lundi 18 novembre 2013

A travers les âges, le livre est disponible

A travers les âges est désormais disponible en livre. Il comprend 260 pages dont un chapitre bonus et coûte 11,69€.

A un moment, il était question qu'une artiste réalise ma couverture, mais cette personne est désormais très occupée, aussi, j'ai finalement décidé de sortir le roman. Si vous êtes allergiques à la couverture pour laquelle j'ai opté, sachez que peut-être un jour (mais rien n'est moins sûr), il y aura une autre version.

Acheter A travers les âges 

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Résumé : Le nouveau professeur d'histoire de Dake prétend qu'ils se connaissent depuis la préhistoire, qu'ils sont des âmes sœurs qui, à travers les âges, se croisent et s'aiment... Et si, aussi fou que cela paraisse, c’était vrai ? Dake a la troublante impression de l'avoir déjà rencontré... 

Le pilote du roman a été publié sur le blog en avril 2012 et repris d'octobre à mai 2013.

Extrait
– Nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il y a environ 40 000 ans, j'étais un néanderthalien appelé Iol et toi un homo sapiens autrement dit homme de Cromagnon, répondant au nom de Kuma, appartenant au clan des Trois Silex.
Ayant noté la date et les noms, M.Toukka se tourna vers l'adolescent, l'enveloppa d'un regard pénétrant et commença son récit.
En quelques mots, Dake oublia la pluie qui battait aux carreaux, la salle de classe à la peinture fatiguée, le professeur et jusqu'à son nom...

Il s'appelait Kuma. Il revenait de la chasse, les bras et les jambes fatigués, mais fier de la viande que lui et ses compagnons rapportait au clan.

Le garçon fée - 105

Zibulinion quitta le bureau de la directrice. Il avait raté le premier cours du matin, celui de biologie. Assister au suivant, celui de géographie des espèces ne lui disait rien et c'est en traînant les pieds qu'il gagna les salles, suivi par des chuchotis des fées qu'il croisait dans les couloirs et les escaliers.
Quand ses premières camarades de classe arrivèrent, Zibulinion déglutit. Quelques unes ricanèrent, certaines l'insultèrent. Une lança : « On n'est pas assez bien pour toi, peut-être ?! Tu t'es déjà regardé dans un miroir, boudin ? » Quant à Folebiol, il passa à bonne distance de lui, apparemment fasciné par ses pieds.
Dans la salle, personne ne se mit à côté de lui. Ses camarades allèrent même jusqu'à éviter les tables avoisinantes de la sienne. Enfin, la professeur l'ignora quand il leva le doigt pour poser une question.
A midi, au réfectoire, il fut exilé en bout de table, entouré de chaises vides.
En cours de sorts, le schéma se répéta. Relhnad, cependant, fut égal à lui-même et interrogea Zibulinion, sans relever le froid que cela jetait.
Durant le cours de vol, la professeur interdit à l'adolescent de voler avec les autres pour qu'il réfléchisse à lui-même et à ses actes. Ce fut une véritable torture pour Zibulinion que de n'avoir rien à faire à part penser à l'impossible situation dans laquelle il s'était embarqué. A un moment, il crut que Folebiol lui jetait un regard désolé, un tour de son imagination, sans nul doute, puisque ce dernier l'évitait comme tout le monde.
Zibulinion sauta son dîner et après un brève passage à la bibliothèque peuplée de regards critiques, il rejoignit à l'aide du plan de l'école, la tourelle où résidait les professeurs qui le souhaitaient.
La directrice n'ayant pas précisé où il dormirait exactement, Zibulinion resta interdit devant les multiples portes. Deux professeurs qu'il ne connaissait pas passèrent devant lui comme s'il n'existait pas et il n'osa pas leur demander et puis soudain Relhnad sortit du néant et fut en face de lui.
– Tu n'es pas au bon endroit. Ici, c'est réservé aux professeurs femmes. Pour les hommes, c'est au-dessus. Viens !
Le professeur de sorts ouvrit une des portes dévoilant un escalier en colimaçon aux marches de bois et à la rambarde de fer décorée de fleurs aux pétales bleu ciel. Zibulinion le suivit, plein de gratitude envers ce professeur qui décidément, lui venait toujours en aide.
Ils débouchèrent sous le toit de la tourelle et se retrouvèrent face à cinq portes toutes plus différentes les unes que les autres : il y en avait une en bois clair, une en verre opaque, une métallique, une qui semblait constituée d'un amas de feuilles, et une en or.
– Seulement deux pièces sont occupées, et encore, l'une ne l'est qu'à moitié. Comme tu sais, il n'y a que moi, Bastopod et Yapolong comme professeurs de sexe masculin à Valeaige. Si je réside ici, Yapolong vit au village avec sa femme. Quant à Bastopod, il a beau avoir sa chambre à l'école, il dort le plus souvent chez sa fille qui habite également au village. La porte d'or conduisant à la salle de bain, tu as le choix entre la pièce près de l'escalier ou celle entre moi et Bastopod, expliqua Relhnad, en pointant les portes du doigts.

Zibulinion ne portant pas le professeur d'histoire dans son cœur opta pour le battant en  bois clair qui l'attirait de toute façon davantage que le métallique.

vendredi 15 novembre 2013

Le garçon fée - 104

Zibulinion lut une bonne partie de la nuit, incapable de dormir. Dès qu'il fermait les yeux, il se mettait à ruminer les derniers évènements. C'est d'épuisement qu'il s'endormit, le livre ouvert devant lui en guise d'oreiller. Au petit matin, au réveil, il fut catastrophé de découvrir qu'il avait corné quelques pages. Il se rassura en se disant qu'un sort pour arranger cela devait exister. Mais y en avait-il un pour lever le poids qui pesait sur sa poitrine et desserrer l'étau qui broyait son cœur ?
Zibulinion en cherchait un quand la cloche du petit déjeuner retentit. Ayant sauté son dîner hier soir, il avait un peu faim, aussi se rendit-il au réfectoire, escomptant que les autres garçons fées soits revenus à de meilleurs sentiments. Utopique espoir ! Au niveau de la table des 10ème années, l'hostilité générale le frappa de plein fouet. Folebiol avait le nez dans son bol et les filles murmuraient entre elles en le pointaient du doigt.
La nouvelle de sa déclaration d'amour et de sa sexualité non traditionnelle s'était répandue comme une traînée de poudre. Zibulinion tourna les talons.
Comment avait-il pu imaginer ne serait-ce que quelques minutes que la situation allait magiquement s'arranger ? Il n'avait pas utilisé sa baguette... Non, à moins d'user d'un puissant sort d'oubli sur toutes les personnes de l'école désormais au courant, il allait devoir assumer ses propos. S'il avait pu remonter dans le temps, il aurait gardé le silence. Il avait tout gâché. Non, il n'avait pas pu se contenter de l'aimer en silence et de profiter de sa présence en tant qu'ami à ses côtés, il s'était cru obligé de révéler à Folebiol son amour. Quel idiot ! Quel naïf, il avait été ! Il savait bien pourtant que c'était mal d'être attiré par un garçon comme lui...
Une fée adulte se matérialisa soudain à ses côtés et jeta à ses pieds une enveloppe d'un rouge sanglant avant de s'envoler plus loin. Zibulinion la ramassa et l'ouvrit. C'était une convocation immédiate dans le bureau de la directrice. Aucun délai ne serait souffert. L'adolescent aurait dû s'y attendre, mais cela l'acheva. Quelles étaient ces chances que cela se passe bien avec la directrice ? Nulles. Le ton impératif du message, la couleur de l'enveloppe, tout indiquait qu'elle n'était pas contente.
Et, comme prévu, elle l'accueillit les sourcils froncés d'une fureur contenue.
– Il m'a été rapporté que vous vous étiez permis de proférer des insanités à l'un de vos camarades. De l'amour entre deux fées de même sexe, il ne saurait en être question, vous m'entendez ?
Zibulinion ne pipa mot, ce qui n'empêcha pas la directrice de continuer un ton indigné :
– Vous êtes une source perpétuelle de problèmes depuis que vous avez mis les pieds dans cette école. Que Dame Nature me pardonne, mais vous ne ressemblez à rien ! Vous n'avez pas suivi d'instruction digne de ce nom jusqu'à l'année dernière et vous vous amusez à faire des sorts avancés dans consulter personne, un vrai danger public ! Et maintenant ça ! Alors qu'il y a déjà si peu de garçons fées ! Aucune sexualité déviante n'a de place dans nos murs et je ne sais ce qui me retient de vous renvoyer, si ce n'est que vous avez en vous la capacité d'être une fée à la fois des bois, des plantes et des rêves... Vos camarades ne veulent plus de vous dans le dortoir et je les comprends. Vous mettre avec les filles est tout aussi impensable, quand bien même, vous ne vous y intéressez pas comme vous le devriez. Si un sort pouvait vous guérir de cette attirance absurde, je m'en servirai volontiers. Comme il n'existe pas, je souhaite que vous réalisiez à quel point vous êtes dans l'erreur. Et pour le moment, vous dormirez à l'étage des professeurs. Compris ?
Zibulinion acquiesça. Défendre sa position était inutile. Tout le monde ou presque semblait d'avis que son amour pour Folebiol n'avait pas de sens et qu'il devait être traité comme un pestiféré.