mardi 30 avril 2019

Chocolat blanc - 73

Au final, il ne resta plus à Wyatt qu’à annoncer les choses à ses parents.
Kembou proposa de l’accompagner, mais Wyatt refusa. Ce n’était pas la peine qu’ils soient deux à subir les foudres de ses parents qui, il le savait, seraient furieux, en partie à raison pour l’interruption de ses études, à tort pour sa relation avec Kembou.
    Il avait beau les avoir prévenus de sa visite, il trouva ses parents apprêtés pour sortir.
— Il faut que je vous parle.
— Eh bien, dépêche-toi, parce sinon tu vas nous mettre en retard, répliqua son père.
Wyatt aurait préféré qu’ils soient installés dans le salon pour discuter, mais il se résigna à ce que cela se fasse, debout, dans l’entrée, alors qu’ils étaient sur le départ.
— Je ne compte pas poursuivre mes études d’ingénieur.
— Quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ! s’écria son père, furieux.
— Tu n’es pas sérieux Wyatt ?! s’exclama sa mère.
— Ce n’est pas pour moi.
Ses parents tempêtèrent de concert, essayant de lui faire entendre raison, puis sa mère jeta un coup d’œil à sa montre.
Son père le remarqua et statua :
— Nous en reparlerons.
— Non, j’ai déjà pris ma décision. Et j’ai emménagé avec Kembou. Mon petit copain.
Sa mère blanchit et se raidit. Son père devint tout rouge, leva le poing et l’abattit sur la joue de Wyatt.
La force du coup le projeta à terre et l’instant d’après, son père s’accroupissait pour l’attraper par le col et le frapper encore.
Wyatt était trop sonné et choqué pour l’esquiver ou se défendre. Il avait imaginé des mots et des insultes, pas cette violence, pas cette impassibilité de sa mère qui regardait la scène sans protester, comme si elle considérait normal qu’il soit battu.
Les oreilles bourdonnante, un goût de sang dans la bouche, il cria à son père d’arrêter.
Alertée, Marina ne tarda pas à dévaler l’escalier.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Il se passe que ton frère est une putain de petite pédale paresseuse qui baise avec son sale copain noir que nous avions eu la générosité de lui laisser fréquenter, cracha le père de Wyatt en lui postillonnant dessus.
— Kembou est gay… Oh, je comprends mieux pourquoi il avait…
Marina s’interrompit, se rendant sûrement compte qu’il ne valait mieux pas que ses parents sachent qu’elle avait fait un jour des avances à Kembou.
Plutôt que de s’occuper de sa petite personne, elle aurait pu s’inquiéter pour Wyatt et la correction qu’il était en train de recevoir. Toujours est-il qu’avec sa bévue, elle obtint l’attention de leurs parents et Wyatt en profita pour se dégager et s’enfuir. Finalement qu’ils aient discuté dans l’entrée tournait à son avantage : la porte était juste derrière lui.

lundi 29 avril 2019

Chocolat blanc - 72

— Tu devrais au moins terminer l’année, bien réfléchir.
— Oui... Ceci dit, je ne veux vraiment pas faire le stage obligatoire en entreprise cet été. Je me suis renseigné et cela revient dans la majorité des cas à travailler un mois pour des cacahuètes et en plus devoir faire un rapport de stage. Tant qu’à faire de n’avoir pas le temps d’écrire mes histoires, je préférerai travailler et être payé.
Kembou se frotta la joue, l’air pensif.
— D’accord, je comprends. Je t’aiderai… D’ailleurs, il me semble que là où je suis employé, ils cherchent des hôtes de caisse.
— Débutant accepté ?
— Étonnamment, je crois que oui.
— Super !
Travailler au même endroit que Kembou était une perspective alléchante, même si le boulot en lui-même ne vendait pas du rêve.
Kembou l’attira à lui pour l’embrasser. Il devait juger qu’ils avaient fini de discuter de leur avenir pour le moment. Wyatt ne s’en plaignit pas, loin de là.

    Kembou se renseigna et Wyatt postula. Il fut embauché avec un démarrage en fin juin, ce qui était parfait.
Kembou ne pensait pas qu’ils se verraient beaucoup sur place, mais au moins ils seraient dans le même espace.
Tant qu’ils garderaient leurs jobs au supermarché, cette proximité serait un bonus, mais à terme, Wyatt espérait bien être que Kembou travaillerait dans une pâtisserie tandis que lui écrirait à plein temps.
En attendant, Wyatt aurait sûrement l’occasion de faire la connaissance avec les collègues de Kembou, notamment l’aimable Pierre qui avait volé dans les plumes de l’affreux Mathieu. D’ailleurs, Wyatt aurait peut-être aussi l’occasion de lui toucher deux mots à celui-là, il pourrait s’adresser à lui comme s’il était  débile, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce, à moins qu’il ne l’ignore purement et simplement.

    Visiter des appartements avec Kembou s’avéra plus plaisant que cela ne l’avait été avec son père. Il faut dire que leur critère essentiel était le prix. Bon, évidemment, il ne s’agissait pas non plus de prendre un truc dans un état déplorable avec des inconvénients flagrants, mais il n’était pas question non plus de se prendre la tête. Ils se décidèrent dès la cinquième visite pour un petit deux pièces meublé dépourvu de charme, propre et bien localisé.
La paperasse fut compliquée et délicate, mais ils en vinrent à bout, grâce aux parents de Dominique qui se portèrent caution pour eux. La mère de Kembou, elle, avait refusé. Elle les trouvait trop jeunes pour s’installer ensemble. Sans compter qu’elle était gênée qu’ils soient en couple.

lundi 22 avril 2019

Pause - chocolat fondu

J'ai fait une tentative ratée de couverture pour Chocolat Blanc aujourd'hui... 
Oui, j'aurais mieux d'écrire la suite et fin de Chocolat Blanc, car, oui, nous touchons à la conclusion, mais je vais me donner une semaine de réflexion pour être certaine qu'en dehors des dernières scènes que j'ai en tête, il n'y en a pas encore une ou deux autres qui mériteraient d'être développées !
Rendez-vous le 29 avril pour retrouver Wyatt et Kembou.
Et après la fin de Chocolat Blanc, comme précédemment annoncé, je ferai une longue longue pause, mais en donnant quand même des petites nouvelles, disons une fois par mois, pour vous dire si je n'ai fait que bouquiner les livres des autres ou si j'ai corrigé et écrit aussi !
(J'espère que vous avez passé de Joyeuses Pâques !)