mardi 3 novembre 2009

Pause

J'avais prévu de faire la pause un peu plus tard que ça, mais pour des raisons indépendantes de ma volonté - oui, je sais, la formule est clichée - je la commence dès aujourd'hui.

Il n'y aura donc pas de nouveau épisode avant le vendredi 13 novembre.

Mais promis, après cette pause, je reviendrai avec plein de beaux épisodes du Suivant du Prince !

lundi 2 novembre 2009

Le Suivant du Prince - 10

Le prince se mit alors à donner des instructions brèves à Youri, une sorte de cours en accéléré sur les manières de bloquer, de feinter et d'attaquer.
– Pourquoi tu m'aides ? demanda le garçon d'auberge entre deux coups d'épée.
– Parce que tu m'es sympathique et que je participe juste pour m'amuser.
Cette déclaration surprit visiblement le jeune homme qui faillit perdre son arme.
– Tu n'as pas envie de gagner ?
Aldrick eut un bref rire : il imaginait la tête de son Grand Chambellan s'il emportait la victoire. Devenir son propre Suivant, voilà qui ne manquerait pas de piquant ! Néanmoins, organiser ce concours avait un coût, et même pour s'amuser, il n'était pas question d'en arriver là...
– En tout cas, pas contre toi, répondit-il en parant avec aisance une attaque du jeune homme.
– Comment se fait-il que tu en saches autant sur le maniement des épées ?
– Je travaille dans une forge, mentit Aldrick. Et maintenant, concentre-toi ! ajouta-t-il.
Youri se tut et continua à mettre en œuvre les conseils que Aldrick lui donnait. Le combat ne pouvait durer trop longtemps, aussi le prince finit-il par laisser son arme voler dans les airs. Cela ferait une victoire pour le garçon d'auberge... Après, c'était à lui de jouer ! A lui, de se débrouiller !
– Bonne chance ! murmura-t-il à Youri juste avant qu'un nouvel adversaire leur soit attribué.
Gagner était facile pour Aldrick, aussi prit-il un malin plaisir à faire durer plus que nécessaire l'ensemble de ses duels.
Avec cette épreuve, c'était la première journée du concours qui se terminait. Le prince aurait aimé attendre que les résultats soient donnés afin d'être certain que le garçon d'auberge n'ait pas été éliminé, mais il devait se mêler à la foule afin de regagner le château. Il préférait utiliser un chemin qu'à l'aller : c'était plus prudent.
Quand Aldrick entra dans le petit salon princier par une porte dérobée, le visage inquiet de Rudolf Hautcœur fut la première chose qu'il vit.
– Votre Altesse ! Enfin, vous voilà ! déclara le Grand Chambellan avec un soulagement évident.
– Je suis revenu aussi vite que j'ai pu.
– Je me faisais du souci et j'ai envoyé votre frère de lait à votre recherche.
Aldrick imagina le pauvre Léo courbé en deux dans le passage secret qu'il avait emprunté un peu plus tôt. Il allait être de mauvais poil à son retour, songea-t-il avec amusement.
– Ce n'était pas nécessaire. Pas plus que cela ne le sera demain.
– Vous ne comptez tout de même pas participer à toutes les épreuves... Si ?
– C'est mon intention, en effet. Et maintenant, si vous le voulez bien, je vais aller prendre un bon bain chaud.
– Comme il plaira à votre Altesse, répondit le Grand Chambellan en s'inclinant.
Il allait se retirer quand Aldrick le rappela :
– Rudolf ! Embrassez bien votre époux, pour moi.
Le Grand Chambellan s'empourpra, fit une nouvelle courbette, puis disparut. Le prince éclata de rire. Ce cher Rudolf était vraiment trop facile à taquiner !

(Fin du chapitre 3)

vendredi 30 octobre 2009

Le Suivant du Prince - 9

Ce dernier encaissa le choc et l'attrapa par la taille. Échapper à son étreinte de fer se révéla tout bonnement impossible. En un instant Aldrick fut violemment projeté à l'extérieur du cercle : il avait perdu ce round. Après avoir craché la terre qui s'était retrouvée dans sa bouche, il commença à se relever ; une main secourable l'aida à se remettre debout. C'était Youri qui, une fois sa victoire validée, était sorti du cercle. Sa main était large et calleuse et Aldrick se demanda brièvement quel effet cela ferait d'être caressé par pareille main. Au château, il était plutôt habitué aux mains lisses et manucurées...
– Désolé, murmura le garçon d'auberge.
– Pourquoi ? C'est normal de chercher à gagner.
– C'est vrai, mais comme nous avions discuté auparavant, je me sens un peu coupable.
La franchise du jeune homme plut au prince qui acquiesça. Finalement, l'attitude de l'ouvrier moustachu n'était pas si bête. Il est plus facile de se battre contre un parfait étranger...
– Il faut qu'on y retourne, déclara Aldrick.
– Pas moi, j'ai fini. J'ai mes dix victoires.
– Déjà !?
En même temps, s'il avait balancé tous ses adversaires avec autant d'aisance, ce n'était pas si étonnant.
– Cela sert de devoir mettre dehors les clients mauvais payeurs.
Aldrick ne put répliquer, un des pages qui s'occupait du bon déroulement du concours, était venu le chercher. Le prince, endolori par sa récente chute, eut du mal à obtenir son quota de victoires. Il n'avait pas vraiment eu l'intention de participer à toutes les épreuves du concours, mais il était à présent motivé par son intérêt pour le garçon d'auberge.

Cette fois, la pause parut bien courte à Aldrick. Trop vite, un roulement de tambours indiqua le début des duels à l'épée. La distribution des épées effectuée, on procéda à la constitution des paires. Cette fois, il fallait désarmer sept adversaires pour gagner. On était disqualifié si on ne parvenait pas à ce nombre. Le prince se retrouva immédiatement face à Youri. Le garçon tenait son épée comme un manche à balai. Il allait être éliminé, c'était sûr et certain. Or, Aldrick n'en avait pas envie...
– Tu ferais mieux de tenir ton épée comme moi, dit-il d'une voix basse.
Le jeune homme plaça sa main différemment, mais de façon toujours aussi maladroite. Son épée volerait en un instant dans les airs. Malgré tout, il fallait commencer le combat sous peine d'attirer l'attention sur eux. Aldrick se fendit en avant et porta une estocade que le jeune homme para du mieux qu'il pouvait.