Pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore vu/lu et qui seraient intéressés, sachez que j'ai été interviewé aux côtés d'autres auteurs dans le numéro 2 du magazine de l'annuaire Yaoi qui m'a proposé si gentiment de me référencer il y a quelques semaines de cela :
vendredi 20 novembre 2015
jeudi 19 novembre 2015
Contes modernes - 166
Il patientait depuis un moment, sans pouvoir s'empêcher de penser à Clowis quand la porte s'ouvrit sur lui.
Dan se leva brusquement, se sentant pris au piège.
— Après ton départ, j'ai contacté le bar pour demander à être prévenu au cas où tu venais ici. J'étais en chemin vers ton domicile quand mon téléphone a sonné.
Clowis était calme et posé, comme toujours, dans un costume sans un pli.
— Tu n'as pas le droit, je ne t'appartiens pas, déclara Dan d'un ton d'autant plus furieux qu'une part de lui avait envie que ce soit le cas. Il voulait toutefois que la réciproque soit vraie.
— Je le regrette.
— Si tu ne m'aimes pas, fiche-moi la paix ! s'écria-t-il, désespéré qu'il parte et qu'il reste toute à la fois.
Clowis le regarda fixement, sans dire mot, sans bouger.
Se pouvait-il que leurs sentiments soient réciproques et que Clowis soit juste incapable de les exprimer ? Rien n'était moins sûr, mais Dan essaya une fois encore de préciser les siens :
— Sans ton argent, je n'aurais jamais couché avec toi et je n'aurais jamais su à quel point c'était bon de se faire prendre...
Clowis l'interrompit :
— Alors pourquoi ne veux-tu pas continuer ?
— Parce que je t'aime désormais.
Clowis eut un merveilleux sourire avant de retrouver son visage de marbre.
— Raison de plus.
— Je ne crois pas qu'argent et sentiment fasse bon ménage. C'est toi qui a perdu une jambe, mais j'ai plutôt l'impression que c'est moi qui danse sur un pied depuis le début... Si j'en avais les moyens, je te rembourserai, mais tout ou presque est passé en frais d'hôpitaux.
— Comment cela ?
Dan parla alors de son frère dans le coma et du médecin décourageant qui avaient poussé ses parents à jeter l'éponge et de se propre obstination à vouloir garder son frère branché envers et contre tout.
Clowis l'écouta sans bien sûr laisser rien transparaître.
— Tu es vraiment semblable à une étoile.
— Hein ?
— Quand je t'ai vu danser sur le comptoir dans ce bar, ce sont tes mouvements gracieux qui m'ont attiré l'œil, mais c'est ton éclat qui m'a rendu captif. Tu me semblais inaccessible, mais j'ai quand même tenté de te décrocher, quitte à te traîner dans la boue.
C'était sûrement sa façon à lui d'exprimer son amour, mais pour Dan, ce n'était pas suffisant.
— Je ne me serais jamais douté... et même maintenant, j'ai peine à te croire.
— Tes sentiments m'apparaissent tout aussi irréels. Ce qui est logique puisqu'ils ne sont ni tangibles ni mesurables.
Dan inclina la tête, pensif. Clowis avait raison. Il aurait voulu malgré tout une preuve, autre chose en tout cas que cette froide rhétorique.
— Si je te déclarais que je brûle de passion pour toi, est-ce que cela changerait quelque chose ?
Certes pas sur ce ton. Les mots n'étaient pas dépourvu de valeur, loin de là, mais ils n'étaient pas suffisant.
— Cela aiderait. Mais tu devrais plutôt me le montrer, par exemple avec un baiser.
Clowis regarda autour de lui.
— Tu ne veux pas attendre que nous soyons rentrés ?
— Si tu m'aimes, tu ne devrais pas en avoir la patience.
Clowis, d'un pas raide, réduit à néant la distance entre eux, l'attrapa fermement par les bras et l'attira contre lui pour un baiser fondant qui enflamma si bien Dan qu'il eut l'impression se retrouver plongé dans un brasier.
Sa langue était accrochée à la sienne et il sentait la chaleur qui émanait de son corps collé au sien.
Dan se leva brusquement, se sentant pris au piège.
— Après ton départ, j'ai contacté le bar pour demander à être prévenu au cas où tu venais ici. J'étais en chemin vers ton domicile quand mon téléphone a sonné.
Clowis était calme et posé, comme toujours, dans un costume sans un pli.
— Tu n'as pas le droit, je ne t'appartiens pas, déclara Dan d'un ton d'autant plus furieux qu'une part de lui avait envie que ce soit le cas. Il voulait toutefois que la réciproque soit vraie.
— Je le regrette.
— Si tu ne m'aimes pas, fiche-moi la paix ! s'écria-t-il, désespéré qu'il parte et qu'il reste toute à la fois.
Clowis le regarda fixement, sans dire mot, sans bouger.
Se pouvait-il que leurs sentiments soient réciproques et que Clowis soit juste incapable de les exprimer ? Rien n'était moins sûr, mais Dan essaya une fois encore de préciser les siens :
— Sans ton argent, je n'aurais jamais couché avec toi et je n'aurais jamais su à quel point c'était bon de se faire prendre...
Clowis l'interrompit :
— Alors pourquoi ne veux-tu pas continuer ?
— Parce que je t'aime désormais.
Clowis eut un merveilleux sourire avant de retrouver son visage de marbre.
— Raison de plus.
— Je ne crois pas qu'argent et sentiment fasse bon ménage. C'est toi qui a perdu une jambe, mais j'ai plutôt l'impression que c'est moi qui danse sur un pied depuis le début... Si j'en avais les moyens, je te rembourserai, mais tout ou presque est passé en frais d'hôpitaux.
— Comment cela ?
Dan parla alors de son frère dans le coma et du médecin décourageant qui avaient poussé ses parents à jeter l'éponge et de se propre obstination à vouloir garder son frère branché envers et contre tout.
Clowis l'écouta sans bien sûr laisser rien transparaître.
— Tu es vraiment semblable à une étoile.
— Hein ?
— Quand je t'ai vu danser sur le comptoir dans ce bar, ce sont tes mouvements gracieux qui m'ont attiré l'œil, mais c'est ton éclat qui m'a rendu captif. Tu me semblais inaccessible, mais j'ai quand même tenté de te décrocher, quitte à te traîner dans la boue.
C'était sûrement sa façon à lui d'exprimer son amour, mais pour Dan, ce n'était pas suffisant.
— Je ne me serais jamais douté... et même maintenant, j'ai peine à te croire.
— Tes sentiments m'apparaissent tout aussi irréels. Ce qui est logique puisqu'ils ne sont ni tangibles ni mesurables.
Dan inclina la tête, pensif. Clowis avait raison. Il aurait voulu malgré tout une preuve, autre chose en tout cas que cette froide rhétorique.
— Si je te déclarais que je brûle de passion pour toi, est-ce que cela changerait quelque chose ?
Certes pas sur ce ton. Les mots n'étaient pas dépourvu de valeur, loin de là, mais ils n'étaient pas suffisant.
— Cela aiderait. Mais tu devrais plutôt me le montrer, par exemple avec un baiser.
Clowis regarda autour de lui.
— Tu ne veux pas attendre que nous soyons rentrés ?
— Si tu m'aimes, tu ne devrais pas en avoir la patience.
Clowis, d'un pas raide, réduit à néant la distance entre eux, l'attrapa fermement par les bras et l'attira contre lui pour un baiser fondant qui enflamma si bien Dan qu'il eut l'impression se retrouver plongé dans un brasier.
Sa langue était accrochée à la sienne et il sentait la chaleur qui émanait de son corps collé au sien.
mercredi 18 novembre 2015
Contes modernes - 165
— Tu tiens à moi ? avança Dan, espérant ne pas prendre ses désirs pour des réalités.
— Je ne te payerai pas si cher autrement, répliqua Clowis.
Encore l'argent, toujours lui. Et pourtant...
— Tu pourrais m'avoir pour rien, révéla Dan, le cœur battant. Bien sûr, pas comme ça, pas tout le temps, car je vais devoir reprendre un boulot, ajouta-t-il.
— Tu t'ennuies avec moi ?
— Pas du tout. Mais je ne veux plus être ton jouet.
— Je ne te considère pas comme tel.
— Je suis quoi pour toi, alors ?
Clowis resta silencieux, ce qui était en soi une réponse éloquente.
— Au revoir, souffla Dan.
Au moins il aurait essayé. Il claqua la porte, sourd aux appels de Clowis.
Évidemment, à deux heures du matin, il n'y avait plus de transport en commun. Le placard à balai qui lui servait de logement était bien trop loin pour s'y rendre à pieds et bien sûr, il n'avait pas un sou en poche. Avec Clowis qui se baladait toujours avec son vieux portefeuille en cuir bien garni, c'était inutile. Dan se morigéna sur sa bêtise. Quel besoin avait-il eu de tout plaquer en plein milieu de la nuit ? Et qu'avait-il cherché à faire dire à Clowis ? Qu'il était spécial à ses yeux ? Quelle blague ! Dan passa la main dans ses cheveux. Il allait lui manquer.
Il inspira à fond, réfléchit que le bar dans lequel il avait rencontré Clowis était nettement plus près que son studio et qu'y aller était l'occasion de voir s'il y avait toujours une place là-bas pour lui.
Grâce à Clowis, il avait pu mettre de l'argent de côté, mais avec les frais d'hôpitaux, tout aurait tôt fait de disparaître, il avait donc tout intérêt à retrouver rapidement un job.
Dan remonta le col de sa veste et se mit en route, regardant régulièrement les étoiles qui brillaient dans le ciel. Cela lui donnait le courage d'avancer. Qu'il ait fait le bon choix ne l'empêchait pas d'être triste.
Au bar, le patron était occupé derrière le comptoir, mais il lui proposa d'attendre à l'arrière, dans les vestiaires.
Avant de s'y rendre, Dan regarda un moment le gogo dancer sous la douche qui faisait des mouvements lascifs en étalant généreusement du savon blanc crémeux sur son corps musclé. Il bougeait bien et était bien bâti. Il n'éveillait cependant aucun désir chez Dan. Son engin de bonne taille moulé dans l'étroit slip le laissait indifférent. Celui de Clowis au repos comme au garde-à-vous, c'était en revanche une autre histoire... Le plus fatal étant son sourire, si rare, si précieux.
Dan, après avoir salué quelques connaissances s'installa sur une chaise dans les vestiaires, devant les casiers où les employés déposaient leurs affaires.
— Je ne te payerai pas si cher autrement, répliqua Clowis.
Encore l'argent, toujours lui. Et pourtant...
— Tu pourrais m'avoir pour rien, révéla Dan, le cœur battant. Bien sûr, pas comme ça, pas tout le temps, car je vais devoir reprendre un boulot, ajouta-t-il.
— Tu t'ennuies avec moi ?
— Pas du tout. Mais je ne veux plus être ton jouet.
— Je ne te considère pas comme tel.
— Je suis quoi pour toi, alors ?
Clowis resta silencieux, ce qui était en soi une réponse éloquente.
— Au revoir, souffla Dan.
Au moins il aurait essayé. Il claqua la porte, sourd aux appels de Clowis.
Évidemment, à deux heures du matin, il n'y avait plus de transport en commun. Le placard à balai qui lui servait de logement était bien trop loin pour s'y rendre à pieds et bien sûr, il n'avait pas un sou en poche. Avec Clowis qui se baladait toujours avec son vieux portefeuille en cuir bien garni, c'était inutile. Dan se morigéna sur sa bêtise. Quel besoin avait-il eu de tout plaquer en plein milieu de la nuit ? Et qu'avait-il cherché à faire dire à Clowis ? Qu'il était spécial à ses yeux ? Quelle blague ! Dan passa la main dans ses cheveux. Il allait lui manquer.
Il inspira à fond, réfléchit que le bar dans lequel il avait rencontré Clowis était nettement plus près que son studio et qu'y aller était l'occasion de voir s'il y avait toujours une place là-bas pour lui.
Grâce à Clowis, il avait pu mettre de l'argent de côté, mais avec les frais d'hôpitaux, tout aurait tôt fait de disparaître, il avait donc tout intérêt à retrouver rapidement un job.
Dan remonta le col de sa veste et se mit en route, regardant régulièrement les étoiles qui brillaient dans le ciel. Cela lui donnait le courage d'avancer. Qu'il ait fait le bon choix ne l'empêchait pas d'être triste.
Au bar, le patron était occupé derrière le comptoir, mais il lui proposa d'attendre à l'arrière, dans les vestiaires.
Avant de s'y rendre, Dan regarda un moment le gogo dancer sous la douche qui faisait des mouvements lascifs en étalant généreusement du savon blanc crémeux sur son corps musclé. Il bougeait bien et était bien bâti. Il n'éveillait cependant aucun désir chez Dan. Son engin de bonne taille moulé dans l'étroit slip le laissait indifférent. Celui de Clowis au repos comme au garde-à-vous, c'était en revanche une autre histoire... Le plus fatal étant son sourire, si rare, si précieux.
Dan, après avoir salué quelques connaissances s'installa sur une chaise dans les vestiaires, devant les casiers où les employés déposaient leurs affaires.
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