mercredi 4 mai 2016

Cœur de fantôme - 44

Se souvenant de la déchirure que lui avait occasionné sa première et dernière malheureuse expérience du sexe anale de l'autre côté de la barrière, Zack  commença à paniquer. Cependant, Kazuya lui prodigua des mots rassurants et réconfortants. Et, comme lui n'était pas tendu et crispé, mais confiant, quand Nino s'enfonça en lui en douceur, s'enquérant de s'il avait mal, Zack n'éprouva pas la moindre douleur, uniquement la sensation d'être entièrement empli.
Nino se mit à bouger en lui caressant le pénis. Se faire prendre pouvait aussi être délicieux, surtout par quelqu'un qu'on aimait, et ce, même si ce dernier pensait à un autre.
Nino le regardait, il n'avait pas fermé les yeux et cherché à prétendre que c'était un grand gaillard aux yeux noirs bridés et au nez busqué à qui il était en train de faire l'amour.
Soudain, Nino, au bord de la jouissance,  murmura son prénom :
— Zack...
Dans l'instant Kazuya s'évapora, laissant un grand vide en lui.
Nino donna encore quelques puissants coups reins et ils jouirent ensemble, mais sans Kazuya qui l'avait déserté.
Nino n'avait pas réalisé ce qui s'était passé. Zack aurait aimé le lui cacher, mais il ne réussit pas à faire semblant d'être Kazuya. A peine avaient-ils échangé deux mots que Nino comprit que son amoureux avait cessé de le posséder.
Il sauta hors du lit et se mit à enfiler à la va-vite ses vêtements. Il était catastrophé.
— Quand a-t-il quitté ton corps ? Pourquoi ne m'as-tu pas prévenu ? lança-t-il, accusateur tout en boutonnant à la hâte son jeans.
— Au moment où tu m'as appelé... Cela s'est fait trop vite.
Zack était sonné entre le départ en douce de Kazuya et son prénom sur les lèvres de Nino qu'il ne savait comment interpréter.
Le jeune homme se figea.
— Oh, merde ! Comment ai-je pu lui faire ça ? Pourvu qu'il me pardonne...
Zack fut blessé que Nino ne se soucie pas de lui, mais face à sa détresse, il prit sur lui et chercha à le rassurer :
— Il a dû être surpris, c'est tout. Cette situation, c'était nouveau pour tout le monde...
— Mais pourquoi est-il parti sans un mot ? Il faut que je lui parle, répliqua Nino en achevant de s'habiller.
Zack, encore nu, le suivit à la porte d'entrée.
— Laisse-moi le temps de me préparer que je t'accompagne...
Nino secoua la tête avec virulence.
— Il vaut mieux que tu ne sois pas là ! s'écria-t-il, la voix tremblante, des larmes perlant ses cils.

mardi 3 mai 2016

Cœur de fantôme - 43

Kazuya lui intima de se taire, puis Nino entra en action : il tira sur le pull de Zack pour l'obliger à se baisser et pressa ses lèvres contre les siennes avant d'introduire sa langue et d'explorer sa bouche.
C'était donc ça être embrassé par Nino... Terriblement excitant. Ce sentiment, Zack aurait bien été en peine de dire si c'était le sien ou celui du fantôme.
Le baiser se prolongea jusqu'à ce que Nino s'écarte, le souffle court et les joues empourprées.
Zack eut envie de le déshabiller. Kazuya, lui, choisit de le prendre dans ses bras. Nino glissa les doigts dans ses manches, mais elles étaient trop serrées pour qu'il puisse dépasser les poignets.
Zack eut conscience avec une acuité douloureuse que si cela avait été vraiment Kazuya qui portait en permanence un kimono, Nino serait remonté plus loin et aurait pu caresser ses avant-bras. C'était le signe que c'était à Kazuya qu'il faisait l'amour et non à lui.
Kazuya à qui son désarroi n'avait pu échapper, s'éloigna de Nino qui fut un instant déconcerté avant de constater que le fantôme retirait d'un seul coup son pull et son col roulé, dévoilant le torse musclé de Zack.
Il reprit ensuite Nino contre lui qui déposa un baiser au creux de son cou.
Peu à peu les vêtements de l'un et l'autre tombèrent, leurs deux corps restant collés.
Ils s'allongèrent nus sur le lit, Nino se plaçant au-dessus de Kazuya-Zack, leurs pénis durcis par le désir se touchant. Ils commencèrent à se frotter l'un contre l'autre. C'était incroyablement bon.
Quand Kazuya-Zack se dégagea en douceur pour récupérer préservatifs et lubrifiant, une ombre passa dans les yeux de Nino.
— Kazuya ? demanda-t-il d'un ton inquiet.
— Oui, c'est bien moi, répondit le fantôme avec la voix de Zack.
Prenant la main de Nino, il la porta aux lèvres du jeune homme pour la caresser du bout des doigts – sa technique pour l'embrasser quand il occupait le corps de Nino.
Zack comprit alors à quel point la situation était troublante. Kazuya avait beau être en lui, Nino était face à lui. C'était ses mains qui le touchaient, même si c'étaient Kazuya qui les dirigeaient. C'était sa peau contre la sienne. Son odeur, sa saveur, ses battements de cœur sous les doigts du jeune homme... Rien n'était à Kazuya. Oh oui, il avait bien fait de se laisser posséder.
« C'est bien que l'expérience soit satisfaisante pour toi. » lui répondit le fantôme mentalement alors que jusque là, il s'était fait discret, occupé avec Nino. Zack sentit que Kazuya, lui, était triste. Il n'eut pas le temps de s'appesantir sur la question, car Nino se préparait à le pénétrer, se montrant plus que généreux sur le lubrifiant.

lundi 2 mai 2016

Cœur de fantôme - 42

— On monte ? s'enquit Nino en s'empourprant, inconscient de leur échange mental.
Son embarras systématique vis-à-vis du sexe était étonnant après tout ce qu'il avait vécu...
« Il n'a pas tant d'expérience que cela, surtout de son propre chef, tous les fantômes n'ont pas des regrets liés à la chair. »
Quand Kazuya le possédait, peut-être parce que ce mode de communication cérébral était plus rapide que le verbal, il se montrait moins avare en informations. C'était un avantage, excepté qu'au final Zack préférait apprendre les choses concernant Nino directement de sa bouche. C'était plus équitable ainsi. Il y avait d'ailleurs une forme d'injustice à ce que le fantôme sache tout de lui et Nino dans les moindres détails de leur vie sexuelle alors que lui ne se dévoilait pas.
« Cela t'intéresse vraiment ? »
Zack ne pouvait retenir le flot de ses pensées et bien sûr le fantôme en profitait.
Il ne put rater le oui et le non qui se succéda dans son esprit en une microseconde. Il partagea alors un souvenir de son passé.
Zack vit une femme très maquillée entre deux âges qui était accroupie entre des jambes musclés appartenant sans nul doute à Kazuya. Elle tenait le pénis de ce dernier dans sa main et allait le porter à ses lèvres.
« C'était une prostituée. C'est elle qui m'a tout appris. »
Zack ne tenait pas à en voir davantage, mais était tout de même curieux d'en savoir plus. Il était cependant davantage impatient d'enlacer Nino, à moins que cela ne soit l'inverse qui se produise, auquel cas...
— Rendons-nous plutôt chez Zack, déclara Kazuya.
Il avait lu dans l'esprit de Zack qu'à son appartement, il y avait tout ce qu'il fallait niveau lubrifiant et préservatifs, choses que Nino ne devait pas avoir...
— Pourquoi pas ici ?
— Parce qu'il préfère là-bas, répondit Kazuya sans expliciter la raison.
Nino, non sans réticence, s'inclina et Zack se sentit rassuré que son opinion soit prise en compte en dépit de la situation.
Kazuya et Nino ne tenaient pas à prendre la moto pour s'y rendre, mais là aussi, même à deux contre un, il l'emporta. A priori Nino comme Kazuya culpabilisaient de se servir de lui.
Il s'avéra que le fantôme qui n'avait jamais appris à conduire, les voitures n'existant pas de son vivant, était un piètre conducteur, même en piochant dans les connaissances de son hôte. Vu l'heure tardive, la circulation était heureusement presque inexistante. Toujours est-il que c'est en roulant bien en-dessous de la vitesse autorisée qu'ils parvinrent à destination.
Kazuya tapa le code d'entrée de l'immeuble sans hésitation et c'est en propriétaire qu'il entra  chez Zack, Nino à ses côtés.
Ils ne se parlaient pas. Nino semblait incertain et Zack percevait également de l'hésitation chez Kazuya. Qu'attendaient-ils pour s'embrasser ? Quand il l'avait possédé de force, le fantôme n'avait pas fait preuve de tant de réserves !