jeudi 22 mai 2014

Le garçon fée - 200

Relhnad s'absenta le temps de ramener une table et deux chaises métalliques sous forme miniature. Il leur redonna ensuite leur taille d'origine et commença aussitôt la première leçon.
Cela rappela des souvenirs à Zibulinion qui n'écouta que d'une oreille, les yeux fixés sur les lèvres de Relhnad. Il avait au moins autant d'envie d'apprendre que de l'embrasser. Les deux n'étaient hélas guère compatibles.
Relhnad se tut.
– Zibu...
– Oui ?
– Tu peux répéter ce que je viens de dire ?
– Qu'on ne pouvait se rendre dans un lieu que si on se le représentait mentalement et qu'il était donc plus facile de se téléporter dans les endroits où l'on avait déjà été, que l'on connaissait bien.
– Après ça.
– Ah... Désolé.
– Si tu es trop fatigué aujourd'hui, nous pouvons continuer la semaine prochaine.
Zibulinion acquiesça. Relhnad réduisit la taille de la table et des chaises, les ramassa et déposa un baiser léger sur les lèvres de l'adolescent.
Il allait partir, comprit Zibulinion.
– Vous ne m'avez pas raconté vos vacances, vous ? demanda-t-il pour le retenir.
– Je n'ai rien fait de spécial.
Pourquoi semblait-il si pressé de le quitter alors qu'ils ne s'étaient pas vus pendant trois semaines ?
– Vous avez des choses à faire ?
– Non...
– Vous voulez bien partager vos pensées avec moi ? demanda Zibulinion, un peu en désespoir de cause, parce qu'il ne comprenait pas l'attitude de Relhnad, qu'elle était presque blessante.
– Pas maintenant...
Cette fois, Zibulinion n'y tint plus, et se jetant à l'eau, il questionna franchement son professeur sur sa réserve et il conclut :
– C'est presque comme si j'étais juste un élève et vous un professeur. C'était déjà pareil avant les vacances...
Relhnad eut un étrange sourire.
– Tu me pousses toujours dans mes retranchements, m'obligeant à t'avouer ce que je préfèrerai garder pour moi. Eh bien... Je me suis vanté de ma grande maîtrise de moi-même, mais en vérité, chacun de nos têtes à têtes, chaque baiser échangé, me fait te désirer davantage. Ton sosie de rêve n'est qu'une pâle copie et je crains de craquer.
A cet aveu de faiblesse, le cœur de Zibulinion se gonfla de bonheur. Il n'était pas le seul à avoir du mal à communiquer, à vouloir plus.
– Cela ne me dérange pas, moi.
– Mais tu es toujours élève à Valeaige et moi un professeur. Faire l'amour dans une forêt où tout le monde se promène, si proche de l'école... Ce n'est vraiment pas une bonne idée.
Zibulinion n'avait pas réfléchi à ça quand il s'était masturbé la dernière fois, submergé par un trop plein de désir.
– En tout les cas, je vous préfère jaloux qu'indiffèrent et distant.
– Je comprends. J'aime mieux aussi quand tu me confies le fond de ton cœur.
Sur ces mots, Relhnad attira Zibulinion dans ses bras et l'embrassa. Ses mains glissèrent ensuite sur les fesses de l'adolescent, le pressant davantage contre son corps. Zibulinion sentit l'érection de son professeur.
Quand Relhnad libéra sa bouche, ce fut pour lui dire qu'il devait vite apprendre la téléportation qu'ils puissent se retrouver ailleurs, dans l'intimité.

mercredi 21 mai 2014

De retour !

Fatiguée ou pas, malade ou pas - car, je me suis enrhumée - sachez que cela m'a fait du bien de faire la pause et que je suis de retour avec de nouveaux épisodes et non pas un, mais deux pour fêter la reprise.

A partir de maintenant et pendant quelques semaines / mois, ce sera surprise du chef et vous aurez le droit du lundi au vendredi soit à un nouvel épisode du Garçon fée soit à un épisode du Zoo interplanétaire, une histoire un peu bizarre (mais toutes mes histoires, ne le sont-elles pas dans une certaine mesure ?)

Pour lire la suite du Garçon fée, c'est par ici
et pour découvrir le début du Zoo interplanétaire, c'est par là

Le garçon fée - 199

– Mais... protesta Zibulinion.
– Tu pourrais devenir Noinilubiza et m'embrasser. Faire comme avec Neyenje.
Choqué Zibulinion s'arracha au rêve de Waltharan et se redressa dans son lit, le cœur battant.
Petit à petit, cependant, il se rasséréna. Ce n'était qu'un rêve. Il n'était pas entièrement dépourvu de signification, mais n'impliquait pas nécessairement que Waltharan ait vraiment envie de ça. Il ne le voyait pas comme ça. Néanmoins,  il semblait avoir de réelles difficultés à oublier Noinilubiza, son idéal féminin qui n'était en réalité qu'un garçon.
Zibulinion peina à s'endormir. Un malaise persistait. Pénétrer sans prévenir dans le rêve de quelqu'un, c'était en quelque sorte violer son intimité. Si cela avait marché et que Waltharan comprenait, il y avait des chances qu'il soit fâché de cette visite nocturne, à moins bien sûr qu'il ne se souvienne pas de l'intégralité de son rêve et surtout pas de sa proposition pour le moins spéciale.
De toute façon, le mal était fait. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il explique tout à Folebiol, comprenne que Zibulinion était désormais obligé de garder ses distances et ne soit pas furieux.

Le lendemain, la journée se déroula sans que rien de spécial ne se produise. Le surlendemain, Zibulinion mit de côté le problème, car il avait rendez-vous avec Relhnad au buisson aux moineaux.
Pour s'y rendre discrètement, après avoir tourné et retourné la chose dans sa tête, il reprit les traits de Noinilubiza à l'abri des regards dans les toilettes de l'école.
Certes, il s'était fait une mauvaise réputation l'année dernière sous cette apparence, mais personne ne s'attendait à qu'elle soit encore là puisqu'elle était une 12ème année et elle allait se fondre dans la masse des jolies fées blondes. Avec ce stratagème, Zibulinion espérait tromper la directrice.
Il s'enfonça dans la forêt ainsi. Arrivé à destination, il brisa l'illusion et une minute plus tard Relhnad se matérialisa.
Après leur longue séparation, Zibulinion s'était imaginé que son professeur le prendrait dans ses bras et l'embrasserait. Il en fut pour ses frais, Relhnad se contenta de le saluer et de s'enquérir du déroulement de ses vacances.
Zibulinion qui avait attendu leurs retrouvailles avec impatience, vint bravement, le visage en feu, se coller à Relhnad avant de répondre que cela avait été, excepté quand Validocielle était venue lui reprocher ses résultats scolaires et ses promenades en forêt.
Relhnad s'écarta de l'adolescent.
– C'est ennuyeux.
– Je ne sais pas encore combien d'étoiles et de lunes, j'ai obtenu dans toutes les matières, mais pour le moment, je n'ai rien en dessous de trois étoiles et lunes, se justifia Zibulinion, craignant que les quelques pas d'éloignements de Relhnad ne soit annonciateur.
– Je peux te confirmer que c'est le pire résultat que tu as eu. Tu t'es globalement bien débrouillé. Non, le problème, c'est Validocielle et son désir d'excellence qui la pousse à te faire étudier dans des circonstances déplaisantes, au mépris de ton bien-être. Tu as pris des précautions pour venir ici ?
– Je me suis servi de ma première illusion féminine.
– Hum. Je crois que le mieux est que je t'apprenne la téléportation. Cela facilitera tes déplacements.
– Ce serait pratique, reconnut Zibulinion.
–
Validocielle serait à même de les détecter, mais encore faudrait-elle la peine qu'elle se donne la peine de vérifier...