mardi 5 août 2014

Au Zoo Interplanétaire - 27

Merwan n'avait pas bu sa bouteille. La nouvelle mixture était un peu meilleure que l'ancienne, mais il n'avait plus envie de vivre, pas comme ça : privé de liberté, sa dignité en miette, traité comme s'il n'avait été qu'un objet sans âme, sex-toy vivant malgré lui.
Tom l'avait pénétré à trois reprises, le meurtrissant chaque fois davantage. Il avait également violé Anouchka en dépit de ses promesses de la laisser tranquille si Merwan lui obéissait. Il les avait frappés, humiliés, réduits à des choses, se gaussant d'eux, tout ça devant une foule d'aliens fascinés. C'était pire que l'enfer.
A la cacophonie marquant la fermeture du zoo, privé de public, Tom avait enfin cessé de les tourmenter et s'était mis à les ignorer.
Merwan s'était roulé en boule dans un coin, le plus loin possible qu'il pouvait de Tom, son corps et son cœur douloureux. Anouchka s'était installée non loin, dans une position similaire.
Merwan regardait le sol quand Tom se mit à nouveau à insulter copieusement les extraterrestres. Merwan leva alors les yeux et vit Pieuvre et Huit, chacun sur une plateforme, qui descendaient lentement une longue grille noire rectangulaire dans la cage.
— Qu'est-ce qu'ils fichent encore ses horreurs ! Virez de là, saletés !
Tom sauta sur la grille pour grimper dessus, mais glissa et retomba lourdement sur le sol.
Pourquoi diminuait-on la taille déjà modeste de leur prison ? s'interrogea Merwan, tout en éprouvant une joie amère à voir Tom le cul par terre, vociférant.
Pieuvre et Huit achevèrent de fixer la grille qui coupait la cage en deux moitié inégales.
Huit repartit, mais pas Pieuvre dont les tentacules capturèrent Tom avec une vitesse impressionnante avant de le déposer sans aucun ménagement de l'autre côté.
— Merde ! C'est quoi ce bordel ! hurla Tom, en levant le poing vers l'alien à tête blanche.
Merwan osa espérer que lui et Anouchka n'allaient pas être transférés avec lui.
Quand un tentacule de Pieuvre se tendit vers lui, il craignit le contraire et tenta de l'éviter. Anouchka, elle, se laissa cueillir comme une fleur et Pieuvre l'emmena.
— A quoi jouent encore ces satanés bestioles ? Font chier !
Merwan n'en savait rien. Tout ce qui lui importait, c'est que pour le moment, Tom ne pouvait plus poser un doigt sur lui.
Un moment plus tard, Pieuvre revint avec la jeune femme russe. Un étrange parfum émanait d'elle, sorte de mélange de thym-citronnelle. Ses cheveux étaient humides et sa peau blanche luisait légèrement. L'alien à tentacules s'était bien occupée d'elle. Cette fois, quand Pieuvre voulut le prendre, Merwan ne se déroba pas. Il aspirait à être débarrassé de l'odeur de Tom sur son corps à peu près autant qu'à rester du bon côté de la grille.

lundi 4 août 2014

Au Zoo Interplanétaire - 26

— Attends, je t'en prie ! cria Merwan.
Tom ôta ses mains d'Anouchka qui fila à l'autre bout de la cage où elle se recroquevilla.
Merwan avança à pas lents vers Tom.
— Dépêche, lavette !
Le sexe de Tom se dressait déjà partiellement. La situation devait l'exciter. Merwan s'agenouilla devant. A un moment Tom lui avait plu, mais à présent, il le dégoûtait. Merwan s'efforça d'imaginer que c'était un autre homme qui était en face de lui. N'importe qui plutôt que Tom. Il chercha également à se persuader qu'il n'était pas en train de s'humilier totalement en s'écrasant ainsi devant lui. Il aurait pu le mordre...
Comme s'il avait lu ses pensées tandis que Merwan approchait sa bouche de son pénis, Tom déclara :
— Si une de tes dents m'effleure, je te le ferai payer au centuple, je ferai de toi mon punching-ball, et je t'écrabouillerai ton engin qui de toute façon ne te sert à rien !


                                    *                                             
Zyxxx était venu en observation devant la cage des bipèdes, se mêlant aux visiteurs et ce qu'il voyait ne lui plaisait pas du tout. Il n'y avait certes pas d'acte de violence, mais définitivement quelque chose clochait. Même en admettant que BM1 qui avait été battu la veille considère désormais BM2 comme le mâle dominant auquel il devait se soumettre, la scène était curieuse.
Après avoir passé de longues minutes à lécher l'organe reproducteur de BM2 comme si c'était du poison, BM1 s'affala au sol, les fesses en l'air.
BM2 les lui claqua jusqu'à ce qu'elles rougissent avant de s'enfoncer à l'intérieur, effectuant des mouvements brusques. BM1 se mit à émettre des plaintes affreuses.
Quand Zyxxx lui prenait la température et lui enfonçait un tentacule au même endroit, ce n'était pas du tout la même musique. Même s'il semblait accepter que l'autre s'accouple avec lui, BM1 était en détresse...
L'envie d'intervenir démangeait Zyxxx, mais il s'abstint parce qu'il s'était entendu avec le directeur pour n'agir que le soir. Il continua à regarder en proie à un malaise grandissant, jusqu'à ce que BM2 se détache enfin de BM1 qui s'écroula sur le sol.
BM2 le laissa là et se dirigea droit vers la femelle. BM1 se redressa alors avec difficulté, en produisant des sons à une fréquence élevée. BM2 n'eut aucun mal à le repousser et le faire tomber.
Zyxxx incapable de supporter plus longtemps ce déballage d'agressivité de BM2 envers ceux qui partageaient son espace, partit en quête de la grille de séparation qu'il comptait mettre en place dès la fermeture du zoo.
Il dut insister auprès du gardien de la zone qui ne souhaitait pas aider Zyxxx à la fixer et encore moins à fouiller dans l'entrepôt pour la dénicher.
— Je n'ai reçu aucune autorisation du directeur.
— C'est parce que je me suis arrangé avec lui en personne.
— Ils ne font jamais que copuler ou quelque chose dans ce goût-là. C'est quoi le problème ?
— Vraiment, rien ne te choque ?
— Non.
— C'est bien toi qui a reporté hier l'activité inhabituelle dans la cage.
— C'est vrai, mais aujourd'hui ça va.
— Je t'assure que ce n'est pas le cas. Hormis le mâle dominant qui se porte comme un charme, je vais encore devoir soigner les autres.
— Très bien docteur. Mais il y a du public, c'est dommage.
— Nous sommes dans un zoo ici, pas dans une arène ou au cirque.

vendredi 1 août 2014

Le garçon fée - 214

Jusqu'en début de soirée, l'adolescent ne put que ronger son frein en attendant de pouvoir se téléporter.
Conscient qu'il n'aurait pas l'énergie de rentrer à l'école avant le lendemain, mais trop impatient pour attendre davantage, il avala son dîner plus vite qu'il n'aurait dû pour éviter que son absence ne soit remarquée et effectua le sort. Il mourrait d'envie de raconter à Relhnad sa victoire sur la directrice et craignait par ailleurs que son père ne reparte sans qu'il puisse le voir.
Quand il débarqua chez le professeur de sort, il eut un vertige. L'effort l'avait vidé. Relhnad qui devait le guetter le réceptionna dans ses bras.
– Tu ne nous couverais pas quelque maladie ? Demanda-t-il d'un ton soucieux.
Zibulinion assura que non. C'était juste la téléportation.
– Il est tard pour une visite...
– Allons-y quand même, s'il vous plaît.
– Partons de suite, alors, déclara Relhnad, en tirant gentiment Zibulinion hors de l'appartement.
Dans la rue, ils croisèrent des fées aux ailes déployées, ce qui surprit l'adolescent jusqu'à ce qu'il comprenne. Avec le sort qu'il avait crée, la magie de masquage devenait inopérante pour lui. C'était d'ailleurs la même chose pour l'illusion que portait Relhnad quand il se promenait parmi les humains, sa beauté naturelle attirant trop l'attention. Il ne la voyait plus et s'il n'y avait pas prêté attention, c'est qu'il était trop content de revoir Relhnad tel qu'il était. La portée de son sort était plus grande qu'il ne l'avait prévue. Il aurait aimé s'en ouvrir à Relhnad, seulement il y avait beaucoup trop de monde autour d'eux pour qu'ils puissent avoir en toute tranquillité une conversation sur la magie.

Cette fois encore, ce fut Relhnad qui appuya sur la sonnette. Le père de Zibulinion lui-même leur ouvrit, blond et basané. Il ne cacha pas son étonnement de voir à sa porte à 20 heures passés celui qu'il considérait comme le fils de son ex-femme accompagné d'un inconnu. Cela ne l'empêcha pas de les inviter à entrer.
Cependant, cela ne faisait pas une minute qu'ils étaient assis dans le confortable salon, et il venait tout juste de s'excuser de ne s'être souvenu de rien pouvant aider Zibulinion à découvrir l'identité de son père, qu'il quitta précipitamment le salon pour prendre des cachets, car il sentait poindre une affreuse migraine.
– A tous les coups, ses maux de têtes sont liés à un sort touchant à sa mémoire, déclara Relhnad à voix basse.
– Lors de ma dernière visite, il m'a dit qu'il les avaient depuis longtemps, qu'elles étaient chroniques.
– Cela m'étonnerait pas qu'elles datent de l'époque de son divorce. Il doit vouloir se rappeler de toi.
C'était terrible ce que les fées étaient capables de faire aux humains, et c'était triste que son père souffre à cause de cela, mais il y avait aussi quelque chose de doux à ce que ce dernier lutte contre la magie qui l'avait privé de son fils.