mardi 22 janvier 2019

Chocolat Blanc - 21

L’alcool coulait à flots. Wyatt avait déjà été à des fêtes arrosées de bière (et parfois un peu plus que ça), mais là, cela dépassait l’entendement. L’ambiance avait été bonne au début, mais les choses avaient vite dégénéré.
Il y avait des gars bourrés au mètre carré et c’était plus pitoyable qu’autre chose. Des élèves plus âgés l’avaient encouragé à boire avec une insistance déplaisante, mais Wyatt avait tenu bon. Le verre de vodka-orange qu’il avait pris était déjà plus qu’assez pour lui. Il voulait garder les idées claires et pas se retrouver à rouler sous la table ou danser nu dessus comme ce gars qui risquait fort de retrouver sa photo sur les réseaux sociaux demain… 
Wyatt se décida à s’éclipser. Une bonne moitié de l’assemblée aurait un souvenir plus que brumeux de leur journée et des gens avec lesquels ils avaient discuté. Conclusion, il était vain de leur parler, surtout que la plupart ne tenait plus que des propos incohérents. De façon décevante, le week-end d’intégration était en fait surtout un prétexte à boire.
Wyatt galéra à récupérer sa veste enfouie sous des dizaines d’autres, mais finit par mettre la main dessus et sortit.
Hélas, au lieu d’une bonne bouffée d’air frais après la fumée des cigarettes et les vapeurs alcoolisées, il dut faire face à une odeur écœurante de vomi.
Il commençait à rédiger mentalement un mail à Kembou sur les « joies » du week-end d’intégration quand la porte s’ouvrit à la volée derrière lui. Il eut juste le temps de s’écarter pour éviter de se la prendre de plein fouet. L’afflux soudain de lumière et de bruit le fit cligner des yeux.
Un petit groupe se disputait : trois garçons, une fille.
— Mais fichez-moi la paix !
— C’est de ta faute…
— Ouais, enchérit l’un des types en attrapant le poignet de la fille.
Il y en avait peu en école d’ingénieurs, et cela ne surprit guère Wyatt que l’une d’elles se fasse embêter.
Sans réfléchir, il s’emmêla :
— Laissez-la tranquille !
— Non, mais occupe-toi de tes oignons, grommela le gars qui avait empoigné la demoiselle.
L’un des garçons ricana :
— En voilà un qui se prend pour un chevalier…
Wyatt qui ne s’était jamais battu de sa vie, se demanda si cela allait tourner à la bagarre et d’instinct, serra les poings.

lundi 21 janvier 2019

Chocolat Blanc - 20

Et voilà, c’était la rentrée, sa première sans Kembou à ses côtés. Wyatt réajusta son sac à dos sur l’épaule. Il se sentait tout nu, même s’il était bel et bien habillé et même plutôt mieux que d’habitude avec un jeans noir et une chemise blanche recouverte d’un pull bleu foncé à col en V.
Autour de lui, une foule de visages inconnus et des bâtiments qu’il n’avait vu qu’une fois et de façon partielle plusieurs mois plus tôt, et dont il gardait un souvenir d’autant plus vague qu’il se confondait avec ceux d’autres écoles qu’il avait visitées.
Une fois à l’intérieur, plus perdu que jamais, il parvint quand même à trouver l’amphithéâtre où devait se rendre les premières années. Il tira les portes, comme un idiot, avant de réaliser qu’il fallait les pousser.
Il reconnut un des garçons assis à l’une des rangées – ils avaient été dans la même classe en seconde – mais il préféra s’installer ailleurs. Les rares occasions où il avait échangé avec lui, le courant n’était pas passé.
Le discours d’accueil tenu par le directeur adjoint de l’école fut long et ennuyeux. Cela ressemblait fort à ceux qu’il avait pu entendre au lycée. C’était comme s’ils étaient toujours des enfants et non de jeunes adultes.
Quand l’homme grisonnant énuméra les clefs de la réussite - le travail, le travail, le travail – Wyatt fut partagé entre l’amusement et l’envie de grincer des dents. C’était ridicule. Kembou avait bien fait de choisir d’échapper à ses simagrées. Enfin, ce n’était pas comme si le monde du travail était tout rose.
Le discours achevé et une liasse de papiers administratifs à remplir distribué, Wyatt fut bien content de quitter les lieux. Il aurait peut-être dû chercher à faire connaissance avec ses futurs camarades, comme certains, mais il n’était pas motivé. Ce qu’il avait envie, c’était de raconter sa journée à Kembou.
Non, il ferait des efforts de sociabilité lors du week-end d’intégration. Il n’était pas obligatoire d’y participer, mais c’était une initiative trop sympathique pour être ratée, en espérant qu’il n’y ait pas de bizutage.

mardi 1 janvier 2019

Prolongation de la pause

J'aurais vraiment voulu avoir un épisode à mettre en ligne, mais je ne vais pas bien du tout ces derniers temps, si bien que je n'arrive pas à écrire.
Je compte bien sûr ne pas laisser inachevée l'histoire de Kembou et Wyatt, mais je ne suis pas certaine de quand je parviendrai à la reprendre.

Bonne année 2019 à ceux et celles qui passeront par ici...