jeudi 31 mai 2018

Raiponce - 7

Hélas, la sorcière voulu comme d'habitude connaître les symptômes engendrés par sa potion et Raiponce, en utilisant des mots qu'il n'était pas supposé connaître, se trahit.
La vieille eût tôt fait de lui arracher toute l'histoire.
— Pauvre sot, c'est un prince, vous êtes deux hommes, votre relation est sans avenir !
— Pourquoi ?
La sorcière ricana et tâcha de lui expliquer comment le monde marchait, chose dont elle ne s'était jamais donnée la peine jusqu'ici.
Grâce à Melvyn, Raiponce en savait plus qu'avant, mais  certains aspects lui échappaient toujours. Jusqu'alors, il ne s'était pas douté que les relations entre personnes de même sexe étaient mal considérées, que les princes devaient se marier pour avoir un héritier.
Il ne mit pas en doute les paroles de sa marraine, mais trouva cela absurde. Quel mal cela faisait-il si le prince l'épousait lui ? Quelle nécessité y-avait-il à ce que ce soit la chair de sa chair qui monte sur le trône ? L'important était quelqu'un de qualifié soit à la tête du pays.
— Le prince n'a fait que s'amuser avec toi, affirma la sorcière avec assurance.
— Non, il m'aime, protesta Raiponce.
— Peu importe, ta place est ici.
Le jeune homme secoua la tête.
La sorcière, furieuse, le gifla avec force. Elle ne l'avait jamais frappé auparavant, mais elle sentait qu'il lui échappait et ne le supportait pas. Raiponce était sa chose, son commode cobaye.
Le jeune homme, les joues cuisantes, réalisa enfin que sa marraine n'en avait rien à faire de son bonheur, que Melvyn avait eu raison de lui faire remarquer que ce n'était pas normal qu'elle se serve de lui pour tester ses mixtures, le laissant subir toutes les conséquences.
De son côté, la sorcière comprit que c'était fini, que Raiponce ne lui obéirait plus et qu'il lui devenait donc inutile. Elle empoigna le jeune homme à la racine de sa tresse et brandissant la serpe qui lui servaient à couper les plantes qu'elle mettait dans ses potions, la lui trancha.
Profitant du choc du jeune homme, elle le renversa au sol et le roua de coups. Raiponce tenta bien de se défendre, mais rien ne l'avait préparé à cette débauche de violence et sa tête était étrangement légère, ses cheveux étant désormais courts.
Une fois qu'il eut perdu connaissance, la vieille se débrouilla pour le descendre en l'attachant à la tresse, puis le conduisit dans une étendue désertique où elle l'abandonna. Après quoi, elle retourna à la tour décider à se venger de cet imbécile de prince qui l'avait contraint à se séparer de son cobaye.

mercredi 30 mai 2018

Raiponce - 6

Le jeune homme, cependant, même après, était toujours en érection. Celle de Melvyn devenant dur à supporter, il se déshabilla à son tour, la libérant.
Raiponce haletait et se tordait.
Le prince le rassura avec des mots doux.
Tout en l'embrassant pour la première fois, il frotta son pénis contre celui du jeune homme qui fut pris d'un nouvel orgasme, mais demeura plein de désir.
Melvyn lécha le membre toujours dur et dressé et le doigta. Quand il l'estima prêt à l'accueillir en lui, il le pénétra.
Raiponce se mordit les lèvres en poussant une plainte, mais l'attira contre lui.
Le prince effectua des mouvements de va-et-viens de plus en plus rapides jusqu'à ce qu'ils jouissent ensemble.
Melvyn aurait voulu le garder enlacé, mais le jeune homme s'écarta.
La fièvre était tombée et, même sans comprendre ce qui s'était passé, il était bouleversé de l'intimité qu'il venait de partager avec le prince.
— Je t'aime, déclara  Melvyn.
Ce n'était peut-être pas les meilleures circonstances pour le dire, mais il était inutile de lui cacher plus longtemps.
Il continua :
— C'est pour ça ce que je t'ai fait l'amour, même si je n'aurais sans doute pas dû profiter du fait que tu étais sous l'influence d'un espèce d'aphrodisiaque.
Raiponce, comme souvent, ne connaissait pas tous le sens des mots prononcés par le prince, mais ses sentiments ne lui échappèrent pas.
Un lien s'était tissé entre eux à mesure que dans son tiroir les cordons de soie devenaient une corde. Il n'avait su le définir jusqu'à présent. C'était donc de l'amour ce manque quand il n'était pas là, cette tristesse au moment où il partait, cette envie d'être tout près de lui. Cela n'avait aucun rapport avec l'affection qu'il éprouvait pour sa marraine.
— Que ressens-tu pour moi, Raiponce ?
— La même chose, murmura le jeune homme.
— Alors, pourquoi ne viens-tu pas dans mes bras ?
Raiponce vint s'y nicher timidement. Le prince posa tout doux ses lèvres contre celles du jeune homme qui se sentit à nouveau fiévreux, mais de façon agréable et non douloureuse, comme un peu plus tôt.
— Demain, je partirai d'ici avec toi.
Sa marraine ne tenait pas tant que cela à lui. Sans Melvyn, il aurait davantage souffert, de surcroît sans comprendre ce qui lui arrivait.
— Pourquoi pas aujourd'hui ? La corde est prête, non ?
— Je voudrais lui dire au revoir.
— Elle n'acceptera jamais ton départ.
— Je ne le mentionnerai pas.
Le prince n'insista pas. Un jour de plus, ce n'était pas grand chose, surtout si cela permettait à Raiponce de quitter sa prison, le cœur serein.

mardi 29 mai 2018

Raiponce - 5

Le matin suivant, il débarqua à nouveau, l'appelant d'une voix forte. Il avait le cordon de soie, comme promis.
Raiponce le prit et le cacha au fond du tiroir de sa commode. Il n'était pas encore sûr de ce qu'il en ferait. Il avait toujours obéi à sa marraine, mais le monde dépeint par le prince était attirant.
Après la troisième visite du prince, Raiponce décida que cela ne l'engageait à rien de préparer une corde, qu'il pourrait l'utiliser ou ne rien en faire.

    Melvyn aimait Raiponce. L'évidence lui apparut alors qu'il chantait devant lui. Ce n'était pas que sa voix, ni même son physique avantageux – il avait retrouvé son teint de pêche – c'était son être tout entier. Il n'était pas seulement innocent, il était profondément bienveillant. Il rayonnait de bonté. Quand Melvyn lui avait parlé des problèmes de récolte des paysans cette année, le jeune homme avait pleuré.
Le prince l'avait pris dans ses bras pour consoler et en avait ressenti une troublante excitation. Cependant, quelque soit son désir de l'embrasser, il n'en avait rien fait. Raiponce était si pur qu'il n'avait pas osé.
    Un soir, cependant, il le retrouva agité et fiévreux.
La sorcière était passée un peu plus tôt et lui avait fait boire un breuvage sucré. Raiponce ne savait pas ce que c'était, bien sûr.
— Cela passera, assura-t-il d'une voix altérée en s'allongeant sur son lit. Ou bien elle me soignera. Il y a parfois des étranges effets secondaires. Je suis habitué.
Il l'était peut-être, mais pas Melvyn. Hormis, pour le teint verdâtre, il n'avait encore jamais vu Raiponce souffrir des potions de la sorcière. De nouveau, il aurait voulu l'emmener avec lui, loin de la tour, à l'abri de la méchante vieille.
Il était en train d'envisager d'aller chercher un médecin au château, quand Raiponce ôta ses vêtements qui lui collaient à la peau et l'irritaient.
— J'ai trop chaud, gémit-il.
Melvyn déglutit devant la perfection des lignes de son corps. Tout était beau chez lui, jusqu'à la courbe de son pénis érigé.
Raiponce ne savait pas ce que cela signifiait. Il ne se doutait pas que le voir ainsi plongeait le prince dans un état d'excitation similaire.
Cependant, quand Melvyn lui toucha le sexe, il éprouva une sensation de soulagement qui l'incita à réclamer davantage.
Le prince, même s'il avait quelques scrupules à profiter de la naïveté du jeune homme et de l'excitation provoquée par la potion que ce dernier avait ingéré, ne se fit pas prier. Il le caressa encore et encore, partout, jusqu'à ce que Raiponce éjacule.