vendredi 12 mars 2021

L'androïde amoureux - 34

Valérian s’installa tout contre Alex et posa en douceur  la tête sur son épaule.
— Je t’aime, déclara-t-il.
C’est vrai qu’ils ne se connaissaient pas depuis très longtemps, mais il était bel et bien mordu. Alex se pencha et captura ses lèvres dans un interminable baiser.
Valérian, la tête légère, se laissa basculer en arrière sur le matelas.
Alex accompagna le mouvement, sans cesser de l’embrasser, le recouvrant de son corps ferme. Le pénis de Valérian s’allongea et durcit. Ses hanches tressautèrent involontairement, et il se frotta contre Alex qu’il sentit réagir. Lui aussi avait à son tour une érection, preuve que Jason avait menti.
Alex se détacha de sa bouche.
Valérian prit une goulée d’air bienvenue.
Il était dommage que ses parents soient en bas, à attendre. Et en même temps, c’était aussi bien, ce n’était que leur premier rendez-vous et ils avaient été tous les deux secoués.
— On ferait mieux de descendre.
Alex se releva et, galant comme toujours, lui tendit la main pour l’aider à faire de même.
— Enfin, dans une minute, ajouta Valérian.
Non, parce que là, leur excitation mutuelle était visible, songea Valérian, en ne pouvant s’empêcher de lorgner l’entrejambe d’Alex, ce qui n’arrangeait en rien la rigidité de son sexe.
— 60 secondes se sont écoulées, l’informa soudain Alex.
Valérian s’ébroua.
— Vraiment ? dit-il.
La manie qu’avait Alex d’utiliser des chiffres ultra-précis comme s’il avait avalé une montre ou un GPS, ne manquait jamais de l’amuser.
— Oui. On y va ?
— Dans cet état ?
Valérian pointa le tissu tendu de leurs pantalons.
— Tu veux que je m’occupe de ton pénis ? demanda Alex.
C’était aussi cru qu’inattendu. Et tout à coup, Valérian réalisa qu’il ne savait rien du passé amoureux d’Alex, à quel point il était expérimenté ou non… Alex était peut-être sorti avec plein de monde avant lui et d’ailleurs, il avait évité de répondre à sa déclaration d’amour  avec son baiser à rallonge.
Ses pensées furent l’équivalent d’une douche froide.
Il y eut un coup à la porte qui s’entrebâilla sur sa sœur.
— Alors, ton petit ami va mieux ?
Valérian acquiesça. C’est lui qui commençait à se sentir mal.
— Je suis son amoureux, annonça Alex.
Ça sortait de nulle part, mais c’était réconfortant.
— Oui, je suis au courant, grommela sa sœur.
Peut-être qu’Alex avait déjà été en couple à plusieurs reprises, peut-être qu’il ne l’aimait pas encore vraiment, mais il était pour l’heure avec lui.
Valérian put finalement faire les présentations dans les règles.
Alex se montra d’une politesse sans faille. Ses parents aussi, sa sœur, pas vraiment. Elle l’avait à priori pris en grippe.
Au bout d’un petit moment, Alex, après avoir assuré qu’il était assez en forme pour rentrer seul, prit congé. Cela n’avait pas été leur plan initial, mais Valérian comprenait bien qu'il ne s’attarde pas.
Ses parents le félicitèrent pour son petit ami bien élevé, mais sa sœur, elle, se montra critique :
— Il est bizarre ton copain.
— Peut-être, mais il n’en est pas moins génial, riposta Valérian.

jeudi 11 mars 2021

L'androïde amoureux - 33

Alex étant mal en point, au lieu de faire les présentations, Valérian expliqua vite fait, mal fait ce qui s’était passé à ses parents et sa sœur qui l’aida à installer Alex sur le lit dans sa chambre.
Sa mère ramena un verre d’eau et un morceau de sucre.
— Mer-ci, répondit Alex avant de boire quelques gorgées et de manger.
Il ne paraissait pas plus pâle que d’habitude, mais ses mouvements étaient ralentis. Le contre-coup du sauvetage.
Valérian se sentait parfaitement inutile.
— Je pourrais le ramener chez lui, en voiture, proposa son père.
— Après s’être reposé, il ira mieux, assura Valérian, parce que c’est ce qu’il espérait.
— Il a sauvé un enfant, c’est ça ? demanda sa sœur.
Valérian, répondant aux différentes questions de sa famille, raconta à nouveau la manière dont le garçon avait échappé à sa mère et sauté sur la route et comment Alex lui avait couru après, le mettant in extremis hors de danger.
Sa sœur semblait incrédule.
— Pourriez-vous me laisser seul un petit moment ? demanda Alex.
— Oui, bien sûr, tu dois avoir besoin de calme, dit sa mère, les poussant vers la porte, Valérian compris, malgré ses protestations.
— Il se prend pour qui, celui-là ? grommela sa sœur dans le couloir. Nous sommes chez nous.
C’est sûr que comme première impression, on pouvait mieux faire. Elle ne voyait pas Alex sous son meilleur jour.
Valérian essaya de le défendre, mais elle l’interrompit :
— Tu as dressé un portrait super flatteur de lui, mais il n’a rien de spécial.
— Allons, ma chérie, tu devrais prendre en compte les circonstances, intervint leur mère.
— Il faut être un idiot pour se jeter sous les roues d’une voiture.
— Même pour sauver un enfant ? s’insurgea Valérian.
— Ne vous disputez pas, coupa leur père. Descendons plutôt.
— Je préfère rester à l’étage. Je veux pouvoir entendre Alex.
— Tu devrais le laisser se reposer tranquille.
Au final, Valérian fut contraire de suivre le mouvement, mais il n’écouta que distraitement la conversation et il retourna dans sa chambre, une fois que vingt longues minutes se furent écoulées.
Alex était assis sur le lit.
— Tu te sens mieux ? demanda Valérian en se précipitant vers lui.
— Oui, affirma Alex. Je vais présenter mes excuses à tes parents et sa sœur, ajouta-t-il en se levant.
— Non, c’est bon, ne t’inquiète pas. Il n’y a pas d’urgence.

mercredi 10 mars 2021

L'androïde amoureux - 32

— Pas nerveux à l’idée de rencontrer ma famille ?
— Non.
Valérian, lui, l’était. Il voulait que ses parents comme sa sœur apprécient Alex. Son premier vrai petit ami, son héros, son gentleman qui était en train de se faire mouiller l’épaule afin que Valérian soit complètement à l’abri sous le parapluie. Il était vraiment attentionné.
— Colle-toi donc à moi, autrement tu vas être trempé comme une soupe.
— Je suis loin de l’état liquide, répondit Alex en se rapprochant malgré tout de lui.
Valérian ne résista pas et se mettant sur la pointe des pieds, l’embrassa, savourant la douceur de ses lèvres, avant de fourrer son nez dans le cou d’Alex.
Se montrer aussi démonstratif en public n’était sans doute pas une bonne idée, surtout après avoir fait la leçon d’Alex un peu plus tôt quand ils étaient devant le cinéma, mais quand Valérian repensait à la manière dont Alex s’était élancé sur la route pour sauver l’enfant, comment la voiture était passée juste derrière eux, il avait besoin de le toucher et de le sentir. Alex possédait un parfum vanillé réconfortant qui lui rappelait de façon curieuse, celui d’un jouet de son enfance.
— Val ?
La voix d’Alex était éraillée.
— Désolé. Tu aurais pu terminer à l’hôpital…
— Non… Oui… Je vais devoir rentrer chez moi, finalement.
— Maintenant ?
— Je… J’ai une baisse d’énergie.
Il devait vouloir dire de tension. C’était le signe qu’Alex avait été plus remué par l’incident qu’il ne l’avait laissé paraître.
— Nous ne sommes qu’à deux pas de chez moi. Tu pourras t’allonger dans ma chambre et manger un truc.
— Je serais mieux chez moi, dit Alex lentement.
— Alors, je te raccompagne.
Alex vacilla légèrement sur ses pieds. Valérian lui apporta aussitôt son soutien.
— Appuie-toi sur moi, l’encouragea-t-il.
— Non, je suis lourd.
Sûrement, Alex exagérait, songea Valérian, avant de réaliser, quelques mètres plus loin, que non, pas du tout ! Alex pesait son poids et le mieux était donc encore d’aller chez lui. C’était plus près.