jeudi 23 octobre 2014

Pause & résultats sondage

Merci aux 25 personnes ayant votées. Avec 16 voix pour une seule histoire, je reviens donc avec cette formule, le Garçon fée s'étant terminé la semaine dernière sans tambours ni trompettes...
Pour les 9 personnes préférant qu'il y ait plus d'histoires en cours, je pense que temps à autre, je mettrais en route un conte ou une nouvelle en parallèle avec le roman.

Sinon, je fais la pause et je vous donne rendez-vous lundi 3 novembre pour le prochain épisode du Zoo Interplanétaire.

mercredi 22 octobre 2014

Au Zoo Interplanétaire - 49

Merwan avait peine à y croire. Il était en train d'avoir une conversation avec Pieuvre. Zyxxx. Il ne l'avait pas planifié, mais l'alien à tentacule l'ayant entendu, il avait bien été obligé de se jeter à l'eau. C'était si étrange. Son cœur tambourinait à toute vitesse dans sa poitrine.
— Puisque nous pouvons communiquer, je compte sur toi pour m'éclairer sur le fonctionnement de ton espèce.
Pieuvre, ou plutôt Zyxxx, parlait lentement, facilitant la compréhension.
— J'ai moi aussi des questions, répliqua Merwan.
— Vas-y en premier...
Merwan déglutit. Les mots lui échappaient et il ne savait pas par quoi commencer.
— Non, c'est bon. Toi d'abord...
— La nourriture te convient-elle ?
— Ce que je mangeais sur « Terre » était très différent. Je me suis habitué, même si le goût, ce n'est pas vraiment ça.
C'était un euphémisme pour ne pas vexer son interlocuteur, mais il était vrai qu'il s'était accoutumé aux bouteilles comme aux comprimés.
— Tu es plus porté sur le liquide ou le solide ?
— Les deux sont nécessaires.
— Quelque chose te manque-t-il ?
Des tas... Merwan choisit un truc simple auquel Pieuvre pourrait peut-être remédier, même si mot habit ne faisait  à priori pas parti du vocabulaire des aliens à tentacules :
— De quoi couvrir mon corps.
— Tu appartiens donc à ces espèces qui éprouvent le besoin de porter des matériaux artificiels pour protéger leurs peaux. Je tâcherai de te procurer ça.
— Les Tappelniens n'ont pas... froid... sans rien ?
Merwan ne connaissait pas l'équivalent de « gênés » en Tappelnien.
— Notre température a un régulateur interne, répondit Zyxxx, avant d'enchaîner sur une question que Merwan ne comprit pas.
— Désolé. Je ne connais pas ce terme.
— Tant pis, ce n'est pas grave. Je suis déjà admiratif de ton niveau en Tappelnien.
Pieuvre monta un tentacule au-dessus de la tête de Merwan, mais le retira sans lui ébouriffer les cheveux. N'allait-il plus le toucher maintenant qu'il savait que Merwan n'était pas un animal ?
— Merci.
— Nous allons devoir retourner au zoo interplanétaire...
Bouleversé, Merwan ne parvint pas à saisir la fin de la phrase. Pieuvre n'allait-pas le ramener là-bas, c'était impossible.
— Je ne veux pas.
— Il faut bien prévenir le directeur que ceux de ton espèce n'ont pas leur place en cage et le plus simple est t'y ramener pour qu'il constate de lui-même ton intelligence.
Merwan s'en voulut de son mouvement de panique. Pieuvre, enfin Zyxxx, était comme toujours gentil. Merwan, lui, avait perdu de vue  un de ses objectifs premiers en apprenant la langue de l'extraterrestre : celui de tirer d'affaire Anouchka.
— Est-ce qu'il libèrera ceux avec qui j'étais enfermé ?
C'est ce qu'il espérait pour Anouchka. Tom, il préférait le savoir derrière les barreaux. La simple idée de le revoir le glaçait.
— Je ne suis pas sûr. C'est un cas compliqué. Cela évitera surtout d'autres captures.

mardi 21 octobre 2014

Au Zoo Interplanétaire - 48

Le flots des clients à la clinique vétérinaire s'était enfin tari. Il faut dire qu'il avait été impossible de s'occuper correctement des animaux chéris de leurs propriétaires en raison du trop grand nombre de patients acceptés par rapport à leur capacité d'accueil. Leur réputation en avait pâti jusqu'à ce que le nombre de clients diminuent, leur permettant de soigner les animaux dans les règles de l'art. A coup sûr, la clinique finirait par y regagner des clients jusqu'au grand n'importe quoi, et le cycle recommencerait. C'était signe de mauvaise gestion, mais Zyxxx était bien obligé de faire avec. Cependant, il espérait bien un jour avoir son propre cabinet de vétérinaire, lui évitant ses désagréments. Il ne regrettait toutefois pas l'impulsion qui l'avait poussé à acheter Bimm, l'obligeant à y renoncer temporairement. Rentrer chez lui en se sachant attendu était plaisant et se sentir apprécié aussi, car Bimm l'accueillait toujours avec une joie manifeste.
Se rendrait-il compte que Zyxxx rentrait plus tôt ? Tout dépendait de sa notion du temps. En tout les cas, ce serait l'occasion de l'emmener se promener.
Quand Zyxx s'introduisit dans son logis, Bimm n'était pas la porte, mais assis sur sa couverture, absorbé par l'écran plafonnier.
Bimm ne s'était pas rendu compte du retour de Zyxxx, il s'entraînait à parler « Bonjour, bonne nuit, la journée a-t-elle été bobonne, bonne ? Au revoir. » Zyxxx se figea. Cette fois, il n'y avais plus de doute sur la nature du bipède et sur son aptitude à apprendre le Tappelnien. C'était à la fois problématique et formidable. Zyxxx secoua  ses tentacules et manifesta sa présence.
— Bonsoir.
Bimm sursauta violemment, se leva et se tourna vers lui.
— Bienvenue au logis, déclara-t-il d'une voix mal assurée.
— Merci. Comment t'appelles-tu ? Mon nom est Zyxxx.
— « Merwan » Je suis originaire de la planète « Terre »
— Et tu n'es pas un simple animal.
— Oui.
— La chaîne éducative t'a aidé ?
— Oui... Tu n'es pas surpris ?
— Tu avais montré que tu étais intelligent et j'avais des doutes, mais comme tu n'avais plus tenté de parler le Tappelnien, je suis quand même étonné.
Zyxxx avait du mal à s'exprimer simplement, alors, il compensait en y allant doucement.
— Je voulais être capable de vraiment échanger.
— Je suis désolé si j'ai manqué d'égards avec toi, ne sachant pas ce que tu étais.
Bimm alias « Merwan » pencha la tête sur le côté. Peut-être n'avait-il pas compris, aussi Zyxxx reformula autrement.
— Non, ça va, répondit finalement Bimm.