jeudi 11 avril 2019

Chocolat blanc - 65

Le temps s’adoucissait de plus en plus, mais l’humeur de Wyatt, elle, s’assombrissait. Il ne supportait plus d’être coincé dans son école d’ingénieur. Kembou lui avait suggéré de mettre la pédale douce, mais Wyatt n’aimait pas faire les choses à moitié : soit il arrêtait tout, soit il continuait et s’efforçait donc d’avoir de bons résultats. Et par conséquence, il râlait et pestait. Il faisait cependant attention à ce que Kembou ne fasse plus les frais de son énervement et tâchait d’être un bon binôme pour Dominique qui lui, était satisfait de ses études.
Pour l’anniversaire de Kembou, Wyatt oublia volontiers devoirs et leçons pour fêter cela dignement.
Il l’invita au cinéma où ils virent un film d’action mâtiné d’horreur qui l’avait interpellé tous les deux. Durant la séance, dans le noir, il lui prit la main et ne la lâcha plus.
Il lui offrit ensuite le restaurant, un italien dont il avait entendu du bien et ils se régalèrent chacun d’un plat de pâtes avant de se partager un tiramisu et une glace grand format. Pendant tout le repas, Wyatt garda ses genoux appuyés contre ceux de Kembou.
Ni Kembou ni lui ne souhaitaient s’afficher, mais Wyatt tenait à montrer que c’était différent des sorties qu’ils avaient pu faire par le passé. Ils étaient là en amoureux.
Wyatt attendit qu’ils soient de retour au studio pour lui donner un paquet couleur crème.
— Tu m’as déjà bien gâté, dit Kembou en le prenant.
Il fallait bien que les étrennes données par ses parents et grand-parents au fil des années servent.
— Ce cadeau n’est pas entièrement désintéressé, avoua-t-il en regardant Kembou ouvrir délicatement pour ne pas déchirer le papier.
C’était un livre contenant des recettes, tout en aidant à passer le CAP Pâtissier en candidat libre.
— Ne va pas croire que je te force à quoi que ce soit, hein… Je suis juste un gros gourmand, dit Wyatt tandis que Kembou feuilletait l’ouvrage en silence.
— Merci. J’ai hâte d’essayer tout cela.
— Il faut un peu de matériel, mais je pense qu’on peut remplacer certains ustensiles par d’autres, et investir au besoin.
— Oui, sûrement. Maintenant je crois que je n’ai plus qu’à déballer mon dernier cadeau, déclara-t-il en déboutonnant le jeans de Wyatt d’un air coquin.
Il fit ensuite glisser lentement la fermeture éclair et Wyatt sentit monter en lui l’excitation.
— Je t’aime, murmura-t-il, en soulevant les fesses afin que Kembou puisse lui retirer son pantalon.

mercredi 10 avril 2019

Chocolat blanc - 64

Même si Kembou savait bien pourquoi Wyatt avait servi ce mensonge à sa mère, cela ne lui plaisait pas. Il ne pouvait cependant reprocher quoi que ce soit à Wyatt, lui-même continuant à taire ce qu’il en était à sa famille.
— Je suppose que toi et ta petite amie inventée de toute pièce, vous allez très vite rompre.
— Tu as parfaitement deviné ! Mais ce que j’aurais vraiment voulu, c’est lui dire la vérité, lui annoncer que toi et moi, nous n’étions plus seulement amis, que nous formions un couple.
Wyatt nicha sa tête contre l’épaule de Kembou, se collant davantage à lui et Kembou se sentit fondre.
— Un jour, tu le feras et moi aussi. Pour le moment, le mieux est que tu continues à étudier, et moi à travailler et mettre de l’argent de côté. Mais à terme, nous pourrons habiter ensemble.
— Tu en parles au futur, pas au conditionnel, s’étonna Wyatt.
Le cœur de Kembou se serra. Il délogea Wyatt et s’assit dans le lit.
— Tu ne vous vois pas d’avenir ensemble, toi ?
Wyatt se redressa à son tour avec vivacité, les cheveux tout ébouriffés.
— Si, bien sûr que si ! Cela tient du rêve, mais c’est vrai que cela peut devenir une réalité. Quand j’y réfléchis, ton côté sérieux contrebalance à merveille ma tendance à être dans les nuages…
Ses mots furent comme un baume à la blessure infligée au commentaire précédent de Wyatt. Kembou se pencha en avant et déposa un doux baiser sur ses lèvres.
— Normalement, là, tu devrais complimenter mon caractère rêveur, murmura Wyatt tout contre sa bouche.
Oui, il avait du bon. Les fantaisies de Wyatt avaient rendu leurs jeux d’enfants passionnant et coloré toutes leurs conversations. Il ne s’ennuyait jamais avec lui.
— Vraiment ? demanda Kembou en souriant.
Wyatt opina exagérément de la tête, puis il l’inclina, songeur avant de déclarer :
— Tu sais, comme tu es doué pour cuisiner, je te verrais bien travailler dans la restauration ou la boulangerie.
Cela semblait une idée extravagante sortie de nulle part et en même temps, pas tant que cela. Ces dernières semaines, Kembou s’était mis à confectionner des tas de gâteaux. Et ce n’était pas seulement parce qu’il prenait plaisir à regarder Wyatt les déguster avec sa sensualité coutumière, mais aussi parce que cela l’amusait. Il s’était même offert un livre de recettes au lieu de se contenter d’en dénicher sur internet.
— C’est une piste qui mérite d’être creusée, finit-il par répondre.

mardi 9 avril 2019

Chocolat blanc - 63

— On se réconcilie au lit ? suggéra Wyatt.
Kembou l’imagina aussitôt nu et offert à ses caresses et dans son pantalon, son sexe s’allongea et durcit.
Cependant, même s’il était plus que tenté, il se demanda s’il ne fallait mieux pas qu’ils parlent avant.
Wyatt attrapa sa main et la porte à ses lèvres. Il embrassa le bout de son index avant de le prendre dans sa bouche et de le lécher. Il aurait tout aussi bien pu sucer son pénis.
Kembou trancha en son for intérieur : ils discuteraient après… Il récupéra son doigt après un moment, l’attira dans ses bras et commença à retirer le haut de Wyatt qui se laissa faire avant de lui rendre la pareille.
Le temps d’arriver au lit, ils étaient nus.
Au fil des semaines, ils avaient testé toutes sortes de choses et de positions, et les préférences de chacun s’étaient confirmées. Kembou adorait plonger à l’intérieur de Wyatt qui aimait être pénétré, qu’il soit en dessous ou au-dessus. Ils appréciaient également tous les deux les fellations, mais pas en s’allongeant tête-bêche pour les faire en même temps.
Kembou ne se montra pas exactement tendre, pilonnant Wyatt sans relâche jusqu’à ce qu’ils jouissent à quelques instants d’intervalle.
Ils restèrent étendus et haletants, côte à côte puis Wyatt se mit à tracer distraitement des lignes sur le torse de Kembou.
— Encore désolé. Je suis fatigué et j’étouffe dans cette école que m’ont imposé mes parents. J’ai le sentiment que j’aurais dû me battre pour imposer mes désirs, mais que c’est trop tard,  que je suis prisonnier. Tu ne rêves pas toi, que les choses soient différentes ? Tu te satisfais vraiment de ton boulot au supermarché, que notre relation doive rester secrète ?
Kembou ne pouvait prétendre que oui. Cependant, avant qu’il ne puisse répondre, Wyatt reprit :
— Imagine que tu puisse mener la vie que tu veux sans avoir à t’inquiéter de rien… Comment la verrais-tu ?
Kembou pressa pensivement ses lèvres sur la tempe de Wyatt.
— Je ne sais pas pour le travail, mais je vivrais avec toi, sans me cacher.
— Oh oui, ce serait formidable… Je ne te l’ai pas dit, mais vendredi soir m’a mère m’a rendu une visite surprise et j’avais mis la table pour nous deux et bien sûr, elle a voulu savoir qui j’attendais aussi tard, et je me suis retrouvé à lui mentir et à m’inventer une petite amie. La faire partir après cela, a été dur, parce qu’elle voulait absolument la rencontrer alors j’ai raconté que c’était trop frais pour la lui présenter, qu’elle allait la faire fuir. J’ai dû carrément lui promettre de l’amener un week-end dans un mois.