jeudi 16 juin 2016

Pause

Je sais, ça ne fait pas longtemps depuis la dernière pause, mais je suis fatiguée et déprimée. Le danger de continuer dans ses conditions serait de bâcler l'histoire, le prochain épisode sera donc posté le vendredi 1er juillet. Désolée pour ceux et celles qui ont hâte de lire la suite.

Cœur de fantôme - 68

— Je n'avais pas songé à tout ce que cela impliquait, avoua Zack.
— C'est bien que Kazuya se montre respectueux de la vie du policier, mais résultat, il nous laisse sur le banc de touche !
— En même temps, tu dois bien admettre que mener une enquête criminelle n'était pas de notre ressort.
— Après tout ce que les fantômes m'ont amené à faire ces dernières années, je n'étais pas à ça près.
— Cela ne t'aurait pas dérangé que cette femme reste en toi des jours et des jours ?
Nino soupira et fut bien obligé de reconnaître que si, toute sympathique qu'elle soit. Mais il se sentait coupable de la situation. Au final, il n'était pas capable d'aider les fantômes à passer de l'autre côté, c'était Kazuya qui s'appuyait tout le boulot grâce à un pauvre gars qui n'avait rien demandé à personne.
Zack essaya de le consoler en parlant de son manque de courage. Il avait été terriblement soulagé que Kazuya s'empare du problème. Coller le train à un tueur, très peu pour lui !
Nino prit sa défense :
— Tu n'es pas un lâche pour autant. Face à Kazuya, la première fois, tu n'as pas pris la fuite.
Zack opina :
— Heureusement, car j'aurais eu beaucoup à regretter !
— Même si je t'embarque dans de drôles d'histoires ?
— Au moins, je ne m'ennuie jamais.

    Une semaine s'écoula sans que Kazuya ne donne le plus petit signe de vie - logique pour un  fantôme ! - mais cela leur pesa à tout les deux. Il leur manquait. Ensemble, ils n'arrêtaient pas de parler de lui. Qu'il joue la comédie à une étrangère déplaisait autant à Nino qu'à Zack. Certes, ce n'était pas vraiment lui, mais l'homme qu'il possédait, mais cela demeurait troublant et mettait en lumière un certain déséquilibre dans leur trio. Quoi qu'ils fassent, ils avaient deux corps pour trois. Kazuya avait beau les embrasser à sa manière, ce n'était jamais vraiment lui que Zack et Nino caressaient, mais leurs peaux respectives. En un sens, il leur échappait toujours. Nino était convaincu que Kazuya en souffrait, mais hélas il n'y avait pas de solution. Cela faisait longtemps que le corps de Kazuya était redevenu poussière et s'emparer de l'enveloppe charnelle de quelqu'un revenait à lui voler son existence. Même les personnes dans le coma – apparentes coquilles vides – ne méritaient pas ça et de toute façon, ce ne serait pas lui.

mercredi 15 juin 2016

Cœur de fantôme - 67

Après un instant d'hésitation, Nino acquiesça et vacilla. La femme fantôme s'en était allée.
— Nous rentrons, annonça Kazuya-Zack.
— Mais on ne peut pas laisser tomber ! s'écria aussitôt Nino.
— Ce n'est pas mon intention. Cependant, il est impossible de faire incarcérer le meurtrier avec le témoignage d'un fantôme. Zack a un travail, toi aussi. Le mieux est que je possède un policier pour m'occuper de trouver des preuves de sa culpabilité. Il suffira de téléphoner pour signaler la présence d'un squatteur rue des Sycomores pour en faire venir un.
Cette implication d'une tierce personne gênait Nino. Elle arrangeait Zack qui ne tenait pas à approcher un criminel, même s'il plaignait le policier qui serait temporairement le pantin de Kazuya. Nino finit par s'incliner et ils reprirent le train dans le sens inverse.
Une fois de retour, ils envoyèrent un mail à l'étudiant pour l'informer que suite à des évènements indépendants de leur volonté, ils ne pourraient le débarrasser du fantôme qui hantait les lieux que plus tard. En post scriptum, ils lui recommandèrent d'utiliser un casque pendant qu'il visionnait ses vidéos pornos.
Ils passèrent ensuite le coup de fil à la police. Zack comme Nino auraient aimé être dans le coin pour voir comment les choses se déroulaient, mais Kazuya le leur interdit. Il ne fallait pas risquer qu'ils se fassent interpeller bêtement. Il les appellerait pour leur indiquer que « l'infiltration » avait réussi.
Kazuya quitta le corps de Zack qui resta en tête à tête avec Nino dans l'appartement. Comme ils étaient dans l'expectative, ils n'étaient d'humeur à rien faire. Zack finit par lancer une comédie romantique pour se distraire et Nino le joignit.
Le film terminé, ils étaient toujours sans nouvelles. Ils sortirent faire des courses. Le mobile de Zack sonna, mais ce n'était que sa mère, il abrégea la conversation.
Ils avaient rangé leurs achats depuis déjà une bonne heure quand une voix inconnue retentit dans l'appareil :
— C'est moi, Kazuya. Première partie de la mission accomplie. Ne vous étonnez pas si je ne vous donne pas de nouvelles durant plusieurs jours. Je ne veux pas trop perturbé la vie de l'homme que j'occupe. Il est marié et a trois enfants.
Nino qui écoutait à côté voulu s'emparer du téléphone. Zack le lui passa volontiers. Il avait besoin de digérer que Kazuya allait mener la vie d'un autre – jouer le père et le mari. C'était une forme de trahison et d'infidélité pour le moins étrange.
— Tu ne peux pas faire ça... Il y a sûrement une autre solution... Oui, je savais bien que tu ne serais pas libre d'agir exactement comme tu voudrais une fois que tu aurais endossé l'identité de ce policier inconnu, mais... Non, Kazuya, ne raccroche pas... Et merde !