mardi 5 mars 2019

Chocolat blanc - 47

                                                    *
Wyatt savait bien qu’il exagérait. D’abord, il avait esquivé le baiser parce qu’il voulait qu’ils parlent avant tout, puis il avait réalisé qu’il avait blessé son ami, alors, il lui avait donné un petit bisou de rien du tout.
Après, il avait été surpris par l’intensité du baiser de Kembou, ce qui l’avait poussé à demander qu’ils prennent leur temps. Seulement, quand il avait repéré l’érection de Kembou, la curiosité l’avait emporté sur le reste.
Le pénis de Kembou, plus long et plus gros que le sien, tressaillit.
— Caresse-toi comme tu as déjà dû le faire en pensant à moi ou peut-être même devant une de mes photos, l’encouragea Wyatt.
Lui-même s’était souvent masturbé devant des filles dénudées devant son ordinateur.
— Non, je ne me suis jamais autorisé ça ! Je ne voulais pas trahir notre amitié !
Cela n’aurait rien retiré à Wyatt, mais c’était terriblement adorable. Il n’y en avait pas deux comme Kembou.
Son cœur se gonfla de tendresse et d’amour et sa main se referma sur sexe dressé de son ami -  non, de son amoureux.
La respiration de Kembou eut un raté et si Wyatt l’entendit, c’est que lui-même avait retenu un instant son souffle.
Il fit preuve de douceur dans un premier temps avant d’y aller plus franchement. Kembou jouit aussitôt, en se mordant la lèvre, maculant les doigts de Wyatt de sperme chaud et collant.
C’était son tour d’être excité. Il ouvrit avec maladresse son jeans de sa main gauche.
Kembou écarquilla les yeux, puis l’aida à tirer sur son boxer blanc devenu rose, et dès que le membre de Wyatt fut visible, il se pencha et le prit dans sa bouche.
C’était incroyablement chaud. Et cette langue qui courait sur son gland…
Une plainte rauque échappa à Wyatt.
— Kem… le prévint-il.
Ce dernier ne s’écarta pas.
Wyatt éjacula et Kembou avala en partie avant de le relâcher et de se redresser. Il lui lança un rapide coup d’œil, clairement embarrassé, puis se leva et prit la direction de la salle de bain.
Encore un peu hébété, Wyatt le suivit avec un temps de retard. Un brin de nettoyage s’imposait, pas de doute. C’était un miracle qu’il ait eu la présence d’esprit de garder sa main droite collante en l’air, sa gauche, elle, avait allègrement froissé le dessus de lit.

lundi 4 mars 2019

Chocolat blanc - 46

Wyatt but une gorgée de sa tasse et émit un gémissement de pur bien-être.
Kembou ne résista pas, pas après ce que Wyatt lui avait dit. Il se leva et tenta une nouvelle fois de l’embrasser.
Wyatt ne se déroba pas.
Kembou se contenta de presser sa bouche contre celle de son ami, puis approfondit leur premier baiser. Wyatt avait un délicieux goût chocolaté et Kembou était terriblement excité.
Le manque de réactivité de son ami le poussa cependant à s’écarter.
— Wyatt ?
— Désolé, mais on peut y aller doucement sur l’aspect physique ?
— Pas de problème, assura Kembou, même s’il aurait voulu que Wyatt le désire autant que lui.
Il voulut se rasseoir, mais Wyatt lui agrippa la manche, les yeux fixés sur l’entrejambe de Kembou.
— Cela t’a mis dans cet état de m’embrasser ?
Kembou acquiesça en rougissant, gêné. Wyatt n’avait pourtant jamais remarqué jusqu’alors ses érections qui n’étaient, il est vrai, en général que partielles. Celle-là était totale, complète, et inconfortable.
— Tu me montres ?
Wyatt soufflait le chaud et le froid comme ce n’était pas permis.
— C’est en contradiction avec…
Sa protestation fut interrompue.
— Je sais. Pardon. Ce n’est pas évident de passer d’amis à petits copains.
— C’est vrai, reconnut Kembou.
Pour lui aussi, cela ne l’était pas, même s’il en avait longtemps rêvé. Il avait l’impression de marcher sur des œufs.
— On va dans la chambre ?
— D’accord, mais moi aussi, je veux te voir…
— Quand je serais en érection.
Son baiser n’avait donc eu aucun effet sur Wyatt… Kembou ravala sa déception. Après tout, c’est vrai qu’il n’avait aucune expérience dans son domaine. Sûrement, il s’améliorerait et finirait par troubler Wyatt rien qu’en taquinant sa langue avec la sienne…
La tasse de chocolat chaud fut abandonnée sur la table de la cuisine et ils allèrent s’asseoir côte à côte sur le lit.
Kembou ouvrit lentement sa braguette et baissa légèrement son slip et son pantalon.
Sa nervosité n’avait en rien entamé son excitation, bien au contraire.

vendredi 1 mars 2019

Chocolat blanc - 45

— Kembou, quand est-ce que tu t’es rendu compte que tu avais des sentiments plus qu’amicaux pour moi ?
— Au collège. En même temps que j’ai compris que j’étais attiré par les garçons.
Et mince, sa voix était toute bizarre.
— Tu es gay, alors ?
— Oui.
— Tu n’avais pas besoin de me le cacher.
Kembou passa une main tremblante dans ses cheveux.
— J’avais peur. Surtout que te connaissant, tu n’aurais pas manqué de me demander si je te trouvais à mon goût. Et si j’avais répondu par la positive, j’aurais fini par te révéler que j’étais amoureux de toi et cela aurait tout changé entre nous.
— Oui. Nous aurions peut-être été en couple depuis cinq ans déjà.
— Vraiment ? Parce que toi, ce sont les filles qui te plaisent à la base, non ?
Même s’ils n’en parlaient guère entre eux, Kembou avait bien vu le regard de Wyatt s’attarder sur certaines.
— Exact. Mais le sexe d’une personne, c’est juste une part d’elle, c’est secondaire. C’est toi dont je me sens le plus proche, toi que j’aime.
Kembou n’était pas sûr de comprendre, mais que Wyatt réaffirme ses sentiments le rassurait grandement.
Wyatt continua :
— Il y a d’autres choses que tu as gardé pour toi ?
Kembou commença à secouer la tête, puis se rappela de l’histoire avec Marina.
Son geste avorté et son air coupable alerta Wyatt qui lança soudain, doigts crispés sur sa tasse :
— Tu as expérimenté des trucs avec d’autres garçons ?
A moins que Kembou ne se fourvoie complètement, cette question était un signe de jalousie.
— Non, bien sûr que non ! C’est juste qu’à un moment Marina m’a pris en grippe et j’ai prétendu ne pas savoir pourquoi…
— Ne me dis pas que tu as fait quelque chose avec ma sœur ! s’indigna Wyatt.
Même si Marina et lui ne s’entendaient pas très bien, il avait toujours pris son rôle de grand frère au sérieux.
— Mais non ! Laisse-moi finir ! Elle a voulu sortir avec moi et j’ai refusé, ce qui l’a indisposé à mon égard.
— C’est tout elle, ça, elle exagère ! Elle a bon goût ceci dit.