vendredi 20 décembre 2013

Joyeuses fêtes de fin d'année !

Bon, en général, c'est un peu la folie pour tout le monde cette période de fêtes, moi comprise, donc pause du garçon fée jusqu'à début janvier. Zibulinion et tous ses amis fées reviendront le 3 janvier 2014 ! Les sorciers et sorcières seront également au rendez-vous.

Joyeux Noël et bonne année 2014 en avance !

Le garçon fée - 129

Finalement, après une longue délibération, la victoire fut attribuée au candidat qui avait compris que la créature n'était pas ce qu'elle paraissait être, et ce, en dépit de la bévue qui l'avait conduit à briser l'illusion pour les deux créatures.
Il fallut ensuite quitter l'arène pour laisser la place aux combattants suivants. Zibulinion retrouva le sorcier ébouriffé dans les coulisses. Ce dernier n'était pas content, cela était une évidence, et Zibulinion se sentit obligé de s'excuser. Il n'avait pas prévu que son sort atteindrait l'autre créature. Cette erreur l'empêchait d'ailleurs de se réjouir d'avoir été déclaré vainqueur.
– Désolé.
– D'être puissante ? Tu ne devrais pas ! aboya le sorcier.
– Je ne suis pas spécialement fort...te.
– Moi oui ! Et puisque tu m'as battu deux fois, pas de fausse modestie féerique à la mords moi le nœud, tu l'es !
– Je n'aurais pas su endormir le paroigma. Comment as-tu fait ?
Il était difficile de ne pas admirer la simplicité de l'idée qui pouvait mettre hors d'état de nuire n'importe quelle bestiole, et la complexité de son exécution sur certaines créatures.
– Cela t'intéresse vraiment ? Tu es bien la première fée à qui je cause qui fait preuve de curiosité vis-à-vis de la sorcellerie !
Zibulinion avait lu des choses à glacer le sang sur les atrocités que pouvaient commettre les sorciers. Cependant, il avait du mal à comprendre l'hostilité qui semblait toujours couver sous le vernis de la cordialité entre fées et sorciers.
– C'est aussi de la magie, pourtant.
– Bien meilleure que la féérie ! Je m'appelle Antenhyo, et toi ?
– Z... Noinilubiza.
Prétendre être la fille fée qu'il n'était pas nécessitait une vigilance de tous les instants qui pesait d'autant plus à Zibulinion qu'il ne pouvait oublier à quel point il avait blessé Waltharan ainsi. La possibilité que Antenhyo l'ébourriffé tombe amoureux d'une fée était proche de zéro, mais cela ne changeait rien.
L'arrivée des combattants suivants les amena à sortir des coulisses, cependant, ils continuèrent leur conversation. Antenhyo était intarissable sur la magie des sorciers.
Tout en bavardant, ils marchaient, avançant à pas lents dans les couloirs, suscitant des drôles de regards d'élèves fées sur leur passage. Cependant, Zibulinion trop fasciné par les propos d'Antenhyo n'y prêta pas garde.
La sorcellerie avait beaucoup de points communs avec la magie féerique, plus que ne voulaient bien admettre les livres que Zibulinion avait lus.
Ce fut un petit groupe de sorciers et sorcières qui interrompit leur conversation, s'étonnant de trouver leur ami en si mauvaise compagnie, avec la fée qui l'avait battu à deux reprises.

jeudi 19 décembre 2013

Le garçon fée - 128

Cela semblait douteux qu'une créature rare ait été choisie pour un combat en arène où il y avait des risques qu'elle soit blessée et si c'était une commune, avec toutes les créatures magiques dont il avait appris l'existence et le nom ces derniers mois, il paraissait étrange à Zibulinion que son identité lui soit inconnue... Était-il possible que cette créature soit enveloppée d'une illusion, comme lui ? Pour le savoir, il n'y avait qu'un moyen - le sort approprié. Il l'avait croisé lors de son étude sur les illusions, et même s'il ne l'avait jamais mis en pratique, il le connaissait en théorie. Pendant que la créature s'efforçait de l'atteindre, ses longues griffes tendue vers lui pour le rabattre vers le sol, Zibulinion matérialisa sa baguette, prononça les mots magiques et vit qu'il avait raison. Seulement transpercer l'illusion pour découvrir l'identité de la créature était une autre paire de manches : il fallait être en contact avec, et la bestiole n'était à priori pas du genre à se laisser caresser comme un brave toutou. Zibulinion se rapprocha, cherchant à toucher la créature en dépit des risques. Le claquement des dents rouges et les cliquetis des griffes le poussa à s'élever à nouveau dans les airs. Sur les gradins, quelques fées le huèrent parce qu'il ne faisait que fuir.
Dans l'autre partie de l'arène, le sorcier ébouriffé avait perdu son chapeau pointu et il tenait la bête à distance en chantant une drôle de mélopée.
Zibulinion se concentra à nouveau sur sa créature. Voir à travers ses poils épais, ses dents sanglantes et ses griffes menaçantes était indispensable pour à terme briser l'illusion. Mais peut-être y avait-il un moyen de deviner ce qui se cachait là-dessous sans user d'un sort : l'odorat. Zibulinion, surmontant sa peur de l'affreuse créature, descendit pour déterminer son odeur, voletant juste un peu plus loin chaque fois que les griffes de la bestiole cherchaient à l'attraper. Cela lui donna l'occasion de réaliser que la créature était sans doute plus petite qu'elle n'en donnait l'air. 
Zibulinion faillit encore regarder comment le sorcier se débrouillait et s'il n'était pas loin d'avoir maîtrisé sa créature. La certitude que cela ne ferait que lui faire perdre du temps le retint. Il prit quelques risques supplémentaires, les griffes touchèrent sa cheville. Mais au lieu d'être égratigné, il fut piqué. Cette sensation inattendue conjointe à l'odeur d'œuf pourri lui permit de déterminer que la créature était en fait un paroigma, c'est-à-dire, un espèce de concombre verdâtre géant recouvert de piquants très fins. Ces créatures non belliqueuses avaient juste la fâcheuse manie de vouloir faire goûter leur côté cactus ambulant à quiconque les approchaient. Friandes de poissons, elles vivaient au bord des rivières. Zibulinion se concentra et en pêcha magiquement un à distance dans le ruisseau qui courait dans le bois attenant à l'école. Dans ses doigts, il sentit bientôt frétiller la queue d'une pauvre truite arrachée de force à son cours d'eau. Il la lança aussitôt à la créature qui cessa de l'embêter pour déguster ce poisson ultra-frais. Pendant que la bestiole mangeait, Zibulinion en profita pour rendre au paroigma sa véritable apparence. Il dut cependant se montrer trop généreux dans son sort, car de l'autre côté, le sorcier ébouriffé protesta : sa propre créature avait repris son apparence originelle alors qu'il venait tout juste de la plonger dans un profond sommeil, ce qui était un exploit en soi, les paroigmas étant à moitié sourds et de petits dormeurs.
Les professeurs fées chargées de départager les candidats avec la sorcière accompagnatrice des élèves de Daroilak discutèrent un long moment tandis que la foule s'impatientait et que le paroigma tournait gentiment autour de Zibulinion dans l'espoir très clair d'obtenir un second poisson.