vendredi 3 octobre 2014

Au Zoo Interplanétaire - 43

— Quel accueil ! Bonsoir Bimm !
Le bipède ne répondit rien.
— As-tu regardé la chaîne dont j'ai débloqué l'accès ?
Bimm garda le silence. Il écoutait cependant. Avait-il appris quelques mots en Tappelnien ? Si oui, il ne le mettait pas en pratique. Peut-être qu'il n'était bien qu'un animal au final. C'était rassurant comme idée. Zyxxx en éprouva toutefois une pointe de déception. Pouvoir communiquer avec lui eût été intéressant. Cela lui aurait permis de comprendre bien des choses sur sa biologie et son mode de fonctionnement, parce qu'au bout du compte, même les espèces intelligentes étaient des animaux...

Les soirs suivants la bonne humeur de Bimm se confirma sans qu'il ne parle autrement que dans son propre langage et Zyxxx cessa d'attendre qu'il utilise le Tappelnien. Après tout, l'essentiel était que Bimm se plaise chez lui.
Une nouvelle habitude se mit en place : chaque fois qu'il rentrait, Bimm se jetait presque dans ses tentacules avant d'appuyer ses lèvres sur sa tête et chaque fois cela mettait Zyxxx en joie.
Bimm allant définitivement mieux, il décida d'inviter cinq de ses amis : Kubbb, Qattt, Yolll, Makkk et Jynnn. Ce serait l'occasion de renouer le contact après toutes ces révolutions au zoo.
Il arriva en même temps qu'eux au logis, ayant dû travailler plus tard que prévu. Bimm qui attendait de l'autre côté de la porte, à l'intérieur recula aussitôt en voyant le monde qu'il y avait.
— Alors, le voilà le fameux animal ! s'exclama Tolll en faisant claquer pas moins de deux tentacules au sol.
— Il est farouche, constata Qattt qui avait essayé de suite de toucher Bimm qui s'était empressé de se mettre plus loin.
— Tu t'es bien emmêlé les tentacules en ramenant cette drôle de bête à la touffe ébouriffée et peu membrée, déclara Kubbb.
— Il est d'agréable compagnie, contra Zyxxx.
— Une partenaire le serait davantage, objecta Makkk qui était en couple depuis pas moins de huit révolutions.
— A la broyeuse, ton rêve de cabinet vétérinaire tout à toi pour cette créature, raison pour laquelle tu nous avais quittés... intervint Jynnn.
— Ce n'est qu'un délai et je suis satisfait de l'expérience que j'ai acquise au zoo interplanétaire, répondit Zyxxx, commençant à regretter d'avoir invité autant de ses amis d'un coup, car il avait la désagréable impression qu'ils se liguaient contre lui.
— Aucune belle étrangère ou Tappelnienne de passage ne t'a séduit dans ton zoo ? demanda Makkk.
— Je ne fréquentais pas les visiteurs. Je travaillais majoritairement en dehors des horaires d'ouverture.
— A propos de couple... Qattt et moi avons formé le nœud, il y a une révolution, annonça Yolll.
— Nous voulions t'informer de la nouvelle de vive-voix, précisa Qattt.
— Félicitations ! s'écria Zyxxx.
Ses deux amis étant mâles, c'était inattendu, mais pas choquant pour autant. Si sur certaines planètes, les couples de même sexe posaient problème, ce n'était pas le cas en Tappelnie où ce qui comptait par-dessus tout était la compatibilité des partenaires de sorte que le nœud formé soit parfait.

jeudi 2 octobre 2014

Le garçon fée - 241

Et puis, enfin, ils aboutirent : le plafond se fendit et une pluie terreuse se répandit dans la pièce. Zibulinion se dépêcha de les protéger tous afin d'éviter que tout ne s'effondre sur eux, ne les ensevelissant.
Le ciel bleu apparut et une brise glaciale souffla sur leurs visages.
L'oiseau arc-en-ciel grandissait toujours et ne tarderait pas à reprendre sa véritable taille.
– Grimpons dessus, suggéra Folebiol.
L'idée était bonne et ils s'installèrent sur l'animal. En trois battement d'ailes, ils furent sortis de la pièce souterraine, et en trois supplémentaires, ils se retrouvèrent au-dessus des arbres. L'oiseau achevait d'atteindre sa taille et dans ses conditions, se tenir dessus n'était pas aisé. Relhnad aurait glissé si Zibulinion ne l'avait pas maintenu.
– Fais le voler au-dessus de l'école que tout le monde nous voit. Cela en serait fini des secrets, ainsi, déclara Relhnad.
– Ma mère me croira peut-être après cela ! s'exclama Waltharan.
L'oiseau arc-en-ciel pépia son contentement. Malgré ses quatre passagers, il était ravi de se dégourdir les ailes après pratiquement deux années d'enfermement. Il passa au-dessus des tourelles de l'école, effectuant plusieurs cercles jusqu'à ce qu'aux fenêtres, apparaissent plein de fées intriguées.
Suivant les consignes de Zibulinion, il fit la même chose au-dessus de l'aire des bus où il y avait foule.
Neyenje avait bel et bien réussi à créer une émeute et à obliger la directrice elle-même à intervenir. Il lui faisait face ainsi qu'à plusieurs professeurs, mais la grande majorité des élèves ne s'était pas pour autant dispersée.
 L'attention était désormais divisée entre ce qui se passait à terre et dans les airs.
Le gigantesque oiseau était partant pour des acrobaties face à autant de spectateurs, mais Zibulinion le dissuada.
– Il n'y a pas de place pour que l'on se pose avec tout le monde qu'il y a, dit Folebiol.
– Nous aussi, nous avons des ailes, répliqua Waltharan.
– Relhnad, tu peux voler ? demanda Zibulinion.
– Mes ailes sont intactes, c'est bon.
Zibulinion informa leur monture de leurs intentions, lui proposant de se poser plus loin, à un endroit dégagé, mais ce dernier lui répondit qu'il préférait continuer à virevolter dans le ciel et effectuer des figures dès qu'ils auraient quitté son dos.
Ils prirent tous les quatre le parti d'atterrir au milieu du cercle, à côté de Neyenje, tout près de Validocielle. C'était ironique, après avoir voulu l'éviter, mais la donne avait changé. Elle n'avait plus d'otage à sa disposition, plus de moyen de pression... et même si elle abreuvait de mensonges l'assemblée pendant leur descente, elle ne pourrait plus faire d'eux des prisonniers en toute discrétion.

mercredi 1 octobre 2014

Le garçon fée - 240

Il prononça tous les sorts nécessaires et ils parvinrent à destination. La petite pièce n'avait pas changé d'un poil, sauf que l'étroit lit métallique était occupé par Relhnad qui était étendu dessus, pâle comme la mort, les yeux clos.
Zibulinion lâcha les mains de ses amis et se précipita au chevet de son professeur. Ce dernier était plongé dans une transe réparatrice. Sa respiration était régulière. Le bandage autour de sa taille était propre, en revanche de nouvelles et vilaines marques rouges barraient son torse nu.
Il faudrait que Validocielle paie ses méfaits à un moment ou un autre, se promit Zibulinion. Il  l'habilla chaudement d'un tour de baguette magique et à contrecœur interrompit son repos d'un sort qu'il conclut par un baiser avant de jeter en rougissant un coup d'œil à ses deux amis. Waltharan et Folebiol étaient absorbés, l'un par la contemplation du sol, l'autre par celle du plafond.
– Zibu... Elle t'a repris ? murmura Relhnad, les paupières papillonnantes.
– Pas encore non. Je suis venu te chercher.
Le temps jouait d'ailleurs contre eux, car dès que Validocielle aurait résolu le bazar mis par Neyenje, elle serait à même de s'interposer.
Quitter la pièce était normalement impossible, mais Zibulinion effectua quand même un essai en solitaire, au cas où les choses auraient changé. Hélas, rien ne se produisit. Cependant, par rapport à avant, il y avait une énorme différence : il n'était plus seul.
– Folebiol, est-ce que tu pourrais appeler les rongeurs creusant des galeries vivant dans les parages ? Et toi, Waltharan, veux-tu bien t'adresser aux plantes ? Si Relhnad rentre en parallèle en résonance avec les pierres tandis que moi, j'use de sorcellerie pour perturber les protections qui entourent la pièce...
– Sorcellerie !? s'écria Folebiol.
– Oui, rien ne lui est impossible, hein ? glissa Waltharan.
– Féerie et sorcellerie sont proches. La première n'est pas meilleure que la seconde, se justifia Zibulinion comme Folebiol continuait à le regarder d'un air soucieux.
– J'ai testé dans ma jeunesse, déclara Relhnad, soutenant l'adolescent. Une action conjuguée à toutes les chances de fonctionner, ajouta-t-il.
Ils se mirent à l'ouvrage, sans que Folebiol ne discute plus. Plantes et animaux étaient difficiles à joindre, les pierres hostiles et les connaissances en sorcellerie de Zibulinion, modestes, aussi la tâche était difficile.
Soudain, Folebiol s'alarma :
– Ton oiseau se remet à grossir...
– Concentrez-vous, ne vous laissez pas distraire, dit Relhnad.
Sa belle voix manquait de force. Inquiet pour lui, Zibulinion dut faire un effort pour se focaliser sur son sortilège.