jeudi 7 mai 2015

Au Zoo Interplanétaire, le livre est disponible


Le livre Au Zoo InterplanétaireAu Zoo Interplanétaire comprend 299 pages dont un court bonus inédit coûte 12€ et est en vente sur The Book édition
 
Il est aussi disponible en version numérique, en PDF.

Le roman a été prépublié sur le blog du 21 mai 2014 au 16 février 2015. 

Résumé : Merwan mène une vie tout ce qu'il y a de plus ordinaire jusqu'au jour où il est kidnappé et se réveille nu dans une cage. Derrière les barreaux évoluent d'étranges créatures... 

Pour information, tous les livres crées à partir de maintenant sur Thebookedition auront un prix de fabrication moins cher, entraînant bien entendu un prix de vente moins cher. 
Pour les anciens livres, il y a une manœuvre à faire, mais je pense m'en occuper petit à petit afin que les prix de tous mes livres baissent à terme.

Contes modernes - 49

Jim lui rendit son carnet.
— Désolé, j'ai agi de façon puérile. J'avais vraiment envie de voir tes dessins. J'aime les arts. Je suis propriétaire de plusieurs galeries. Je peins aussi, mais sans grand génie.
Ariel récupéra son bien, le feuilleta et cachant une page d'une main, lui montra un coquillage si bien détaillé que l'on aurait presque dit une photo en noir et blanc.
— Merci, dit Jim.
Ariel lui sourit. C'était décidément un grand silencieux.
— Et pas seulement pour le dessin, ajouta Jim, frissonnant en repensant au moment où il était devenu le jouet de la mer.
Ariel tourna les pages de son carnet, reprit son crayon et nota quelque chose qu'il mit ensuite sous les yeux de Jim.
« De rien. »
— Tu as une extinction de voix ?
Ariel secoua la tête et écrivit :
« Je suis muet. »
Il n'était pas sourd pourtant. Or, à la connaissance de Jim, à moins d'être sourd, on n'était pas muet, sauf traumatisme. Jim se retint de poser la question, mais laissa échapper malgré tout :
— Depuis longtemps ?
« Je suis né ainsi. »
Jim exprima son étonnement et Ariel, par écrit, reconnut que c'était en effet rare.
— C'est pour cela que tu n'as rien dit quand Axelle s'est attribuée le mérite de mon sauvetage ?
« Si j'avais écrit, j'aurais relâché ma vigilance. »
— Pourquoi ne pas l'avoir fait un peu plus tard ?
« Vous sortiez avec elle. Vous aviez l'air heureux et je n'ai pas osé. »
— Un bonheur bâti sur une pile de mensonges ne vaut pas grand chose. C'est fini entre nous. Quand je pense qu'elle a été jusqu'à te couper les cheveux...
Maintenant que Jim était tout près de lui, il voyait des mèches irrégulières et rebelles sur le bas de son cou.
« C'est elle qui a téléphoné au secours. Moi, je ne peux pas. »
— C'est ton bouche à bouche qui m'a sauvé, pas le personnel de l'hôpital. J'aimerai te prouver ma reconnaissance d'une façon ou d'une autre.
« Inutile. »
Que pourrait-il lui offrir ? Jim réfléchit.
— Ton mutisme, aucune opération, même coûteuse, ne pourrait te guérir ?
« Je ne crois pas. »
— J'ai les moyens de payer les meilleurs médecins.
« Mes parents m'ont déjà amené à des tas de spécialistes. Je ne veux plus. »
Jim ne voulait pas recommencer comme avec Axelle en l'invitant à dîner, même s'il n'aurait rien eu contre que le jeune homme se jette dans ses bras. Il l'attirait davantage qu'Axelle, muet ou pas.
— Et si tu me montrais d'autres de tes œuvres ? Peut-être pourrais-je en faire exposer certaines ?
« Je n'y tiens pas. »
Ariel ne lui facilitait pas la vie.
— Qu'est-ce qui te ferait plaisir alors ?
Le jeune homme d'une main rapide écrivit :
« J'ai déjà tout ce qu'il me faut. »
— Ah oui ?
C'est vrai qu'Ariel était jeune, bien fait de sa personne,  talentueux et avait un ami qui était là pour lui. Cain était d'ailleurs peut-être même son amoureux et Jim éprouva une soudaine jalousie à l'égard de l'étudiant en journalisme. Tout à l'heure, quand il était assis sur lui, Ariel n'avait eu qu'une réaction physiologique, pas un réel désir pour lui.

mercredi 6 mai 2015

Contes modernes - 48

Il ne mit pas longtemps à repérer la tête rousse du jeune homme encore dans son maillot de bain vert pomme,  qui était assis dans le sable, en retrait de la mer.
Jim s'approcha doucement, sur le côté. Le jeune homme dessinait quelque chose dans un carnet. Jim eut le temps d'apercevoir un superbe crayonné avant que le jeune homme qui avait remarqué sa présence ne referme son carnet, rangeant le crayon dans l'attache prévue à cet effet.
— Bonsoir. Pardon de te déranger. Ton ami Cain est venu me voir et m'a tout raconté... C'est vraiment toi qui m'a tiré de l'eau ?
Ariel acquiesça.
— Je peux savoir pourquoi tu n'as pas rétabli la vérité de toi même ?
Ariel secoua négativement la tête. Il n'avait à priori pas envie de parler.
Jim essaya quand même de lancer un autre sujet :
— Ton croquis au crayon était très réussi. Si tu en as d'autre dans ton carnet, tu voudrais bien me les montrer ?
Ariel fit non de la tête.
Jim fut déçu. Il embêtait le jeune homme, c'était une évidence. Pourtant, il aurait aimé avoir des explications et pouvoir lui exprimer sa reconnaissance. Mais peut-être que c'était ce qui embarrassait le jeune homme qui ne l'avait sauvé que parce que c'était son job. Quant aux dessins, c'est vrai que certains artistes étaient de grands timides et que les convaincre de s'exposer était parfois délicat, là où d'autres acceptaient avec joie et empressement.
Jim s'excusa de l'avoir interrompu dans son activité et esquissa un pas pour s'éloigner, mais finalement mû d'une impulsion subite, il fit quelque chose de totalement inapproprié : il arracha des mains du jeune homme le carnet et prit la fuite avec.
Il voulait voir. C'est vrai qu'Ariel avait bien le droit de ne pas souhaiter montrer ses dessins et même de ne pas lui donner d'explications,  c'est Jim qui lui était redevable et justement, exposer les œuvres du jeune homme, si elles en valaient la peine, pouvait être une bonne façon de le récompenser.
Ariel lui courut aussitôt après et quelques instants plus tard, Jim se sentit attraper par l'épaule.
Jim résista, tentant de se dérober et sans qu'il comprenne vraiment comment, se retrouva à plat ventre dans le sable. Il roula sur le côté, prêt à se relever et reprendre la course, mais Ariel l'en empêcha en s'asseyant sur lui pour le coincer.
Jim, à présent sur le dos, tendit le bras en arrière pour garder hors de portée le carnet. Il savait qu'il agissait comme un gamin. Cela lui rappelait les fois où il avait joué avec Tori, excepté que ce n'était pas sa petite nièce, mais un beau jeune homme qui était à califourchon sur lui.
Ariel était assis pile au niveau de son entrejambe, légèrement essoufflé d'avoir couru. Comme il ne voulait pas donner à Jim la possibilité de s'enfuir, il essayait de récupérer son carnet en se penchant sur lui. Ce faisant, il se tortilla et Jim eut une érection que le jeune homme ne put rater. Entre le pénis durci et brûlant de Jim et lui, il n'y avait guère que l'épaisseur d'un slip, d'un léger pantalon et d'un maillot de bain.
Au lieu de se lever précipitamment, comme Jim s'y attendait, Ariel s'immobilisa et le tissu de son maillot de bain se tendit, son pénis se dressant : il était excité lui aussi.
Leurs yeux se rencontrèrent et Ariel se remit debout, le libérant, le carnet momentanément oublié.
— Tu es gay ?
Ariel hocha la tête en se mordant la lèvre.
— Je suis bi. Pas besoin d'être embarrassé, d'accord ?
C'était presque des mots inutiles vu leurs réactions respectives quand Ariel s'était retrouvé à califourchon sur lui.
Les yeux rivés au loin sur la mer,
le jeune homme acquiesça.