mercredi 21 mai 2014

Au Zoo Interplanétaire - 1

Merwan ouvrit les yeux. Il faisait jour. Il était étendu face contre terre, les bras étalés au-dessus de sa tête. Le sol était clair et rugueux et à quelques mètres de lui il y avait de minces barreaux d'un noir métallique.
Merwan battit des paupières. Que s'était-il passé ? La dernière chose dont il se rappelait, c'était qu'il rentrait chez lui en marchant dans la nuit après avoir fêté les trente ans de son ami Mathias. Avait-il bu plus qu'il n'avait cru et avait-il chuté et perdu connaissance sur le trottoir devant les grilles d'une maison ou d'un square?
Il se remit debout, la tête lourde et la bouche pâteuse et constata qu'il était entièrement nu. Flûte ! Quelqu'un avait-il trouvé amusant de lui piquer ses fringues en plus de son portefeuille ?
Il regarda autour de lui, au bord de la panique. Il était entouré de hauts barreaux d'au moins trois mètres de hauteur qui se terminaient par des pointes acérées. Au-dessus de lui, le ciel était d'un orange strié de vert très psychédélique. Avait-il été drogué à son insu durant la fête ou quoi?
Il se frotta le visage à deux mains, mais rien ne changea à sa situation. D'un pas chancelant, il fit le tour de sa prison. Elle était rectangulaire et entièrement vide. De l'autre côté des barreaux, se trouvaient de longues et larges allées était nettement dessinées, encadrant des cages. Il reconnut un lion, un zèbre, une girafe ainsi qu'un éléphant.
Pourquoi avait-il été enfermé dans un zoo, comme un animal ? Merwan serra les bras contre son torse et frissonna, non pas de froid - il faisait étrangement bon pour un mois de mai - mais parce qu'il se sentait vulnérable dans sa nudité, incapable de comprendre comment il était arrivé là.
Qui était responsable ? Un fou, un tueur en série, un idiot ? Pourquoi lui ? Les questions se bousculaient dans sa tête. Il était revenu des dizaines de fois en pleine nuit de chez son ami Mathias sans avoir jamais rencontré le moindre problème. Tout juste s'il croisait des chats ! Le quartier était tranquille et la ville paisible, si on exceptait un ou deux faits divers glauques.
Le souvenir de quelques films d'horreur acheva de l'angoisser. Il n'avait aucune envie de mourir. Il y tenait à sa petite vie ordinaire et sans histoire. D'accord, il n'était que hôte de caisse dans un supermarché, tout un ayant en poche un master de cinéma qui ne lui servait à rien, mais n'empêche.
Il espéra qu'il allait se réveiller sur le trottoir de la rue qu'il remontait, ou mieux dans son lit, que ce qu'il vivait n'était qu'un pur produit de son imagination. Las, il était toujours nu dans une cage sous un ciel étrange.
Peut-être qu'il ne fêterait jamais ses trente ans, à la différence de Mathias. Peut-être aussi que tout ça n'était qu'une caméra cachée.

mercredi 7 mai 2014

Presque 1 an de Garçon fée, nouvelle idée et repos

Le 24 mai 2013 commençait Le Garçon fée, d'ici une quinzaine de jours, cela fera donc 1 an que je suis sur l'histoire qui est à ce jour, ma plus longue histoire ( que je la divise ou non en trois livres ) : bientôt 200 épisodes et ce n'est pas fini, loin de là !
Avant cela, c'était Lykandré mon plus long roman (et hélas, peut-être même un peu longuet par endroits) Et encore avant c'était Le Suivant du Prince qui est un des favoris des lecteurs, mais dont la fin est peut-être un peu rapide.
(Rien à voir, mais personnellement, le roman dont je suis le plus satisfaite actuellement, c'est A travers les âges)

Bref, pas question de bâcler Le Garçon fée qui, ces derniers temps, connaît un rythme un peu chaotique de publication, ce dont je suis désolée. Néanmoins, je vais refaire une pause jusqu'au 21 mai.

En ce qui concerne la nouvelle idée (oui, une de plus à ajouter à la liste déjà longue que j'avais mis en ligne ), elle a pour nom Au zoo interplanétaire :
Merwan mène une vie tout ce qu'il y a de plus ordinaire jusqu'au jour où il est kidnappé et se réveille nu dans une cage. Derrière les barreaux évoluent d'étranges créatures...

Rendez-vous le 21 mai 2014 pour Le Garçon fée, si tout va bien (et au pire, une autre histoire !)

mardi 6 mai 2014

Le garçon fée - 198

Le jour de la reprise des cours, Zibulinion ne chercha pas à jouer des coudes pour atteindre Waltharan qui était littéralement entouré d'une nuée de fées. Il choisit de le contacter la nuit, en s'infiltrant dans les rêves du fée des plantes. Comme d'habitude avec ce sort, il aperçut le visage endormi de Waltaran à moitié enfoncé dans son oreiller avant de se retrouver propulsé dans une véritable jungle : de hautes herbes, de grands arbres, une chaleur tropicale. A la recherche de son ami, Zibulinion se fraya un chemin avec peine dans la masse dense de la végétation.
C'est un bruit de cascade qui l'attira. Il poussa des lianes, écarta des feuilles et vit son ami qui se baignait dans une eau incroyablement claire. Elle ne cachait aucune des lignes du corps nu du fée des plantes qui se tenait debout sur un lit de petits galets. Zibulinion avait oublié à quel point Waltharan était attirant dans le plus simple appareil. Il se sentit embarrassé et coupable vis-à-vis de Relhnad qu'il aurait donné cher pour revoir nu.
– Waltharan !
Son ami ne réagit pas. Zibulinion s'extirpa de la plante feuillue, descendit jusqu'au bord de l'eau et appela de nouveau.
Waltharan paraissait entièrement absorbé par sa baignade. Zibulinion entra dans l'eau qui se révéla d'une tiédeur confortable et vint le toucher à l'épaule.
– Drôle d'idée que de se baigner tout habillé, déclara Waltharan.
Zibulinion envisagea de se mettre en maillot de bain, puis renonça et expliqua à Waltharan la situation avec la directrice et son choix de l'aborder ainsi. Il lui demanda aussi s'il voulait bien parler pour lui à Folebiol ainsi qu'à Neyenje afin qu'ils sachent pour sa fausse apparence et identité.
– Enlève ton pyjama et viens nager, offrit Waltharan.
Zibulinion se demanda si son ami avait entendu un seul mot de ce qu'il venait de dire.
– Tu le feras ?
Waltharan ne répondit pas et effectua quelques brasses autour de lui. Cette indifférence ne lui ressemblait pas et Zibulinion comprit alors, qu'une fois de plus, il n'avait pas réfléchi assez. Waltharan n'était pas un fée des rêves, mais des plantes. Manipuler la matière onirique n'était pas dans ses cordes, à la différence de Neyenje ou Relhnad. Il ne pouvait réagir consciemment au discours de Zibulinion qui était en quelque sorte devenu un élément de son rêve. Cependant, cela ne voulait pas dire qu'il ne se souviendrait de rien au réveil et qu'il n'agirait pas en conséquence.
– Waltharan, j'y vais ! Mets au courant Folebiol et Neyenje pour moi, cria-t-il à l'intention du fée des plantes qui faisait à présent la planche.
Son ami cessa de se laisser flotter et lui attrapa le poignet.
– Reste donc t'amuser.