mercredi 11 décembre 2019

L'empreinte de l'orc - 24

Gulrik se mit debout dans toute sa splendide nudité, enfila ses vêtements et sortit, à priori dans l’intention de demander qu’un bain soit monté.
Mieux valait ne pas songer à ce qu’en concluraient les gens de l’auberge. Il n’y avait guère qu’une façon de se salir dans une chambre dans laquelle on s’était lavé la veille au soir.
Cyan se contempla dans le miroir suspendu au-dessus de la commode en face du lit. Les traces de son ébat avec l’orc le laissèrent rêveur. Tout disparaîtrait après son passage dans l’eau, si ce n’est l’empreinte des doigts de Gulrik sur ses cuisses qui mettrait quelques jours à s’effacer. Il aurait aimé garder un souvenir permanent…
Un coup à la porte le poussa à se réfugier sous la couverture posée sur la paillasse. Deux orcs chargés d’un bac fumant entrèrent et reprirent l’ancien. Gulrik débarqua juste avant qu’ils ne refermèrent la porte derrière eux avec un plateau bien garni dans les mains.
C’était comme si les rôles avaient été inversés, que Cyan était devenu l’employeur, le maître, celui qui se faisait servir pendant que les autres s’agitaient pour lui. C’était pour le moins déconcertant.
— Merci, murmura-t-il, yeux rivés sur le plancher.
Il s’installa dans l’eau, regrettant de ne pas être assez à l’aise pour oser y traîner.
Soudain, l’orc fut là, et lui empoigna brutalement le menton, l’obligeant à lui faire face. Il avait l’air mécontent, les yeux plus noirs que jamais.
La gorge de Cyan se serra.
— Désolé, dit-il par réflexe.
Cela n’empêchait que rarement les coups, mais mieux valait s’excuser. Cela aidait un peu.
— Qu’as-tu donc à te faire pardonner ? gronda l’orc.
— Je… Je ne sais… sais pas, bégaya Cyan.
Malgré sa peur, le simple fait que l’orc le touche le rendait tout de chose. Le sexe de la nuit passée aurait dû lui suffire. Apparemment, non. Il était un pervers.
— Alors pourquoi ne cesses-tu d’éviter mon regard ?
C’était ça qui agaçait l’orc ?
— Je me sens embarrassé.
— De quoi ?
— Parce que nous avons…
Ses joues s’enflammèrent et il fut incapable de terminer.
— Baisé ? C’était juste du sexe. Rien de plus naturel.
Oui, sans doute, n’y avait-il pas besoin d’en faire un fromage. Cyan était ridicule d’avoir honte.
— C’est vrai, souffla-t-il.
L’orc le relâcha, sourcils froncés.
— Ne me provoque pas. Nous devons partir.
Le provoquer ? En admirant le sol plutôt que le torse ou les yeux de l’orc ? Cyan n’était pas certain de bien comprendre, mais il préféra garder silence et se dépêcha de se nettoyer et s’habiller. Tout ce qui comptait, c’était l’emploi du « nous » qui signifiait que Cyan était toujours du voyage pour Orcania.

mardi 10 décembre 2019

L'empreinte de l'orc - 23

Cyan n’était plus si sûr d’être en train de rêver comme il l’avait cru quand l’orc l’avait rejoint sur sa paillasse. L’orc l’avait pénétré avec le monstre qui lui tenait de sexe et s’il avait eu mal sur le moment, il ne ressentait plus que du plaisir.
Le rythme lent de l’orc s’intensifia et Cyan faillit jouir. Gulrik s’enfonça encore en lui et Cyan se sentit comblé. Il était plein à l’extrême de la façon la plus parfaite qui soit. Le sperme de l’orc en lui était brûlant. Apparemment, les orcs en produisaient même sans avoir d’orgasme. C’était étrange et excitant.
L’orc plongea encore et encore, inépuisable et Cyan, les mains accrochées aux bords de la paillasse, finit par éjaculer dans un râle.
Gulrik lui donna une ultime série de coups de boutoirs, s’immobilisa enfin en poussant un cri guttural, déversant jet après jet de sperme brûlant. C’était une sensation spéciale, proche de l’orgasme.
L’orc se retira et étala davantage ses fluides sur Cyan.
Cette façon de le marquer aurait dû lui sembler dégoûtante, mais non, il y voyait quelque chose d’érotique et appréciable. S’il lui était resté une goutte d’énergie, il aurait été à nouveau excité. Il se sentait trop détendu pour s’inquiéter de ce que cela signifiait pour demain – maintenant, qu’ils avaient couché ensemble, peut-être que l’offre de l’orc de venir avec lui à Orcania n’était plus valide… Cyan était fatigué. Ses yeux se fermèrent et il sombra, sans même s’en rendre compte.

Quand il émergea, le jour était levé et au lieu d’être sur sa paillasse, il était sur le lit, et plus exactement sur l’orc lui-même qui ronflait doucement.
Cyan réalisa qu’il n’avait aucune envie de quitter ce matelas vivant. Il reposa sa tête sur le torse de l’orc qui s’abaissait et montait de façon rythmique. Il serait bien resté là éternellement ou du moins, jusqu’à ce que l’orc se réveille, hélas sa vessie avait d’autres idées.
Cyan tenta de se lever en glissant sur le côté, mais fut aussitôt retenu par une large main qui s’abattit sur ses fesses.
L’orc grommela et ouvrit un œil, puis deux.
— Désolé. Une envie pressante.
L’orc le libéra.
Cyan découvrit qu’il était plus ou moins collé à lui – le sperme séché. Il se mit debout et tituba jusqu’au pot de chambre qu’il utilisa en vitesse.
Son affaire terminée, il ne savait plus où se mettre et n’osait plus croiser le regard de l’orc. Pouvait-il vraiment se rhabiller la peau recouverte de substance séminale ? Et en même temps, l’eau du bain était froide désormais et surtout sale.
— Tu veux te laver ? demanda Gulrik, comme s’il avait deviné son problème.
Cyan hocha la tête.

lundi 9 décembre 2019

L'empreinte de l'orc - 22

Cyan s’agita sur sa paillasse et soudain, Gulrik n’y tint plus. Il le voulait.
Il quitta son lit, s’agenouilla auprès de l’humain, souleva la couverture et l’appela.
Cyan cligna des yeux dans la pénombre de la chambre. A la différence de l’orc, il y voyait mal dans l’obscurité.
— Qu… quoi ?
Pour toute réponse, Gulrik passa le pouce sur les lèvres de Cyan, en savourant leur douceur. Sûrement, il n’avait pas besoin de plus pour comprendre. Gulrik n’allait tout de même pas lui faire un dessin.
Cyan donna un petit coup de langue, puis aspira le doigt dans sa bouche.
Les narines de Gulrik frémirent et son sang chanta dans ses veines. Peut-être aurait-il dû avoir une approche directe dès le départ. Les mots étaient surfaits. Comme les humains aimaient les utiliser, il avait cru à tort que c’était la bonne méthode.
Il palpa l’entrejambe de Cyan, caressant l’érection de ce dernier à travers le tissu.
L’humain se figea, cessant un instant de sucer son doigt avant de reprendre en émettant de petits bruits excitants. Gulrik voulait cette bouche sur son sexe. Il se mit en position au-dessus de Cyan, les jambes de chaque côté de l’humain, dégagea son doigt, et taquina avec son pénis les lèvres de Cyan. Ce dernier lécha le bout et en ouvrit en grand. Même comme ça, cela tenait juste. Au moins, il n’y avait pas d’encombrantes dents dans la bouche de l’humain, justes des petites qu’il prenait soin de ne pas enfoncer dans la chair de l’orc. Gulrik aurait aimé plonger au fond dans la chaude cavité, mais se retint. Les fellations en gorge profonde n’étaient pas pour tout le monde. Les mains de Cyan se refermèrent sur la base de la verge de Gulrik et y effectuèrent de délicieux mouvements de va-et-vients.
L’orc laissa échapper un premier jet de semence que l’humain peina à avaler. Il préféra se désengager. Cyan geignit, à priori déçu, ce qui fit sourire Gulrik. Que l’humain se rassure, c’était loin d’être fini. Il lui ôta pantalon et chemise, manquant de déchirer cette dernière dans sa hâte. Cette habitude humaine de dormir habillé était détestable.
Quand Cyan fut nu, Gulrik prit le temps de le regarder. Il l’avait déjà vu dévêtu au moment des bains, mais c’était différent parce que là, Cyan s’offrait à lui. L’orc posa une main possessive sur le torse de Cyan. Le cœur de l’humain battait à un rythme affolée. Il était tout frémissant et sans doute un peu effrayé. Il n’avait pas à l’être. Gulrik n’avait aucune intention de lui faire mal. Il comptait donner autant de plaisir qu’il allait en prendre.
Il remonta les jambes de Cyan, les lui écarta et lui éjacula dessus. Il étala son sperme généreusement avant d’en pousser à l’aide de son index à l’intérieur de Cyan qui fut parcouru d’un long frisson tandis que son pénis négligé palpitait. Gulrik le gratifia d’une brève caresse, puis continua à préparer Cyan à accueillir sa verge. L’humain était doux comme du velours autour de ses doigts et son souffle haletant, une douce mélodie à ses oreilles.
L’impatience le gagna. Il le jugea prêt et il le pénétra d’une poussée puissante sans s’enfoncer pour autant beaucoup.
Cyan cria et se raidit, l’enserrant douloureusement. Gulrik taquina le pénis de l’humain qui avait perdu en rigidité jusqu’à qu’il se détende et que ses muscles se relâchent. Gulrik, sans cesser de le caresser, donna de petits coups de reins.