jeudi 31 juillet 2014

Au Zoo Interplanétaire - 25

Quand Merwan émergea, Tom était penché au-dessus de Anouchka et la reluquait. Allait-il s'en prendre à elle de nouveau ? N'allait-il pas se rendre compte qu'il s'était  comporté la veille comme le dernier des salauds ?
— Comment va ? demanda Tom comme s'il ne l'avait pas tabassé et violé la veille.
Cela désarçonna Merwan. C'était après ses actes barbares qu'il faisait preuve d'une vague politesse...! Il en resta muet d'étonnement. Hélas, son silence ne fut pas du goût de Tom.
— Réponds quand on te parle, lavette ! tonna-t-il, en faisant un pas dans sa direction.
Merwan se crispa dans l'attente d'un coup qui ne vint pas.
— Tu as de la chance que ce ne soit pas encore ouvert, pédale ! Je préfère quand il y a des spectateurs.
— Mais t'es malade ! s'exclama Merwan, sidéré.
— Peut-être. En même temps, il faut bien s'occuper dans ce trou et causer comme une gonzesse toute la sainte journée, très peu pour moi ! répliqua tranquillement Tom.
— Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ?
— Pourquoi ? Pourquoi ? Mais t'es un perroquet, ma parole ! Et puis d'abord, tu causes trop ! Même quand je te baise, t'arrêtes pas de gémir.
Ses reproches étaient incohérents. Merwan frissonna, essayant de ne pas se souvenir de Tom allant et venant en lui. Penser qu'il allait recommencer à l'ouverture du zoo lui donnait envie de vomir.
Trop tôt, la sonnerie retentit, trop vite un flot d'aliens aux apparences étranges emplirent les allées et entourèrent leur cage. Il lui sembla qu'il y en avait plus que d'habitude et une part de lui-même, horrifié, se demanda si c'était parce qu'ils avaient aimés le « spectacle » de la veille qu'ils étaient revenus aussi nombreux.
Tom qui s'était tenu au peu près tranquille jusque là, fondit sur Anouchka comme un rapace sur sa proie.
— Ne la touche pas ! s'exclama Merwan.
Il ne pouvait pas le laisser la violer sous ses yeux sans rien faire. Il se serait rendu complice de son crime. Non, vraiment, cela aurait était ignoble de sa part, même en sachant ce qu'il risquait.
Tom, sans lâcher les poignets d'Anouchka dont le regard était complètement éteint, se tourna vers Merwan avec un mauvais sourire :
— Jaloux ? Je préfère les nibards, tu sais. Allez, c'est d'accord, mais à une condition, que tu te mettes à genoux, que tu me lèches la bite et après que tu te mettes à quatre pattes, que t'écartes les fesses et que tu me supplies de te l'enfoncer bien profonde. C'est une faveur que je te fais que de m'occuper de ton trou du cul.
Comme Merwan hésitait, le cœur au bord des lèvres, incapable de se décider entre deux options affreuses, Tom se mit à pétrir les seins d'Anouchka qui ne chercha pas à se soustraire à son tortionnaire. Elle semblait attendre que cela passe.
Merwan détourna le regard. Les aliens étaient là, derrière les barreaux. Il avait la désagréable impression qu'ils le jugeaient. Dans la foule, il aperçut une tête blanche triangulaire. Pieuvre ? Ou bien un autre extraterrestre de la même espèce ? Avait-ce seulement de l'importance? Aucun de ses appels au secours n'auraient d'échos. Personne ne les comprendrait, sauf Tom qui risquait de s'en amuser.

mercredi 30 juillet 2014

Me voilà de retour de vacances ! Je me suis décidée à mettre en ligne un épisode du Garçon fée et un du Zoo Interplanétaire dès aujourd'hui, sachant que certain(e)s attendent plus l'un que l'autre et vice-versa. On retourne ensuite à la surprise du chef, mais avec normalement un certain équilibre dans la publication des 2 histoires sur lesquelles j'ai pris le temps d'avancer un peu durant mes vacances.

Sans plus attendre :

Au Zoo Interplanétaire - 24

Le directeur reprit :
— Docteur Xyzzz qu'il n'y ait pas de prochaine fois pour ce genre de chose. Je n'ai pas instauré le système de formulaire pour faire joli. Je ne peux matériellement traiter ce genre de chose au cas par cas. Dans le pire des cas, même si c'est coûteux, je peux toujours commander un nouvel animal.
Zyxxx pouvait comprendre le problème de temps. Seulement l'absence de réactivité suite au remplissage du formulaire était en général fatal. Par ailleurs, plutôt que de déplorer le prix d'un achat, le directeur aurait pu regretter la perte d'une vie. Hélas, faire des bénéfices était plus important pour lui que tout le reste.
— Ce n'était pas le seul motif de ma visite. Trop souvent, les animaux sont mis en cage directement après leur capture sans que je puisse les examiner au préalable.
— C'est fâcheux ce que vous me rapportez là. Je vous assure que les captureurs ont pour ordre de les déposer au centre de soins.
Ce dernier mentait, Zyxxx le savait, car il avait déjà remonté le problème. Le responsable, c'était le directeur.
— Peut-être pourriez-vous y remédier puisque vous êtes désormais au courant, répondit Zyxxx, prétendant le croire.
— Je l'espère, affirma le directeur. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser docteur Xyzzz, j'ai un rendez-vous d'ici quelques minutes, ajouta-t-il, ses gigantesques oreilles frémissantes.
C'était une façon comme une autre de couper court. Quant à son insistance sur le mot rendez-vous, elle n'avait d'autre but de signaler à Zyxxx que débarquer à l'improviste était malvenu.
— Désolé de vous avoir dérangé.
Zyxxx quitta le logis du directeur, décidé à ne plus trop tarder à donner sa démission. Six révolutions plutôt, quand il avait accepté le poste, il était désireux d'expérimenter le travail de docteur en zoo. Le prestige du zoo interplanétaire l'avait séduit avec la possibilité d'examiner des animaux de tous les horizons. Les zoos habituels ne pouvaient prétendre à un aussi large panel. C'était aussi un moyen d'accumuler un petit pécule pour pouvoir ouvrir un cabinet de vétérinaire sur sa planète, la Tappelnie. Le salaire était en effet meilleur que celui auquel il aurait pu prétendre en restant sur son sol natal. Cependant, s'il avait eu le privilège d'étudier des tas de bêtes inconnues, il avait découvert que le fonctionnement du zoo interplanétaire laissait à désirer. L'aspect financier primait sur le bien-être des animaux. Ainsi, certaines cages étaient trop petites. D'autres mal aménagées et inadaptées. Quant aux bêtes des planètes éloignées, elles n'étaient pas aussi encadrées qu'elles auraient dû et malgré ses efforts, elles étaient nombreuses à dépérir. Son sentiment de culpabilité augmentait de jour en jour ainsi que sa frustration. Le cas des bipèdes se rajoutait à d'autres.
Longtemps, il avait pensé que, par sa présence, il pouvait arranger les choses, mais il en était de moins en moins certain. Il était exact qu'en tant que Tapplenien, ses capacités médicales étaient supérieures, mais puisque le directeur s'accrochait à ses formulaires et méprisait certaines règles élémentaires, les efforts de Zyxxx ne servaient à rien.