Aldrick et Youri arrivèrent avec près de dix minutes de retard au petit pavillon du parc du château dans lequel le prince avait fixé la rencontre. La princesse Paprika agitait avec nervosité ses ailes dorés tandis que sa garde du corps, une elfe à l'air peu commode faisait les cent pas devant la porte du pavillon. Aldrick présenta ses plus plates excuses en les faisant entrer, puis les invita à s'assoir dans de confortables fauteuils. Paprika et sa garde du corps s'installèrent en face de Aldrick et de son Suivant. Ils se regardèrent un instant, se jaugeant mutuellement, puis, sans le moindre préambule, Paprika déclara :
– Je préfère vous prévenir de suite prince Aldrick, je n'ai pas la moindre intention de vous épouser.
Le prince grimaça. Il n'avait pas envie non plus de prendre Paprika pour femme, mais il trouvait vexant qu'elle le dise aussi rapidement et avec autant de facilité. Cela le blessait dans sa fierté masculine.
Paprika poursuivit :
– Je n'ai rien contre vous, mais quelqu'un m'attend en Iridia. Ma mère n'approuve malheureusement pas cette relation et c'est pourquoi, elle m'a envoyée ici.
Ainsi, ce n'était donc pas le Ministre des Relations Extérieures et son argumentaire qui avait convaincu Libel I d'envoyer sa fille à Astria, mais le désir de la séparer d'une personne jugée non acceptable pour une princesse elfe. Aldrick ne pouvait que compatir avec la jolie princesse. Lui aussi n'était pas libre d'épouser la personne qu'il aurait voulu... Aldrick glissa un regard mélancolique à Youri qui se tenait à sa gauche, fidèle à son poste de Suivant.
– Mon cœur est également déjà pris.
– Je me réjouis d'entendre ces mots. Puis-je espérer que vous ne me forcerez donc pas à vous épouser ?
– Puisque ni vous ni moi ne le souhaitons, je ne vois pas pourquoi il y aurait un mariage... et ce d'autant plus que je crois bien qu'une partie de mon peuple et du vôtre sont opposés à notre union.
Paprika eut un petit rire cristallin tout à fait charmant.
– Mon petit frère est d'ailleurs du nombre. Il m'a accompagné ici contre la la volonté de mère afin de ne pas me laisser seule avec ces « primates d'Astriens. »
– Il m'a l'air charmant... dit Aldrick d'un ton plein d'ironie.
– Il l'est... mais il est assez pénible également. Si j'ai demandé à ce que nous nous rencontrions d'aussi bon matin, c'était pour être sûre d'échapper à sa vigilance.
– Je vois... Maintenant que nous sommes d'accord sur la question de notre mariage, que proposez-vous ?
– Et bien... Repartir immédiatement n'est hélas pas envisageable...
– C'est certain. Il faut, avant cela, convaincre ceux qui souhaitent notre union.
Nota Bene : chez moi, mon fournisseur d'accès fait des siennes et je n'ai plus internet. S'il n'y a pas d'épisode mardi, c'est que le problème n'aura pas été résolu... Mais promis, je serais de retour dès que possible avec de nouveaux épisodes !