mardi 10 novembre 2020

Comme les doigts de la main - 42

Marin tourna ses yeux vairons emplis de larmes vers lui ou plutôt eux, Huo et lui étant fusionnés.
Le brun, s’il avait tout du prince glacé en temps habituel, était en fait très sensible.
« Je te le confirme... »
Blaise vint s’agenouiller auprès de lui.
— Tu as retrouvé ta taille, murmura Marin, essuyant ses joues mouillées d’un revers de main.
— Temporairement, oui… Qu’est-ce qui ne va pas ?
— C’est compliqué.
— Explique-moi quand même.
Blaise n’allait pas le laisser dans cet état.
— Pendant le combat, j’ai été moins qu’utile. A part, annuler une des attaques de Huo, je n’ai rien fait et tu as été maudit.
— Il était certain que vous auriez pu mieux vous coordonner…
« Hé ! »
Blaise poursuivit sans s’occuper de l’injonction indignée de Huo :
— Mais comme Céleste l’a fait remarquer, c’est moi qui ait été imprudent et tu m’as évité une chute mortelle ce qui n’est pas rien !
« C’est sûr que tu ferais mieux d’arrêter de nous expulser de ton corps chaque fois que l’ennemi va entrer en contact avec nous. »
Peut-être. Seulement Blaise refusait que ses compagnons souffrent de ses erreurs. Sans compter qu’au final, la première fois, cela avait permis de pulvériser la Paresse.
— Tu es en train de discuter avec Huo, n’est-ce pas ?
— Pas vraiment. Ne sois plus triste à présent.
Blaise caressa le visage strié de larmes de Marin.
— Comment le pourrais-je ? Tu as failli mourir ! Je t’ai perdu au profit de Huo…
Être bouleversé déliait la langue de Marin.
— Je suis bien vivant et moi comme Huo nous souhaitons avoir une relation avec toi.
Marin se redressa à moitié sur son lit, ses longs cils perlés de gouttelettes scintillantes.
— Ne comptez pas sur moi pour pimenter votre vie sexuelle, déclara-t-il d’un ton givrant.
Mince, Blaise avait merdé dans sa formulation.
« C’était pour sûr ambigu ! »
— Mon cœur, tu n’es pas seulement à notre goût...
« Hé ! Je veux aussi que tu me donnes des petits noms comme ça ! »
Marin se lança dans une grande tirade argumentée sur l’impossibilité d’avoir des sentiments amoureux pour plusieurs personnes à la fois.
Il était sérieusement délicieux et Blaise le bâillonna d’un baiser impulsif.
Il sentit Marin fondre au contact de ses lèvres, leurs langues s’entremêlèrent, ses ailes de feu s’éteignirent tandis qu’une cascade de cheveux bleus descendaient sur ses épaules.

lundi 9 novembre 2020

Comme les doigts de la main - 41

Après s’être rendu présentable, Blaise alla frapper à ce qu’il supposait être la porte de Céleste – c’était lui qui avait pris le moins bien la diminution de taille de Blaise.
« Oups ! C’est vrai que finalement, je ne t’ai jamais fait visiter ! »
L’ange ouvrit et exhala un soupir étonné.
— La fusion fonctionne toujours et me permet même d’être à nouveau normal, au moins le temps qu’elle dure, ce qui veut dire que je ne serais à la hauteur face à nos ennemis.
— Cela complique quand même les choses. Tu ne pourras sauter d’une fusion à l’autre sur le champ de bataille comme tu as cru bon de le faire aujourd’hui, rétorqua Céleste.
Décidément, il était dur à contenter. Blaise essaya d’expliquer pourquoi il avait agi de la sorte, mais Céleste le coupa en marmonnant :
— Tu aurais pu enfiler un t-shirt…
« A priori, la vision de ton torse nu le distrait trop. Regarde, comme il a du mal à en détacher ses yeux.»
Vraiment ? Tout ce que voyait Blaise, c’est que Céleste n’était pas satisfait de savoir que tout n’était pas perdu, que les pouvoirs de Blaise pouvaient toujours leur servir.
« Ne te laisse pas miner le moral par son attitude. Être en colère est son mode par défaut. Et d’abord, avec nos belles ailes de feu, porter un haut est délicat, hormis peut-être un tablier, ce qui serait encore plus sexy, surtout si tu ne mettais que ça ! »
— Je vais aller informer les autres, dit Blaise.
Céleste acquiesça.
— Désolé de ne pas me réjouir plus que ça. Ses malédictions me rendent malades.
Sans plus de détails, l’excuse était un peu légère. Et, comme il n’y avait rien à ajouter pour le moment, Blaise s’en fut toquer chez Gaïus dont la chambre était évidemment tout près de celle l’ange.
Le colosse inspira à fond et utilisa son mobile pour écrire un message : « C’est bon de savoir que nous avons encore une chance de les anéantir. »
Malgré ses mots encourageants, son visage ne manifesta aucune émotion.
« Il n’est pas né silencieux, mais inexpressif, oui. »
Blaise déclara qu’il avait encore à prévenir Marin et le barbu referma sa porte.
Blaise toqua en vain à celle de Marin.
Il allait faire demi-tour, supposant qu’il n’était pas là, jusqu’à ce que Huo suggère de vérifier en usant de son pouvoir.
Blaise céda et vit Marin étendu sur son lit, la tête dans l’oreiller, le corps secoué de tremblements.
Il pleurait. Sans réfléchir, Blaise entra.

vendredi 6 novembre 2020

Comme les doigts de la main - 40

Huo partit en quête de son matériel de couture et de chutes de tissu, mais ne tarda pas à revenir.
Quand il mesura Blaise, il le caressa d’un doigt, l’excitant et l’embarrassant.
Ils n’allaient plus ni pouvoir faire l’amour, ni partager le même lit, et Blaise avait aimé cela les nuits précédentes. Il allait devoir réapprendre à se passer de sa chaleur.
— Je devrais peut-être te garder nu, dit Huo avant de se mettre malgré tout à l’ouvrage.
Il se révéla avoir des doigts de fée.
Une fois Blaise habillé, Huo alla sur le web afin de lui commander tout un mobilier de poupée. Pendant qu’il s’amusait, Blaise, lui, commençait à réaliser à quel point il était fourré dans de sales draps.
Au quotidien, cela allait être l’horreur. Il aurait préféré être muet ou même se transformer en bête une fois par mois plutôt que ça.
Pour le moment, Huo prenait ça bien, mais avoir un petit ami de  poche allait forcément le lasser. Le jeune homme roux aimait le sexe et Blaise n’allait plus pouvoir le satisfaire de ce point de vue-là.
— On devrait rompre, lâcha-t-il.
Huo qui cliquait joyeusement referma le capot de l’ordinateur portable, le posa sur la table de nuit et darda ses yeux jaunes orangés sur Blaise.
— Pourquoi ?
— N’est-ce pas une évidence ? demanda Blaise en pointant son corps de taille réduite. Ses malédictions sont permanentes, si j’ai bien compris.
— Peut-être pas. Les effets des Pêchés ne le sont pas, après tout.
— En attendant, à part jouer à la poupée avec moi, on ne peut plus rien faire…
Une lueur intéressée s’alluma dans le regard de Huo qui se déshabilla avec une grâce toute féline et l’incita à faire de même.
Blaise, bras croisés, refusa.
Huo l’attrapa et ne lui laissa pas le choix. Il était désormais plus fort que lui et pouvait le manipuler à sa guise, ce qui avait un côté humiliant. Mais la situation, elle, était excitante, car impossible d’être indifférent face à des mètres de peau luisante.
Huo passa son index contre le pénis de Blaise, renforçant son érection naissante, puis l’installa contre sa propre verge durcissante.
C’était définitivement différent, mais addictif. Blaise se pressa contre la colonne de chair, la palpant à deux mains.
— Vas-y, continue, l’encouragea Huo.
Blaise frotta tout son corps contre le membre brûlant de Huo avant de concentrer ses efforts sur le point le plus sensible du gland jusqu’à ce que Huo jouisse.
Blaise se prit une douche de sperme. C’était fou. C’était chaud. Il éjacula à son tour dans un râle.
Et soudain, il se mit à grandir, les ailes de feu se déployant dans son dos.
Leurs fluides s’étaient mélangées, la fusion s’était produite avec comme conséquence inattendue, une annulation de la malédiction, ou du moins une suspension temporaire, car Blaise était certain que s’il demandait à Huo de sortir, il reprendrait sa taille de lutin.
« On devrait aller annonça aux autres. »
C’est sûr que c’était une bonne nouvelle.
Blaise se leva, puis contempla son état. Il était nu et maculé de sperme. Un brin de nettoyage s’imposait et puis aussi mettre un pantalon.
« Fais ça si tu veux, mais vite ! Oh, Et ne me parle plus de rupture ! On est ensemble pour le meilleur et pour le pire ! »
Huo était décidément craquant.
« Content que tu le penses ! »