mercredi 24 octobre 2018

Fin, pause et nouvelle histoire

Nous voilà arrivés à la fin de Bienvenue à Versélia, un peu plus court que prévu initialement.
J'ai enfin réussi à raconter mon histoire d'amour entre un homme et un arbre - oui, c'est moi, la spécialiste des romans bizarres !
J'ai plusieurs couples prévus entre différents verséliens, notamment le centaure et le dragon, mais je dois vous avouer que ce n'est pas toujours facile de mettre en scène des amours qui transcendent les genres et les espèces, alors pour le moment, je vais laisser Versélia de côté pour me consacrer à l'écriture d'une autre histoire avec des êtres 100% humains, sans doute celle de Taj et Malek, dans le monde des 4 points cardinaux.
Cependant, avant cela, pause jusqu'au 7 novembre !

Bienvenue à Versélia - 77

Leurs lèvres se joignirent et ce n’est que longtemps après qu’ils sortirent de la chaumière, le Gardien s’appuyant sur Grégoire.
Une fois à sa place, il se métamorphosa,  son feuillage encore maigre.
Grégoire s’adossa à tronc et ils parlèrent. Il y avait beaucoup de choses à raconter entre le retour forcé de Grégoire dans son monde, ses doutes sur l’existence de Versélia, ses difficultés à revenir, sa découverte de l’état catastrophique du Gardien, ses tentatives pour le soigner et son travail de médiateur. Le grand arbre commentait de temps en temps. Il était enchanté que Grégoire exerce un métier qui lui plaise en profondeur et surtout qu’il le fasse à Versélia.
— Au moins, je n’ai aucune concurrence, plaisanta Grégoire.
Puis redevenant sérieux, il dit :
— Tu sais, je ne regrette pas de m’installer auprès de toi, mais je suis triste pour mes parents.
— Passer de Versélia à ton monde n’est pas exactement facile, tu as pu le constater par toi-même, mais cela n’a rien d’impossible ou d’interdit.
— Vraiment ? Non, parce que je ne pouvais initialement quitter les lieux qu’à condition de me trouver… Ensuite, j’ai été éjecté comme un mal propre et après, j’ai tourné en rond dans la forêt pendant des heures.
— Oui, il n’y a pas de passage. Dans un sens comme l’autre, il faut une raison. Vouloir garder le contact avec ta famille en est une excellente et souhaiter revenir à mes côtés pour résoudre des conflits entre verséliens aussi. Sans compter l’équilibre que tu apportes en y vivant. Vu que Versélia s’est ouvert pour toi, non pas une, mais deux fois, le phénomène se reproduira.
Grégoire sourit. Son bonheur était complet. Se perdre avait du bon. Se retrouver aussi.
Le Gardien reprit :
— Il faudrait qu’on organise une petite fête.
— Pour célébrer ton rétablissement ?
Grégoire voyait déjà la scène : la table dressée chargée de pains de Vulkain, Sergeï papotant avec Saphir, Crystal perchée sur l’épaule de Zarn, Rufus parlant chiffons avec Galway qui n’aurait d’yeux que pour son dragon. Et, à un moment, ils descendraient au bord de la rivière pour bavarder avec Neegr...
La voix profonde du Gardien le ramena au présent :
— Non, pour te souhaiter la bienvenue à Versélia.

FIN

mardi 23 octobre 2018

Bienvenue à Versélia - 76

Grégoire se précipita vers lui, et s’arrêta juste à côté de lui, n’osant troubler son repos, puis finalement craqua et posa sa paume à plat sur le torse du Gardien au niveau du cœur.
L’homme-arbre recouvrit sa main de la sienne et murmura son prénom avant de dévoiler ses prunelles vertes.
Grégoire l’embrassa, des larmes de joie et de soulagement coulant librement sur ses joues.
— J’ai cru que je ne te reverrai jamais.
— Moi aussi, répondit le Gardien.
— Je suis désolé… Je n’ai pas choisi de te laisser. J’ai été enlevé alors même que j’avais décidé de rester pour être avec toi.
— Quand tu as disparu, j’ai imaginé mille possibilités et j’ai essayé de te contacter par le biais des rêves… Mais au bout du compte, je ne savais pas, peut-être t’étais-tu trouvé et avais-tu préféré partir.
— Sans un au revoir, après que nous ayons fait l’amour ? Jamais je n’aurais fait cela !
— Oui, cela ne te ressemblait pas. Mais je n’étais certain de rien. Pas même de tes sentiments à mon égard.
Grégoire faillit s’indigner avant d’être obligé de reconnaître qu’il ne les avait jamais formulés clairement. N’en déplaise à Zarn, montrer ne suffisait pas toujours, s’exprimer verbalement était parfois nécessaire.
— Je t’aime, déclara-t-il.
Le Gardien l’attira à lui pour un doux baiser. Il caressa ensuite d’un doigt l’une des joues mouillées de Grégoire.
— Ce sont les larmes que tu as versé qui m’ont ramené…
— Quoi ?
— Oui. J’étais mourant, j’avais sombré dans l’inconscience, mais la terre les a bues et je m’en suis nourri…
Grégoire regretta de les avoir retenues aussi longtemps, tout ça pour respecter cette règle idiote qui voulait que les hommes ne pleurent pas. C’était une preuve de plus qu’il fallait ne pas tout respecter à la lettre et faire la part des choses.
— Alors, tu n’exagérais vraiment pas quand tu affirmais que je t’étais devenu indispensable ?
— En effet, répondit le Gardien. Je vais devoir retourner pour terminer de me rétablir, ajouta-t-il dans un soupir.
— Oui, bien sûr. Tu n’aurais même pas dû te transformer, si ?
— Je pensais que c’était mieux pour nos retrouvailles.
— Un mot de toi aurait suffit à me combler.
— Je voulais pouvoir t’enlacer, répliqua le Gardien.
Et c’est ce qu’il fit.