lundi 5 mai 2014

Le garçon fée - 197

Cette déclaration de la directrice lui rappelait à sa mère. Zibulinion attendit la suite, sûr qu'elle viendrait et ce fut bien évidemment le cas : les professeurs avaient terminé de corriger les copies, le classement des élèves avait été établi et les résultats de Zibulinion étaient loin des espérances de Validocielle.
Dans son flot de reproches, elle ne révéla pas pas le nombre d'étoiles et lunes qu'avait récolté l'adolescent, si bien que Zibulinion s'inquiéta d'avoir vraiment tout raté. Dans ses conditions, Relhnad risquait d'espacer davantage leurs rendez-vous...
– Mes résultats sont si mauvais que cela ?
– Je me suis renseignée et il semblerait que vous perdiez encore votre temps à courir les garçons et à vous promener en forêt. Vous feriez mieux d'étudier davantage. Vous avez beaucoup d'années à rattraper.
Zibulinion se retint tout juste de dire que c'était elle qui l'avait propulsé en douzième année. Il tenta tout de même de se défendre :
– Je ne donne pas la chasse aux autres garçons fée. C'est juste une manière de me lier avec les autres filles. Et j'aime marcher en forêt.
La directrice pinça les lèvres.
– Ne me prends pas pour une idiote. Tu n'as pas besoin de ça pour te faire des amies et je devine fort bien que tu profites de tes tours en forêt pour te débarrasser de ton illusion, ce que je désapprouve. Je ne veux plus que tu traînes auprès des garçons, ni même avec les filles, ni dans les bois. Tu as intérêt à obtenir le maximum d'étoiles dans toutes les matières aux prochains examens, autrement je serais obligée de prendre des mesures déplaisantes.
Zibulinion acquiesça et la directrice partit dans un halo doré, aussi brusquement qu'elle était venue.
D'abord triste et embêté de ne pas avoir été à la hauteur aux examens, Zibulinion sentit monter en lui de la colère.
La directrice le menaçait encore de sorts punitifs et taisait toujours ses motivations. Qu'est-ce qu'elle lui voulait à la fin ? De bons résultats ? Mais pourquoi ? Et en quoi une fausse apparence était-elle nécessaire ? Qu'est-ce que cela lui rapportait qu'il soit bon ou pas ? Qu'y gagnait-elle ?
Tu parles d'un nouveau départ... Elle voulait  l'enfermer dans les études et le couper des autres, comme s'il avait encore été sous son affreux sort de répulsion ! Mais il ne comptait pas lui obéir bien gentiment. S'il lui avait importé de plaire à sa mère, il se moquait bien de la directrice. Il était simplement désireux de ne pas la contrarier.
En attendant, pas question de renoncer à Relhnad, Waltharan... ni même Neyenje et Folebiol. Coûte que coûte, il resterait en contact avec les deux premiers et ferait tout pour renouer avec les deux autres.

vendredi 2 mai 2014

Le garçon fée - 196

Zibulinion fit de son mieux pour arrêter de rêvasser en cours et se replonger dans une lecture attentive des manuels. Il s'efforça également d'écouter davantage ce que racontaient ses camarades qui, hélas, parlaient pas mal des garçons, le renvoyant à Relhnad.
Leur entrevue durant la semaine de révisions fut brève, comme prévue. Relhnad se montra plus professeur que petit ami, dispensant de nombreux conseils pour les examens de sa voix enchanteresse.
Il n'était pas question de se voir durant la semaine d'examens, ni après, pendant les vacances puisque Zibulinion serait une fois de plus coincé seul à l'école. Cela revenait à trois semaines sans son professeur, ce qui était beaucoup trop long au goût de l'adolescent.
Comme sa tentative de négociation d'un rendez-vous  n'aboutissait pas, que Relhnad ne l'avait toujours pas embrassé, Zibulinion remit sur le tapis sa correspondance avec Antenhyo pour savoir ce que son professeur avait fait de la lettre du sorcier et du corbeau messager. S'il était sincèrement curieux à ce sujet, il espérait vaguement aussi susciter la jalousie de Relhnad qui, loin de l'ennuyer comme ce dernier le craignait, le rassurait.
Le professeur de sorts, sans paraître affecté par la demande, révéla qu'il avait répondu à la lettre, exigeant qu'Antenhyo cesse d'écrire.
Zibulinion émit un regret sans que Relhnad ne réagisse plus.
Ils se séparèrent toutefois sur un baiser profond, merveilleux, mais terriblement frustrant.

Zibulinion fit ce qu'il put aux examens, mais une part de son esprit était ailleurs, loin des études.
L'école se vida pour les vacances et il se retrouva à nouveau seul. Il tâcha de bouquiner, mais souvent il s'arrêtait au beau milieu d'une page, et songeait au côté distant de Relhnad lors de leur dernier rendez-vous, à ses baisers qui l'emplissaient d'un désir inassouvi.
Il avait presque envie d'apprendre à manipuler sa matière onirique pour lui aussi se créer des rêves sur-mesure, car ceux qu'il faisait naturellement ne faisaient qu'augmenter sa frustration. La crainte de ne pas être suffisamment désirable continuait le tarauder.
Pendant ses repas en solitaire dans le grand réfectoire vide, c'était à ses amis que Zibulinion songeait, se demandant toujours s'il devait ou non informer Neyenje et Folebiol, si Waltharan accepterait de se charger de les mettre dans le secret...

Le dernier jour des vacances de printemps, la directrice se matérialisa dans la bibliothèque où Zibulinion lisait sous les traits d'Aurobika dont il ne s'était pas débarrassé pour les vacances afin de ne pas se réhabituer au confort d'être lui-même.
L'adolescent, perdu dans ses pensées, sursauta à cette apparition inattendue.
– Vous me décevez beaucoup, attaqua Validocielle, sans un bonjour.

jeudi 1 mai 2014

Le garçon fée - 195

– Désolé.
– Non, c'est moi. Je dois te fatiguer avec ma jalousie. Plus je deviens proche, plus je suis possessif. C'est toujours comme ça.
A ces mots, Zibulinion eut comme un pincement au cœur. C'était un rappel que Relhnad avait déjà vécu des histoires d'amour et que peut-être un jour, Zibulinion appartiendrait également au passé.
– Vous... Vous avez été en couple avec beaucoup de gens ?
– Couple est un bien grand mot pour qualifier certaines de mes relations. J'ai eu six partenaires. Quatre avec qui ce n'était que sexuel et deux qui ont compté. Tous des humains. Tu es mon premier fée.
Zibulinion ressentit une vive curiosité pour toutes ces personnes qui avait su séduire son professeur.
– Qu'est-ce qui s'est passé avec eux ?
– Serais-tu également du genre jaloux ? Si c'est le cas, peut-être que mon côté possessif te semblera moins insupportable...
– Cela ne me gêne pas que vous soyez comme ça ! C'est même flatteur pour moi ! s'exclama Zibulinion.
Même s'il était vrai que tous leurs derniers têtes à têtes avaient donné lieu à des espèces de scènes de jalousie, ce n'était pas grave. Cela prouvait qu'il était important pour Relhnad qui s'était de toute façon, à chaque fois excusé.
– C'est parce que tu ne rends pas compte jusqu'où je peux aller. Mais...
Relhnad ne termina pas sa phrase et gratifia Zibulinion d'un baiser exigeant qui le laissa pantelant avec l'envie de plus, bien plus...
– Même si c'est le cas, je veux le découvrir comme tout ce qui vous concerne, déclara-t-il d'une voie hachée, le souffle court.
– Nous devrions retourner à Valeaige à présent.
– Déjà ?
– Oui. Je regrette, mais il faut que je commence à préparer les sujets d'examens. D'ailleurs, afin que tu puisses réviser, il vaut mieux que nous ne nous retrouvons pas la semaine prochaine.
– J'aurais les autres jours pour cela.
– Mais c'est le mercredi après-midi qu'il y a le plus de temps.
Zibulinion hésita, puis décidé à être plus sincère plutôt que de se laisser guider par la crainte d'ennuyer Relhnad, il lança :
– Juste un moment, comme aujourd'hui, ce n'est vraiment pas possible ?
– Je m'en voudrais de t'empêcher d'étudier.
Zibulinion se garda de dire que c'était déjà le cas et se promit de faire des efforts en classe parce que si jamais Relhnad décidait de ne plus le voir pour ça, ce serait terrible.
Il objecta malgré tout :
– Il y a des choses plus importantes, non ?
– Un argument de poids. Les relations entre les êtres ont certes plus de valeur que d'obtenir des lunes et des étoiles.
– Alors, on peut se voir ?
– Oui, tu as gagné.
Heureux et mis en confiance par cette victoire, Zibulinion se mit sur la pointe des pieds et effleura les lèvres de son professeur pour un timide baiser.
– Je suis doublement convaincu, répondit Relhnad avant de lui rendre son baiser, en glissant sa langue dans la bouche de Zibulinion et en le serrant étroitement contre lui.
Après quoi, il s'évapora.
Zibulinion, la peau brûlante et le pénis durci par le désir, se laissa tomber sur l'herbe. Là, il déboutonna son jeans et se caressa jusqu'à la jouissance.