mercredi 9 juin 2021

Amour Alien - 15

 C’était Isabelle qui avait sonné l’alarme. Son alien avait apparemment cherché à l’embrasser.
Si certaines filles fustigeaient le Turquoise coupable, d’autres étaient d’avis qu’Isabelle avait hurlé pour pas grand-chose – ce n’était qu’un baiser, pas la fin du monde. D’autres encore supposaient qu’il s’agissait peut-être d’une incompréhension culturelle.
Joël pensait pour sa part que même si Isabelle avait eu raison de mettre le holà, elle exagérait, et que le Turquoise trop entreprenant avait en effet dû interpréter quelque chose de travers.
Finalement, Miranda mit fin à la dispute. Ce n’était qu’un malentendu. Il y avait eu plus de peur que de mal.
Les Turquoises, sous l’effet d’un discours de Bois-de-cerf et d’un second alien à la ramure tout aussi impressionnante, se calmèrent eux aussi.
Malgré les bonnes volontés de la majorité, la cohabitation entre aliens et terriens promettaient bien des difficultés.
                                                  *
Celui qui bâtit avait été trop vite en besogne, pressé à ne pas en douter de jeter les fondations de son couple. Pauvre Baat.
A cause de lui, Celui qui commande et Celui qui est sage avaient été obligés de rappeler à tous les vertus de la patience.
Il était important de laisser le temps aux extraplanétaires de s’acclimater. Elles avaient crashées sur leur planète et étaient par conséquent en situation de détresse. C’étaient à elles de faire le premier pas.
— Elle m’a invité, elle n’arrêtait pas de se lécher les lèvres, répéta Baat plaintivement.
Pour leur peuple, c’était en effet un signal de séduction, mais de toute évidence, cela ne voulait pas dire la même chose pour les extraplanétaires.
Cela n’aurait pas étonné Aarp que ce soit parce qu’elle avait soif. De façon curieuse, les extraplanétaires semblaient en effet perdre l’eau de leurs corps avec la chaleur.
En attendant, il se demandait si, en touchant ses lèvres, son extraplanétaire avait réclamé un baiser de sa part.
Ce n’était que par réflexe qu’il lui avait léché les doigts, et été agréablement surpris par le goût salé de sa peau, mais il fallait qu’il fasse attention à ne pas encourager son extraplanétaire qui semblait déjà bien trop intéressée par sa personne.

mardi 8 juin 2021

Amour Alien - 14

Joël avait oublié un détail de taille dans l’affaire : comme l’alien ne pouvait donner des conseils de façon verbale, du moins aucun que Joël ne soit capable de saisir, il n’arrêta pas de le toucher. Ses larges mains écailleuses recouvrant les siennes, maintenant ses fesses ou ses cuisses. C’était de la torture. Et, dans ses conditions, fournir des efforts pour grimper sans se laisser distraire appartenait au domaine de l’impossible.
Malgré tout, à sa propre surprise, Joël finit par réussir à retourner dans la cabane qui était sûrement celle de Lance.
Il y parvint en revanche les bras en feu, la gorge sèche et encore plus en sueur qu’il ne l’avait été à l’origine. Ce n’était pas demain la veille qu’il grimperait comme un singe, mais c’était un début.
Il était d’autant plus important qu’il s’habitue que rentrer sur Terre n’était pas au programme. A moins que les Turquoises ne cachent quelque vaisseau spatial dans leur oasis et sachent en prime comment se rendre sur Terre. Non, il ne fallait pas trop rêver… et puis, il y avait la théorie de Lilou sur les Turquoises à la recherche de partenaires.
Est-ce que Lance considérait Joël de la sorte ? Il n’en donnait pas l’impression. En tout cas, à aucun moment l’épaisse et longue verge entre ses jambes n’avait paru entrer en érection. Ce n’était ceci dit peut-être qu’une question de physiologie différente.
En attendant, Joël n’arrivait pas à se retenir d’y jeter des coups d’œil furtifs. La queue à l’arrière était également fascinante, de même que les cornes. Cela démangeait Joël de les caresser. Et il était également curieux de l’effet que pouvait faire la langue fourchue de Lance s’il en venait à l’embrasser.
La chaleur de la planète combiné à l’abstinence dans laquelle il avait vécu ces derniers mois devaient lui monter à la tête. Il n’y avait pas d’autres explications pour ce désir qu’il ressentait à l’égard de l’alien. Ou alors c’était parce que les Turquoises diffusaient des phéromones. Lance sentait vraiment bon. Joël tâcherait de demander aux autres filles si elles étaient attirées par un Turquoise, en espérant ne pas être le seul.
— Et maintenant, que fait-on ?
L’alien lui donna un gros œuf tacheté entouré d’une corde et surmonté d’un bouchon de bois.
— Merci, répondit Joël en prenant ce qui était à priori une gourde primitive.
Lance ne lui parlait guère, ce qui n’était pas super pratique pour apprendre le langage des Turquoises, tout en ayant un côté reposant.
— Rien à raconter ? demanda-t-il après avoir étanché sa soif.
Face au silence de l’alien, Joël, incapable de résister plus longtemps, sous prétexte de faire comprendre à Lance qu’il voulait l’entendre, il leva le bras vers la bouche turquoise et l’effleura.
Les lèvres de l’alien étaient rugueuses. Et la langue de Lance venue lui chatouiller les doigts, râpeuse.
Un petit rire échappa à Joël.
Des cris rompirent le moment, suivi d’une cacophonie de voix humaines et extraterrestres.
Quelque chose s’était passé. Il n’y avait plus qu’à découvrir quoi.

lundi 7 juin 2021

Amour Alien - 13

Lance l’entraîna jusqu’à une liane pendant à un tronc, se baissa et lui présenta son dos.
Même sans un mot, l’alien se débrouillait plutôt pas mal pour se faire comprendre.
Sa longue robe en velours si jolie et si peu pratique sur cette planète allait encore gêner Joël dans ses mouvements. Il n’y avait pas trente-six solutions. Il fallait la raccourcir.
Joël vint se placer devant Lance et mima l’action d’un ciseau avec deux doigts sur le bas du tissu.
Lance inclina la tête sur la droite, ce qui pouvait être aussi bien un signe d’acquiescement que d’incompréhension, puis lui montra à nouveau son dos.
Joël préféra mettre de côté le problème pour le moment et s’installa comme il put sur Lance qui les hissa en deux temps trois mouvements.
La cabane était sur le modèle des autres – pots aux murs, plantes séchant au plafond, meubles aux abonnés absents – il y avait cependant différentes armes primitives accrochées en plus.
Lance lui tendit ce qui ressemblait à une cisaille en prononçant un son que Joël tenta de répéter.
L’alien fut secoué de ce qui s’apparentait fort à un rire, mais un silencieux. Bien que différent, il était vraiment attirant.
Sous le regard d’or pénétrant de Lance, Joël se débrouilla pour couper sa robe juste au-dessus des genoux et se retrouva avec un bout de velours qu’il posa sur le sol, faute de savoir quoi en faire.
Lance lui attrapa ensuite les poignets et examina ses paumes comme s’il avait cherché à lui lire les lignes de la main.
Ses grands doigts turquoises remontèrent ensuite le long des bras de Joël qui aurait sûrement dû s’inquiéter de ses intentions, mais ne parvenait à s’empêcher d’apprécier ses attentions !
Bien vite, hélas, Lance s’arrêta et récupéra dans un des récipients deux espèces de bandes tressées qu’il enroula autour des mains de Joël.
Il descendit ensuite et Joël n’eut plus qu’à l’imiter.
Quand il fut en bas, Lance pointa à nouveau la liane et plaça les mains de Joël autour. Il voulait à priori que Joël apprenne à monter par lui-même.
Les bandes faisaient tout à coup sens. Il s’agissait d’une protection. Et un peu plus tôt, l’alien avait tâté ses muscles...
Joël exhala un soupir. Qu’avait-il cru au juste ? Que Lance le pelotait ? Ce n’était pas comme si Joël pouvait flirter avec lui, même s’il en avait envie… Non, parce que quelle était la probabilité que l’alien apprécie de découvrir qu’il était de sexe masculin ? A peu près autant que Joël en avait eu à la base d’être enlevé par des extraterrestres !
Bref, le mieux était de se concentrer pour apprendre à grimper sans aide. Cela faciliterait ses allées et venues.