jeudi 13 mai 2021

L'androïde amoureux - 78 (fin)

— Puis-je me connecter à toi ? Ou bien l’inverse ?
Grâce à son créateur, c’était possible, et il avait tout le matériel, préservatifs comme lubrifiant.
— Hein ?
Alex, plutôt que d’expliquer verbalement, glissa les mains sur les fesses de Val.
— Oh… Tu as une préférence ?
Ce type de question était toujours  problématique pour Alex.
— Et toi ? contra-t-il.
— Je veux tout avec toi… Pénètre-moi, pour cette fois… En tout les cas, nous sommes sur la même longueur d’ondes.
Cela ne faisait pas sens.
Conclusion, cela devait être une expression. Alex ne commenta pas et embrassa Val, leur retirant entre chaque pause une pièce de vêtement jusqu’à ce qu’ils soient nus tous les deux.
Il utilisa ensuite sa vitesse maximale pour récupérer le nécessaire.
— Tu ne peux pas me transmettre de maladie, et moi non plus, alors pourquoi les préservatifs ?
— C’est plus pratique pour le nettoyage.
— Bon point. Mais on s’en passera à l’avenir, d’accord ?
— Oui, dit Alex, enregistrant l’information. Un futur avec son humain, c’était tout ce qu’il demandait.
Il prépara Val à l’accueillir, surveillant le moindre signe de gêne sur son visage.
Il y avait une distinction subtile, mais reconnaissable entre les gémissements de plaisir et ceux exprimant la douleur.
Le fait que son amoureux cherchait activement à s’empaler sur ses doigts était une confirmation supplémentaire que tout allait bien.
Le moment était venu de les remplacer par son pénis. Il l’enfonça dans le corps de Val avec précaution jusqu’à être complètement à l’intérieur.
Être branché à lui affolait positivement ses circuits.
Il effectua des mouvements mesurés de va-et-vient tandis que Val haletait son prénom.
Alex referma la main sur le pénis de son amoureux, le caressant en rythme.
Val éjacula, et Alex aussi, parce qu’il savait que ce dernier préférait qu’ils jouissent ensemble.
Bien qu’avoir leurs deux corps connectés soit spécial, Alex se retira – il s’agissait de ne pas causer le moindre inconfort à son amoureux.
Il se plaça sur le côté pour le regarder, gardant le contact en entremêlant leurs jambes.
— Je suis tout à toi, maintenant, murmura Val.
Alex n’avait possédé jusque là rien d’autre que le pendentif que lui avait offert Val. Ce cadeau-là était différent.
— Est-ce que cela signifie que tu m’appartiens ?
— Oui et la réciproque était vraie. Tu es à moi.
Cette égalité entre eux était précieuse et parfaite.
Val attrapa le rouage autour de son cou.
— Tu es comme mon soleil, Alex et tu rends chaque jour de ma vie plus beau.
Alex effleura le pendentif arc-en-ciel de son amoureux.
— Tu es toutes les couleurs de mon monde. Nous appartenons l’un à l’autre.
— Jusqu’à la fin de nos jours, confirma Val.
Alex sourit, Val aussi, unis dans un même bonheur.
 
FIN

mercredi 12 mai 2021

L'androïde amoureux - 77

Valérian prit une profonde inspiration.
— Je vais vieillir et mourir, un jour, pas toi.
Le moment où Alex déduisit les conséquences de cette déclaration, fut visible. Il se figea, cessant de donner l’illusion qu’il respirait comme tout le monde.
— Tu veux rompre ? lâcha Alex, un éclat métallique dans sa voix.
— Non ! s’écria Valérian avant de dévoiler pêle-mêle les pensées qui l’avaient traversées la veille au soit et son éventuel espoir qu’Alex puisse être transformé au point que son corps s’use en quelque sorte comme celui des humains.
— Sans entretien et réparation, je cesserai éventuellement de fonctionner, mais une évolution progressive de mon enveloppe corporelle n’est, à ma connaissance, pas faisable. Altérer mon apparence tient par contre du domaine du possible, mais ce ne sera pas optimal. Tu mérites d’avoir un amoureux humain, quelqu’un comme Jason.
Un vieillissement cosmétique, était une bonne solution, et Valérian ne pouvait pas lui laisser dire ça.
— Je ne veux ni de ton frère ni personne d’autre, juste toi, protesta-t-il avec véhémence en se collant à l’androïde qui le serra aussitôt contre lui en retour.
— Je te complique l’existence.
— Peut-être, mais tu l’embellis aussi.
— Le jour où tu mourras, mon programme s’autodétruira... J’ajouterai dès que possible le code nécessaire pour m’éteindre en même temps que toi.
En d’autres termes, Alex ne souhaitait pas exister dans un monde dans lequel Valérian n’était plus.
Valérian l’embrassa. Peu importait les difficultés, il souhaitait vivre avec l’androïde, partager avec lui toutes ses premières fois jusqu’à son dernier souffle.
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Les humains avaient une durée de vie limitée. Val avait confronté Alex aux implications de cette connaissance théorique.
L’espérance de vie d’un être humaine étant de 79,7 ans pour les hommes, ils avaient environ 62 ans devant eux, sauf accident ou maladie grave. Les humains étaient si fragiles. Alex ne pouvait être sûr du nombre d’années qu’ils auraient, ce qui était… frustrant.
Accumuler des souvenirs avec son humain était en conséquence une priorité, une urgence. Il n’y avait pas une seconde à perdre.

mardi 11 mai 2021

L'androïde amoureux - 76

 « J’ai terminé le recueil de nouvelle le Cycle des robots d’Isaac Asimov. Tu as d’autres œuvres de lui à me faire lire ? »
Valérian passa en revue lesquelles il voulait partager en priorité avec lui, et tout naturellement il en vint à penser au recueil de nouvelles L’homme bicentenaire, et à l’adaptation cinématographique qu’avait reçue l’histoire ayant donné son nom au recueil.
Alex pourrait-il, comme le robot Andrew, se débrouiller pour devenir mortel et être reconnu comme humain ? Jason serait-il en mesure de modifier le corps d’Alex en ce sens ? Leur père serait sûrement plus qualifié pour y parvenir, mais s’adresser à ce tordu était hors de question et de toute façon, il était inutile de dresser des plans sur la comète tant qu’il n’avait pas abordé le sujet avec Alex.
L’androïde n’aurait pas forcément envie de changer son corps et c’était une décision qui lui appartenait.
« Je peux t’apporter un autre livre dès aujourd’hui. »
C’était une discussion à avoir de vive-voix, les yeux dans les yeux.
« D’accord. Viens quand tu veux. »

Valérian, tendu face à l’importance de l’énormité de la discussion qu’il allait avoir avec Alex, traîna chez lui, ne partant qu’en début d’après-midi.
L’androïde l’accueillit avec un baiser à rallonge qui lui fit momentanément tout oublier.
— On ne devrait pas faire ça, dans l’entrée… Jason et ton père…
— Ils ne sont pas ici. Jason est au cinéma avec Hana et mon créateur est parti pour le week-end à une conférence sur la robotique.
Ils étaient donc seuls. Assurément, Valérian ne regrettait pas que le père de Jason et inventeur d’Alex soit absent. Même s’il ne l’aurait sans doute pas vu, car quand il n’était pas à son travail, il passait apparemment tout son temps enfermé dans son atelier.
Quant à Jason, il serait toujours temps de discuter avec lui plus tard. Valérian était content pour lui de le savoir en rendez-vous avec Hana.
Ils montèrent dans la chambre d’Alex qui était toujours terriblement vide.
Valérian ne savait comment aborder le sujet qui le tourmentait depuis la veille. Leur potentiel impossible avenir ensemble.
— Tu n’es pas dans ton état normal, remarqua Alex.
Il était si doué pour discerner les émotions que c’en était troublant.
— Un truc me perturbe, reconnut Valérian.
— Peux-tu spécifier ? A moins que tu préfères ne pas en parler.
Alex était vraiment le petit ami rêvé et Valérian ne voulait renoncer à lui à aucun prix.