lundi 9 juin 2014

Au Zoo Interplanétaire - 7

Zyxx trouva inquiétant que le bipède soit si docile. Il le maintint toutefois bien serré entre deux tentacules au niveau du tronc et se dépêcha de l'amener au centre de soins. Certains animaux étaient vicieux et prétendaient êtres calmes que pour mieux attaquer. Il procéda à un nouvel examen rigoureux. La créature se débattit un peu quand il explora tous ses orifices, notamment celui caché à l'arrière. Dommage pour elle, mais c'était un bon moyen de vérifier la température corporelle. Cela eut une action sur le petit membre qui se mit à gonfler et grossir. Zyxxx le palpa doucement. L'animal émit des plaintes légères comme des souffles, une bien plus jolie musique à l'oreille que ses cris de la veille. Au bout d'un moment, un jet de liquide blanc sortit du membre tandis qu'un soubresaut agitait le corps du bipède. Zyxxx poursuivit son examen. Le bipède n'était pas assoiffé comme la veille, mais son état n'était pas bon pour autant. Stressé par sa transplantation en milieu inconnu, il n'avait pas dû réussir à se reposer. Le problème venait peut-être aussi de son installation. La peau marron de l'animal était tendre et souple, le sol de sa cage était dur. Zyxx enregistra un message à l'intention du gardien de cette zone du zoo afin qu'il remédie à ce problème.
Il ramena ensuite l'animal à sa cage et continua sa tournée. Les animaux qui avaient besoin de soins étaient nombreux et son temps à lui était limité. Trois médecins pour ce gigantesque zoo, c'était vraiment trop peu et bien sûr, c'était à lui qu'étaient assignés tous les nouveaux arrivants en raison des capacités de son espèce.

                                                    *

De retour dans sa prison, Merwan s'assit par terre. Il avait honte de lui-même. L'alien à tentacules avait recommencé à le toucher partout et il avait joui à nouveau entre le tentacule qui simulait sa prostate et celui qui taquinait son pénis, lui procurant un orgasme comme il n'en avait jamais connu de sa vie. Il préféra évacuer tout pensée à ce sujet, car plus il y songeait, plus cela le perturbait.
Les jambes faibles, découragé et épuisé, il refit le tour de sa cage. Il constata qu'elle avait été nettoyée en son absence. C'était toujours ça.
Il s'était rassis et contemplait le ciel délirant quand l'alien qui ressemblait à huit débarqua sur sa plateforme et lui jeta un truc rouge avant de repartir illico.
Merwan s'en approcha avec circonspection, puis le prit. C'était un tapis. Voilà qui serait plus confortable que le sol dur et rugueux de la cage. Ils auraient pu y penser avant... Sauf que son bien-être était le dernier de leurs soucis. Ou pas. La veille, l'alien à tentacules l'avait nourri. Peut-être que son coup de le palper de partout, ce n'était qu'un genre d'examen médical. La preuve, c'est qu'il lui glissait même des tentacules dans les oreilles. Pour lui, ce n'était clairement pas un rapport sexuel qu'il lui imposait. Cela ne changeait pas grand chose si c'était le cas, mais quand même...
Merwan s'étendit sur le tapis rouge pelucheux et finit par s'endormir d'épuisement. Il n'émergea que quand retentit l'assourdissante cacophonie qui annonçait l'ouverture du zoo. Pendant quelques glorieuses secondes, il crut que c'était une sirène de pompiers qui le tirait de son lit, puis il se réveilla tout à fait et se rappela de son effroyable situation.
Pendant qu'il dormait une bouteille lui avait été jeté. Il la but en faisant la grimace. Le goût était toujours aussi particulier. Cependant, il était bien obligé de boire s'il ne voulait pas s'affaiblir et mourir, car comme l'assurait le diction « tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! » Reposé, il se sentait plus optimiste : il n'allait pas moisir ici, sûrement il devait exister un moyen de s'échapper.

vendredi 6 juin 2014

Le garçon fée - 206

Zibulinion quitta le bureau, en papillonnant des paupières. Il était presque sûr qu'elle avait prononcé un sort mentalement. Qu'avait-elle fait ? Il n'aimait pas ça, pas ça du tout. Et comment Relhnad allait-il réagir en apprenant que la directrice savait pour eux ? Validocielle allait-elle toucher à la mémoire du professeur de sorts ? Elle n'avait pas paru se soucier de ce que Zibulinion avait pu dire ou non de sa situation à Relhnad.  Est-ce que ce dernier ne le reconnaîtrait plus ?
Cette idée était si angoissante que Zibulinion faillit tenter de se téléporter dans son ancienne chambre pour ensuite rendre visite à son professeur. Il y renonça finalement, mais fut incapable de véritablement étudier les jours qui suivirent.
Il se rendit avec beaucoup trop d'avance au buisson aux moineaux et cria à l'apparition d'une créature aux membres difformes emmaillotés de chiffons crasseux, au crâne dégarni à l'exception de trois mèches poisseuses,  à la peau verte pustuleuse et en lambeaux, avec une orbite vide et un œil pendant, deux trous en guise de nez et un rictus affreux.
– Zibu ?
Cette voix enchanteresse, l'adolescent l'aurait reconnue entre mille. Relhnad.
– Oui...
Il était laid à faire peur, mais c'était lui et il ne l'avait pas oublié.
– La directrice m'a convoqué.
– Oh.
– Tu as le mauvais rôle. Le comble vu que c'est moi l'adulte. Mais non, je suis victime de ma gentillesse et je t'aurais pris en pitié. N'importe quoi ! En attendant, elle est coincée avec ton changement d'identité et ne peut me renvoyer pour une affaire avec un élève qui n'est plus vraiment à Valeaige... Zibu, y-a-t-il un problème ? Tu me regardes bizarrement depuis tout à l'heure.
Zibulinion ne sut quoi répondre. Devait-il ou non dire à Relhnad que la directrice avait transformé la façon dont il le voyait ? Son professeur ne risquait-il pas de croire que l'adolescent ne s'intéressait qu'à son physique ? Cet horrible zombie n'était jamais qu'une image. Il l'effrayait un peu, mais mais il pouvait s'y habituer. L'essentiel, c'était que Relhnad ne semblait pas prêt à renoncer à leur relation, bien qu'elle ait été découverte. Après, garder le secret, pouvait aussi être gênant. Il était tellement plus agréable que tout soit clair entre eux...
– Zibu ?
– La directrice m'a jeté un sort dans l'espoir de nous séparer, mais ça ne fonctionnera pas.
– Comment ça ?
– Je ne vous vois pas comme d'habitude, mais ce n'est pas grave. Vous êtes toujours vous.

jeudi 5 juin 2014

Le garçon fée - 205

Zibulinion s'inquiéta toute la journée durant de ce qu'avait découvert la directrice pour qu'elle le convoque ainsi. Ses messages à ses amis ? Sa relation avec Relhnad ? Les deux ? Cependant, sa manière de procéder pour l'appeler et qu'elle exige qu'il soit sous l'apparence de Noinilubiza n'avait peut-être pas d'autre but que de préserver la bonne image d'Aurobika, supposée être une fée parfaite...
C'est plein d'appréhension, sous l'illusion de Noinilubiza, qu'il se présenta devant le bureau de la directrice.
Validocielle referma derrière lui la porte avec sa baguette d'un geste vif.
– Dégénéré ! Faire les yeux doux à un de mes meilleurs professeurs que je compte convaincre d'épouser ma nièce !
Elle savait. Zibulinion pâlit.
– Tout est ma faute, affirma-t-il, désireux de protéger Relhnad.
– Inutile de me le préciser ! Tu pensais que je me rendrais compte de rien parce que tu utilisais une autre illusion féminine, mais tu aurais mieux fait de te donner la peine d'en créer une autre, une troisième ! Tu as été identifié, suivi et vu en compagnie de Relhnad. Tu as d'ailleurs traumatisé ton pauvre camarade qui n'en revenait pas le gros 10ème année qui avait disparu de Valeaige soit l'ancienne douzième année qui l'avait séduit.
L'identité du camarade en question était claire : Charboige.
– Je...
– Tais-toi ! Je n'ai pas fini. Le pauvre était si perdu et si indigné que j'ai dû alléger ses souvenirs. Je ferai bien pareil avec toi, mais j'ai eu l'idée d'une bien meilleure punition. Si tu choisis de continuer à fréquenter Relhnad, sans te soucier de son possible renvoi, tu verras.
Cette menace faisait peur à Zibulinion, mais empli de sa colère toute fraîche envers les fées qui l'avaient privé de son père en manipulant sa mémoire, il répliqua :
– J'en ai assez que vous fassiez des mystères. Dîtes-moi franchement ce que vous attendez de moi.
La directrice se figea un instant. Sans doute s'était attendue à ce que Zibulinion s'écrase devant elle.
– Tu n'as pas l'air de comprendre ta situation, cracha-t-elle.
Forcément, puisqu'elle n'expliquait rien, escomptant qu'il obéisse aveuglement, mais ça Zibulinion n'osa pas le dire à haute voix et elle continua :
– Jusque là, je me suis montrée très gentille, mais c'est terminé. Chacune de tes fautes sera dûment sanctionnée et ne crois pas que tu seras forcément seul à en payer le prix. Et puisque tu tiens tant que ça à le savoir, je veux que tu aies d'excellents résultats afin de te faire participer à une épreuve spéciale contre une sorcière.
La révélation tombait à plat. Cela ne semblait pas bien méchant : un espèce de concours  comme durant le festival de magie, elle aurait pu lui en faire part avant !
– En quoi cela consistera-t-il ?
– Tu verras, déclara-t-elle avec un sourire narquois.
Un long frisson parcourut l'échine de Zibulinion et ses yeux se mirent à lui brûler.
– Maintenant, retourne étudier, ajouta-t-elle, le congédiant.