mercredi 3 avril 2019

Chocolat blanc - 59

Kembou, surpris, du départ précipité de Dominique, chercha à le retenir, preuve qu’il n’y avait plus de tension entre eux.
— J’ai l’impression de te chasser.
— Non, c’est Wyatt, rétorqua Dominique. Amusez-vous bien, lança-t-il avec un clin d’œil avant de refermer la porte.
— Mais votre devoir…
Wyatt coupa Kembou en l’embrassant, nouant sa langue à celle de son ami et amoureux. Les mains de Kembou se posèrent sur son dos, le poussant à se coller davantage.
— Wyatt…
L’intonation prise par Kembou le fit frémir d’anticipation.
— On va au lit ?
Un hochement de tête. Quelques pas en silence.
— Tu me laisses te faire l’amour ?
La voix empreinte de désir de Kembou, c’était quelque chose.
Wyatt acquiesça. Il savait ce que cela impliquait.
Ou du moins, il croyait le savoir, réalisa-t-il quelques minutes plus tard, étendu, nu sur le drap après que Kembou l’ait patiemment déshabillé avant d’ôter lui même ses propres vêtements avec une promptitude.
Les mains de Kembou couraient sur son corps, sa bouche semait des baisers, sa langue glissait au creux de son cou, sur les pointes de ses tétons, le long de son pénis.
La première fois, ils avaient été droit au but, se préparant mutuellement à être pénétré. Ça, c’était très différent et infiniment plus troublant. Il voulut dire à Kembou qu’à postériori, il regrettait presque et qu’heureusement ils allaient pouvoir continuer à explorer et découvrir ensemble leur sexualité, mais les mots moururent sur ses lèvres, se muant à un râle de plaisir. Impossible de continuer à avoir des pensées cohérentes alors que Kembou semblait l’embrasser, le lécher, le toucher partout à la fois.
Wyatt était tremblant, brûlant, gémissant mais cela ne l’empêchait pas de vouloir encore plus, toujours plus. Et quand Kembou se décida enfin à plonger en lui, il était plus que prêt.
Il ne fut plus que pulsions et sensations, ses yeux se fermant pour mieux ressentir, puis s’ouvrant pour regarder Kembou en proie à la passion.
Wyatt jouit le premier, mais Kembou suivit de près, et se retira en douceur.

mardi 2 avril 2019

Chocolat blanc - 58

— Je dois retourner à mon devoir, déclara Wyatt sans cacher que cela ne l’enchantait pas le moins du monde.
— Oui, je sais. Pas de problème, assura Kembou.
Wyatt s’attarda auprès de lui et lui accrocha son manteau.
Kembou captura sa bouche pour un baiser de plus avant qu’ils ne rejoignent Dominique.
— Salut ! dirent dans un bel ensemble ses deux amis.
Le sourire qui flottait sur les lèvres de Wyatt s’élargit.
— Je te promets… commencèrent Dominique et Kembou en même temps.
Ils s’interrompirent. Wyatt pouffa.
— Vous feriez un bon duo comique.
— Il n’y a que toi que cela fait rire, répliqua Kembou en l’enveloppant d’un regard tendre et amusé.
Wyatt se sentit fondre.
— Je voulais juste informer que je ne m’attarderai pas plus que nécessaire, intervint Dominique.
— Et moi que je ne comptais pas vous déranger. Je pensais cuisiner pour vous, faire un dessert, histoire de profiter qu’il y ait un four.
La perspective d’un gâteau maison allécha Wyatt.
— Merci. Tu es un ange.
— Rien que ça ? demanda Kembou, les yeux pétillant de malice.
— Il fait chaud ici, déclara Dominique en s’éventant de la main.
Wyatt détacha son regard de Kembou avec difficulté pour lui accorder un coup d’oeil.
C’était vrai, mais ce n’était pas comme s’ils pouvaient vraiment baisser la température, le chauffage étant partagé dans l’immeuble et les radiateurs non réglables.
— Tu veux qu’on ouvre la fenêtre ?
— Cela n’arrangerait pas grand-chose. La manière dont vous vous dévorez des yeux est presque aussi torride que si vous vous rouliez un patin.
— Tu exagères… protesta Wyatt tandis que Kembou préférait disparaître dans la cuisine.
Wyatt fit des efforts pour travailler, ne pouvant s’empêcher d’écouter les bruits que faisaient Kembou dans la pièce d’à côté.
Dominique comprit avant lui qu’il n’arriverait à rien.
— Tu es complètement ailleurs. Bon, écoute, pour cette fois, et cette fois seulement, je vais me charger de ta partie en plus de la mienne, car clairement, c’est une autre partie de ton anatomie qui est aux commandes pour l’heure.
Wyatt aurait aimé rétorquer que son cerveau était en parfait état de marche, mais en vérité, il était bel et bien bloqué sur Kembou et tout ce qui était possible maintenant qu’ils étaient dans le même espace.
— Tu veux vraiment bien ?
Dominique opina.
— Tu es le meilleur. Je te revaudrais ça.
— J’y compte bien répliqua Dominique en rassemblant ses affaires.

lundi 1 avril 2019

Chocolat blanc - 57

— Tu t’absentes encore ce week-end ? demanda Rokia.
Kembou acquiesça. Il aurait fallu une catastrophe pour l’en empêcher. Il brûlait de reprendre Wyatt dans ses bras, de le faire sien. Ces cinq derniers jours s’étaient écoulés avec une lenteur terrible, ses pensées revenant sans cesse à leurs baisers et leurs caresses, au moment où ils n’avaient fait qu’un. Il avait été obligé de prendre des douches froides.
— Encore fourré chez cette face de craie ! Tu étais déjà avec lui la semaine dernière. Tu ferais mieux de te faire de vrais amis.
Kembou avait sur le bout de la langue que Wyatt était bien plus que cela, mais il se contint.
— J’y vais, dit-il, pour couper court à une conversation qu’ils avaient déjà eu un trop grand nombre fois.
Rokia le retint par le bras.
— Pourquoi c’est toujours toi qui fait le déplacement ?
Kembou serra les dents. Son frère allait lui faire rater son bus et son train dans la foulée.
— Sans doute parce que quand il vient ici, tu es aussi accueillant qu’une porte de prison, grommela-t-il.
— Si c’est le cas, c’est une chochotte.
Kembou se libéra d’un geste sec et partit à grandes enjambées furieuses. Il ne savait pas combien de temps encore il allait supporter que Rokia insulte Wyatt sans lui mettre les points sur les i.

                                                     *

Wyatt regarda l’heure. Kembou aurait déjà dû être arrivé. Il soupira. Il ne parvenait pas à se concentrer. Dominique lui donnait pourtant l’exemple, yeux rivés sur son écran, doigts volant sur les touches.
Wyatt inspira à fond et tâche de se remettre à l’ouvrage. Peine perdue ! Il semblait incapable de penser à autre chose que Kembou, sa bouche contre la sienne, ses mains sur lui, son doigt en lui. Cela l’avait obsédé toute la semaine. Il ne comprenait plus les réticences qu’il avait pu avoir à ce qu’ils s’embrassent et tout… Cela avait été parfait ou presque. C’était vraiment étrange de songer qu’il avait failli passer à côté de quelque chose d’aussi extraordinaire parce qu’il n’avait pas envisagé possible que Kembou et lui puisse être ensemble de la sorte. Pourtant,  l’imagination n’était pas quelque chose qui lui faisait défaut.
Le bruit de la sonnette le fit sursauter. Il se leva précipitamment pour aller ouvrir. C’était bien Kembou. Ils s’embrassèrent à perdre haleine, gémissant dans la bouche l’un de l’autre.
Et puis Wyatt se rappela que Dominique pouvait les entendre. Il se détacha de Kembou à regret.