait devoir affronter une fois de plus le roi des orcs.
Il frissonna, se rappelant de la colère du roi et de la manière dont il l’avait secoué et accusé d’avoir fait tatouer l’empreinte.
— Ça va ? demanda Gulrik.
Cyan commença par hocher la tête, puis décida qu’il valait mieux se montrer franc.
Ne pas vouloir embêter l’orc était une chose, mentir en était une autre. Leur relation avait changé. Certes, Cyan se sentait toujours aussi insignifiant et n’était pas certain des sentiments de l’orc à son égard, mais tout de même, ils étaient liés, ces empreintes apparues comme par magie le prouvaient.
— Pas vraiment. Le roi n’est pas exactement…
Cyan s’arrêta. Le prince risquait de ne pas apprécier qu’il critique ouvertement son père.
— Plaisant ? termina Gulrik pour lui. Tu peux même dire pénible. Il croit tout savoir mieux que tout le monde.
Cyan sourit. Gulrik partageait son opinion sur son géniteur.

lundi 2 mars 2020

L'empreinte de l'orc - 72

Gulrik explora la moindre parcelle de peau de Cyan, caressant et léchant, désireux de découvrir quelles parties de son corps étaient les plus sensibles.
Toucher l’intérieur des cuisses de l’humain entraîna une série de bredouillements et bégaiements plus séduisants que jamais.
Gulrik collecta le sperme qui coulait en abondance de sa verge et plongea un doigt à l’intérieur de Cyan qui ne tarda pas à s’empaler dessus.
Si sa façon de s’abandonner aux bons soins de Gulrik était éminemment satisfaisante, sa participation était profondément excitante. Gulrik voulait cependant être sûr de ne pas lui faire mal, aussi le doigta-t-il longuement avant de presser son membre dur comme la pierre contre l’étroite entrée et s’enfoncer dans Cyan.
C’était meilleur que dans son souvenir. Il effectua d’abord des mouvements de va-et-vient tranquilles, autant pour lui laisser le temps de s’habituer que pour savourer le simple fait qu’ils soient unis. Il forma ensuite avec sa main droite un fourreau pour le pénis de Cyan dont les yeux se fermèrent sous l’emprise du plaisir.
Ses paupières se rouvrirent quand Gulrik intensifia le rythme, son regard empli d’émotions. Ses doigts vinrent s’entremêler à ceux de la main gauche Gulrik qui était appuyée sur le matelas du lit.
Ils jouirent ensemble, leurs râles se confondant. Gulrik se retira en douceur, s’écrasa sur le côté et attira Cyan contre lui, nouant à nouveau leurs mains. Le moment était parfait.
Un coup à la porte le brisa.
Personne ne poussa le battant, mais une voix retentit :
— Le roi vous attend tous deux dans la salle du trône.
Le contraire eut été étonnant.
Gulrik pesta.