lundi 10 août 2009

Cicatrices - Chap11 : Dehors (3)

Le trajet jusqu'au studio de Tom se déroula étonnamment vite. La porte s'ouvrit sur un Tom visiblement agacé d'être dérangé.
– Que me vaut cette visite surprise ?
L'air bouleversé de Peter lui fut immédiatement ajouter d'un ton plus aimable :
– Entre.
Jack était également là. Il les gênait, se dit Peter. Ou plutôt, il embêtait Tom, car Jack semblait ravi de le voir.
– Je suis à la rue, souffla-t-il.
– Tes parents t'ont fichu dehors ? Comment ils ont su ?
– Nathan.
– Ton jumeau ?
– Oui, c'est ça.
– Tu pourrais le loger quelque temps ici, non ? demanda Jack à Tom.
Cela ne parut pas plaire à ce dernier. Peut-être craignait-il que cela dérange sa relation avec Jack qui n'était pas des plus simples, il faut l'avouer.
– Tu serais pas mieux avec ton copain ?
Peter se mordilla l'ongle du pouce.
– Je ne sais pas si je peux m'imposer chez lui comme ça...
– Pourquoi tu ne veux pas qu'il reste ici ? interrogea Jack.
– Mon lit est petit, et je préfère garder la place libre pour toi, même si pour le moment tu n'en veux pas.
L'embarras de Jack fut palpable. Peter en déduit que ses deux amis n'avaient pas encore couché ensemble. Ils devaient en être resté au stade du baiser. Cela n'avait rien de surprenant quand on songeait au passé de Jack. En même temps, ce dernier n'aurait jamais dû se mettre en couple avec Tom juste pour voir... Au minimum, il aurait fallu qu'il se sente attiré par lui... Mais tout ça, c'étaient les problèmes de Jack et Tom, Peter n'avaient pas à s'en mêler, il avait déjà assez à faire avec les siens.
– Ne vous disputez pas, d'accord ? Si vous me prêtez un peu d'argent ou des tickets de métro, je vais tenter ma chance chez Liam. Sinon, je compte sur toi, Tom.
– Bien sûr. Et puis d'ici quelques jours, tu pourras essayer de te rendre chez tes parents. Ils se seront sans doute calmés et seront peut-être prêts à te laisser récupérer quelques affaires.
– Je ferai ça.

Dans une sorte de brouillard, Peter repartit afin de se rendre chez Liam. Ce fut Cassandra qui lui ouvrit et cela découragea par avance le jeune homme.
– Papa, c'est ton copain.
Liam arriva avec un empressement qui mit un peu de baume au cœur meurtri de Peter.

vendredi 7 août 2009

Cicatrices - Chap11 : Dehors (2)

– Pas du tout. Regarde la photo de son chéri ! Il est bel et bien gay ! s'exclama Nathan.
Leur mère, pâlie en entendant ces mots tandis que leur père explosait de fureur.
– Ah ! Ça fait des études de minette et ça devient une tapette ! Une foutue tante ! Dégage ! Dehors ! Tu m'entends, DEHORS !
Peter se laissa pousser hors de la chambre sans ménagement. Il était abasourdi que les choses aillent aussi vite. Même pas le temps de s'expliquer, de se défendre. Tout se passait comme son père s'était toujours douté qu'il était homo. Il avait fallu d'une accusation , d'un petit rien pour qu'il y croit. Il n'avait même pas le droit au bénéfice du doute.
Plus vite encore qu'il n'aurait cru Peter se retrouva sur le trottoir sans rien. Pas d'argent, pas de moyen de communication : le mobile était resté dans la main de Nathan. Et pas de manteau. Heureusement, on était à la toute fin du mois de mai et le temps était chaud. Le jeune homme n'avait que ce qu'il portait. Dieu merci, il avait pu enfiler ses chaussures ! Il plongea dans ses poches, mais n'en sortit qu'un vieux mouchoir. Pas la moindre piécette. S'il voulait se rendre chez Tom, il faudrait qu'il fraude. Par avance, cela l'embarrassait. En même temps, il n'avait pas le choix. Pourquoi avait-il fallu que Nathan vienne se mêler de ce qui ne le regardait pas ? Pourquoi ses parents avaient-ils eu besoin de venir se renseigner sur l'objet de la dispute entre lui et son frère ? Un fois de plus, son père avait pris le parti de Nathan sans même chercher à écouter ce que Peter pouvait avoir à lui dire.

jeudi 6 août 2009

Cicatrices - Chap11 : Dehors (1)

Le dernier jour de cours de l'année avait eu lieu aujourd'hui. Dès que le week-end de Pentecôte serait terminé, il faudrait enchaîner partiels sur partiels afin de clôturer en beauté le deuxième et dernier semestre. Jusque là, Peter n'avait jamais eu à se rendre aux sessions de rattrapage, et il espérait bien qu'il en serait de même cette année. Le jeune homme se frotta les yeux et soupira. Il en avait assez de relire ses notes de cours. Il avait envie de voir Liam. Il lui manquait. Il ne l'avait pas beaucoup vu ces derniers temps entre ses révisions intensives et les visites plus fréquentes que faisaient Cassandra à son père. L'adolescente était venue tous les jours fériés du mois de mai. Elle devait tranquillement discuter avec son père dans le salon en ce dimanche soir. A moins qu'elle ne fasse un jeu de société avec lui ou qu'elle regarde la télé en sa compagnie. Peter aurait bien aimé être à la place de l'adolescente au lieu d'être coincé devant son bureau tandis que son frère, visiblement pas stressé par les examens à venir, feuilletait négligemment un magazine, allongé sur son lit. Peter soupira encore. Il fallait qu'il se motive. Il le fallait... Et quoi de mieux pour ça que de regarder la photo de Liam qu'il avait dans son téléphone portable ? Sans oublier le délicieux texto qu'il lui avait écrit hier soir. Le jeune homme alla récupérer son mobile, puis se réinstalla devant le bureau. Discrètement, il pianota sur quelques touches et contempla le visage de son bien-aimé. Il lut ensuite le texto cinq ou six fois avant de regarder de nouveau la photo.
– C'est ton chéri, n'est-ce pas ?
La voix de Nathan fit sursauter violemment Peter et le téléphone lui échappa des mains. Son frère s'était approché sans bruit et, absorbé dans ses pensés, Peter n'avait rien remarqué. Il voulut ramasser son mobile, mais Nathan, plus rapide que lui l'avait déjà récupéré.
– Rends-le moi.
Son jumeau l'agita sous son nez, l'air très content de lui.
– Pas avant que tu n'aies répondu à ma question.
Peter essaya de ne pas perdre son sang-froid. Pas question que les parents qui étaient juste à côté, débarquent en demandant ce qui se passait. Nathan ne savait rien, rien du tout. Il voulait juste le faire enrager.
– C'est juste la photo d'un ami. J'imagine que tu en as aussi sur ton mobile.
– Bien sûr. Mais je ne bave pas devant. Et je n'ai pas d'amis homo.
– Je... Je ne vois pas où le problème.
Nathan avait donc bien entendu la dernière fois...
– Le problème est qu'un plus un font deux, mon très cher frère.
Impossible de ne pas sentir l'ironie. Les propos cryptiques de son frère agacèrent Peter. S'il avait une accusation à lancer, qu'il le fasse.
– Pense ce que tu veux, rétorqua-t-il.