lundi 5 octobre 2020

Comme les doigts de la main - 16

Blaise se rendit tranquillement dans la salle de bains attenant à sa chambre, Huo sur ses talons. Pendant que Marin se dépêchait – quelle drôle d’idée – d’aller informer les deux autres de leur petite virée et de ses conséquences. 
La pièce carrelée de jaune était lumineuse et fort jolie. Il n’y avait pas de baignoire, mais une grande douche aux parois transparentes. 
— C’est aussi la salle de bain que j’utilise, précisa Huo, en s’asseyant d’un bond sur le comptoir à côté du lavabo. 
Blaise se déshabilla sans hâte et sans se préoccuper de la présence de Huo. Le jeune homme roux pouvait le dévorer des yeux s’il en avait envie. 
— Tu veux m’aider à me laver ? demanda-t-il, songeant que moins il en faisait, mieux c’était. Huo fronça le nez. 
— Non merci, je déteste l’eau. En revanche, je te sécherai volontiers. 
Blaise prit une longue douche, puis sortit ruisselant d’eau sous le regard brillant de Huo qui s’empara aussitôt d’une serviette éponge. Le rouquin la passa sur le corps de Blaise, ce qui se révéla intime et excitant. 
— On baise ? proposa Huo. Blaise hésita. Il était en érection et Huo était désirable, mais il y avait un côté sportif à l’activité. 
— Je ferais tout le travail, affirma Huo comme s’il avait lu dans ses pensées. 
— OK. 
Ils gagnèrent le lit où Blaise s’allongea. Huo se déshabilla avec des mouvements gracieux, récupéra un préservatif lubrifié dans la poche de son short et l’enfila sur la verge dressée de Blaise. Le jeune homme roux se mit ensuite à califourchon au-dessus de Blaise. 
Cela semblait rapide, comme ça sans autre préparatif. Il risquait d’avoir mal. Blaise trouva avec peine l’énergie de lui faire remarquer. 
— Ne t’inquiète pas, j’adore la sensation de brûlure, répliqua Huo. 
Il s’abaissa avec lenteur sur le pénis de Blaise jusqu’à l’enserrer dans le chaud fourreau de son corps. Il monta et descendit ensuite à un rythme effréné avec des miaulements de plaisir. 
Blaise se laissa chevaucher jusqu’à ce que Huo jouisse, entraînant son propre orgasme. 
En l’absence de mélange de fluide, il n’y eut pas de fusion. 
Huo encore tout pantelant était toujours sur Blaise quand la porte s’ouvrit sur Gaïus, Céleste et Marin.

vendredi 2 octobre 2020

Comme les doigts de la main - 15

Le gars en jogging se rapprochait dangereusement d’eux.
Huo lui balança un puissant jet de flammes qui parut ne pas avoir le moindre effet.
Le type esquissa un lent sourire sardonique et déclara :
— Tiens, tiens, un petit nouveau, je me demande ce qu’il a dans le ventre.
OK, le gars n’était pas normal… Et était-ce des pantoufles qu’il avait aux pieds ?
Blaise n’allait pas fuir la queue entre les jambes pour autant. Le problème étant qu’il ne savait pas quoi faire, si ce n’est filer un coup de poing bien senti dans la tronche du sale type. Cependant, comme il avait résisté aux flammes de Huo, Blaise doutait que cela suffise.
Marin ferma la bouche. Le nettoyage était à priori fini.
Avant que Blaise n’ait le temps de le questionner, le brun aux yeux vairons fut sur lui, enroulant sa langue autour de la sienne.
Un instant plus tard, il se fondait en Blaise dont le crâne chauve se couvrit de cheveux bleus tandis que les semelles de ses chaussures s’enfonçaient dans le trottoir.
— Ce petit tour de passe-passe ne changera rien, affirma le sale type sans rien perdre de sa superbe.
— On verra, riposta Huo, ses flammes dansant autour de lui à un rythme endiablé.
Blaise espérait pour lui que cela le protégeait du gars qui tendit tranquillement le bras vers eux.
Il ne semblait pas pressé d’attaquer.
« Ne le laisse te toucher à aucun prix ! »
Cette mise en garde de Marin paraissait excessive. Enfin, il devait savoir.
Et si c’est moi qui initie le contact ? pensa-t-il.
« Ça va, mais cela implique de se mettre à sa portée. »
Profitant que le sale type prenait tout son temps, Blaise lui porta un coup en pleine poitrine.
Il fut surpris quand son poing le traversa de part en part.
« C’est à cause du pouvoir de l’eau. Il faut que tu te solidifies à nouveau. »
Comment ? grommela Blaise en son for intérieur.
« Je ne sais pas. » avoua Marin, son regret palpable.
Huo cria quelque chose à leur intention que Blaise n’entendit pas. Il était comme sous l’eau.
Leur ennemi enroula sa main autour du poignet de Blaise.
Merde, juste ce qu’il ne fallait pas !
Afin de protéger Marin des conséquences de sa bêtise, Blaise exigea qu’il sorte de son corps sur le champ, et Marin n’eut d’autre choix que de s’exécuter.
Le visage du gars en jogging se figea alors dans une grimace de douleur incrédule.
Sans Marin à l’intérieur de lui, Blaise était à nouveau solide et son bras avait tout d’une épée plantée dans l’homme qui hurla et éclata en mille morceaux.
Blaise bailla. Il avait envie de dormir.
— Tu as vu ça ?! s’écria Huo. Blaise l’a pulvérisé !
Le jeune homme roux sauta au cou de Blaise, indifférent à la matière visqueuse qui lui collait désormais à la peau.
— Oui. Je ne suis pas aveugle. Il a tué la Paresse, mais il a été affecté.
Blaise eut la flemme de demander ce que Marin voulait dire par là.
Le drôle de type en jogging n’était plus une menace et à présent, tout ce dont il rêvait c’était d’une longue douche brûlante et d’un lit moelleux. Il méritait bien de dormir des heures entières.
Il râla quand Huo et Marin le pressèrent de s’installer dans la voiture pour éviter les curieux. Il n’y avait pas le feu au lac, pas même l’ombre d’une vieille avide de commérage à sa fenêtre.

jeudi 1 octobre 2020

Comme les doigts de la main - 14

Ils prirent la voiture de la veille. Ils roulèrent quelques kilomètres fenêtres grandes ouvertes. Heureusement que c’était l’été et qu’il faisait bon.
Soudain, Huo signala à Marin qu’il devait s’arrêter. Il avait repérée une zone contaminée. Ils se garèrent dans une rue on ne peut plus ordinaire, ni grande, ni spécialement petite, avec des maisons n’ayant rien de spécial, et ils descendirent.
Marin verrouilla les portes de leur véhicule. Le dos raide, il s’humecta les lèvres.
— Ce goût de pourriture dans l’air…
— C’est noirâtre de partout, une horreur ! Enfin, ma flamme va arranger ça…
— Je croyais que nous étions d’accord sur le fait qu’en ville, ton feu manque par trop de discrétion. Mieux vaut nettoyer à grande eau, ou avec le vent, si Céleste était là.
— Il n’y a pas un chat en vue, protesta Huo.
Blaise, lui, ne voyait surtout pas en quoi l’endroit nécessitait d’être traité d’une quelconque manière.
— C’est quoi le problème avec cette rue ?
— Pose la main sur le trottoir et tu devrais comprendre, répondit Marin.
Blaise s’agenouilla et tâta le bitume qui n’avait pas l’air sale.
Au contact, il se révéla néanmoins fort désagréable, gluant et poisseux.
Marin ouvrit alors la bouche et de l’eau claire en jaillit. Il avait tout d’une statue de fontaine, excepté qu’il n’était pas de pierre, mais de chair et de sang.
Même en commençant à s’habituer à la magie, Blaise en resta bouche bée.
— Moi aussi, j’aurais voulu t’éblouir, dit Huo d’un ton boudeur.
Blaise se détacha avec peine du spectacle qu’offrait le brun aux yeux vairons pour jeter un œil au rouquin et repéra dans la foulée un homme qui remontait la rue.
— Qu’est-ce qu’on fait ? demanda-t-il.
— Si c’était un simple passant, je te dirais, rien. Les gens trouvent en général toujours une explication logique à l’incroyable, genre c’est un tournage de film ou autre… Seulement, c’est un de nos ennemis.
Blaise regarda l’homme entre deux âges qui avançait à pas forts lents vers eux. C’était un type banal, taille moyenne, coupe courte, jogging noir avec des bandes vertes.
Avec sa vue spéciale et son expérience, Huo n’avait aucune raison de se tromper… A moins qu’il ne plaisante.
— Sérieux ?
— J’aimerai mieux ne pas l’être. Ce n’est pas un des pires, mais… Marin, dépêche-toi ! Ennemi en vue !
Le brun cligna des yeux et le débit de l’eau augmenta. Il semblait décidé à finir malgré tout le travail de purification.