vendredi 28 novembre 2008

Partie 2 - Chapitre 1 - Episode 3

Terry vira au rouge brique et il ferma les yeux.
– Tu as lu une page ratée de mon prochain roman homosexuel, n’est-ce pas ?
Terry rouvrit les yeux. Ben était toujours nu et cette fois, il n’était plus qu’à quelques centimètres de Terry, tenant dans sa main gauche la feuille de manuscrit qui avait surpris Terry.
– Dé…désolé.
– Cela n’a aucune importance, mais il vaut mieux que tu lises des histoires complètes. Je dois en avoir écrit une trentaine, tu n’as que l’embarras du choix.
Terry tout rouge et totalement perturbé par la proximité du corps nu de Ben mis une bonne minute avant de comprendre ce que celui-ci venait de dire.
– Trente ?! s’exclama Terry.
– Plus de trente. Cela s’écrit assez rapidement. Enfin, pour la plupart. C’est assez drôle à écrire.
– Mais…je croyais…
– Que j’étais seulement attiré par les femmes ? Non, je suis bisexuel. Peu m’importe le sexe, du moment qu’il y a du désir.
– Oh.
– Veux-tu coucher avec moi, Terry ? demanda Ben en se penchant sur l'adolescent.
Terry frémit. Il sentait le souffle de Ben contre son oreille. Malgré lui, il retint le sien.

jeudi 27 novembre 2008

Partie 2 - Chapitre 2 - Episode 2

– En fait, si. Mais je voulais vous parler.
– Entre donc, ou je vais attraper la mort.
– Oui, pardon, dit Terry en entrant précipitamment.
Ben se dirigea vers l’escalier et monta les marches, ne laissant pas d’autre choix à Terry que de le suivre. Il entra dans sa chambre.
– Je m’habille et je suis à toi, dit Ben en se tournant vers son armoire.
Pendant que Ben fouillait dans sa penderie à la recherche de la tenue idéale, Terry laissa son regard vagabonder sur le sol où des boules de papier traînaient. Une feuille non froissée à sa droite attira son attention. Pris de curiosité et d’enthousiasme à l’idée de lire un extrait d’un roman inédit de son auteur favori, Terry se pencha, ramassa la feuille et commença à lire :
« – Romuald, nous ne pouvons pas faire cela. Nos deux familles sont ennemies.
La voix de Julien tremblait en disant ces mots. Pressé contre la tenture violette, encerclé par les deux bras de Romuald, Julien n’en menait pas large. A la fois, il voulait que Romuald l’embrasse et en même temps, l’idée des représailles familiales le hantait.
– Tch. Ne tremble pas…
Romuald s’humecta les lèvres, se pencha…»
– Oh ! s’exclama Terry en lâchant la feuille.
Ben se tourna vers lui, quelques vêtements dans la main.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Huum…euh…rien, balbutia Terry, rouge comme une pivoine.
– Si tu le dis, dit Ben en haussant les épaules.
L’écrivain jeta les vêtements sur le lit, défit la ceinture de son peignoir…
– Je, je vais sortir dehors attendre que vous vous soyez changé, débita Terry à toute vitesse.
– Pourquoi ? Ce n’est pas nécessaire. Ça ne me gêne pas que tu sois là.
Terry collé contre la porte ouvrit de grands yeux, et puis, le peignoir glissa dévoilant la nudité de l’homme blond dans toute sa splendeur. Il ressemblait vraiment à un viking. Terry tétanisé, n’arrivait pas à décoller son regard de l’entrejambe de Ben. Moins impressionnant que celui de Roland, le sexe au repos de Ben n’avait toutefois rien à envier à celui de son frère.
– Je retire ce que j’ai dit. Je vais finir par me sentir gêné, Terry, déclara Ben.

mercredi 26 novembre 2008

Partie 2 - Chapitre 2 - Sexe et amour

Après une nuit étrangement bonne, Terry ouvrit un œil sur la réalité angoissante qui était la sienne. Le plafond était blanc avec quelques fissures comme hier, mais Terry, lui n’était pas du tout dans la même situation qu’hier. William avait promis qu’il ne dirait rien à ses frères de leur petite conversation dans la voiture, mais cela n’empêchait pas Terry de se faire du souci. A l’idée d’aller en cours et de voir Hanami ou Matsuka, Terry se sentit troublé. Comment résoudre le problème que lui posait les douze frères ? Terry décida de faire abstraction dans un premier temps du fait que tous les frères Tsukoji n'étaient pas tombés à ses pieds afin de choisir son préféré selon son coeur et, non selon les probabilités qu'il avait ou non de finir avec.
Mika, le jardinier, était le plus jeune et le plus grand des frères Tsukoji, et il lui avait donné son premier baiser. Il avait des yeux couleur charbon, un sourire craquant et des cheveux noirs dont les pointes avaient été teintes en blond sable. En même temps, c'était Hanami, le coureur papillon de son âge, le premier Tsukoji qui lui avait tapé dans l'oeil. Hanami était un beau brun aux yeux bleus qui avait un instinct protecteur développé et de la gentillesse à revendre. Cependant, Yuriko était également gentil et avec son accent chantonnant, ses yeux vert éméraude pétillants, ses tenues incroyables et ses longs cheveux noirs toujours coiffés de façon extravagante, il était très attirant. Mais ce n'était pas comme s'il ne pouvait pas dire la même chose de Charlie, le serveur. Terry le connaissait mal, mais il le trouvait aimable. Avec ses yeux et ses cheveux noirs, il avait également un air ténébreux, comme s'il cachait quelque secret. Toutefois, le plus mystérieux était peut-être Kanato qui ne disait presque rien, mais qui avait une voix tout bonnement divine. Physiquement, avec ses yeux bridés couleur noisette, ses cheveux bruns mi-longs et son anneau à l'arcade sourcilière, il ne payait pas trop de mine, mais son côté taciturne était étrangement fascinant. William ne l'était pas moins avec sa peau cuivrée et son regard outremer. Qui plus est, il était bibliophile, compréhensif et généreux. Bon, on ne pouvait en dire autant d'Amaki avec ses colères, ce qui ne l'empêchait pas d'être diaboliquement sexy avec son pantalon en cuir, ses cheveux teints en violet - la même couleur que ses yeux - et ses lèvres violacées. Oui, c'était définitivement un mauvais garçon par rapport aux autres Tsukoji qui étaient des crèmes. Certes, Roland était un peu sans gêne, mais très séduisant : grand, musclé, et, comme l'avait révélé sa nudité dans le bureau de la piscine, bien pourvu par la nature. Et puis sa tignasse rousse et ses yeux verts lui donnaient un charme fou. Néanmoins, Matsuka aussi était charmant avec ses yeux couleur suie et ses cheveux châtains, et il avait le sens de l'humour pour ne rien gâcher. Quant à Ben, on aurait vraiment dit un viking avec ses cheveux blonds mi-longs et ses yeux azurs. Et en plus, il écrivait des histoires qui faisaient rêver Terry. Oui, son écrivain favori avait un air sauvage et dangereux, qui était fascinant. Cependant, l'impression de sécurité et de sérénité qui se dégageait des yeux bleus de Tsumi et de ses cheveux bruns poudrés de blancs bien qu'il ait à peine vingt six ans, était tout aussi agréable. Sans oublier ses mains d'une douceur incroyable ! Enfin, il y avait Mel qui avait dix ans de plus que Terry et qui était son professeur de littérature. De la racine de ses cheveux blonds vénitiens à la pointe de ses chaussures vernies, en passant par ses yeux marrons brillants derrière les fines lunettes cerclées d'or, il était irrésistible. Non, il était décidément impossible de choisir entre douze hommes grands et séduisants. Du moins, pas en les passant simplement en revue dans sa tête. Terry se massa les tempes. Malheureusement, même en éliminant ceux qui ne s'étaient pas déclarés, la liste restait trop longue.
Ayant passé la majorité partie de son adolescence à étudier, Terry décida finalement de poser le problème sous forme mathématique. Après quelques gribouillages plutôt incohérents, une solution évidente apparue. X étant homosexuel contre toute attente et étant attiré par douze personnes à la fois, X devait aller clarifier sa situation auprès des 6 Y qui n’étaient pas amoureux de X. X allait donc sécher les cours du mercredi matin et aller voir Ben. Ainsi X éviterait ainsi de s’expliquer avec son camarade de classe Y et ne rencontrerait pas l'Y qui conduisait le car. Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

Terry partit comme s’il allait à l’école, puis il changea de route et marcha jusqu’à la maison Tsukoji. Là, il regarda la sonnette pendant au moins dix bonnes minutes avant de poser le doigt sur le bouton. Quelques instants s’écoulèrent encore avant qu’il presse effectivement le bouton de la sonnette. Pas de réponse. Terry en éprouva d’abord du soulagement, mais celui-ci fut vite remplacé par la déception. Il sonna encore deux fois. Rien. Au moment où il allait tourner le dos, la porte s’ouvrit en grand sur Ben. Il était vêtu d’un peignoir blanc qui se mariait divinement avec ses cheveux blonds pâles mi-longs et ses yeux bleus ciels. Il était presque aussi grand que Mika. Il n’était pas beau, il était tout simplement magnifique. Terry se figea de surprise. Au milieu des autres Tsukoji, Ben n’avait pas paru si sexy, mais là, seul, vêtu en tout et pour tout d’un peignoir qui s’ouvrait sur sa large poitrine…
– Tu ne devrais pas être en cours ?
La voix grave de Ben rappela Terry à la réalité. Il s’ébroua comme un jeune chien et s’éclaircit la gorge.