CHAPITRE 4
Le licornéen savait parfaitement que Pierrick ne s'était lancé dans cette quête de libération des espèces par amour pour lui. Ses propres motifs n'étaient pas plus purs : il avait voulu garder sa corne.
En général, les humains n'avaient pas besoin de la couper plus de deux fois avant que les licornéens atteignent leur maturité sexuelle, la première à la naissance, la seconde à l'adolescence, mais malheureusement pour Korel, la sienne repoussait vite, alors il avait vécu cette torture à quatre reprises. Il se souvenait des terribles maux de têtes qui chaque fois avaient suivi.
Il souhaitait que les siens n'aient plus jamais à subir cela, plus jamais à devoir coucher avec les humains qui ne voyaient en eux que des poupées qu'ils se moquaient de briser.
Il était d'ailleurs reconnaissant à Pierrick de ne pas l'avoir contraint à partager sa couche. Malgré cette retenue de sa part, il doutait de son amour, pas tant parce qu'il ne s'était pas déclaré que parce qu'il lui semblait que s'il avait été physiquement repoussant, Pierrick ne l'aurait pas aimé. Le manque de considération qu'il avait envers les orcéants était la preuve de sa superficialité. Il avait été éduqué dans l'idée que les humains étaient supérieurs aux autres espèces d'Erret et la plupart du temps, il y croyait.
Il était cependant aussi très protecteur à son égard. Ainsi, quand Korel avait eu le malheur de renverser accidentellement un verre de vin sur les genoux d'un des invités de son père, il était intervenu pour lui éviter une punition et présenté de plates excuses pour la maladresse de son serviteur. Il était impossible de détester Pierrick, l'aimer était une autre histoire.
Korel frotta pensivement sa corne. Il ne savait pas du tout ce dont il était capable grâce à elle, mais assurément, ils auraient besoin de toute l'aide possible, magique ou autre pour réussir à libérer Erret du joug humain.
Il appréciait grandement qu'ils aient un allié en Byll l'orcéant, et peut-être bien aussi en Rouge le dragon. Ils étaient tous deux impressionnants par leurs tailles et leurs dents, surtout le second.
Pour que le dragon vienne avec eux, il aurait fallu pouvoir le rendre invisible ou qu'il se métamorphose en une autre créature.
Pierrick avait dû arriver à la même conclusion, car il lança :
— Mon précepteur a mentionné l'existence de sorts permettant de changer de forme. Cependant, pour les réaliser, il faut posséder une grande puissance magique. Les apprendre sans cela est inutile. Puisqu'il ne me les a pas enseigné, je suppose qu'il jugeait que je n'avais pas le niveau, à moins que cela ne soit lui qui ne l'avait pas. Korel, peut-être ta corne pourrait nous indiquer un ou une amie des dragons les maîtrisant ?
— Je peux essayer, répondit Korel.
Ils avaient réussi à trouver un dragon par ce biais, même s'ils avaient dû en passer par Byll, aussi le licornéen était-il plus confiant que lors de ses premières tentatives pour user de ses pouvoirs.
En général, les humains n'avaient pas besoin de la couper plus de deux fois avant que les licornéens atteignent leur maturité sexuelle, la première à la naissance, la seconde à l'adolescence, mais malheureusement pour Korel, la sienne repoussait vite, alors il avait vécu cette torture à quatre reprises. Il se souvenait des terribles maux de têtes qui chaque fois avaient suivi.
Il souhaitait que les siens n'aient plus jamais à subir cela, plus jamais à devoir coucher avec les humains qui ne voyaient en eux que des poupées qu'ils se moquaient de briser.
Il était d'ailleurs reconnaissant à Pierrick de ne pas l'avoir contraint à partager sa couche. Malgré cette retenue de sa part, il doutait de son amour, pas tant parce qu'il ne s'était pas déclaré que parce qu'il lui semblait que s'il avait été physiquement repoussant, Pierrick ne l'aurait pas aimé. Le manque de considération qu'il avait envers les orcéants était la preuve de sa superficialité. Il avait été éduqué dans l'idée que les humains étaient supérieurs aux autres espèces d'Erret et la plupart du temps, il y croyait.
Il était cependant aussi très protecteur à son égard. Ainsi, quand Korel avait eu le malheur de renverser accidentellement un verre de vin sur les genoux d'un des invités de son père, il était intervenu pour lui éviter une punition et présenté de plates excuses pour la maladresse de son serviteur. Il était impossible de détester Pierrick, l'aimer était une autre histoire.
Korel frotta pensivement sa corne. Il ne savait pas du tout ce dont il était capable grâce à elle, mais assurément, ils auraient besoin de toute l'aide possible, magique ou autre pour réussir à libérer Erret du joug humain.
Il appréciait grandement qu'ils aient un allié en Byll l'orcéant, et peut-être bien aussi en Rouge le dragon. Ils étaient tous deux impressionnants par leurs tailles et leurs dents, surtout le second.
Pour que le dragon vienne avec eux, il aurait fallu pouvoir le rendre invisible ou qu'il se métamorphose en une autre créature.
Pierrick avait dû arriver à la même conclusion, car il lança :
— Mon précepteur a mentionné l'existence de sorts permettant de changer de forme. Cependant, pour les réaliser, il faut posséder une grande puissance magique. Les apprendre sans cela est inutile. Puisqu'il ne me les a pas enseigné, je suppose qu'il jugeait que je n'avais pas le niveau, à moins que cela ne soit lui qui ne l'avait pas. Korel, peut-être ta corne pourrait nous indiquer un ou une amie des dragons les maîtrisant ?
— Je peux essayer, répondit Korel.
Ils avaient réussi à trouver un dragon par ce biais, même s'ils avaient dû en passer par Byll, aussi le licornéen était-il plus confiant que lors de ses premières tentatives pour user de ses pouvoirs.